FRAGMENT D'U* COLLIER DONT LES MÉDAILLONS PORTENT LK NOM DE MENES
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son dos et le transporta vers l'autre (3§fl§û rive8. Dans sa reconnaissance, il édifia une ville BEjfflSj nouvelle qu'il nomma Grocodilopolis et à laquelle il y^jgy désigna pour
dieu le crocodile même qui l'avait sauvé, puis il érigea dans le voisinage le fameux labyrinthe et une pyramide qui lui servit de tombeau4. D'autres traditions lui étaient moins favorables. Elles l'accusaient d'avoir excité la colère des dieux contre lui par des crimes épouvantables : un hippopotame, sorti du Nil, l'avait tué après un règne de soixante à soixante-deux ans*. Elles racontaient aussi que le Saïte Tafnakhti, après une expédition contre les Arabes, pendant laquelle il avait dû renoncer à la pompe et aux mollesses de la vie royale, l'avait maudit solennellement et avait inscrit les imprécations sur une stèle dressée à Thèbes dans le temple d'Amon0. Le bien l'emporta pourtant sur le mal dans le souvenir que l'Egypte conserva de son premier Pharaon.
est reportée jusqu'à tais pleurant la mort d'Osiris. Les questions que ce chant soulève ont été débattues par deux égyptologues, Brlgsch, Die Adonisklage und dos Linoslied, 1853, et Laith, Ueber den jEgyptischr.n Maneros (dans les Sitzungsberichle de l'Académie de Munich, 1869, p. 163-194).
1. Diodore de Sicile. I, 45; cf. de hide et Os i ride, § 8 (édit. Partiiey, p. 1*2-13).
2. Dessin de Faucher-Gudin d'après Prisse d'Avennes, Monuments Égyptiens, pi. XLVII, 2 et p. 8-9). Les feuilles d'or gravées au nom de Menés sont anciennes et remontent peut-être à la XX* dynastie : la monture est entièrement moderne, sauf les trois pendeloques oblongues en cornaline.
3. C'est un trait de la légende osirienne : on voit représenté à Philae, dans le petit édifice des Antonins, un crocodile qui traverse le Nil portant sur son dos la momie du dieu. Le même trait se retrouve dans le conte d'Onous el-Oudjoud et de Ouard f'il-lkmàm, où le crocodile mène le héros vers sa belle emprisonnée dans l'Ile de Phila?. Ebers, V Egypte, trad. franc., t. Il, p. 415-416, a montré comment cet épisode du conte arabe a dû être inspiré par le bas-relief de Phila? et par la scène qu'il représente : le temple s'appelle encore Kasr, et l'Ile Gêzirèt Onous el-Oudjoud.
4. Diodore de Sicile, 1, 89; plusieurs commentateurs ont voulu très gratuitement transférer cette légende au compte d'un roi de la XII* dynastie, Amcnemhâtt III. Il n'y a aucun motif de douter que Diodore ou l'historien chez lequel il se renseignait n'ait transcrit exactement un roman dont Menés était le héros (Uxger, Manetho, p. 82, 130-131) : s'il s'y est mêlé des traditions relatives à d'autres rois, le fait n'a rien d'étonnant et répond à ce que nous savons de la composition des contes égyptiens.
5. Manétbos dans MAller-Didot, Fragmenta Historicorum Grsecorum, t. II, p. 539-540. C'était, dans les romans populaires, une fin ordinaire aux criminels de toute sorte (Maspero, les Contes populaires de V Egypte ancienne, 2* édit.. p. 59-62); nous verrons un autre roi, le fondateur de la IX* dynastie, Akhthoès, périr comme Menés sous la dent d'un hippopotame, après avoir commis des méfaits atroces.
6. De Iside et Osiride, § 8 (édit. Parthey, p. 12-13); Diodore, I, 45; Alexis dans Athénée, X, p. 418 e.
On l'adorait dans Memphis à côté de Phtah, et de Ramsès II; son nom figurait en tête des listes royales, et son culte se perpétua jusque sous les Ptolémées. Ses premiers successeurs n'ont comme lui que l'apparence de la réalité. Les listes en fournissent, il est vrai, la série complète avec le chiffre des années qu'ils ont régné à un jour près, parfois avec la durée de leur vie1, mais on se demande où les chroniqueurs s'étaient procuré tant d'informations précises. Ils étaient placés à l'égard de ces vieux rois dans la même position que nous : ils les connaissaient par une tradition d'époque postérieure, par un fragment de papyrus conservé accidentellement dans un temple, par la rencontre fortuite de quelque monument portant leur nom, et ils en étaient réduits comme nous à combiner les rares éléments qu'ils possédaient, ou à suppléer ceux qui leur manquaient par des conjectures, selon des modes souvent trop hardis. Rien n'empêche qu'ils aient recueilli vraiment dans les souvenirs du passé les noms des personnages dont ils ont composé les deux premières dynasties thinites. Ces noms présentent une forme âpre et brève, une signification rude et sauvage qui conviennent à l'époque de demi-barbarie dans laquelle on les relègue : Ati le lutteur, Teti le coureur, Qenqoni l'écraseur, semblent bien les maîtres qui convenaient à des peuples chez qui le premier devoir du chef était encore de mener les siens au combat et de frapper plus fort que personne au plus épais de la mêlée1. Les inscriptions nous fournissent la preuve que certains d'entre eux ont vécu et régné : Sondi, qu'on classe dans la IIe dynastie, recevait un culte suivi vers la fin de la IIIe3. Mais tous ceux qui le précèdent et tous ceux qui le suivent ont-ils existé comme lui? et s'ils ont existé, l'ordre et le lien qu'on établit entre eux sont-ils conformes à la réalité? Les listes diverses ne portent pas les mêmes noms aux
1. C'est ce qui se passe dans le Canon Royal de Turin, où les règnes et la vie de chaque souverain sont indiqués en années, en mois et en jours, dans la plupart des cas.
2. Les égyptiens avaient coutume d'expliquer aux étrangers le nom de leurs rois, et le Canon d'Eratosthènes nous a conservé beaucoup de leurs traductions, dont un certain nombre, ainsi celle de Menés par ocùovto;, le durable, sont assez exactes. M. Krall (Die Composition und die Schicksale des Manethonischen GeschichUwerkes, p. 16-19) est, à ma connaissance, le seul égyptologue qui ait essayé de tirer du sens de ces noms quelques indications sur les procédés que les historiens nationaux de l'Egypte avaient employés pour rétablir les listes des premières dynasties.
3. Son prêtre Shiri nous est connu par une stèle en forme de porte du Musée de Gizéh (Mariette, Notice des principaux monuments, 1876, p. 296, n° 996; Maspkro, Guide du visiteur, p. 31-32, 213, n*993); le fils et le petit-fils de Shiri, Ankaf et Aasen, sont mentionnés sur un monument du Musée d'Aix (Gibekt-Dkvkria, le Musée d'Aix, p. 7-8, n0- 1-2; cf. Wikdemanx, On a monument of the First Dynasties, dans les Proceedings de la Société d'Archéologie Biblique, t. IX, p. 180-181), avec le même sacerdoce que Shiri exerçait déjà. Une partie du monument de celui-ci est à Oxford (Marmora Oxoniensia, 2" partie, pi. 1; Lkpsus, Auswahl, pi. IX), une autre à Florence (Schiaparelli, Museo Archeologico di Firenze, p. 230-232). La notice de son tombeau se trouve dans Mariette,/» Mastabas, p. 92 sqq. Un bronze saïte était censé représenter Sondi : il est passé de la collection Posno (Catalogue, Paris, 1883, n° 53, p. 14) au Musée de Berlin. Le culte de ce prince durait encore ou venait d'être rétabli sous les Ptolémées (E. de Rontf, Recherches sur les monuments, p. 31).