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LES MAISONS ET LE MOBILIER

ânes et des bœufs. On rencontrait, chez les riches, des salles d'apparat éclairées au centre par une baie carrée, et soutenues par des rangées de

colonnes en bois ; le fut, taillé à huit pans , mesurait environ vingt-cinq centimètres de diamètre et s'enracinait dans une base en pierre, plate et ronde.

La famille s'entassait dans une ou deux pièces en hiver, et dormait sur le toit, au plein air, pendant l'été, en dépit des maux de ventre et d'yeux ; le reste du logis servait d'étables et de magasins. Les greniers s'accouplaient souvent

I. Dttain de Faucher-Gvdin, d'aprèt une photographie d'Emile Brugnch-llry, prise en IIWA.

t. Dtttin de Fatichcr-Gudin, d'aprèt le croqttit rfrl't. I'ktme, Illahun, KahvnandGurob, pi. XVI, 3.

par deux; on les bâtissait en briques, soigneusement crépis de limon à l'intérieur,et ils affectaient la forme d'un cône allongé comme ceux des administrations publiques1. Les objets précieux qui composaient la petite fortune de chaque ménage, lingots d'or et d'argent, pierres précieuses, bijoux de l'homme et de la femme, avaient leurs cachettes où l'on essayait de les dissimuler aux voleurs et aux collecteurs d'impôts. Mais ceux-ci, habitués i ruses des contribuables, témoignaient d'un flair particulier pour dépister le magot : ils sondaient les murs, soulevaient et perçaient les toitures, défonçaient le sol jusqu'en dessous des ,'»* fonHaiinna et ^menaient souvent au jour, avec le trésor

tout un appareil de tombeau et de poure. L'usage en effet, au moins parmi le a et chez les gens de la classe moyenne, était d'enterrer au milieu de la maison les enfants morts à la mamelle. On enfermait le petit cadavre dans un vieux coffre à outils ou à linge sans se donner la peine de l'embaumer, et l'on y déposait avec lui ses jouets favoris et des amulettes : souvent deux ou trois bébés se partageaient une même caisse*. Les joujoux étaient d'une facture naïve, maïs très variés, poupées en calcaire, en terre émail lée, en bois, arec les bras mobiles et une perruque en faux cheveux, porcs, crocodiles, canards et pigeons à roulettes, bateaux de terre cuite, ménages en miniature, balles en peau rembourrées de foin, billes, callots : si étrange que cela paraisse, il faut nous figurer les marmots

t. Flisdkbh Petrjf., Kahun, Gurob and Ilamara, p. Î3-44, et lllahun, Kahun and Gurob, p. 8-J. On voit deux de res greniers jumeaux, à droite de la maison d'Anna, dans la vignette de la page 3IS.

4. Dmiu de Fanrhcr-Gudin, d'après un chevet en bail provenant de Gi'béléin, en ma pomeuiem [XI' dynailie) : d'ordinaire le pied du elievet est massif el taille dans un seul morceau de bois.

3, Deiihi de I-'aur/icr-Giidin, d'aprei le croquU de Kl. Pktbik. Hairara, Biahmu and Artiaor, pi. XIII, il. L'original, en bois grossier, est di-jinsi' uujourd'hui dans l'AsIimolctii Muséum, à (Kford. -t. Kmi>r.iis Peirif., Kahun. Gurob and lllahun, p. Î4.

5. Deuin de Faucktr-Gudin, d'aprèi le croqitit publié dan< l'ouvrage de Flimiïus Pktiie, lllahun.

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