Lapsus, Denkm., Il, 61, au lombeau de Shopsisourt
9. I.epsil'h, Denkm., II, 46, 47 ; Mariette, les Mastabas de l'Ancien Empire, p. 186. Î76, 3Ï5.
10. Mariette, tes Mastabas de l'Ancien Empire, p. 353, sous Assi, au lombeau de Ptahholpou,
11. Lifsiis, Denkm-, II, 43, sous Khéphrén, au tombeau de Sait h lia boui bol pou.
lî. Mariette, les Mastabas de l'Ancien Empire, p. 300, sous Sahourl, dans le lombeau de Tirscnou.
13. I.e-sius, Denkm., II, 80; Mariette, les Mastabas de l'Ancien Empire, p. 306.
14. Lepsius, Denkm., Il, 11, au tombeau de Niboumkhoult sous Khéphrén.
15. *a"es<i, Sur le sens des mott Nouttet Hâtt, p. ll-lâ (dans les Proceedingt delà Société d'Archcoloeie Biblique de Londres, 1. XII, 1889-1890, p. S46-Ï47), d'où cetle nomenclature est tirée.
16. Destin de Faucher-Gudin, d'après la photographie de Mariette, Monument! divert, pi. 47 a. La stèle marquait la limite du domaine donné à un prêtre d'Amon-Thébain par le Pharaon ThoutmosislV de la XVIII* dynastie : l'original est déposé aujourd'hui au Musée de Giich.
notait, à quelques coudées près, ce qu'il renfermait de sables, de marais ou d'étangs, de canaux, de bouquets de palmiers, de jardins ou de vergers, de vignobles, de terre à blé1. Celle-ci à son tour se partageait en plusieurs classes, selon qu'elle était inondée régulièrement ou qu'elle était placée au-dessus des plus hautes eaux, partant soumise à un régime plus ou moins coûteux d'irrigation artificielle. C'étaient autant de données dont les scribes se prévalaient pour asseoir solidement l'impôt foncier.
Tout porte à croire qu'il représentait la dîme du produit brut, mais celui-ci ne restait pas constant1. Il dépendait de la crue annuelle et en suivait le mouvement avec une fidélité presque mathématique : trop d'eau ou pas assez, il diminuait aussitôt et pouvait même se réduire à rien dans les cas extrêmes. Le roi dans sa capitale, les seigneurs dans leurs fiefs avaient établi des nilomètres où, pendant les semaines critiques, on relevait chaque jour la hauteur du flot montant ou descendant. Des messagers en répandaient la nouvelle par le pays : le peuple, instruit régulièrement de ce qui se passait, savait bientôt à quoi s'en tenir sur les chances de l'année et pouvait calculer ce qu'il aurait à payer, à peu de chose près8. En théorie, la perception de l'impôt s'établissait sur la quantité réelle de terres couvertes, et le rendement en variait sans cesse. Dans la pratique, on prenait pour le régler la moyenne des années précédentes et l'on en déduisait un chiffre fixe dont on ne s'écartait que dans des circonstances extraordinaires*. Il fallait que l'année fût bien mauvaise pour qu'on se décidât à baisser la cote : l'État ancien ne répugnait pas moins que l'État moderne à retrancher quoi que ce fût de sa fortune5. Le payement était exigible en blé, en dourah, en fèves, en productions des champs, qu'on entas-
1. Voir dans la grande inscription de Béni-Hassan le passage où sont cnumérées tout au long, comme dans une pièce juridique, les parties constitutives de la principauté de la Gazelle, • ses eaui, ses champs, ses arbres, ses sables, du fleuve à la montagne de l'Ouest » (1. 46-53).
2. L'impôt du dixième est indiqué sur l'inscription de Philae (Lepsius, Deiikm., IV, £7 b) pour l'époque des Ptolémées (Brugscr, Die AZgyptologie, p. 266-267), et tout semble prouver qu'il existait déjà sous les plus anciens Pharaons (Lumbroso, Recherches sur V Économie politique, p. 288 sqq.).
3. Diodork de Sicile, I, 36; Strabox, l. XVII, p. 817, qui cite les deux nilomètres de Memphis et d'Éléphantinc ; Héliopore, Mthiopica, 1. IX, parle du nilomètre qui avait été décrit par Strabon, mais qu'il place à Syène. Sur les nilomètres, cf. Girard, Mémoire sur le Nilomètre de tile (V Eléphant ine et les Mesures égyptiennes (dans la Description de l'Egypte, t. II, p. 1-96), et Marcel, Mémoire sur le Meqyas de Vile de lioudah (dans la Description de l'Egypte, t. XIV, p. 1-135, 387-582). Chaque temple avait son puits qui lui tenait lieu de nilomètre ; le puits du temple d'Edfou servait à cet usage.
4. Le fait nous est connu pour l'époque romaine par un passage de l'édit de Tibère Alexandre (1. 55-56). La pratique en était si naturelle que je n'hésite pas à la faire remonter jusqu'au temps de l'Ancien Empire: sans cesse condamnée, comme étant de mauvaise administration, elle devait renaître sans cesse. A Béni-Hassan, le noraarque Amoni se vante (1. 21), • lorsqu'il y avait eu des Nils abondants et que les propriétaires de blé et d'orge s'enrichissaient, de ne pas avoir augmente les cotes de contribution du sol », ce qui semble bien prouver que, pour son compte, il avait attribué à la taxe sur les terres un chiffre fixe qui devait répondre à la moyenne des années bonnes ou mauvaises.
5. Les deux décrets de Rosette (I. 12-13, 28-29) et de Canope (1. 13-17) font pourtant mention de remises accordées par les rois Ptolémées à la suite d'une crue insuffisante du Nil.