‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 160 sur 374 · CONSTRUCTEURS DE PYRAMIDES : K.HÈ · texte numérisé non relu

CONSTRUCTEURS DE PYRAMIDES : K.HÈ

LA LITTERATURE ET I. ART UEMPHtTEî [.'ÊUÏPTE ÏEP1S I.E SUD ET CONOUÊTE DE LA NI

~rr^x ce tempa-ià*, « la Majesté du roi Houni mourut, 1 A et la Majesté du roi Snofroui s'éleva pour èlre un souverain bienfaisant sur cette Terre-Entière 3 ». Tout ce qu'on sait de lui lient dans une phrase : il guerroya contre les nomades du Sinai, édifia des forteresses pour protéger la frontière orientale du Delta, et se construisit un tombeau en forme de pyramide.

Le pays presque inhabité qui rattache l'Afrique à l'Asie s'appuie vers te midi sur deux chaînes e montagnes raccordées à angle droit, et dont E'en- 0v,...^le forme ce qu'on appelle le Gebel et-Tïh. C'est un plateau incliné doucement du sud au nord, nu, noir, semé de galets et de

I, Dessin de Boudier. d'après la chromolithographie de Lmiro, Denkm., I, pi. 43. La lettrine, qui est également de Boudier, représenta Bâholpou, l'un de» personnages de Méldoum dont il sera question taîent Al (cr. p. 383 de celte Histoire); elle a été dessinée d'après une photographie d'Emile BniRBCh-Bej .

t. Vers 4ltHt av. J -C., avec une erreur possible de plusieurs siècles en plus ou en moins.

a. Papyrus Prisse, pi. Il, I. 7-8 <éd. Viiuey, p. il). Les restes du Canon royal de Turin semblent donner à Houni el à Snofroui des règne* égaux de vingl-qualre ans (E. dk Bois*. Uccherehes sur les a peut attribuer aux six premières dynasties de Maiiêthun, p. Iji, note t).

348 L'EMPIRE MEMPH1TE.

roches siliceuses, hérissé de longues collines crayeuses, basses et rudes, entrecoupé d'Ouadys dont le plus large, celui d'El-Arîsh, débouche dans la Méditerranée à mi-chemin entre Péluse et Gaza, après avoir rallié tous les autres1. Les averses n'y sont pas rares en hiver et au printemps, mais le peu d'humidité qu'elles fournissent s'évapore promptement et nourrit à peine quelque maigre végétation au fond des vallées. Parfois, après des mois de sécheresse absolue, un orage éclate dans les parties hautes du désert*. Le vent se lève soudain et souffle en bourrasque, des nuages épais venus on ne sait d'où crèvent aux grondements incessants du tonnerre, il semble que le ciel fonde et s'écroule sur les montagnes. Quelques minutes, et par tous les ravins, par tous les goulets, par les moindres crevasses, des jets d'une eau trouble s'échappent, qui dévalant aux bas-fonds s'y rassemblent en bouillonnant et commencent à courir au (il de la pente : quelques minutes encore, et d'un versant à l'autre ce n'est plus qu'un fleuve profond, animé d'une vélocité formidable et d'une force irrésistible. Au bout de huit ou dix heures, l'air s'éclaircit, le vent tombe, la pluie s'arrête, la rivière improvisée baisse et s'épui$e faute d'aliment nouveau, l'inondation finit presque aussi vite qu'elle avait commencé : il n'en reste bientôt plus que des flaques éparses dans les creux, ou ça et là de minces ruisseaux desséchés rapidement. Cependant le flot emporté par la vitesse acquise continue de descendre vers la mer : partout les flancs dévastés des collines, leurs pieds affouillés et rongés, les masses de galets accumulés aux tournants, les longues traînées de roches et de sable jalonnent sa route et témoignent de sa puissance. Les indigènes, rendus prudents par l'expérience, évitent de séjourner dans les endroits où il a passé une fois. Le ciel a beau être clair et le soleil briller sur leurs têtes, ils craignent toujours qu'au moment même où le danger paraît les menacer le moins, le torrent, né à quelque vingt lieues de là, ne précipite déjà son élaç pour les surprendre. Et de fait, il arrive si brusque et si rapace que rien ne lui échappe de ce qui s'attarde sur son chemin : hommes et bêtes, avant qu'on

1. La connaissance du Sinaî et des pays voisins est due aux travaux de la commission anglaise, Ordnance Survey of the Peniiuula of Siriai, 3 vol. in-fol. de photographies, 1 vol. de cartes et plans. 1 vol. de texte. Elle a été vulgarisée par E. II. Palmkr, The Désert of the Exodus, 2 vol. in-8. 1871, et par II. Sp. Palmkr, Sinai, from the IV th Egyplian Dynasty to the présent day, in-18, 1878.

2. M. Holland décrit, dans le chapitre vm de V Account of the Survey, p. 226-228, la bourrasque ou Sait du 3 décembre 1807, qui noya trente personnes, détruisit des troupeaux de chameaux, d'ànes, de moutons et de chèvres, et balaya dans l'Ouady Féiràn mille palmiers ainsi qu'un bois de tamarisques long de trois kilomètres. Quelques gouttes de pluie tombèrent vers 4 heures 30 de l'aprèsmidi, mais l'orage n'éclata qu'à .-> heures; il battait son plein à 5 heures 15, et il était terminé à U heures 30. Le torrent, qui mesurait à 8 heures du soir une profondeur de 3 mètres et une largeur de 300 mètres environ, n'était plus le lendemain matin à G heures qu'un filet d'eau insignifiant.

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