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LES OEUVRES PRINCIPALES DE LA STATUAIRE

lités ém menti; s : c'est une cohue d'honnêtes^ bonshommes sans caractère personnel et sans prétentions à l'originalité. Us se divisent aisément en cinq ou six séries, dont chacune a sa facture uniforme, et paraît avoir été exécutée d'après un petit nombre de poncifs toujo"™ '<»■ mêmes; les statuaires qui travaillaient pour les ent tieurs de mastabas se répart issaient en très peu d'ati qui observaient tout le long des dynasties une roui traditionnelle. Us n'attendaient pas la commande, ma comme nos marbriers de cimetière, ils tenaient magasin un assortiment raisonnable de figures presq achevées où le client venait se fournir à son gré. I mains, les pieds, le buste n'avaient pas encore couleur et le poli final, mais la tète était à peine grossie et l'habit seulement réservé; quand le mait futur du tombeau ou sa famille avaient fait leur choi quelques heures de travail suffisaient pour transformer la maquette impersonnelle en un portrait tel quel du défunt qu'on voulait honorer, et pour lui arranger son jupon à la mode nouvelle1. Si pourtant les parents ou le souverain1, mécontents de ces icônes banales, réclamaient pour le double

de celui qu'ils avaient perdu un corps d'allure ,

moins conventionnelle, ils en trouvaient toujours

parmi les praticiens qui étaient capables de comprendre leurs intentions et d'atteindre à la vérité vivante des membres ou du visage. On connaît aujourd'hui une vingtaine peut-être de statues de cette époque, éparses dans les musées, et qui sont d'un art consommé, les Khéphrèn, le Khéops, l'Anou, la Nofrit, le Ràhotpou dont j'ai parlé déjà*, le Skéîkk-el-Beled et sa femme, le Scribe accroupi du Louvre et celui de Gizéh, le Scribe agenouillé. Kaàpîrou, le Shéikh-el-Beletl, était probablement un des chefs de corvée qui bâtirent la grande

1. NtsPEio, Guide du yistlcur au Musée de Boulaç, p. 308-31)9, l'Archéologie Égyptienne, p. 104 ; cf. Peuroi-Cwpiii, Histoire de l'Art dans l'Antiquité, t, I, p. 633, i. Il ne faut pas oublier que les statues étaient souvent, comme le tombeau lui-même, donnée» par

Par la foreur de par le roi... dont j'ai parle plus haut; cf. p. 301, note 5, de cette Histoire.

3. Dessin de lloudier, d'après une photographie de lléchanl (cf. Manette, Album photographique du Mutée de Boulag, pi. Ï0). L'original est conserve actuellement au Musée de Cizéh (cf. Haswïo, Guide du Vititeur au Mutée de Itoulaq, p. ttO, n> 1013).

X. Cf. pour le Khéphrèn la p. 37'J de cette Hiitoire, pour le Khéops la p. 361, pour l'Anou la p. 300, pour la Mofrll la p. 356 et la planche t; la tête de llàholpou sert de lettrine à ce chapitre, p. 3.

m I. EMPIRE MEHPHITE.

pyramide '. On dirait qu'il marche droit sur le spectateur, le bâton d'acacia à la main. Lourd, trapu, déjà épaissi et chargé de chair, il a l'encolure d'un taureau et une physionomie commune, qui ne manque pas d'énergie dans sa vulgarité. L'oeil large, bien ouvert, prend une vivacité presque inquiétante grâce à un artifice du se"1"' — n" a évidé l'orbi châsse, et in< le creux ur blage d'émail noir; une moi bronze cerne tour des pau tandis qu'ui clou d'argent, fond de la pr réfléchit la lu et simule l't d'un regard animé. La statue est de petite taille, en bois, et l'on incline peut-être à penser que la souplesse relative de la matière compte pour

1 II • • LlaWIM ACEKOVILLÏ DCIl'Itt HCUÏK1.

quelque chose dans la hardiesse de I exécution :

le Scribe accroupi du Louvre est en calcaire et le sculpteur ne l'a pas composé

moins librement. On reconnaît en lui un de ces employés de rang moyen, un

I. Il a été découvert par Mariette à Saqqarah. • La tête, le torse, le» bras, le bâton même étaient intacts; mais le socle et les jambes étaient irrémédiablement pourris, et la statue ne se tenait debout que par le sable qui la pressait de toutes parts. • (Mambttf., lit Maitabai, p. 119.) Le bâton s'est eassé depuis et a été remplacé par un bâton plus récent d'apparence semblable. Pour dresser son personnage debout, Mariette dut lui rajouter des pieds, auxquels il laissa la couleur du bois nouveau. Par un hasard singulier. haaplrou était le portrait exact d'un des Skétkh-el-Beled ou maires du villa^cde Saqqarah : les ouvriers arabes, toujours prompts à saisir les ressemblances, l'appelèrent aussitôt le Shéikh-el-Beled, et le nom lui en est demeure (Miaimt, Notice det principaux Monument t, I8"6, p. IM, n" 4'Ji, cl Album photographique du Muirr de Boulaq, pi. 18-19; Roitï- BasV[i.i.i!, Album de ta Mi'êian photographique de M. de Rougé, n- 93-96). Cf. pi. 3 — IV- dynastie.

ï. Dcëiin de Doudier, iCapreê uue photographie d'Emile Brugtch-Bcu (cf. IUiiette, Album photographique du Hustedc llvulaq,p\. IN}. La tête de cette admirable statue est reproduite en grandes dimensions sur la planche I de cette Histoire, en guise de frontispice.

:i. Deitin de Faueher-Gudin, d'aprè» une photographie d'Emile Brugtch-Bey (cf. Mamette. .4 (bu ni photographique du Hutte de Boulaq, p\. 20; Mâspho, dansO. Katit, tes Honumenti de [Art Antique, t. I).

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