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L'ART INDUSTRIEL

en bois sculpté, peint et incrusté, les jvases en pierre dure1, en métal ou en terre émaillée, les colliers, les bracelets, les bijoux étalés sur les murs, même la poterie commune dont on retrouve les débris au voisinage des Pyramides, sont en général d'une élégance et d'une légèreté qui font honneur à la main et au goût des artisans.

Les carrés d'ivoire dont ils plaquaient leurs coffres à linge et leurs boites à bijoux portaient souvent de véritables bas-reliefs en miniature, d'une facture aussi large et d'une exécution aussi savante que les plus beaux tableaux des hypogées : c'étaient encore des scènes de la vie privée, des danses, des processions de porteurs d'offrandes et d'animaux*. On voudrait posséder quelques-unes de ces wàu M u mu M ÏHÉOWj statues en cuivre et en or

que le Pharaon Khéops consacrait à [sis en l'honneur de sa fille ; l'image seule en subsiste sur une stèle, et les morceaux de sceptre ou d'ustensiles qui sont arrivés trop rares jusqu'à nous n'ont malheureusement aucune valeur

1. L'étude des vases en albâtre et en diorile trouvé! auprès de* Pyramides de Gizéh i fourni dus observations fort ingénieuses à Pétrie (The Pyramide and Templei of Gi:ek, p. 173 sqq.) sur la façon dont les Egyptiens travaillaient la pierre dure. Les flacons de toilette ou de sacrifice en pierre ton! assez fréquents dans nos musées : je signalerai au Louvre ceui qui portent les cartouches de Dadkerl Aasi (n° 313), de Papi I" (n- 3S 1-351) et de Papi 11 (n- 3-16-3*8). fils de Papi I" (Pisumr, Calalogutde la Salle HUtorique, p. 81-86), non qu'ils comptent parmi les plus fins, mais parce que les eartouches qu'ils donnent assurent la date de la fabrication. Ils proviennent des pyramides de ces souverains, ouvertes par les Arabes au commence ment de notre siècle : le vase de la VI* dynastie, '\<n I.-.1 au Musée de Florence, a élé rapporté d'Abydns (Itostuuwi, Monument* Storici, t. III, p" 1', p. 5).

ï. M. Grébaut acliela aux grandes pyramides, en 188", une série de ces ivoires sculptés de l'Ancien Empire qui sont déposés au .Musée de Cizéh. D'autres, qui proviennent de la même trim vaille. sont dispersés dans des collections particulières : l'un d'eux est reproduit p. llî de cctle Ilieloire.

3. Henni de Faucher-Gudiu , d'âpre» une photographie de Héckard Icf. Minime, Album photographique du Mutée de Boutai), pi. M, et ,l/oniiine»(j divers, pi. 33 cl p. 17).

414 L'EMPIRE MEMPH1TE.

artistique'. Le goût des jolies choses était général, au moins chez les hautes classes, non seulement aux alentours du souverain, mais dans les cantons les plus éloignés de l'Egypte. Gomme les courtisans qui fréquentaient le palais, les seigneurs de province se piquaient de réunir auprès d'eux dans l'autre monde tout ce que la science de l'architecte, du sculpteur et du peintre pouvait concevoir et accomplir de plus délicat. Leurs châteaux n'existent plus comme leurs temples, mais on rencontre encore ça et là, au flanc des collines, les hypogées qu'ils se préparèrent pour rivaliser de piété et de magnificence avec les gens de cour ou avec les membres de la maison régnante. Us ont fait de la vallée une vaste galerie funéraire, où l'horizon, de quelque côté qu'on se tourne, est toujours borné par une rangée de tombeaux historiques. C'est grâce à leurs syringes que nous commençons à connaître les princes de la Gazelle et du Lièvre1, ceux du Mont-Serpent3, d'Àkhmim*, de Thinis8, de Kasr-es-Sayad*, d'Àssouân7, tous les rejetons de cette féodalité qui avait précédé la royauté aux bords du Nil et dont la royauté ne se débarrassa jamais entièrement. Les Pharaons de la IVe dynastie l'avaient tenue de si court, qu'à peine signale-t-on sous leur règne quelques preuves de l'existence des grands barons : c'est dans la domesticité et dans la famille même du souverain que les chefs de l'administration pharaonique se recrutaient, non parmi les possesseurs de fiefs. 11 semble que ces derniers rentrèrent en faveur sous les rois de la Ve dynastie, et qu'ils reprirent le dessus peu à peu : on les trouve de plus en plus nombreux autour d'Ànou, de Menkaouhorou, d'Assi.

1. Ainsi les deux vase» en bronze au nom d'Ouni, qui vivait sous la VI» dynastie (Pierret, Catalogue de la Salle Historique, p. 85, n» 350), et les bouts de sceptre de Papi I-r qui sont conservés au British Muséum (Leemans, Monuments Égyptiens portant des Légendes Royales, pi. XXX, n° 302; Aar*dale-Bonoiii-Birch, Gallery of Egyptian Anliquities, pi. 30, n° 144, et p. 72; Prisse d'Avennbs, Notice sur les Antiquités Egyptiennes du Musée Britannique, p. 23; cf. Bévue Archéologique, 1" série, t. 111, p. 713). L'un de ces derniers, analysé par Berthelot (Annales de Chimie et de Physique, série 6B, t. XII, p. 129), ne lui a donné que du cuivre, sans traces d'étain; des outils, trouvés par M. Pétrie dans ses fouilles de Méidouro, sont au contraire fabriqués avec du bronze véritable, composé de la même manière que le nôtre (J. H. Gladstone, On melallic Copper, Tin and Antimony, from Ancient Egypt, dans les Proceedings de la Société d'Archéologie Biblique, t. XIV, p. 225).

2. Dans les tombeaux de Kom-el-Ahmar, de Zaoutét-el-Maiéttn et de Shétkh-Satd {Description de l'Egypte, t. IV, p. 355-360, et A. T. V., pi. LXVIIl; Champollion, Monuments de r Egypte et de la Nubie, t. II, p. 441-455; Lbpsu's, Denkm., II, 105-113).

3. A Bené-Mohammed-el-Koufour, sur la rive droite du Nil (Sayce, Gleanings from the Land of Egypt, dans le Recueil de Travaux, t. XIII, p. 65-67, et les observations de Maspero, ibid., p. 68-71).

4. Mariette, Monuments divers, pi. XXI b et Texte, p. 6; Schiaparelli, Chemmis-Achmim e la tua anttca Necropoli, dans les Études archéologiques, historiques et linguistiques, dédiées à M. le Dr C. Leemans, p. 85-88. Quelques fragments des sculptures provenant de ces tombeaux sont d'un style très fin.

5. A Bené-Mohammed-el-Koufour (Sayce, Gleanings dans le Recueil, t. XIII, p. 67), et plus au Sud, à Negadlych, en face de Girgéh [id., p. 63-64, et Nestor Lhôte dans le Becueil, t. XIII, p. 71-72).

6. Lepsiis, Denkm., II, 113 g, 114; Prisse dAvennes, Lettre à M. Champoltion-Fiqeac. dans la Revue Archéologique, 1" série, t. I, p. 731-733; Nestor Lhote, Papiers inédits, t. III, à la Bibliothèque.

7. Bcdce, Excavations made al Asuân, dans les Proceedings de la Société d'Archéologie Biblique, t. X, p. 4-40; Boiria>t, les Tombeaux d'Assouân, dans le Becueil de Travaux, t. X, p. 181-198.

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