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LA NUBIE ASSIMILÉE AU RESTE DE L'EGYPTE. 4TÎ

prenaient, s'ils échappaient à une exécution sommaire, allaient finir leurs jours comme esclaves, au Fayoum ou dans quelque village du Said. Leurs descendants y conservaient un certain temps encore les costumes, la religion, les mœurs, les industries de la patrie absente; ils continuaient à fabriquer pour leur usage journalier des poteries grossières, dont le décor rappelait celui des vases qu'on recueille dans les tombes les plus anciennes de l'archipel Egéen, puis ils s'absorbaient peu à peu dans le milieu ambiant, et leurs petitsenfants devenaient des fellahs comme les autres, nourris dès la mamelle aux coutumes et au langage de l'Egypte. Les rapports avec les tribus du désert Libyque, les Tihounou, les Timihou, demeuraient pacifiques presque toujours :

parfois seulement une razzia, poussée par une de leurs bandes sur territoire égyptien, suscitait une contre-razzia dans l'une des

vallées où ils abritaient leurs troupeaux et leurs tentes. Un contingent de femmes et d'enfants berbères venaient rejoindre les Haiou-nibou prisonniers et apportaient à la population de l'Egypte un nouvel élément hétérogène bientôt noyé dans la masse. Des courses rapides, des fuîtes d'exilés, des répressions de piraterie, des échanges commerciaux entrecoupés d'épisodes romanesques, voilà en traits généraux l'histoire commune de l'Egypte et des contrées qui l'avoîsinent au nord, pendant les deux siècles que la XII' dynastie dura : les

Pharaons s'y immobilisèrent sur la défensive. L'Ethiopie attirait toute leur attention et réclamait toutes leurs forces. Le même instinct qui avait excité leurs prédécesseurs à dépasser successivement le Gebel-Silsiléh, puis Eléphantine, les entraîna au delà de la seconde cataracte et plus loin encore. La nature de la vallée le voulait ainsi. Elle forme, du Tacazzé ou plutôt du confluent des deux Nils à la mer, comme une grande Egypte, découpée par les cataractes en compartiments superposés, mais soumise partout aux mêmes conditions d'existence : les morceaux en ont été séparés violemment plus d'une fois au cours des siècles, par les hasards de l'histoire, mais ils ont tendu sans cesse à se rapprocher et se sont ressoudés dès qu'ils en ont trouvé l'occasion. L'Àmami, Tlritît, les Sitiou, toutes les nations qui erraient à l'ouest du fleuve, ralliées ou soumises par les Pharaons de la VIe, puis par ceux de la XIe dynastie, ne paraissent pas avoir inquiété beaucoup les successeurs d'Àmenemhâit Ier. Les Ouaouiou et les Mâzaiou étaient restés plus turbulents : il fallait les réduire, si l'on voulait assurer la tranquillité des colons dispersés sur les rives du fleuve, de Philae à Korosko. Amenemhâit Ier les battit à plusieurs reprises1; Ousirtasen Ier dirigea contre eux des campagnes répétées, dont les premières datent du temps où son père vivait encore*, puis il reprit la marche en avant, et, du premier coup, « éleva ses frontières » jusqu'aux rapides d'Ouady Halfah3. Le pays ne fut plus désormais disputé à ses successeurs. On le distribua en nomes comme l'Egypte même, la langue de l'Egypte acheva de se substituer aux idiomes indigènes, les dieux locaux et Didoun. le principal d'entre eux, s'associèrent ou s'assimilèrent aux divinités de l'Egypte. Khnoumou obtint la préférence dans les nomes septentrionaux, sans doute parce que les premiers colons étaient originaires d'Éléphantine et sujets de ses princes*; dans les nomes méridionaux, qui avaient été annexés sous des rois de Thèbes et peuplés d'immigrants thébains, il partagea la vénération des fidèles avec le dieu de Thèbes, Amon, Amon-Râ8. Les autres divinités se taillèrent des domaines moins vastes dans le territoire nouveau, selon des affinités de terroir

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