‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 30 sur 374 · LE LAÇO ET LA BOLA · texte numérisé non relu

LE LAÇO ET LA BOLA

à l'augmenter, et le désir de s'en procurer les bêles sans les endommager sérieusement porta les Égyptiens à employer des engins moins brutaux que la tlèche et la javeline: le filet pour les oiseaux, le laço et la bola pour les quadrupèdes'.

I^a bola se composait chez eux d'une seule pierre arrondie, attachée à une courroie d'environ 5 mètres de long. La pierre lancée, la corde allait s'entortiller autour des jambes, du museau ou du cou de la béte poursuivie, et y formait un nœud sur lequel on pesait à grand effort de bras et d'épaules, jusqu'à ce qu'elle s'affaissât à demi étranglée. Il n'y a point de pierre au laço, maïs un nœud préparé à l'avance, et l'adresse consiste, pour le chasseur, à le passer en coi Un prenait indifféremment te nait à portée, sans distinction de taille ni de race.

Les chasses renouvelées journellement entretenaient ces troupeaux apprivoisés d'algazelles, de bouquetins, de défassas, de grues, d'autruches, que les monuments de l'Ancien Empire comptent encore par centaines*. Le temps seul enseigna à distinguer entre les espèces dont on pouvait tirer bon parti et celtes que leur naturel farouche rendait rebelles à la domestication : la

I. La chasse à I» bola est représentée fort souvent dans les tableau* du l'époque memphitc comme dans ceux de la thébame. Wilkinson (Mannert and Cattomt. f éd., t. Il, p. 87, f 3SÏ-3r>3) l'a confondue avec la chasse au laço et son erreur a été reproduite par d'autres ceyplolOKucs (Ks».is, £gypleu, p. 334). On voit la chasse au laço dans Lursus, Dtakm.. Il, Mli, clans lU'mcHKx, Reiullale. t. I, pi. VIII, et surtout dans les nombreuses scènes Je sacrifice où le roi est censé prendre lui-même le taureau du midi ou du nord qu'il va offrir au dieu f.V.mumi;, Abytlo». t. I, pi. 53]. Sur les noms de la chasse U la l.ola et au laço, cf. .H.ispsno, Hôte* au jour le jour, j$j 4 el !», dans les l'ioreedingt de la Société d'Archéologie biblique, iR!in-IS91, t. XII, p. 310 et iïT-lifl.

î. n««in de Faucher-Gudin. d'aprèt un bat-relief de l'htahhotpou (Ddhichkh, llemltale. 1. 1, pi. IX). (.es chiens du premier reeistro ionl des Huons hjénoldes, ceux du second des sloughis.

i. De— in de r'auchrr-Cudin, d'aprâ ua bai-relief de. fhlahholpou (uOimchks. Heiuttate, t. l.pl. VIII): au petit registre, deux hérissons, dont Pu», à demi sorti de sou trou, saisit une sauterelle.

4. Les tombeaux de l'Ancien K ru j lire nous tri mi Iran l de nombreux troupeaux de Raidies, d'antilopes, de grues, qui paissent sous la surveillance de bergers, Fr. Leiionnant eu avait conclu que les Egyp-

conquête des plus utiles n'était pas terminée au début de l'époque historique. L'âne, le mouton, la chèvre vivaient déjà en pleine domesticité, mais le porc gîtait dans les marais à l'état demi-sauvage, sous la garde de bergers spéciaux', et les rites religieux conservaient le souvenir du temps où le bœuf était assez peu maté pour qu'on fût obligé de capturer au pâturage avec ie laço les bêtes qu'on destinait au sacrifice ou à la boucherie*,

Les Européens s'étonnent de rencontrer encore aujourd'hui des populations entières qui se régalent d'herbes et de plantes, dont la sa,veur et les propriétés rebutent nos estomacs : ce sont pour la plupart autant de legs d'une antiquité reculée, et l'huile de ricin, par exemple, dont les Berbérins se frottent les membres, ou dont les fellahs du Saïd assaisonnent leur pain et leurs légumes, était celle que les Égyptiens de l'âge pharaonique préféraient pour les soins du corps et pour le service de la cuisine*. Ils avaient commencé par manger sans discernement tous les fruits que le pays produit. Quand l'expérience leur eut appris à en connaître les vertus, ils en éliminèrent beaucoup de l'alimentation et les reléguèrent peu à peu dans la pratique de la médecine; d'autres tombèrent

tiena des premières époques avaient roussi à s'attacher des espèces rebelles aujourd'hui à la

[loi ilicalion (ici Première.? C.iviliiationt, t. I, p. 343-33S}. "e crois que les animaux représenté*

ainsi sont apprivoisés, non domestiqués, cl proviennent des grandes citasses au désert. Les faits mêmes que Lcnonnant avait produits à l'appui de son opinion peuvent être retournés contre lui. Ainsi le faon de gazelle allaité par sa mère (Lfcpsirs, Dtnkm., 11. iï) ne prouve pas la reproduction de l'espèce en captivité; la gazelle a pu être capturée pleine, ou |icu après la naissance de son polit. La mode passa d'avoir eu troupeaux les animaux pria au désert, entre la XII* et la XVIII- dynastie : au temps du Nouvel Empire on n'en possédait plus qu'un ou deux individus familiers, qui servaient de jouets a ut enfants on aux femmes, et dont on enterrait parfois la momie à coté de celle de leur maîtresse (JtAsruto, Guide du l'ititcur au mutée de floulaq, p. 3*7, n- 3MII).

t. La haine des Egyptiens pour le pore (IlÉaowiTK, 11, ilïii) est attribuée à lies motifs mythologiques (Sjïillb, te Chapitre (l\lt du livre de* Mort*, dans les Eludes archéologique* dédiée» a .M. le If- C. Leemam. p. 73-77). Lippert (Kullurgeiehuhle, t. I, p. 343 sqq.) pense qu'elle n'est pas en Egypte un fait primitif. Au début, le porc aurait été la nourriture principale du peuple; puis, comme le chien dans d'autres régions, il aurait été peu à peu chassé de la consommation par des animaux d'ordre plus relevé, gazelles, moutons, chèvres, boeuns, et serait tombé dans le mépris. Aux raisons que Lippert donne et qui sont fortes, ou ]K>utrait en ajouter d'autres tirées de l'étude de* m; Oies égyptiens, pour montrer que le porc a été considéré souvent comme un animal des plus estimables. Ainsi [sis est représentée, jusqu'aux basses époques, sous la forme d'une truie, cl la truie, suivie ou non de ses gorets, est une des amulettes qu'on déposai! dans le tombeau avec le mort afin de lui assurer la protection de la déesse (Mi>imn, Guide du Vixitcur, p. ÏT3, n* iISîj).

t. Mahihtk, Âhydo*{l. I, pi. lu A. «3). Pour empêcher la héte d'éviter le laco et de s'échapper pendant le sacrifice, on lui «Hachait la patte droite de derrière à la corne gauche.

3. /'(Mutin de ratir.her-r.udiii. daprt* une peinturr d'un lambeau Ikfbain de la AT///' dynaitie.

4. J'ai été obligé plusieurs fois, par politesse, de manger, chez les ngents indigènes que les puissances européennes nomment au Sald, des salades et même des sauces mayonnaises assaisonnées à l'huile de ricio : le goût n'était pas aussi fâcheux qu'on pourrait l'imaginer de prime abord.

Page 1