‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 362 sur 374 · LA MAGIE ET SON INFLUENCE SUR LES PEUPLES BARBARES · texte numérisé non relu

LA MAGIE ET SON INFLUENCE SUR LES PEUPLES BARBARES

mauvais les revers et les malheurs qui les frappaient, ils croyaient fermement à l'influence des astres sur les événements terrestres, ils étaient à l'affût des prodiges et s'en effrayaient, mais ils connaissaient imparfaitement le nombre et le caractère de leurs adversaires, et ils n'avaient découvert que des moyens insuffisants de leur tenir tète ou de les dompter. Les Chaldéens se donnaient à eus comme investis des pouvoirs qui leur manquaient. Ils avaient forcé les démons à se démasquer devant leurs yeux et à leur obéir, ils lisaient couramment au ciel le présent et l'avenir des hommes ou des nations, ils interprétaient la pensée des immortels dans ses moindres manifestations, et ce n'était pas chez eux une faculté éphémère ou bornée que l'usage épuisait promptement : les rites et les formules qu'ils connaissaient leur permettaient de l'exercer sans jamais l'affaiblir, en

tout temps, en tout lieu, sur les ns mklrti ciuLpim1.

dieux les plus élevés comme sur les

plus redoutables des hommes. Une race aussi savante n'était-elle pas prédestinée à l'emporter sur ses voisins, et quelle chance ceux-ci avaient-ils de lui résister s'ils ne lui empruntaient pas ses mœurs, ses coutumes, son industrie, son écriture, les arts et les sciences qui assuraient sa supériorité? La civilisation chaldéenne déborda sur l'Élam et apprivoisa les peuplades riveraines du golfe Persique, puis, comme la mer au sud, le désert à l'occident, les montagnes à l'est, entravaient son essor, elle se détourna vers les larges plaines septentrionales et remonta les deux fleuves dont le cours inférieur avait abrité son berceau. C'était le temps même où les Pharaons de la XIIIe dynastie achevaient la conquête de la Nubie. La grande Egypte, constituée enfin par les efforts de vingt générations, était une puissance africaine. La mer au nord la bornait, le désert et les montagnes la serraient rigoureusement sur les côtés, le Nil se présentait à elle comme la seule voie tracée naturellement vers un monde nouveau : elle le suivît sans se lasser de cataracte en cataracte, colonisant au passage toutes les terres qu'il féconde de ses eaux. A chaque pas qu'elle faisait dans cette route, ses capitales s'éloignaient de

la Méditerranée, et ses foi-ces se déplaçaient vers le sud. L'Asie aurait presque cessé d'exister pour elle, si les incursions répétées des Bédouins ne l'avaient obligée d'y pousser quelques pointes de temps en temps, encore s'y aventurait-elle le moins possible, et elle en rappelait ses troupes dés qu'elle avait mis ses pillards à la raison : l'Ethiopie l'attirait seule, et c'était en Ethiopie qu'elle avait établi solidement son empire. Les deux grands peuples civilisés de l'ancien monde avaient donc chacun leur champ d'action nettement délimité, où l'autre n'intervenait jamais. Les relations n'avaient pas manqué entre eux, mais la rencontre de leurs armées, si vraiment elle avait eu lieu, avait été un accident sans lendemain; elle n'avait produit nul résultat durable, et leurs guerres s'étaient terminées sans assurer à l'un d'eux aucun avantage décisif.

ûce.

mdiceJ

Page 1