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ORION, SOTRIS ET TROIS HORUS-PLANÈTES DEBOUT SUR LEURS BARQUES

nuit, on les retrouvait à la même place, ou peu s'en faut, et scintillant d'une intensité toujours égale. D'autres s'animaient d'un mouvement lent qui les faisait dériver chaque année au delà des limites de notre vue et les tenait cachées pendant des mois entiers. Cinq au moins de nos planètes étaient connues de toute antiquité, chacune avec sa couleur et ses allures propres qu'on s'efforçait de noter : on y croyait voir souvent autant d'Horus à tête d'épervier. Ouapshetatooui, notre Jupiter, Kahiri-Saturne, Sobkou-Mercure condui-

Philse et d'Edfou (Brugsch, Thésaurus, p. 126-127) : c'était Isis tenant Typhon enchatné pour l'empêcher de nuire à Sàhou-Osiris (Id., p. 144). Jollois et Devilliers (Recheî'ches sur les bas-reliefs astronomiques des Égyptiens, dans la Description, t. VIII, p. 451) avaient cru reconnaître l'hippopotame dans notre Grande Ourse. Biot (Recherches sur plusieurs points de l'astronomie égyptienne* p. 87-91) combattit leurs conclusions, et, tout en déclarant que l'hippopotame pouvait répondre pour une partie au moins à notre constellation du Dragon, pensa qu'il n'était probablement placé dans le tableau qu'à titre d'ornement ou d'emblème (cf. Sur les restes de C ancienne uranographie égyptienne, p. 56). Aujourd'hui on penche à l'identifier avec le Dragon et avec un certain nombre d'étoiles détachées des constellations qui environnent le Dragon (Brugsch, Die AZgyptologie, p. 343).

1. Le Lion est représenté avec ses dix-huit étoiles au tombeau de Séti {"'(Lkfébure, le Tombeau de Séti l*r, 4* part., pi. XXXVI, dans les Mémoires de la Mission française, t. II), au plafond du Ramesséum (BitRTOtt, Ejcerpta Hicroglyphica, pi. LVIII, Kosellim, Monument i del Culto, pi. LXXII, Lepsius, Denkmâler, III, 170) et sur le sarcophage de Htari (Brugsch, Recueil de monuments, t. I, pi. XVII); il a parfois une queue de crocodile. D'après Biot (Sur un calendrier astronomique et astrologique trouvé à Thèbes en Egypte, p. 102-111), le Lion égyptien n'a rien de commun avec le Lion grec et avec le nôtre; il serait composé de petites étoiles appartenant à la constellation grecque de la Coupe ou à la continuation de l'Hydre, de sorte que sa tête, son corps et sa queue feraient suite à a de l'Hydre entre ç' et Ç de cette constellation ou y de la Vierge.

4. D* après le plafond astronomique du tombeau de Séti Imr (Lefébure, 4e partie, pi. XXXVI).

Baient leur barque droit devant eux à la façon d'Iàouhou et de Râ, mais Mart- Doshiri, le rouge, dirigeait la sienne à reculons, et Bonou l'oiseau (Vénus) se manifestait comme un astre en deux personnes1. Le soir, on l'appelait Ouàiti, l'étoile solitaire qui pointe la première et souvent sans attendre que la nuit soit tombée ; ie matin il devenait Tiou-noutiri, le dieu qui salue le soleil avant son lever et qui annonce aux vivants la venue prochaîne du jour*.

Sàhou et Sopdft, Orion et Sirius, étaient les souverains de ce monde mystérieux. Sàhou se composait de quinze étoiles, sept grandes et huit petites, rangées de façon à représenter un coureur lancé à travers l'espace; la plus belle brillait au-dessus de sa tète et le signalait de très loin à l'admiration des mortels. Il brandissait une croix ansée de la main droite; la tète inclinée vers Sothis, il l'appelait de la main gauche, et semblait l'inviter à le suivre. La déesse debout, le sceptre au poing et couronnée d'un diadème de hautes plumes que surmonte le plus puissant de ses feux, répondait du geste à son appel, et montait derrière lui sans se hâter, comme si elle ne se souciait pas de le rejoindre3. Ou bien elle était une vache couchée dans la barque, avec trois étoiles le long de l'échiné et Sirius flamboyant entre les deux cornes*. Elle ne se contentait itwMMmiœi . p0int de scintiller la nuit, mais ses rayons bleuâtres projetés brusquement en plein jour, sans que rien permît de prévoir leur apparition, dessinaient souvent au ciel les lignes mystiques du triangle dont

1. Les personnages qui représentent les cinq planètes connues des anciens Égyptiens ont été distingués pour la première fois par Lopsiua (Einleitung zur Chronologie der £gypter, p. 81 sqq.), puis leurs noms établis en partie par BrugBCh (Nouvelle! Recherche» tur la diviiion» de l'année chez le» ancien! Égyptien*, luiniet d'un mémoire »ur det observation» planétaire!, p. 110 sqq.) et liiés définitivement par E, do Hougé (Sole tur In nom» égyptien* de* planète», dans le Bulletin archéologique de VAthinmum françai», t. Il, p. IB-it, 15-Î8).

t. Le lien entre Ouàiti et Tiou-noutiri, entre l'étoile du Soir cl celle du Matin, a été signalé pour la première fois par Brugsch (Thetauru* interiptionum, p. Ti sqq,, et die .Egyplologic , p. 331-337).

3. C'est la façon dont Sàhou et Sopdil sont représentés au llamesséum (BCKTOH, Excetpta, pi. LVI1I; Rosellim, Monument! det C.ulto, pi. LXXI; Lewis, Denkm.. III. 170). au tombeau de Séli ]-(LErÈsm:, le Tombeau de Séti l-, 4* part., pi. XXXVI. dans les Mémoire» de ta MUlion française, I, II), et, avec quelques variantes, sur d'autres monuments (Baucscn, Thésaurus Inicriplionum, p. 80). Champollion, qui avait reconnu le personnage d 'Orion dans le tableau astronomique de Dendéral), lisait le nom Ketke» ou Ko», je ne sais d'après quelle autorité (Grammaire Egyptienne, p. OS). Lepsius (Einleitung zur Chronologie, p. 71) proposa Sek, et E. de Hougé trouva la véritable lecture Sàhou (Mémoire sur l'inscription rTAhmct, p. 88 sqq.). Champollion transcrivait de même Thot. Tel, le nom de Sothis, sans se tromper d'ailleurs sur l'identité de la déesse (Grammaire Égyptienne, p. 96, Mémoire tur le* ligne» employé» par le* ancien* Égyptien» à ta notation de» divisions du temps, p, 38); Lepsius a le premier déchiffré exactement le groupe (Einleilung zur Chronologie, p. I35-I3G).

1. Détail) de Faucher-Gudin, d'après la itatuetle en bronze du Mutée de Gizéh, publiée dan» Mimetti, Album photographique du Musée de Floulaq, pi. il. Les jambes sont une restauration moderne.

5. L'identité de la vache avec Sothis a été découverte par Jollnis cl de Villiers (Sur les bas-relief»

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