‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 5 sur 374 · Lancrel en «va · texte numérisé non relu

Lancrel en «va

it retrouvé le tracé, mais la mort ne lui a pas permis d'exposer sa découverte avec

les développements

qu'elle comportai! (LtlWIH, Notice mr ta Branche Canopii/ue, suivi d'une A'Iili*

'">" de '"»•"•. <iai>

s la Deicriptinn de l'Egypte, î- éd., 1. VIII, p. 19-Î6).

ans, au bourg de Kerkasore1, à six kilomètres au nord du site où le Caire s'élève; mais, depuis que la Pélusiaque a cessé d'exister, la fourche du fleuve s'est usée d'âge en âge et s'est reportée à 15 kilomètres plus bas1. Les trois grandes voies sont réunies par un lacis de rivières artificielles, de canaux, de fossés, les uns naturels, les autres creusés à main d'homme, qui s'envasent, se ferment, se rouvrent, se déplacent sans interruption, se ramifient en veines innombrables à la surface du sol, répandant partout la vie et la fécondité. Le réseau se rétrécit et se simplifie à mesure qu'on s'élève vers le sud, la terre noire et les cultures s'amoindrissent, la ligne fauve du désert apparaît, les montagnes de Libye et d'Arabie se relèvent, se rapprochent, resserrent de plus en plus l'horizon : au point où l'on dirait qu'elles vont se réunir, le Delta finit et la véritable Egypte commence.

C'est une simple bande de terre végétale, tendue du nord au sud entre deux régions de sécheresse et de désolation, une oasis allongée aux bords du Nil, créée par lui, nourrie par lui. Deux rangées de hauteurs presque parallèles la pressent et se poursuivent sur tout son parcours, à la distance moyenne de 20 kilomètres8. Aux premiers âges du monde, le fleuve remplissait l'espace qui les sépare, et leurs parois, polies, usées, noircies jusqu'au sommet, portent encore la trace non équivoque de son action. Appauvri et descendu au fond de son ancien lit, il s'y fraye son chemin à travers les couches épaisses de limon qu'il a déposées. Le gros de ses eaux appuie vers l'est : c'est le Nil proprement dit, la Grande Rivière des inscriptions hiéroglyphiques4. Un

1. Le nom de Kerkasore (Hérodote, H, xv, xvu, xcvii) ou Kerkésoura (Strabon, liv. XVII, p. 806) répondrait, d'après Brugsch ifieogr. Ins., t. 1, p. 244, 296), à un original égyptien Kerk-osiri; mais Kerk-osiri aurait donné en transcription grecque une forme Kerkosiris, dont M. Wilcken a retrouvé la variante Kerkeusiris dans la nomenclature du Fayoum (Wilcken, JEgyptische Eigennamen in Griechischen Texten, dans la Zeitschrift fur Aigyptische Sprache, 1883, p. 162). M. Wilcken propose de corriger le texte d'Hérodote et de Strabon, et d'y introduire la leçon Kerkeusiris au lieu de Kerkasoros ou de Kerkésoura. Kerkeusiris signifierait, d'après l'observation de M. Erman, Habitation d'Osiris, et renfermerait le radical korkou, kkrkou, qu'on retrouve dans Kerkésoukhos, Kcrkéramsfsou- Miamoun, et dans le nom moderne de Girgéh. L'emplacement d'El-Akhsas, que d'Anville avait attribué à Kerkasore {Mémoires géographiques sur rÈgyptc, p. 73), est trop septentrional : le village ancien devait être situé dans le voisinage du bourg actuel d'Embabéh.

2. Elle était, dès la lin de l'époque byzantine, à quelque distance au sud de Shetnoufi, aujourd'hui Shatanouf (Champollion, /' Egypte sous les Pharaons, t. II, p. 28, 147-151), c'est-à-dire à son emplacement actuel. Les géographes arabes appellent la pointe du Delta Uatn-el-Bakarah, le Ventre de la Vache, a Ce nom, donné à l'endroit où commence la partie la plus fertile de l'Egypte, n'cst-il pas un souvenir de la vache divine, d'Isis, symbole de fécondité et personnification de l'Egypte? » (Ampkre, Voyage en Egypte et en Nubie, p. 120.)

3. IIozikrk évaluait la largeur moyenne à 15 kilomètres seulement (De la constitution physique de l'Egypte et de ses rapports avec les anciennes institutions de cette contrée, dans la Description de l'Egypte, t. XX, p. 270).

4. latour-âou, laour-âou, qui devient en copte Iar-o, lal-o (Brugsch, Geographische Inschriften, t. I, p. 78-79, et Dictionnaire Géographique, p. 84-88). Le mot Phiala, par lequel Timée le mathématicien désignait les sources du Nil (Pline, Hist. N.% V, 9; cf. Solin, Polyhisl., ch. xxxv), n'est que ce nom lalo précédé de l'article masculin phi, ph. Le géographe Ptolémée a traduit exactement le terme indigène par A {léyaç icotaji^;, le grand fleuve (Brugsch, Geogr. Ins., t. I, p. 78-79).

Page 1