I. Pœmander. 8, X, édit. Pautiif.ï, p
l'estomac1, du ventre et de la vessie*, les vers intestinaux3, les varices, les ulcères aux jambes, le bouton du Nil*, et enfin la « maladie divine mortelle », le divinus morbus des Latins, l'épilepsie5. L'anémie, qui ronge un quart au moins de la population actuelle8, n'était pas moins répandue qu'aujourd'hui, s'il faut en juger le nombre des remèdes que les médecins employaient contre l'hématurie qui en est la cause principale. La fécondité des femmes entraînait un nombre d'incommodités ou d'affections locales qu'on s'efforçait de pallier sans toujours y réussir7. La science était d'ailleurs entièrement extérieure et ne s'attachait qu'aux accidents faciles à constater par la vue ou par le toucher : elle ne soupçonnait pas que les troubles manifestés sur deux points souvent très éloignés du corps peuvent n'être que les effets divers d'un seul mal, et elle classait comme formant autant de maladies distinctes les accidents que nous savons n'être que les symptômes d'une même maladie8. Elle s'entendait pourtant assez bien à saisir les caractères spécifiques des affections les plus communes, et les décrivait parfois d'une façon précise et pittoresque. « Le ventre est lourd, le creux de l'estomac douloureux; le cœur brûle et bat à coups précipités. Le linge pèse sur le malade, et il n'en supporte pas beaucoup. Soifs nocturnes. Le goût de son cœur est bouleversé comme celui d'un homme qui a mangé de la gomme de sycomore. Chairs insensibles comme celles d'un homme qui se trouve mal. S'il s'accroupit pour satisfaire à ses besoins naturels, son fondement est lourd et il ne réussit pas à s'exonérer. Dis à cela : « C'est un dépôt d'humeurs dans le ventre qui rend malade le goût du cœur. J'agirai9. » C'est le début des fièvres
1. Désigné sous le nom de ro-abou. Ro-abou est d'ailleurs un terme général qui comprend, outre l'estomac, toutes les parties internes du corps avoisinant la région du diaphragme; cf. Maspero dans la Revue critique, 1875, t. I, p. 237, LCring, Die ûber die medicinischen Kenntnisse der ait en jEgypter berichtenden Papyri, p. 23-24, 70 sqq., Joachim, Papyrus Ebers, p. XVIII. Les recettes relatives à l'estomac sont conservées pour la plupart au Papyrus Ebers, pi. XXXVI-XLIV.