LES ESPRITS VITAUX
seau* pour les bras; il y a deux vaisseaux pour l'occiput; il y a deux vaisseaux pour le front; il y en a deux pour les yeux, deux pour les paupières, deux pour l'oreille droite, par lesquels entrent les souffles de la vie, deux pour l'oreille gauche, par lesquels les souffles de mort entrent également'. » Les souffles dont il est question à propos de l'oreille droite, sont « les bons souffles, les souffles délicieux du Nord » , la brise de mer, qui tempère les ardeurs de l'été, et qui recrée les forces de l'homme, sans cesse amoindries par la chaleur et menacées d'épuisement. Ces esprits vitaux, s'insinuant par l'oreille et par le nez dans les veines et dans les artères, se mêlaient au sang qui les entraînait par le corps entier; ils portaient l'animal et le mouvaient pour ainsi dire. 1-e cœur, le marcheur perpétuel — hâili — , les attirait et les
répartissait à travers l'économie : on le
réputait < le commencement de tous m »o*t reciuht les socffi.es m vit1.
les membres », et quelque endroit du
vivant que le médecin palpât, * la tète, la nuque, les mains, la poitrine, les deux bras, les jambes, sa main tombait sur le cœur » et il le sentait battre sous ses doigts"1. Les vaisseaux se gonflaient, et travaillaient régulièrement par l'influence des bons souffles; ils s'échauffaient, s'obstruaient, se durcissaient, éclataient sous celle des mauvais, et il fallait que le médecin les débouchât, en calmât l'inflammation, leur rendit leur vigueur ou leur élasticité. Au moment de la mort, les esprits vitaux « se retiraient avec l'âme, le sang », privé d'air, « se coagulait, les veines et les artères se vidaient : l'animal périssait « faute de souffles'.
La plupart des maladies dont les anciens Égyptiens souffraient sont celles qui travaillent les Égyptiens modernes, les ophtalmies, les incommodités de
I. Papynu Ebtrt, pi. XCIX, I. 1-C, I. 14; l'apyruë M, et. Chahs, Mélangea Ëgyplologiquei. r* sér., p. 63-64, detêinét lur let tictur, I. Il, p, 114-115,
t. De fin de Faurher-liudin, d'aprei le croquù de iViviLLe, das ,€gypliirhe Todlenbueh, 1 l.o mort tient à la main la voile gonflée, symbole de l'air, el la porte vers ses narines pénétrer le souffle qui doit remplir de nouveau ses artères et porter la vie dans ses mer