‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 12 sur 176 · Lepâius, Denhm., II, 43. — 2. Id., II · texte numérisé non relu

Lepâius, Denhm., II, 43. — 2. Id., II

L'EGYPTE PRIMITIVB. 45

Je ii*ai pas faiLIi! Je n'ai pas défailli ? Je n'ai pas fait ce qui était , abominable aux dieux ! Je n'ai pas desservi l'esclave auprès de son maître! Je n'ai pas affamé! Je n'ai pas fait pleurer! Je n'ai point tué ! Je n'ai pas ordonné le meurtre par fraude ! Je n'ai commis de fraude envers personne! Je n'ai point détourné les pains des temples ! Je n'ai point distrait les gâteaux d'offrande des dieux ! Je n'ai pas enlevé les provisions ou les bandelettes des morts!... Je n'ai point fait de gains frauduleux! Je n'ai pas altéré les mesures de grain ! Je n'ai pas fraudé d'un doigt sur une paume ! Je n'ai pas usurpé dans les champs ! Je n'ai pas fait de gains fraudu- ' leux au moyen des poids du plateau de la balance ! Je n'ai pas faussé l'équilibre de la balance! Je n'ai pas enlevé le lait de la bouche des nourrissons ! Je n'ai point chassé les bestiaux sacrés sur leurs herbages ! Je n'ai pas pris au filet les oiseaux divins! Je n'ai pas péché les poissons sacrés dans leurs étangs! Je n'ai pas repoussé l'eau en sa saison! Je n'ai pas coupé un bras d'eau sur son passage! Je n'ai pas éteint le feu sacré en son heure ! Je n'ai pas violé le cycle divin dans ses offrandes choisies! Je n'ai pas repoussé les bœufs des propriétés divines ! Je n'ai pas repoussé de dieu dans sa procession! Je suis pur! Je suis pur! Je suis pur! » Les mêmes formules de. confession négative sont répétées presque mot pour mot dans la deuxième section du chapitre, jointes chacune au nom d'un des quarante-deux membres du jury infernal, La troisième section se borne à reproduire sous une forme parfois très-mystique les idées exposées dans la première : « Salut à vous, dieux qui êtes dans la salle de Vérité et de Justice, qui n'avez point le mensonge en votre sein, mais vivez de vérité dans On et en nourrissez votre cœur, par-devant le Seigneur Dieu qui habite en son disque solaire. Délivrez-moi de Typhon qui se nourrit d'entrailles, à magistrats, en ce jour du jugement suprême; donnez au défunt de venir à TOUS, hu qui n'a point péché, qui n'a m menti ni fait le mal, qui n'a commis nul crime, qui n'a point rendu de faux témoignage, qui n'a rien fait contre lui-même, mais TÎt de vérité et se nourrit de justice II a [semé partout] la

foîef cé qu^il a fait^ les hommes en parlent et les dieux s'en léjouîes&ot. Il s'est concilié Dieu par son amour; il a donné dcB pains à l'affamé , de Teau à Taltéré, des yêtementB au nu; il a donné une barque à qui était arrêté dans son Toyage; il a offert des sacrifices aux Dieuxy des repas fanêraircs aux défunts. Délivrez-le de lui-même! Protégci-le contre lui-même (variante), ne parlez pas contre lui, par-devant le Seigneur des morts, car sa bouche est pure et Bés deiix mains sont pures*! »

Four affermir l'homme dans ces sentiments de piété et de justice^ les Égyptiens avaient imaginé de placer à côté ie lui sur la terre des dieux, témoins vivants de tous ses actes. L'incarnation permanente de la divinité , faite d'abord dans un corps d'homme au temps des dynasties divines^ avait changé de nature après que Râ, Hor, Osiris et lea autres eurent achevé de développer dans l'homme les qualités que le créateur y avait placées et de donner aux premières sociétés un ensemble de lois et de principes qui leur permît de se suffire à elles sans l'intervention directe de la divinité dans leurs affaires. Désormais Dieu, au lieu de revêtir une figure humaine, se dissimula dans un corps de bêle d'où il surveilla la marche des événements sans paraître y prendre part. Si bien caché qu'il fût sous ce déguisement, les Egyptiens surent le reconnaître et Tadorer. « Les sanctuaires des temples sont ombragés par dee voiles tissus d'or. SI vous avancez vers le iond de Tédilice et que vous cherchiez la statue, un prêtre B* avance d'un air grave en chantant un hymne en langue égyptienne, et soulève un peu le voile comme pour vous montrer le dieu. Que voyei-vous alors ?"Un chat, un crocodilo, un serpent indigène ou quelque autre animal dangereux. Le dieu des Égyptiens paraît ; c'est une bête vautrée sur un tapis de pourpre. »

Clément d'Alexandrie avait raison de tourner en ridicule les animaux sacrés : il avait tort de les considérer comme les dieux de l'Egypte. Le chat, le crocodile, le

L Cf. RevuÉ critique, 1872, t. II, p. 338-348.

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fierpent dont il parle n'étaient qu'une incarnation de Dieu, un corps dans lequel il mettait pour ainsi dire une parcelle de sa divinité. Hor peut être représenté tantôt comme un homme, tantôt comme un.éperrier; souvent même, afin de mieux montrer le lien qui rattachait les deux formes Tune à l'autre, on les iondait en une seule : on posait une tète d'animal sur un corps humain ou une tète d'homme sur un corps de bête. Hor était alors un homme à tète d'épervier ou un épervier à tète d'homme. Sous ces quatre formes, il est Kor et n'est pas plus lui-^ même sous une d^ellés qu'il ne l'est sous l'autre. Sans doute les Égyptiens avaient eu des raisons pour consacrer à chaque Dieu un animal particulier. Quelquefois l'attribnûm reposait sur un simple jeu de mots : Set ou Ty-- 5hon(Tebh) est représenté par l'hippopotame, parce qu'en Egypte l'hippopotame s'appelle Teb comme le dieu luimême. Le plus souvent nous ne pouvons arriver à saisir les analogies qui ont déterminé le choix des Égyptiens, et les Égyptiens eux-mêmes n'en savaient pas plus long que nous à ce sujet.

Chaque nome avait son animal sacré, dont quelques-uns étaient adorés par tout le pays, le scarabée de Phtah, Tihis et le cynocéphale de Thot, l'épervier d'Hor, le chacal d'Anubis. D'autres, vénérés dans un nome, étaient proscrits ailleurs. Les gens d'Éléphantine tuaient le crocodile. Au contraire, les prêtres de Thëbes et de Shed « en choisissaient un beau qu'ils nourrissaient après lui avoir appris à manger dans la main. Us lui mettent aux oreilles des anneaux d'or ou de terre émaillée et des bracelets aux pattes de devant*? » — « Notre hôte.... prit des gâteaux, du poisson grillé et une boisson préparée arec du miel, puis alla vers le lac avec nous. La bète était couchée sur le bord : les prêtres vinrent auprès d'elle, deux d'entre eux lui ouvrirent la gueule, un troisième y fourra d'abord ies gâteaux, ensuite la triture, et finirent par la boisson. Suî quoi le crocodile se mit à l'eau et s'alla poser sur

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