‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 15 sur 176 · tow eritiquej 1873, t, I, p, fiJ-SÎ · texte numérisé non relu

tow eritiquej 1873, t, I, p, fiJ-SÎ

È^^^^îltX^

Mena et les dyaasties Thinites. — Les trois premières dynasties mempbKes et l'époque des Pyramides. -— De la littérature égyptienne pendant la période memphite. — De la sixième à la onziènie dynastie.

nétta et le« «yaMitlctf VlitiiltMi.

YaiDqueur de la classe sacerdotale^Mênane crut pas devoir fixer le siège ^e son gouyemement au lieu de sa naissance. Thênij yille d'Osiris et centre du seul culte commun k tonte TÊgypte, lui parut sans doute trop déyouée aux prètrûB dont il Tenait de briser l'autorité. A nouvel empire^ nouvelle capitale : il fonda Memphis, sur la rive gauche du NU» à quelques lieues au sud de la pointe du Delta'. ce Ce Menés, au dire des prètrQS, entoura Memphis de digues. Jadis en effet tout le fleuve coulait vers la Libye^ le long de la montagne sablonneuse [qui borne l'Egypte à l'occident] : Menés, à cent stades au-dessus de Memphis, combla le bras qui va vers le midi, mit à sec Tancien lit, et contraignit le fleuve à couler au milieu de l'espace qui sépaxû les deux montagnes. Encore maintenant les Perses surveillent avec le plus grand soin ce bras du Nil qui coule dans un lit distinct, et consolident la digue chaque année; car si le fleuve voulait la rompre et déborder de ce côté, il serait à craindre que Memphis entière ne fût inondée. LorB donc que ce Menés, le premier qui dévint roi, eut enclos de diguea un terrain solide, il y fonda cette ville qui est aujourd'hui appelée Memphis (car Memphis, elle aussi, est

1. Diodore (I, 50) attribue la fondation de Mempliis à un autre roi qu^il nopnue OuchoreiM.

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dans la partie étroite de ITÈgypte); en dehors de la ville et tout autour d'elle, il creusa un laé qui, dériyé du fleuVe, va vers le nord et Touest, car le côté de l'orient c'est le- Nil qui l'enclôt*. »

La digue de Menés existe toujours : sous le nom de digue de Koschéischj elle sert de clef aux réservoirs d'inondation de la Haute Egypte. La nouvelle ville appelée Mannower, « la bonne place *, » fut consacrée au dieu Phtah, qui lui donna son nom sacré de Ha-kor-Phtah^ « demeure de Pbtah, » dont les Grecs ont lait Egypte •• Sa fondation eut sur les destinées de l'Egypte primitive une influence décisive. Jusqu'alors les nomes du sud, avec leurs sanctuaires antéliistoriques, sièges de la domination sacerdotale, avaient joué dans l'histoire de la civilisation le rôle principal. En fixant son séjour à la pointe du Delta et en attirant à Meinphis les forces vives du pays, Mena déplaça pour ainsi dire le centre de gravité du pays et le porta du sud au nord. Tandis que Théni et Abydos, tombeau d'Osiris, Thèbes, patrie du dieu, Demdérah, séjour d'Hathor, étaient délaissées et s'enfonçaient de plus en plus dans une obscurité profonde, Memphis et les villes voisines devenaient le foyer de la civilisation égyptienne. C'est à Memphis que la littérature se développe et fleurit ; à Memphis, dans le pa^ lais des rois, que les sciences exactes sont cultivées avec le plus de soin; à Memphis enfin que les arts plastiques produisent leurs chefs-d'œuvre,

Mena, tel que nous le présente la tradition, est le type le plus complet du monarque égyptien. Il est à la fois constructeur et législateur : iF fonde le grand temple de Phtah à Memphis* et règle le culte des dieux*. U est guerrier et conduit des expéditions hors de ses frontières '. L'histoire sacerdotale, sévère pour l'homme qui. avait dépossédé les prêtres, attribue une fin malheureuse à une vie

î. Hérodote, II, 99. — 2. Peut-être « le bon port ■. — 3. Brugsch, C.rftfc/i.,t. Ij p. 83. — 4. Hérodote, II, 99. — 6. Diodore, I, 94, qui en cet eDdroit donûe à Mena le nom de Mném, — 6. Manéthon^ édit. %er, p. 78.

El brillante : elle fait mourir Mena sous la dent d'un hippopotame, après un règne de soixante à soixantedeux ans '. ( La légende b' attacha hientdt h, son nom. On raconta qu'il aTait perdu son fils unique à la fleur de l'âge: le peuple avait composé à ce sujet un chant de deuil nommé Manérosj dont Tair el les paroles s'étaient transmis de siècle en siècle '. On fit de lui un roi ami du luxe, qui avait inventé Tart de servir un dîner^ et montré à ses sujets la manière de manger étendu sur un lit'. Aussi un prince saïte, Tawnechtj père du BokenranWj de la vingt-quatrième dynastie, pendant une expédition contre les Arabes, où l'aridité du pays le força de renoncer à la pompe et aux délit catesses de la royauté pour vivre quelques jours durant la t vie d'un simple particulier, maudit solennellement Mena, \ et fit graver ses imprécations sur une stèle dressée dans le ^ temple d'Ammon, à Thèbes *. Cela n'empêcha point le premier roi humain de rester toujours cher aux Égyptiens : son nom se retrouve en tète de presque toutes les listes royaîeSj et son culte se perpétua jusque sous les Ptoléméés '. Nous ne savons rien ou presque rien des rois qui composent les trois premières dynasties. Leurs monuments ont péri ou n'ont pas encore Été retrouvés, et le peu que nous connaissons de leur vie tient plus de la légende que de rhistoire* Manéthon énumérait avec une complaisance superstitieuse les miracles qui avaient attristé ou réjoui leurs règnes. Une grue à deux tètes apparue dans la première année de Têta, le fils de Mena, avait été pour l'Egypte le présage d*une loogne prospérité • ; sous Ouénéphès une

L Manétlionjp, 78'&1. Cf., pour tout le rôle de Mena, Bunsen, Egypfs place, u IL — 2. Hérodote, lï, 19. Cf. sur le Manérôs, Hosychius, «. V, Mavipu»^; Suidas,*. tc.Mav^pcuç et ntptfjiavc&c. — 3. Diodore, I, 45. — 4, Diadore, I, 45j de Iside et Oitrtde, §8. Taumeeht et Bokênranw sont appelés TA^/J^q;, ou 7iy:*a-'^K et Baxxopic — 5. Stèle d*Ounnou>ré au Louvre, SaiU hùiorique, 421. Cf. de Rougé, Reeherehes sur les immumenti qu'on peul attribuer auat six fyremières dynattUi de Manéihon^ p. 3Û-3L — 6^ jEUcn, S, Ânim.^ XI, 40 qui donne au fils de Mena le nom d'Olvîç.

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pande famine aTsit dépeuplé le pays*, Çà ùi là, qudqnes démils trop brefs sur les constructions royales : Têta avait jeté les fondations du grand palais de Memphis', et Ouéûéphès élevé les pyramides de Kô-komè, près du bourg actuel de Saqqamh *. Plusieurs de ces vieux roie^ SI éloignés de nous qu'on a peine à s'imaginer qu'ils ont vé€Uj avaient ambitionné le renom d'écrivain du de eaTant, Têta avait étudié la médecine et composé des traités d*aiiatomie*; le chapitre LXIV du livre des Morts % et Tun des ouvrages contenus au Papyrus Médical de Berlin j passaient pour avoir été découverts ^ dans les jours de la aaiuteté du roi des deui Egyptes {Hesepti)^ le Têridique",» Sous Sémempsfes, petil-fils d'He&epti^ une peste terrible décima la population : les lois se reMctèrent, de grands crimes furent eommiSj et des révoltes éclatèrent^ qui amenèrent bientôt la chute de la première dynastie*

La seconde était originaire de Théni, et se rattachait par quelque lieu encore inconnu à la famille de Mena. Manétlion ne connaissait du fondateur Boutsâou (BotiOoç) Noi^ terbaïou, que la mention d'un grand désastre : un gouffre a'était ouvert près de Bubaste et avait englouti beaucoup <iegens'. Mais avec Kakéou (Kai^/^wc) commence une sdrie de rois législateurs^ dont les décrets modifièrent profondément la constitution religieuse et politique de ^*ÉOT^®- ^oAéou proclama dieux l'Hapi de Memphis, le Mnévis d'Héliopolis et le bouc de Mendèa : aussi son nom royal signifie-t-il ctle mâle des mâles » ou « le taureau des taureaux », par allusion sans doute aux idées symho- Jjques qui régnaient de son temps, et auxquelles la divini- ^oa des animaux sacrés donna une confirmation éclaïiiite'> Son successeur, Bainoulerou (Bivwepî^), accorda le

1. MMéthon. édit, Unger, p. 79,. —S. Id-, p, 78, — 3. Id., p. 79; Bru^h, Ç, însch.^ Ij p, 124, 240; Mariette, Eùtoire d^Égyprej 2' édit., t m. — 4. Manétbon, édit. Ungerj p. 78. — 5. Goodwin^ dans la ItiUchrift^ 1867, p- 55 56. *- 6. Papyrus médical, édit, Bnigschj ï-lIV, U 1-2, —7. Manéthon, édit. Unger^ p, 84; ûe Raugé, Ilecher- ^iw let monumentif p> 2Û-2L — 8- M^néthoD et de Rougé, l(K. du

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droit de succession aux femmeg de sang royal, déterminé à cela par des raigoûs religieuses autant que politiques. En ■ Egypte, le roi n'était pas, comme partout ailleurs, un hommo chargé de gouverner d'autres hommes. Successeur et descendant des divinités qui avaient régné sur la Yallée du Nil, il est la manifestation vivante et Tincarnation de Dieu : fils du Soleil (Se Râ)y ainsi qu'il a soin de le proclamer bien haut partout où il écrit son nom, le sang des' dieux couJe dans ses veines et lui assure le souverain pouvoir. Sans doute, tant que la postérité mâlo ne fit pas défaut aux rois, les filles, reléguées dans ](" gynécée j n'eurent aucun droit à la couronne. Quand la J ignée mâle manqua, plutôt que de laisser tomber la royauté aux rnaina d'une famille humaine, on se souvint que les filles j elles aussi, pouvaient perpétuer la race solaire, et on leur accorda le droit de succession. Dès lors, toutes les fois qu'une dynastie vint a s'éteindre, le fondateur de la dynastie nouvelle^ dont le plus grand souci était de se rattacher à la famille divine, épousa les princesses du sang royal ou les donna pour femmes à ses enfants. Cette union renouait la chaîne un moment interrompue des dynasties solaires, et par là même légitimait l'usurpation *.

Les autres princes de la deuxième dynastie ne nous ont guère laissé que leur nom. Send (2e6^vYiç) était encore vénéré à Tépoque grecque *; on dit que sous Nowerkara (N£!p:p^£pn<;) le Nil roula du miel onze jours durant; et Sésochris passait pour avoir été un géant*. Quelques-uns des monuments trouvés dans les nécropoles de Memphis, le tombeau de Thothotep àSaqqarah, les statues de Sepa, aujourd'hui conservées au musée du Louvre, paraissent pouvoir être ri?portéâ jusqu'à cette, époque. Ils présentent tous les caracttires d'un art encore dans l'enfance. » Les hiéroglyphes et les figures sont en relief plus vigoureux qu'ils ne le seront par la suite. Les figures sont trapues, ébau-

1, De Bcugé, Notice de quelques textes hiéroglyphiques, p. 36 sqq.; Maspero, Essai sur Vinscription du temple d^Ahydot, p. 69-70. • — 2. De Rûugé, Recherches, p. 3U — 3. Manéthon, édit. Unger, p. 84.

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cIiÉe» à grands coups plutôt tjue finies* Les hiéroglyphes sODt comme en désordre ; les formes inconnueB et innsitées y sont communes ; ils sont lourds, espacés, gauchement ajuÊtée. On n*a pas su les proportioRner les uns avec les atrtres, ni ayec les figures qu'ils accompagnent. Les personnages ont la paupière inférieure bordée d'une bande verte. En ce qui regarde la langoo et récriture, on n'en siarait trop rien dire, vu le petit nombre d'exemples dont noue disposons. Cependant certaines formules, qui bientôt seront banales, semblent être inconnues, La phraséologîa esl brfeve. Il y a un moins fréquent usage du pbonétisme. Le9 charges attribuées au déftint sont souvent propres à cflUe époque et intraduisibles* Tout, dans Técriture aussi lien cpie dans la sculpture, présente quelque chose qui dépayse Tœil'- »

Avec le dernier roi de la deuxième dynastie s'éteignit probablement la descendance directe de Mena, Elle avait régné cinq eiÈcles et demi, et accompli durant cet interne une œuvre qui n'était ni sans gloire m sans difficulté. Mena avait réuni sous son autorité toutes les tribus qui iiabitaient la vallée du Nil; mais leur fusion en un seul peuple ne pouvait être l'ouvrage d'un seul règne. Les princeades nomes, réduits à la condition de gouverneurs teditaires, durent s'habituer difficilement à leur vasse- %e et saisirent sans doute tous les prétextes de rétvolte (pcleuT offrirent la cruauté ou la faiblesse de certains rois. Ù est très-probable que plusieurs d'entre eux réussirent à rega^er leur indépendance et même à établir des dynasties collatérales qui disputèrent le pouvoir suprême à la famille régnante ou parfois la réduisirent à une impuiswnce momentanée. La plupart des noms royaux qui figurant Bur certaines listes pharaoniques et ne se retrouvent * pas dans des liâtes de Manétbon, appartiennent probable- E^iit à ces dynastes illégitimes. Les descendants de Mena Mrent par triompher de ces résistances et par s'imposer in pays entier. Les princes des nomes plies à Tobéissance

t^ Mariette, 5i*r fef tom&w de î'^nci'an Mvrv'pirt^ p. 13,

deYinrent les grands dignitaires de la cour phara-onique et ■ les premiers officiers du roi; les triMs se mêlèrent et se fondirent « d'ALou jusqu'à Adhou »j d'Éléphantine auDella^ < Mena avait fondé un royaume d'Egypte : ses sncc^sseuri des deux premières dynasties formèrent une nation ég tienne ^

I<«* irolM pr««ilèr«« d7iiBBtl«s m«nip1iltea et ré^^ne il£B PTrâmldêd*

La troisième dynastie était mempHte, Ce fait, attesté pa ManéthoQj est de la plus haute importance pour l'histoir de cette époque. Jusqu'alors, en effet, Théni avait retemi son ancien prestige et continué d'imposer ses princes an paya tout entier. En rompant avec elle^ FÉgypte rompa" définitivement avec son passé sacerdotal et achevait la ré volution commencée par Mena, Dès lors^ Théni ne cesa de déchoir. Abjdos, construite i quelques milles à peînl

1. VoLCîj restitué ftussî complètement qu^on peut Is fairo eu ce : ment, le tableau des deux premières dynasties.

1" Dynastie thinitb*

II* DïNASTÎE THINITE, H

— MiNÂ (MiivTji;, Mvtwi;),

— BODTSJ^OU iEQT\Uij. a

— TETA('AluOnaO.

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— ATÔTaCAfliijeiîp')

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