Hérodote, II
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ments. Gela donna lieu plus tard de lui attribuer, au détriment du fondateur réel, la cenetruction de la pyraniide entière. Les voyageurs grecs, à qui leurs exégètes racontaient rhistoire de la belle aux joues de rose^ changèrent la princesse en courtisane et substituèrent au nom de Nitaqrit, le nom plus harmonieux de Rhodopis. Un jour qu'elle se baignait dans le fleuve, un aigle fondit sur une de ses sandales, l'emporta dans la direction de Memphis et la laissa tomber sur les genoux du roi qui rendait alors la justice en plein air. Le roi, émerveillé et parla singularité de l'aventure et par la beauté de la sandale, fit chercher par tout le pays la femme à qui elle avait appartenu, et c'est ainsi que Rhodopis devint reine d'Egypte. A sa mort, elle eut pour tombeau la troisième pyramide*. Le christianisme et la conquête arabe modifièrent encore une fois le caractère de la légende sans effacer entièrement le souvenir de Nitokris. « L'on dit que l'esprit de la pyramide méridionale ne paroist iamais dehors qu'en forme d'une femme nuë, belle au reste , et dont les manières d'agir sont telles que, quand elle veut donner de l'amour à quelqu'un et luy faire perdre l'esprit, elle luy rit, et, incontinent, il s'approche d'elle et elle l'attire à elle et l'affole d'amour; de sorte qu'il perd l'esprit sur l'heure et court vagabond par le pays. Plusieurs personnes l'ont veuë tournoyer autour de la pyramide sur le midy et environ soleil couchant ^. » C'est Nitokris qui hante ainsi le monument dont elle avait achevé la construction.
De la mort de Nitokris à l'avènement définitif de la onzième dynastie, près de cinq siècles s'écoulèrent sur lesquels l'histoire reste à peu près muette. Quatre dynasties s'élevèrent, puis retombèrent rapidement pendant cet intervalle, sans laisser aucun monument qui nous permette de déterminer les noms et Tordre de succession des Pharaons qui les composent. Manéthon indiquait d'abord une septième dynastie memphite, qui, d'après une version, aurait
1. Strabon, 1. XV, c. 1. Cf. Hérodote, II, 134-135. — 2. VÉgypté de Murtadi, pis du Gaphiphe, de la traduction de M. Pierre Wattier. A Paris, mdc lxIï, p. 65.
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duré seulement soixante-dix jours et n'aurait pas compté moins de soixante-dix rois ; d'après une autre, aurait été formée de cinq rois et aurait régné soixante-quinze ans. Il parlait ensuite d'une seconde dynastie memphite, la huitième, dont les vingt-sept souverains n'exercèrent l'autorité que pendant cent quarante-six ans. Le Papyrus de Turin, tout mutilé qu'il est, nous donne en effet pour cette époque lïndication de règnes forts courts. Le roi Nowerka^ successeur immédiat de Nitaqrit, garda le pouvoir deux ans^ un mois, un jour; le roi NowronSy quatre ans, deux mois^ un jour; le roi -46, deux ans, un mois, un jour; un autre roi, dont le nom est illisible, un an et huit jours. D faut voir dans l'insignifiance de ces chiffres la preuve des troubles incessants et des guerres civiles qui ruinèrent rBg:ypte et amenèrent probablement sa division en plusieurs Etats indépendants sur lesquels les princes de la dynastie officielle, retirés à Memphis, n'eurent plus qu'un droit de suzeraineté purement nominal.
Après un siècle et demi d'agitations et de luttes, la lignée memphite finit par s'éteindre et fut remplacée par une famille d'origine héracléopolitaine. Hâr-khnen-souten^ ^ l'Héracléopolis des géographes grecs, dont le nom, altéré successivement enKhininsoueXHnès^yesi reconncdssable encore aujourd'hui dans la forme arabe Ahnas-elrMedinéh^ était l'une des villes les plus anciennes et les plus riches de l'Egypte. Située au cœur même de l'Heptanomide, à trente lieues environ au sud de Memphis, elle s'élevait Jans une lie assez considérable formée par le Nil à l'orient, par le grand canal qui longe le pied de la montagne Libyîue, à l'occident. Fondée, aux temps antéhistoriques, autour de l'un des sanctuaires les plus vénérés du pays, elle Bavait pas encore de rôle politique, lorsqu'un de ses prin- <^8, dont le nom nous est arrivé sous la forme grecque i'Achthoès, la tira de son obscurité et parvint à lui donner ia prééminence qui avait si longtemps appartenu à MempMs. «Il fut le plus cruel de tous ceux qui avaient régné
!• Littér., la demeure de V enfant royal. — 2. Ésaïe, XXX, 4; Cliam- PolUon, VÉgypte s(ms les Pharaons, 1. 1, p. 309-310.
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jusqu'alors et commit beaucoup de crimes. Il finit par être frappé de démence et mis en pièces par un crocodile *. » Après sa mort, Héracléopolis, devenue pour un temps ville dominante, produisit successivement deux dynasties, la neuvième et la dixième. Lm fragments du Papyrus de Turin, la deuxième rangée supérieure de la table d'Abydos, le canon d'ÉMtosthènes, nous ont conservé sans doute quelques-uns des noms de cette époque. L'absence complète de monuments originaux ne nous permet point de classer et de répartir entre les dynasties fes rois dont les cartouches plus ou moins mutilés sont parvenus ainsi jusqu'à nous. Régnèrent-ils trois siècles comme l'affirment les uns ou six comme le veulent les autres? Réussirent-ils à étendre leur autorité sur toutes les régions comprises entre la première cataracte et les côtes de la Méditerranée, ou ne possédèrent-ils qu'une partie du pays? Ce sont là autant de questions auxquelles il est impossible de répondre dans l'état actuel de la science. On voit seulement que les derniers d'entre eux, après avoir lutté vainement contre la révolte des provinces du midi, finirent par succomber sous l'effort toujours croissant des princes thébains qui forment la onzième dynastie de Manéthon '.
1. Manéthon, édit. Unger, p. 107. — 2. Voici, restitué aussi complètement qu'on peut le faire en ce moment, le tableau des sixième, scp- LitjLïio, huitième, neuvième et dixième dynasties:
VI« Dynastie éléphantine (abydénienne).
Teta (à Memphis) ÀTi (dans le Sud) Merirâ Papi I Merenrâ [Mentemsaw I] NowERKARÂ [Papi II?] Merenrâ Mentemsaw II
NiTAQRIT *
VII* Dynastik memphite.
VIII» Dynastie memphite.
IX* Dynastie héracléopc
X* Dynastie héracléopc
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III M&Ôéaou9K.
IV ^ico^.
V MsvOê'ffouçtç.
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