‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 25 sur 176 · L: ..'Ji · texte numérisé non relu

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Néfilim, Zoinzommim, et prirent possession du pays tout entier, depuis la rivière d'Euphrate jusqu'à Tisthme de Suez. Leur marche en avant ne s'arrêta pas là : plusieurs de leurs tribus, attirées sans doute par le renom de richesse de FEgypte, franchirent le désert qui marque la limite entre l'Afrique et l'Asie et pénétrèrent dans la vallée du Nil*.

Les circonstances étaient alors particulièrement favorables à une invasion. Gomme à toutes les époques troublées de son histoire, l'Egypte se trouvait partagée en petites principautés toujours en lutte l'une contre l'autre, toujours •en révolte contre le souverain légitime. La quatorzième dynastie, reléguée àXoïs, au centre du Delta, achevait de s'éteindre au milieu du désordre et des guerres civiles : les restes de son pouvoir furent rapidement renversés par les conquérants. « Il nous vint un roi nommé. Timœos. Sous ce roi donc^ je ne sais pourquoi Dieu souffla contre nous un vent défavorable ; et, contre toute vraisemblance, des parties de l'Orient, des gens de race ignoble menant à l'improviste envahirent le pays et le prirent par force aisément et sans combat^. » Ce fut comme une nuée ■de sauterelles qui s'abattit sur l'Egypte. Villes et temples, tout fut ruiné, pillé, brûlé. Une partie de la population mâle fut massacrée ; le reste, avec femmes et enfants, réduit en esclavage. Memphis prise et le Delta conquis en son entier, les Barbares élurent pour roi un de leurs chefs nommé Shalît (Salatis, Saîtês). ShaLit établit parmi eux un commencement de gouvernement régulier : il choisit Memphis pour capitale et frappa d'un impôt ses sujets égyptiens.

Deux périls le menaçaient. Au. sud, les princes Thébains, prenant en main la direction des afiTaires après la chute des Xoïtes, avaient fondé la quinzième dynastie diospolitaine et organisé la résistance du pays. Au nord, il fallait contenir la convoitise des tribus cananéennes qui

1. L'origine cananéenne des rois Pasteurs et de leur peuple est attestée par Manéthon, édit. IJnger^ p. 140 sqq. — 2. Manéthon, édit. Unger, «>. 140.

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étaient demeurées en Syrie et rambition des conquérants élamites de laGhaldée^. Shalit vit tout de suite ce qu'il avait à faire. Les Égyptiens, divisés et abattus par leurs revers, n'étaient guère à craindre pour le moment : il se contenta d'établir sur les points stratégiques de la vallée des postes fortifiés dont la possession lui assurait la soumission des nomes environnants et reporta le gros de ses forces sur la frontière de l'isthme. Les immigrations pacifiques, si fréquentes au temps de la douzième dynastie, avaient déjà introduit dans le Delta oriental des populations asiatiques. U fonda au milieu d'elles et sur les ruines d'une ancienne ville, Hâouâr (Avaris), dont la légende se rattachait au mydie d'Osiris et de Typhon, un vaste camp retranché capable de contenir deux cent quarante mille îH)Idat8. Il s'y rendait chaque année en été pour assister aux exercices militaires, payer la solde et faire les distributions de vivres. Cette garnison permanente mit le nouveau royaume à l'abri de toute invasion et devint pour les successeurs de Shalit une pépinière inépuisable d'excellents soldats^ avec lesquels ils achevèrent la conquête de r£gjpt6. Il fallut plus de deux cents ans pour réduire les piinces de Thèbes : cinq rois, Bn6n, Apachnas, Apapi I**, jannas et Assès, usèrent leur vie « à faire une guerre perpétuelle, désirant arracher jusqu'à la racine de l'Egypte \ » Assès finit par renverser la quinzième dynastie et par rester seul maître de l'Egypte entière.

Les Égyptiens donnaient aux tribus nomades de la Syrie le nom de Shous, SuasoxJj pillards^ voleurSy qui convenait dors comme aujourd'hui aux Bédouins du désert. Qs Tappli(pièrenl à leurs vainqueurs asiatiques : le roi des Cananéens devint dans leur bouche le roi des Shous, Hiq-Shous, dont les Grecs ont fait HykoussAs, HyksAs'. Quant au peuple, on rappela d'une manière générale Mentiou^ les pasteurs, ou Saiiou^ les archers. Le souvenir de leurs cruautés resta longtemps vivant dans la mémoire des Égyptiens et

1. Xanéfhon les appelait improprement Assyriens. — 2. Manéthon, édition Unger, p. 141.— 3. Idem, tWd., p. 142.

ei^altait encore, à vingt siècles de distance, le ressentiment de l'historien Manéthon. La haine populaire les chargea d'épithètes ignominieuses et les traita de maudits, de pestiférés, de lépreux*. Pourtant ils se laissèrent apprivoiser assez rapidement. S'ils avaient un rang supérieur dans Tordre militaire et politique, ils se sentaient inférieurs à leurs sujets en culture morale et intellectuelle. Leurs rois trouvèrent bientôt qu'il y avait plus de profit à exploitera pays qu'à le piller, et, comme aucun des envidiisseurs n'aurait pu se reconnaître au milieu des complications du fisc, il fallut employer des scribes égyptiens au service du Trésor et de l'administration. Une fois admis à Têcole de TÊgypte, les barbares entrèrent rapidement dans la vie civilisée. La cour des Pharaons reparut autour des rois Pîtsteurs avec toute sa pompe et tout son cortège de fonctionnaires grands et petits ; le protocole royal des Khéops et des Amenemhat fut adapté aux noms étrangers d'Ianoès et d'Apapi. La religion égyptienne, sans être adoptée officiellement, fut tolérée, et la religion des Cananéens su- Lit quelques modifications pour ne pas blesser outre mesure la susceptibilité des adorateurs d'Osiris. Soutekh le guerrier, le dieu national des conquérants, fut identifié avec le Set égyptien. Tanis, devenue capitale du pays, vit rouvrir ses temples et augmenter le nombre de ses palais. On a retrouvé dans ses ruines des sphinx et des statues qui nous montrent ce qu'était la sculpture au temps des Pasteurs* ^^ Les yeux sont petits, le nez est vigoureux et arqué en même temps que plat, les joues sont grosses en même temps qu'osseuses, le menton est saillant et la bouche se fait remarquer par la manière dont elle s'abaisse aux extrémités. L'ensemble du visage se ressent de la rudesse des traits qui le composent, et la crinière touffue qui encadre la tête, dans laquelle celle-ci semble s'enfoncer, donne au monument un aspect plus remarquable encore*.» Cette civilisation nouvelle, moitié égyptienne, moitié sémi-

I. Cbabds, Mél. égyplologiques, 1" série, p. 28-41. — 2. A. Mariette, Lettre à If. te vicomte deRougé sur Us fouilles de Tenis,jp, 9.

tique^ se développa sous cette seconde dynastie des rois Pastem^ (pxe les historiographes nationaux avaient fini par adopter et par considérer comme la seizième de leurs dy» iiastiesnationales«

Si, du temps des Pharaons, les peuples de Syrie étaient accourus en foule sur cette terre d'JËgypte qui les traitait en sujets, peut-être en esclaves, le mouvement d'immigration dut être plus considérable encore du temps des rois Pasteurs. Les nouveaux venus trouvaient établis sur les bords du Nil des hommes de même race qu^eux, tournés en Égyptiens, il est vrai, mais non pas au point d'avoir perdu tout souvenir de leur langue et de leur origine. Ils furent reçus avec d'autant plus d'empressement que les con({uérants sentaient le besoin de se fortifier au milieu d'une population hostile. Le palais des rois s'ouvrit plus dune fois à des conseillers et à des favorites asiatiques ; le camp retranché d'Hâouâr enferma souvent des recrues syriennes ou arabes. Invasions, famines, guerres civiles, tout semblait conspirer à jeter en Egypte non pas seulenient des individus isolés, mais des familles et des nations entières. Chassées d'Our, les tribus sémitiques jusqu'alors établies dans la Ghaldée méridionale avaient remonté le cours de l'Euphrate sous la conduite du légendaire Thaïe et s'étaient fixées sur la rive gauche du fleuve près de liharrân en Mésopotamie. Bientôt après, une partie d'entre elles franchit l'Euphrate avec un chef que la tradition appelle Abram ou Abraham, et, sous le nom d'Hébreux*, traversa la Syrie dans toute sa longueur, du nord au sud. Les gens d' Abram se fixèrent aux alentours de Kiriath- Arba ou Hébron et rayonnèrent de là sur toute la terre de Canaan. Les uns passèrent le Jourdain et formèrent les tnbus de Moab et d'Ammon ; les autres s'enfoncèrent dans le désert méridional, où ils se mêlèrent aux Édomites. Le feste prit du surnom mystique d'un de ses chefs le nom de Bnou-Israël ' sous lequel il s'est rendu célèbre, et, après

1- Les gens d'au delà le fleuve.— 2. Israël, celuiqui lutte contre Dieu. 'Nestlé furnom que Jacob pnt, selon la légende, après sa lutte avec '''u(Cen^e,XXXn, 24-32).

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avoir longtemps promené ses tentes à travers les plaines et les montagnes de Canaan, descendit en Egypte avec tous les biens de la tribu.

D'après la légende, le patriarche Jacob avait douze fils. Le plus jeune, Joseph, devint odieux à ses frères à cause de la préférence que son père lui témoignait. Ils le vendirent à une caravane de marchands qui se rendait en Egypte et persuadèrent à leur père qu'une bête fauve avait mis en pièces son enfant bien-aimé. Mais TËtemel était avec Joseph et le faisait prospérer. Vendu à Tun des grands officiers de la couronne nommé Pétéphra, il devint bientôt l'intendant du maître et le premier ministre de Pharaon. Une année que ses frères, poussés par la famine, étaient venus acheter du blé en Egypte, il se découvrit à eux et les amena devant le roi. Alors Pharaon dit à Joseph : <c Dis à tes frères : Faites ceci : chargez vos bëtes et partez pour vous en retourner au pays de Canaan ; prenez votre père et vos familles et revenez vers moi; je vous donnerai du meilleur du pays d'Egypte, et vous mangerez la graisse de la terre*. »

Israël partit donc avec tout ce qui lui appartenait, a et les enfants d'Israël mirent Jacob, leur père et leurs petits enfants et leurs femmes, sur les chariots que Pharaon avait envoyés pour les porter. Ils amenèrent aussi leur bétail et leur bien qu'ils avaient acquis au pays de Canaan, et Jacob et toute sa famille avec lui vinrent en Egypte*. » Ils s'établirent entre la branche sébennytique du Nil et le désert, au pays de Goshen, où ils multiplièrent outre mesure'. La tradition place leur descente en Egypte sous un des rois Pasteurs qu'elle nomme Aphobis *. C'est évidemment l'un des Apapi, peut-être celui-là même qui embellit Tanis et dont M. Mariette a retrouvé les monuments.

Sous la domination des rois étrangers comme sous la domination des rois indigènes, l'Egypte avait continué d'à-

1. Genèse, XLV, 17-18. —2. Ihid., XLVI, 6-6. —3. Sur l'étendue du pays de Goschen, consulter avec quelques restrictions l'ouvrage de G. Ebers, Durch Gosen xum Sinaù — 4. Jean d'Antioche, fr« 39^ dans MûUer, Fragm, H, Gr., t. IV.

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tie administrée féodalement. Les Pasteurs possédaient le Delta avec Memphis, Hâouâr et Tanis , mais au delà de Memphis leur autorité directe ne paraît pas s'être étendue plus loin que le Fayoum^ La Haute Egypte et la portion de la Nubie qui s'y rattachait étaient, comme au temps ie la onzième dynastie, entre les mains de tyrans locaux relevant du roi de Tanis et soumis à un trà)ut annuel. Thèbes, toujours prépondérante depuis Amenemhat !•', eierçait sur ces petits princes une sorte d'hégémonie qui faisait de ses dynastes les rivaux naturels des souverains^ du Delta. Plus d'une fois pendant la durée de la seizième dynastie les Thébains durent essayer de secouer le joug,, mais sans aucun succès : ce fut seulement après deux siècles de vasselage qu'une révolte décisive éclata. Apapi ré-, gnait alors à Tanis, et le prince de Thèbes , Rasqenen Taâàl»', qui plus tard fut roi [soutert)^ n'était encore que régent (hiq) des pays du sud. Au dire des Égyptiens*, la guerre eut pour premier motif une querelle religieuse et une contestation au sujet de la distribution des eaux. Apapi dans un accès de fanatisme déclara qu'il ne reconnaîtrait plus d'autre maître que Soutekh, le dieu national des Pasteurs, et lui fit élever près de son palais un temple magnifique, le même sans doute dont M. Mariette a découvert quelques débris. C'était se mettre en lutte ouverte avec les sentiments religieux des Égyptiens et surtout avec ceux du prince de Thèbes, qui adorait Ammon-Râ, roi des dieux. Des négociations s'engagèrent entre la cour de Tanis et celle de Thèbes, mais sans aboutir à aucun résultat. Taâà I« prit le titre de roi^ fonda, en opposition des Pasteurs, la dix-septième dynastie diospolitaine, et la guerre de l'indépendance commença.

Tous les petits princes égyptiens prirent parti pour le prince de Thèbes contre l'ennemi national. Les Pasteurs furent chassés des positions qu'ils occupaient dans la Moyenne Egypte et refoulés sous Memphis. Après une lutte

l. A. Mariette, Ifoltce, p. 56.— % Les débuts de la guerre sont racontés dans un passage malheureusement très-mutilé du Papyrus Sà^ lwr,n«I,p.I,l.l;p. III, 1. 3.

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acharnée Memphis fut prise par un roi que Manéthon ap* pelle Alisphragmouthosis; les Pasteurs, expulsés de la partie occidentale du Delta, se trouvèrent acculés à leur camp retranché d'Hâouâr. Ih y tinrent longtemps encore malgré les efforts désespérés des Thébains : Easqenen m Taià* qe^, Kamès et leurs vassaux, vinrent échouer contre la forteresse des Pasteurs. Ahmès P', successeur de Kamte, fut plus heureux : dans la cinquième année de son règne, il réussit à s'emparer d'Hâouâr. Les débris de l'armée barbare,se retirèrent en Syrie, où les Égyptiens vainqueurs les poursuivirent et les battirent encore une fois près de Sharouhen, en l'an YI d' Ahmès. Après six siècles et plus de domination étrangère, l'Egypte se trouvait libre enfin des cataractes aux bords de la Méditerranée ^

La guerre de l'indépendance avait duré plus de cent cinquante ans : elle avait désorganisé entièrement l'Egypte et couvert le sol de ruines. Ahmès dut s'occuper avant tout de remettre l'ordre dans l'administration des affaires. Les petits princes qui l'avaient aidé dans la lutte contre les Pasteurs furent réduits à la condition de gouverneurs héréditaires des nomes; pour les consoler, on leur laissa les honneurs et le titre de roi {souten), que beaucoup d'entre eux avaient pris et qu'ils continuèrent de porter jusqu'à leur mort*. Afin de se faire des alliés parmi les tribus nègres d'Ethiopie, Ahmès avait épousé une femme de leur race, la reine noire Ahmès-Nowertari. Les Pasteurs expulsés, Ahmès songea à rétablir sur les régions du haut Nil la domination qu'avaient exercée ses prédécesseurs de la douzième et de la treizième dynastie : les auxiliaires éthiopiens d'alliés devinrent sujets ®. Au moins eurent-ils la satisfaction de voir leur compatriote Nowertari comblée d'honneurs par son mari, élevée au rang de régente et plus tard

k Pour.rétude de cette époque, voir Lepsius, Chronologie; Brugscb, Histoire, t. I, p. 75-81; Maspero, Bwuc crittgue, 1870, p. 116, et Une enquête judiciaire à Thèbes, p. 71-81. M. Chabas a réuni dans un ouvrage spécial à peu près tout ce qu'on sait à présent des Pasteuœ, Les Pasteurs en Egypte, Amsterdam, 1868. — 2. Birch, Le Papyrus Àh* hottj p. 17. -. 3. Lepsius, Àuswahl, l. XIV, eiDenkm.j III, 37.

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de déesse*. Tandis qu'Abmès rétablissait ainsi Tempire égyptien dans son intégrité, il s'efforçait de relevei: ou de réparer les ruines que la guerre avait laissées dans les grandes villes. Les rois des trois dynasties précédentes, ' trop affaiblis ou Qrop préoccupés, n'avaient pas continué à Thèbes les grandes constructions commencées par les rois des dynasties précédentes. Âbmès fit restaurer à Earnak le sanctuaire d'Ammon et jeter les fondations de plusieurs autres édifices religieux'. Memphis, disputée longtemps entre les Égyptiens et les Pasteurs, avait dû souffrir et ses temples tomber en ruine. L'an XXII de son règne, Âbmès rouvrit en grande pompe les carrières de Tourab et de Uassarab, et commença la restauration du grand temple de Phtah*. Naturellement les prisonniers de guerre faits sur les Pasteurs et sur les nègres servirent aux travaux: de manœuvres les lËgyptiens passèrent contre-maîtres, tandis que les Asiaticpes se remettaient à tirer la pierre et à mouler la brique, comme avant l'invasion. Manéthon rapportait que le roi, pour se débarrasser des débris de l'armée vaincue, lui avait accordé une capitulation aux termes de laquelle elle s'était retirée en Syrie ^. Le gros de la nation, établi entre le désert et les branches orientales du Xil, préféra l'esclavage sur la riche terre d'Egypte aux chances de liberté que lui offrait une émigration. Les Pas- I teurs, et avec eux les tribus juives et syriennes auxquelles I ils avaient accordé l'hospitalité, restèrent sur le sol, mais non plus en maîtres. Leur camp retranché d'Hâouâr fut <létruit; la forteresse de Tsal fut construite autant pour les contenir que pour servir d'avant-poste à l'Egypte contre nu retour offensif des populations asiatiques. Tanis, la capitale d'Apapi, fut traitée en ennemie et laissée dans l'état ^^ désolation où la guerre l'avait mise : pendant plusieurs siècles elle disparait entièrement de l'histoire ^

1. BmgBch, Hitioirê, t. I, p. 8S-«6. — 2. De Rougé, Étude sur les Jfmmentt du masHf de Kamak, dans les Mélanges d*arehéoîogie Witnne, t. I. — 3. Lepsius, Denkm., III, pi. 71; cf. Brugsch, His- ^»^«»t.I, p. 85, eiZeitsehrift, 1867, p. 89-93. — 4. Manéthon, édit. ^ager, p. 150-151.— 5. Mariette, Notice des Monuments, p. 272-273. BIST. ANC 12

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Ahmès I*' le libérateur resta toujours en grand honneur auprès des égyptiens : ils en firent un dieu et le fondateur d'une dynastie nouvelle, la dix-huitième. Son suceesseur, Amenhotep !•' (Aménophis), le fils de la reine noire, ne dévia point de la politique paternelle. Au nord il se tint sur la défensive^, mais au sud il agrandit les frontières de son empire. Une série d'expéditions habile* ment dirigées porta les armées égyptiennes au cœur de l'Ethiopie et en acheva la conquête ^. Désormais les Pharaons n'eurent plus de grandes guerres à soutenir dans les régions du midi : il leur suffit de quelques razzias rapidement conduites pour maintenir dans une demi-obéissance le& tribus du désert et pour approvisionner TÉgypte d'esclaves noirs en nombre suffisant. La civilisation égyptienDô reconquit et dépassa même de ce côté le terrain que l'invasion lui avait fait perdre depuis la quatorzième dynastie; elle remonta le Nil jusqu'à Napata et plus haut peut-être. Des colons furent placés à demeure sur les deux rives du fleuve, des villes et des temples construits partout où la nature du terrain le permettait; la langue, les mœurs, te culte des Thébains, s'établirent solidement entre la première et la quatrième cataracte. 1'%/pte couvrit réellement la vallée du Nil depuis les plaines de Sennaar jusqu'à la côte du Delta.

Mais la guerre de l'indépendance et les expéditions qui rayaient suivie avaient éveillé dans la nation l'esprit militaire, dans les princes l'esprit de conquête. Par une sorte de réaction contre l'oppression brutale qu'elle avait subie pendant tant de siècles, l'Egypte fut saisie d'une force d'expansion qu'elle n'avait jamais eue jusqu'alors, et sentit le besoin d'opprimer à son tour. Du côté du sud, l'œuvre de conquête était terminée, mais vers l'orient, dans ces ifiontrêes asiatiques dont les soldats du premier empire thébain avaient à peine entamé la lisière, il y avait matière à des exploits profitables en même temps que glorieux. Les légions égyptiennes s'ébranlèrent lourdement et prireu* le

1. Brugscïi, Histoire, t. I, p. 86-87.-2. Leosius, Àiuwahl, t. XIV, et Detikm., III, 37.

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ehemin de FÂsie, que les débris des Pasteurs leur ayaient ouvert : elles ne l'oublièrent plus. Dès lors ce ne fut plus, des sources du Nil Bleu aux sources de TEuphrate, sur toute l'Ethiopie et sur toute la Syrie, que victoires et conquêtes perpétuelles. Un jour, on apprenait à Thèbes la défaite des nègres d'Abyssinie, l'arrivée du général ou du prince victorieux, de son butin, de ses soldats. Des processions fantastiques de girafes menées au licol, de cynocéphales enchaînés, de panthères et d'onces apprivoisés, s'allongeaient, s'allongeaient indéfiniment dans les rues. Le lendemain, victoire remportée à l'occident du Delta sur les Libyens et leurs alliés. Les barbares du nord, coiffés de casques étranges ou la tète encadrée dans le mufle d'une bête fauve dont la peau flottait sur leurs épaules, venaient étaler aux yeux des Egyptiens brunis leurs grands corps blancs ornés de peintures et de tatouages. Puis c'était un succès BUT les Routen ou la prise d'une place forte, entrepôt du commerce syrien. Le défilé recommençait aux fanfares du clairon et aux roulements du tambour; les acclamations de la multitude et les chants des prêtres accueillaient partout le cortège triomphal du Pharaon. C'était le temps des fortunes rapides : le fils d'un batelier s'en allait simple soldat et revenait général*. Il fallut cinq siècles de guerres perpétuelles pour calmer l'humeur belliqueuse des

Jeter les Pasteurs sur l'Egypte, et par contre-coup l'Egypte sur l'Asie, tel fut le résultat de l'invasion qui renversa le premier empire chaldéen. Avec l'entrée des Égyptiens en Syrie s'ouvre une nouvelle époque dans les destinées (ies nations antiques : l'histoire des peuples isolés finit, l'histoire du monde commence.

1- Voy. dans le Mémoire de M. de Rougé et dans Brugsch, Histoire ^^gypte, 1. 1^ p. 80^' la curieuse histoire d'Ahmès se Abna.

ZT* DTMA8T».

Dans le Delta, l** dynastie des Pasteurs.

Shàut SàXaTiÇy £atni;.

. . . . Buûv.

Stadv ou Idvvac.

Zn* DYNASTIE.

2* dynastie des Pasteurs sur toute TÉgypte.

Dans la Haute-é^te.

Dynastie thébaine.

Ap..

Apapi

? — Apapi RI-AJL-qbnbn.

Zyn* DYNASTIE.

3* dynastie des Pasteurs.

43 roii (f). 43 rois thébains.

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