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fion œil, — * une plaie de déchirure es| sur ses deu^ alourdis; sa lêfe est fendue et couverte de pus*. — Bref, il est battu comme un rouleau de papyrus, — il est brisé par la ^olence. — Arrive, que je te dise ses marches vers la Syrie, «p- ses expéditions en pays lointains I — Ses pains et son eau sont sur son épaule comme le faix d'un âne — et font son cou et sa nuque semblables à ceux d'un âne ; — les jointures de son échine sont brisées, —r H boit d'une eau corrompue, — puis retourne à sa garde. — Atteint-il l'ennemi, — il est comme une oie qui tremble, — car il n'a plus de valeur en tous ses membres. — Finit-il par aller en Egypte, — il est comme un bâton qu'a mangé le ver. Est-il malade, l'alitement le saisit-il, — il est emmené sur un âne; — ses vêtements, des voleurs les enlèvent; — 3.es domestiques se sauvent*. » ^- Voilà pour le fantassin; le cavalier n'est pas beaucoup mieux traité, « Le scribe Amenemapt dit au scribe Penbesa : « Quand te sera apporté cet ce écrit de communication, applique-toi à devenir scribe; a — tu primeras tout le monde. — Arrive, que je te dise « les devoirs fatigants de l'officier de chars. — Lorsqu'il c< est placé à l'école par son père et sa mère, — sur cinq ce esclaves qu'il possède (?) il en donne deux*. — Après que « l'on a dressé, il part pour choisir un attelage — . dans « les écuries, en présence de Sa Majesté v. s. f.; — à peine ce a-t-il pris les bonnes cavales, -r- il se réjouit à grand c< bruit. — Pour arriver avec elles à son bourg, — il so <c. met au galop, — mais n'est bon qu'à galoper sur un ce bâton. — Gomme il ne connaît pas l'avenir qui l'attend, ce •' — il lègue tous ses biens à son père et à sa mère, — ce puis emmène un cl\ar — dont le timon pèse trois outen^ ce — tandis que le char pèse cinq outen *. — Aussi, quand « il veut s'en aller au galop sur ce char, — il est forcé
1. C'est une description des plaies produites par l'usage du casque et de la cuirasse. — 2. Papyrus AnastaH III, pi. V, 1. 5; pi. VI, 1. 2; Ibid, IV, pi. IX, 1.4; pi. X, 1. 1; de Rougé, Discours d^ouverlure, p. 34-!35 ; Maspero, Du genre épistohire, p. 41-42. — 3. Sans doute pour payer les frais de son éducation. *^ 4. C'est-à-dire un char de pacotille dont les parties sont mal proportionnées.
« de mettre pied à terre et de le tirer. — Die prend, tombe « sur un reptile, — se rejette dans les broussailles : — ses « jambes sont mordues par le reptile, — son talon est percé <v par la morsure. — Lorsqu'on vient pour faire l'inspection « de ses effets, sa misère est au comble : — il est allongé « sur le sol et frappé de cent coups*. » — Songez que ces lignes furent écrites sous le règne de Ramsès II et au bruit des chants de triomphe. La multitude se laissait encore emporter à l'enthousiasme de la victoire et suivait de ses acclamations le char triomphal du Pharaon. La première ivresse passée, les classes populaires, épuisées par dés siècles de guerres incessantes, écrasées sous le poids dos corvées et des impôts, retombaient dans leur décourage*ment habituel ; les lettrés tournaient les souffrances du soldat en ridicule. Cet ennui du succès, ce dégoût de la victoire sanglante et chèrement payée, nous expliquent bien des points obscurs de l'histoire d'Egypte et furent pour beaucoup dans la chute rapide de l'édifice si laborieusement élevé par les princes de la dix-huitième et de la dix-neuvième dynastie. L'Egypte de Thotmès El voulait la guerre : l'Egypte de Ramsès m voulait la paix à tout priï*.
On le vit bien au cours de la vingtième dynastie. En l'an XXXn, Ramsès, fatigué du pouvoir, appela son fils Ramsès IV à le partager •, et mourut peu après. Ramsès IV lui-même paraît n'avoir pas régné plus de trois à quatre années, et eut pour successeur un parent éloigné qui prit le nom de Ramsès V. Vinrent ensuite les quatre fils de Ramsès m, Ramsès VI, Ramsès VII, Ramsès VIII et Meîamoun-meri-toum, qui passèrent rapidement sur le trône sans laisser grandes traces de leur activité. Le règne de Ramsès IX s'écoula tranquillement, et, pour trouver quelque événement digne d'être rapporté , il faut descendre jus- (pi'à Ramsès XI Meïamoun II. Ramsès XI étendait encore son autorité non-seulement sur l'Ethiopie , mais sur
1. Papyrtif Ânastasi III, pL VI, 1. 2-10; Maspero, Du genre épistO' ïoir«, p. 42-43. — 2. Idem, iliid,, p. 43-44. — 3. caiabas, RechereheSj, p. 75-75.
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^70 CHAPITRE i;rT.
la Syrie entière. Au début de son régnée, dans une visite qu'il fit en 'Palestine, un des chefs du pays lui avait envoyé sa fille alnêe comme otage : Ramsès l'aima et en fit sa première femme. Quelques années après, il apprit que la jeune sœur de cette reine, Bentreshit, était atteinte d'une maladie qu'on attribuait à la puissance d'un esprit possesseur. Il envoya pour la délivrer le chef des magiciens royaux, Thotemhebi, dont le savoir échoua devant la ténacité de la maladie et de l'esprit. Après dix années de souffrances, le père de la jeune fille se décida à réclamer un secours plus efficace. « Il envoya une seconde fois vers le roi pour lui dire : « Souverain suprême, 6 mon seigneur, plaise TaMaccjesté ordonner qu'un dieu soit apporté au pays de <c Bakhtan pour combattre cet esprit ! » Cette nouvelle demande parvint au roi en l'an XXVI, le !•' du mois de Pakhons, pendant la panégyrie d'Ammon; Sa Majesté était alors en Thébaïde. Le roi revînt en la présence de Khons , dieu tranquille dans sa perfection, pour lui dire : ce Mon bon seigneur, je reviens pour t'implorer en faveur <c de la fille du prince de Bakhtan. » Puis il fit conduire Ehoiis, dieu tranquille dans sa perfection, vers Khons, conseiller de Thèbes, dieu grand qui chasse les rebelles. Sa Majesté dît à Khons, dieu tranquille dans sa periection : «Mon bon seigneur, si tu voulais tourner ta face vers ce Khons, le conseiller de Thèbes, le grand dieu qui chasse « les rebelles, et l'envoyer au pays de Bakhtan par une grâce « insigne!» Puis Sa Majesté dit : ce Donne-lui ta vertu di- « vine, j'enverrai ensuite ce dieu pour qu'il guérisse la fille <c du prince de Bakhtan. » Par sa faveur la plus insigne, Khons de Thébaïde, dieu tranquille dans sa perfection, donna quatre fois sa vertu divine à Khons, conseiller de Thèbes. Le roi commanda qu'on fît partir Khons, conseiller de Thèbes; de nombreux cavaliers marchaient à sa gauche et à sa droite.
ce Le dieu arriva au pays de Bakhtan, après un voyage d'un an et cinq mois. Le prince de Bakhtan vint avec ses soldats et ses chefs à la rencontre de Khons le conseiller; s'étant prosterné ventre à terre, il lui dit : ce Tu viens donc
<K vers nous, tu descends chez nous par les ordres du roi « d'Egypte, le soleil seigneur de justice, approuvé du dieu <c Râ. » Voici ([ue ce dieu vint à la demeure de Bentrechit.; lui ayant communiqué sa vertu, elle fut soulagée à l'instant. L'esprit qui demeurait en elle dit en présence de Khons, le conseiller de Thèbes : ce Sois le bienvenu, « grand dieu qui expulses les rebelles; la ville de Bakhtan a est à toi, ses peuples sont tes esclaves, moi-même je suis « ton esclave. Je m'en retournerai vers les lieux d'où je « suis venu pour satisfaire ton cœur sur le sujet de ton « voyage. Que Ta Majesté veuille ordonner qu'une fête soit « célébrée en mon honneur par le prince de Bakhtan! » Le dieu daigna dire à son prophète : « Il faut que le prince « de Bakhtan apporte une riche offrande à cet esprit. » Pendant que ces choses se passaient et que Ehons, le conseiller de Thèbes, conversait avec l'esprit, le prince de Bakhtan restait aveo son armée, saisi d'une crainte profonde. Il fit offrir de riches présents à Khons, conseiller de Thèbes, ainsi qu'à l'esprit, et célébra une fête en leur honneur; après quoi l'esprit s'en alla paisiblement où il voulut sur Tordre de Khons, le conseiller de Thèbes. Le prince fut transporté de joie, ainsi que toute là population de Bakhtan; puis il se dit en lui-même : ce II faudrait que ^ce dieu « pût rester à Bakhtan ; je ne le laisserai pas retourner en « Egypte. » Il y avait trois ans et neuf mois que le dieu Shons demeurait à Bakhtan, lorsque le prince, reposant sur son lit, crut le voir quitter son naos; il avait la forme de l'épervier d'or et s'élevait au ciel dans la direction de l'Egypte. Le prince s'étant éveillé se trouva souffrant ; il dit alors au prêtre de Khons, conseiller de Thèbes : « Le « dieu veut nous quitter et retourner en Egypte : faites « partir son char pour ce pays. :» Khons rentra dans son temple de Thèbes chargé de présents ^
Les Ramessides firent çà et là quelques expéditions, jamais de grandes guerres : ils passèrent leurs jours dans la paix du dehors et la paix du dedans, et, s'il est vrai que ces
l. De Hougé, Étude sûr une stèle égyptienne appartenant à la Biblio^ ihèqueimpériale,?SiTia,ia'B, 1856.
peuples-là sont heureux qui n'ont point d'histoire, l'Egypte fut heureuse sous leur sceptre. Plus de luttes annueli^, plus de courses lointaines aux montagnes d'Arménie ettux sources du Nil. La Syrie continua de payer tribut pendant quelque temps, car, si l'Egypte était épuisée de sa victoire et avait à peine la force de se faire obéir, la Syrie était épuisée de sa défaite et n'avait plus la force de se révolter. Mais il y avait entre les deux pays cette différence que l'un, âgé déjà de trois mille ans d'histoire, touchait à la vieillesse et ne devait plus se relever, tandis que l'autre se remit promptement de ses blessures. Des révolutions intérieures vinrent bientôt achever ce que la lassitude avait commencé. Les grands prêtres d'Ammon, chefs suprêmes du sacerdoce thébain, n'avaient cessé de croître en influence politique depuis l'avènement de la XX* dynastie : ils avaient successivement envahi toutes les hautes fonctions civiles «t militaires, étaient devenus généraux, magistrats, gouverneurs des provinces du midi et du nord, princes de Koush. Quelques années après la mort de Ramsès XI, Tun d'eux, Her-hor, osa déposséder le Ramsès qui régnait alors et se faire roi à sa place. Il prit bravement pour cartouche prénom letitremèmede ssLàignitéHonnoutertepenAmmy Premier prophète d'Ammon, et ceignit le diadème. Son autorité fut d'abord reconnue même à l'étranger ; il put se vanter de recevoir les tributs de la Syrie comme ceux de TÉthiopie. Mais les partisans de Ramsès ne le laissèrent pas longtemps jouir de son triomphe. Son filsPinotsem I ne régna pas et fut obligé de rester grand prêtre, un ou deux Ramsès se succédèrent sans bruit sur le trône. Piankhi I, fils de Pinotsem, réussit à recouvrer la couronne et à se faire proclamer roi, dans le Sud. Une dynastie nouvelle, la XXI% s'éleva à Tanis avec Smendès et s'établit dans le Delta. Dans les guerres qui suivirent, l'Egypte usa le peu de force qui lui restait et perdit la suprématie nominale qu'elle avait gardée jusqu'alors en Syrie. Elle avait dominé près de sept siècles sur l'Asie antérieure et sur l'Ethiopie*.
1. Brugsch {GeséhichtBj p. 643 sqq.) a fait de la chute de la XX* dynastie et de ravénement des dynasties suivantes un récit que, après mûr examen, je ne puis adopter en aucune manière.
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