‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 40 sur 176 · Ct.Ihhouin, m, i · texte numérisé non relu

Ct.Ihhouin, m, i

• > ^ *--• *>Mf?^'7ï;«

sur lesquelles il appuie avec le plus de complaisance, sont des constructions religieuses *. » — « Le temple d'Anôu, et de Bin, les grands dieux, mes seigneurs, que dans le temps de Samsi-Bin, Patis d'Assour, fils d'Ismi-Dayan^ Patis d'Assour, avait construit six cent quarante et un ans auparavant, était tombé en ruines. Assour-Dayan^ roi du pays d'Assour, fils d'Adar-habal-asar, roi du ïmijs d'Assour, démolit ce temple, mais ne le reconstruisit pçLS. Pendant soixante ans on ne toucha pas à ses fonda-, tions. » Touklat-habal-asar le rebâtît plus, grand qu'auparavant, et l'entoura de temples et de palais dont Ô vante la splendeur. Malgré ces éloges, Tarchitecture assyrienne ne saurait se comparer à l'architecture égyptienne, ni pour la grandeur du dessin, ni pour le choix des matériaux. Ses masses sont insignifiantes à côté des masses de Louqsor et de Kamak, ses formes gauches et empruntées. Elle se servait surtout de briques, recouvertes de minces daUes dé pierre travaillée et sculptée, tandis que les architectes ■ égyptiens employaient de préférence le calcaire et le granit.; '. Les palais et les temples assyriens n'ont pas eu la durée • des monuments égyptiens : ils se sont effondrés en nièn-; ceaux informes.

Après la conquête du Nalri, Touklat-habal-asar avait . fait dresser à Tune des sources du Tigre une stèle de victoire, ce D'après la volonté d'Assour, de Samas, de Bin, les grands dieux^ mes maîtres, moi, Touklat-habal-asar, roi du pays d'Assour, fils d'Assour-ris-isi, roi du pays d'^sour, fils de Moutakkil-Nebo, roi du pays d'Assour, le vainqueur des peuples depuis la grande mer jusqu'au pays de Naîri, pour la troisième fois j'ai soumis le pays de Naîri. » Une nouvelle expédition amena la conquête du payss.^le Ehoumanou (Gomana). Une autre porta le roi aucœuc de la Ghaldée : deux années durant, il la parcourut en tous sens ; Dour-Kourigalzou (Akkerkouf?), Sippar, Babylone, Oupi (Opis), furent prises, le pays de Tsoukhi, ravagé. Mais des revers éclatants ne tardèrent pas à effacer la gloire

1. G. Rawlinson, The five great Monarchies ^ t. II, p. 72«73.

(Je ces prefl^^iers succès, Mardouk-idin-akhê, roi de Ba* i^l^f^^ <^^^& les envahisseurs, ptoéUra.à leur suite en Â98jiie et s^empara de la yille d^Hékali. H en enleva les statues des dieux et les ti^sporta à Babylouei où elles res*tarent quatre cent dix-huit ans prisonnières. .

ÀBSOur-bel-kala . répara les désastres de son père : il prit Bagdada (Bagdad) , ravagea les environs de Babylone et força le roi Kabou-zapik-iskoun à demander la paix. Elle dura, sous son successeur Samsi-Bin XI, comme lui fils de Toukiat-habal-asar. Mais Assour-rab-amar, fils de Samsi-Bin, eût un règne malheureux. Il fut battu non loin de Karkémishi par les Hittites confédérés et perdit toutes les conquêtes de son grand-père. La Syrie échappa aux mains des Assyriens et resta maîtresse de ses destinées ^

1. 4. Hénantj^ Annales^ p. 53-56. Voici le tableau d«8 premières dynasties assyriennes autant quUl m'a été possible de le reconstruire :

PATIS D'ÂSSOUR

r. — Isiii-I>ATAii'(y. 1800).

n.-- Sai«w-Bw (Y* 1760).

ni. — TB....II1.

lY. — Ibi-axtodk (t. 1530).

ROIS lyASSOUR

■ Lw

YIL-

vnLa.-

Assotm-nARAïUk et Na-

BOU-DAGAN (V. 1500).

ASSOURl- BEL '- NISISOU

Bou8oaB*AssouB(r. 1390) .

ASSOUROU BALAT (V.l 370} .

• BSL-NIRARI (V. 1350).

- POUDIEL (v. 1330).

- Bm-KiBARiI«'(v. 1310).

■ S*iman-asar1"(v.1290).

TOUKLAT ADAR I"(V. 1270).

xn. —

xvin.

Bel - KOuoouR - ôussour

Adar^babal-asae

ASSOUR-DAYAN (v. 1 190).

Môdtakxil-Nabou (v.

AssouR-Ris-isi (y. 1150).

TOUXLAT-HABAL-ASAR I"

ASSODR-BEL-KALA(V.1090)

Samsi-Bin n (v. 1070).

ASSOUR-RAB-AMAR (v,

286 CHAPITJP? VII,

c^nqpiête ûu jfmjm 4e Cmnmma par len enfiint0 dlSMiSlf

Au sortir de l'Egypte, les enfants d'Israël avaient dV bord marché vers le nord-est, comme pour entrer en Asie par le chemin le plus court : à la troisième étape, ils tournèrent vers le sud, franchirent la mer Rouge et gagnèrent le désert. C'était le moment où les Libyens et les peuples de la mer menaçaient TÉgypte : il fallait se tenir à l'écart des grandes voies militaires, afin d'éviter le choc des barbares et la poursuite de Pharaon. Le peuple d'Israël s'enfonça dans la péninsule du Sinaî.

Il est certain que Moïse tira les juifs d'Egypte, leur donna des lois et les conduisit aux frontières du pays do Canaan, mais le détail de sa vie est tellement mêlé de légendes qu'on ne peut l'établir avec certitude. On sait qu'arrivé au Sinaï* il promulgua les dix articles de la loi fondamentale et prétendit les avoir reçus de Dieu luimême au milieu des éclairs et du tonnerre. Du Sinaî les émigrants remontèrent vers le nord et traversèrent le désert de Pharan : à Kadesh-Barnéa, sur la lisière de Canaan, ils jugèrent prudent de reconnaître le pays avant de s'y engager. Les rapports des espions les effrayèrent tellement qu'il fallut rebrousser chemin et redescendre vers la mer Rouge : trente-huit années durant ils errèrent dans le désert de l'égarement entre Kadesh-Barn^s^ .et I.e bourg d'Étsiôngeber. Aussi bien était-ce le temps des grandes guerres de Ramsès lŒ : la Syrie méridionale n'était plus qu'un champ de bataille disputé par les Égyptiens aux peuples de la mer et à leurs alliés. Mieux valait re.ste;rd^ns le désert, s'y exercer au métier des armes et à la vie indépendante, y préparer une constitution. Les Hébreux étaient dès lors

1. L'emplacement réel du Sinaî n'est pas connu. La tradition le placo au Djebel-Moussa ; un grand nombre d'auteurs anciens et modernes, Eusèbe, Jérôme, Gosmas, Lepsius, le placent au Djebel-Serbâl. Cf. le dernier ouvrage sur la matière, EhGT3,Durch Gosen fmm Sinai, p. 385-

dÎTisés en douze tribus ou branches , dont dix, Juda, Siméon, Benjamin^ Dan^ Ruben^ Gad, Issashar, Naphtali, Zebulon^ Asher, venaient directement du patriarche Jacob, et les deux autres, Éphraim et Manassé, se rattachaient à Joseph ; une treizième, celle de Lévi, consacrée tout entière au sacerdoce, B'avait pas d'existence politique. Chaque tribu, indépendante des onze autres, avait ses autorités civiles régulièrement constituées qui dirigeaient les affaires : elle se divisait on racjBSy qui elles-mêmes se .subdivisaient en maisons. Les chefs de ïaces et de maisons, les anciens^ formaient un conseil dont les décisions étaient souveraines. Les tribus étaient autant de petites républiques qui tantôt s'isolaient Tune de l'autre, tantôt s'unissaient en confédérations de trois ou quatre : elles n'avaient d'autre lien entre elles qu'une origine et une foi communes.

Les Cananéens et les tribus térachites autres que les Hé* breux, Edom, .^mon, Moab, possédaient des religions analogues à celle delà Chaldée et de l'Assyrie. MaisàBabylone les mythes, travaillés par une caste sacerdotale puissante, avaient fini par se coordonner et par former un ensemble de dogmes complet. En Syrie, ils étaient demeurés à l'état flottant, et les dieux se partageaient le pays comme autant de princes féodaux. L'adoration de Bad, le maître, le seigneur suprême, et de sa compagne Astarté, impliquaient la croyance primitive au dieu unique, de même que l'adoration de Tammouz et de Baalit, d^ Marna et de Derkéto, d'Hadar et d'Atargath. « La multiplicité des Baalim secondaires ne prouve pas plus contre cette unité primordiale que la subdivision du dieu égyptien en ses puissances divinisées; seulement en Phénicie » et en Syrie « cette répartition de la puissance divine est plus géographique et politique que philosophique. Ce sont moins les attributs divins que les sanctuaires locaux qui ont donné naissance aux dieux secondaires, Baals éponymes des principales villes. Baal, adoré à Tyr, à Sidon, à Tarse, devient Baal-Tsour, Baal-Sidon, Baal-Tars. Comme tel, il peut recevoir un nom particulier qui achève de détruire dans l'esprit du vulgaire son caractère primitif,, mais qui n'en

'^, >.-r\^,w«R^Rfji^'-

laisse pas moinB subsister la notion confuse de Tunité primordiale ; c'est ce qu'une inscription nous démontre en deux mots. Melqarth, le grand dieu de Tyr dont le culte avait été porté au loin par les colonies tyriennes^ n'était autre que le Baal de la métropole : « au dieu Melqarth, Baal de Tyr.* » L'hommage aux dieux se rendait sur les hauts lieux [bamâth) et dans les bocages sacrés. Il admettait des pratiques licencieuses et barbares dont la seule idée faisait horreur aux prophètes d'Israël. Moloch exigeait des sacrifices humains et Toulait qu'on brûlât des enfants devant lui. Astarté (Astoreth), à la fois guerrière et voluptueuse, avait pour prêtresse des courtisanes sacrées (kedeshâth). En Phénicie et à Chypre comme à Babylone, toutes les femmes devaient une fois au moins pendant leur vie s'enfermer dans l'enceinte du temple et s'y offrir au premier venu : le salaire de leur infamie appartenait au trésor de la déesse.

SeulSy parmi les nations cananéennes, les Phéniciens avaient essayé de réunir leurs mythes en un corps de doctrine. Un prêtre, que la tradition nomme Sankhoniathôn, avait composé une sorte de Genèse phénicienne. « Au commencement, disait-il, était le chaos (froAou), et le chaos était plein de ténèbres et troublé, et le souffle [roiuzh) flottait sur le chaos. — Et le chaos n'avait pas de fin et il fut ainsi des siècles et des siècles. — Mais alors le souffle se prit d'amour pour ses propres principes et il se fit un mélange, et ce mélange fut nommé désir (khephets) : — or le désir fut le principe qui créa tout, et le souffle ne connut pas sa propre création. — Le souffle et le chaos se mêlèrent et mât (le limon) naquit, et de mât sortit toute semence de création, et mât fut le père de toutes choses : or mât avait la forme d'un œuf. — Et le soleil, la lune, les étoiles et les grandes constellations brillèrent. — Il y eut des êtres vivants privés de sentiment, et de ces êtres vivants naquirent des êtres intelligents, et on les appela Tsophésamim (comtemplateurs des cieux). — Or l'éclat du tonnerre dans la lutte de ces éléments qui commençaient à se séparer éveilla ces

Page 1