De Vogué, Mélanges d'archéologie orierUaUj p
êtres intelligents comme d'un sommeil, et alors les êtres
mâles et les êtres femelles commencèrent à se mouvoir (et
è se rechercher) sut la terre et dans la mer. * » Il est mal-
jheureux que ces débris nous soient parvenus si mutilés
..qu'à peine on peut en rétablir le sens.
Les croyances des Israélites formaient avec les religions cananéennes le contraste le plus frappant. On trouve bien çà et là quelques traces confuses d'un paganisme primitif, des dieux (elohim)^ des pierres sacrées [Beth-el, Bé* tyles), des idoles [teraphim)^ qui sont les dieux de la famille et dont les images font partie du patrimoine de la tribu ; fflais, en fait, ils sont monothéistes. Et même leur mono* théisme n'est jamais caché sous une enveloppe panthéiste comme celui de l'Egypte et de l'Assyrie : il e^t au fond et àla surface. Ils n'ont qu'un seul dieu et ne confondent pas ce dieu avec l'univers, n'admettent pour lui ni la subdivision, ni le sexe. Leur dieu est séparé du monde*, n'engendre pas et n'est pas engendré, ne conçoit pas et n'est pas «mçu, n'a ni semblable, ni inférieur. La nature entière est l'œuvre de ses mains; les lois de la nature no sont pas ses puissances divinisées, mais restent toujours les effets voulus de sa divinité. Le tonnerre est sa voix; l'éclair, sa lumière; la grêle et l'orage, son arme. Tonnerre, éclair, grêle ne deviennent jamais des êtres indépendants : ce sont des actes de dieu.
Ce dieu unique, ce Jahveh*, est avant tout le Dieu national d'Israël, comme Kamosh est le dieu national de Moab, et Marna le dieu national de Gaza. Au commencement, il a fait un pacte avec le père mythique de la nation, Abraham, et ce pacte plusieurs fois renouvelé assure aux enfants dlsraêi son éternelle protection. Il a pris l'engagement de
1. Sankhooiathon, fr. I, dans MûUer, Fragm. H, Grœc, t. II. Cf. Bunsen, Egypt^s place, t. V, p. 257-295. — 2. Jahveh est probablement iaiecture du tétragramme mystique niiT. Par respect, on ne prononçait pa'^ ce nomj auquel on substituait d'ordinaire, soit Adonaî, soit Elohim. C'est '^pourquoi , lorsqu'on commença de noter les points voyelles, les quatre lettres den*in^ furent ponctuées de manière à se lire Téhota ou léhwi» selon le mot dont on se servait dans la récita* tion.