‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 44 sur 176 · Juges, I, 31-32. -^ 2 Juges, xvm · texte numérisé non relu

Juges, I, 31-32. -^ 2 Juges, xvm

Ion, dlssashar, de Naphtali, employés comme constructeurs, comme agriculteurs, comme conducteurs de caravanea, gardèrent tonte leur liberté, et prirent part aux actes de la vie nationale^ aux offrandes et aux fêtes annuelles, même aux guerres contre les Cananéens. Plus tard, la domination phénicienne s'appesantit sur eux : ils furent traités en sujet Sj transportés au loin et vendus comme esclaves à l'étranger, Sidon compta au premier rang parmi les oppresseurs d'Israël*.

Cependant le lien qui rattachait entre elles les douze tribus devenait de plus en plus lâche à mesure que se perdait le souvenir de Moïse et de Josué. En théorie, Tarche d'alliance ^ éttiblieà Shilo, en Éphraïm, restait toujours le sanctuaire commun de la nation; en fait, les unions répétées îivee les races indigènes ne tardèrent pas à diminuer encore le sentiment religieux déjà fort amoindri. « Us prirent pour femmes les filles des Hittites, des Amorrhéensj des Phérésiens, des Hivites et des Jébusites, et ils donnèrent leurs filles à leurs fils, et servirent leurs dieux. Les enfants dlsraël firent donc ce qui déplaît à Jabyeh : ils oublièrent Jabveh, leur Dieu, et servirent les Baalim et les bocages^. » L'unité religieuse rompue, Tunite politique tomba d'elle-même. Êpbraîm continua de remplir le rôle le plus important, mais sans réussir à se placer d'une manière incontestée à la tête du peuple. Les guerres de tribu à tribu éclatèrent ; les races les plus fortes lais&àrent les Cananéens opprimer les races les plus faibles, et se montrèrent elles-mêmes impuissantes à défendre leur indépendance. Israël, malgré ses quarante mille hommes eu état de porter les armes, devint la proie des peuples voi- :=^int^. Les Âmorrbéens, les Ammonites, les Moabites, les Philistins, dominèrent tour à tour sur les diverses fractions du peuple et lui firent payer en détail les maux que Josué leur avait infligés au temps de l'invasion. « Partout où les enfants d'Israël allaient, la main de Jahveh étaitcontre eux en mal, comme Jahveh le leur avait juré; el

1. Moversj Die Phœnixier, t. II, 2"' Theil, p. 302-316. — 2. Juges^

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ils furent dans de grandes angoisses. Alors Jahveh leur suscitait des Juges, qui les délivraient de la main de ceux qui les pillaient. Mais ils ne voulaient pas même écouter leurs Juges; ils paillardaient après d'autres dieux et se prosternaient ; ils se détournaient aussitôt du chemin par lequel leurs pères avaient marché, obéissant aux commandements de Jahveh ; mais eux ne faisaient pas ainsi. Or, quand Jahveh leur suscitait des Juges, Jahveh était aussi avec le juge, et il les délivrait de la main de leurs ennemis pendant tout le temps du juge, car Jahveh se repentait pour les sanglots qu'ils jetaient à cause de ceux qui les opprimaient et les accablaient. Puis il arrivait qu'avec la mort du juge, ils se corrompaient de nouveau plus que leurs pères, allant après d'autres dieux pour les servir et se prosterner devant eux : ils ne diminuaient en rien leur mauvaise conduite ni leur entêtement*. y>

L'autorité des Juges s'étendait rarement sur toute la nation : le plus souvent son action était locale. Une tribu ou un groupe de tribus perdait patience sous l'oppression et chassait l'étranger : l'homme qui s'était mis à la tête de la révolte heureuse exerçait, quelques années ou sa vie durant, l'autorité suprême. La plupart des Juges sont loin de répondre à l'idée que s'en firent plus tard les écrivains théocratiques de la Judée. Ce sont rarement des héros de douceur et de piété : Gédéon s'appelle aussi Jéroubaal (celui qui craint Baal), et dresse une idole dans sa ville; Abimélek est un tyran de la pire espèce, et Jephtah débute par se faire voleur de grand chemin. « La vie de quelques-uns est racontée tout au long. Nous n'avons sur les autres que des détails insignifiants. Celui sur lequel nous possédons les récits les plus étendus, le fort Samson, doit être considéré, il est vrai, comme un personnage historique; mais la description de ses exploits et de ses souffrances a un caractère tout légendaire et montre un tel mélange de raillerie amère et de profondeur tragique qu'on ne rencontre rien de semblable dans l'Ancien

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