Deutironome, xxxiv, 6. — 2, Josué, xin
7r^-'rr'. -■•- :;^ ;.;■.• .■■;^. -Av
Irtès : J^bus, Gibeon au sud, Lais au nord et d'autres moins importantes. L'arche d'alliance, établie d'abord à Gruilgal en avant de Jéricho, puis à Shilo et confiée à ht garde d'Éphraïïn, demeura le sanctuaire commun de la nation.
Ii« Palestine et la pbénlele an temps des sn^en,
Josuê n'eut pas de successeur. Le culte national fat maintenu tant bien que mal après sa mort, « tout le temps des anciens qui lui survécurent, » et la conquête contiîaia ; mais le manque d'unité dans le commandement et le dé« eoûsu des efforts individuels ne permirent pas d'obtenir des résultats décisifs. Au sud, Juda et Siméon battirent les Ga nanéens à Bezek et chassèrent toutes les tribus indigène» qui habitaient la montagne des Amorrhéens, à l'exception des Jébusites : ils n'osèrent pas affronter en rase campa^ gne les chariots et les lourds bataillons vêtus de fer des Philistins. Au centre, Manassé négligea de prendre Bethshean et sa banlieue; Taanak et Mageddo, situées sur la grande route d'Egypte en Mésopotamie et placées sous la surveillance spéciale des Pharaons, ne furent pas attaquées. Au nord, les petites tribus d'Asher, de Zébulon, de Naphfali,d'Issashar et de Dan purent à peine occuper la moindre partie du territoire qui leur avait été assignée ^
De ce côté, les enfants d'Israël avaient rencontré dans les Sidoniens de redoutables adversaires. Pendant quatre siècles, la Phénicie avait payé tribut à Pharaon, et s'était trouvée heureuse d'acheter, au prix de quelques sacrifices, le monopole du commerce égyptien. Bile avait tiré le plus grand parti possible de là protection que l'Ëgypto lui avait accordée et du développement que l'ouverture des riches marchés du Delta avait donné à sa marine. L'essor de la colonisation dans la mer Egée avait été arrêté, il est vrai, par l'influence toujours croissante des Grecs et par f les migrations des peuples dé la mer : chassés de la Crète
•^ t. Juges, L
•w^-*^fr^-^:^r^^^j^^
et des Cyclades, les Sidoniens ne gardaient plus que certains postes importants, Rhodes, Mélos, Thasos, Gythère, ati débouché des grandes voies maritimes*. Partout ailleurs^ le cercle de leurs navigations s'était agrandi et le nombre de leurs colonies avait augmenté. De Grèce et d'Italie ils passèrent en Sicile; de Sicile, à Malte et en Afrique. Kambé s'éleva sur remplacement où fut plus tard Garthage, et Uiique non loin de là'.
Tout porte à croire qu'ils rencontrèrent en Afrique des races apparentées à la leur. A la suite de Tinvasion des Pasteiirg en Egypte, quelques-unes des tribus cananéennes , au lieu de s'arrêter dans le Delta, continuèrent de marcher vers l'Occident. Elles longèrent le territoire de la Libye jusqu'au delà des Syrtes, franchirent les embouchures du lac Triton, et s'arrêtèrent dans les cantons fertiles de la Byzacène*. Grâce au concours de leurs descendants, les Sidoniens purent fonder sur la côte de nombreux postes commerciaux (emporta). C'était à peu près le moment où les Hébreux, franchissant le Jourdain, chassaient devant eux les populations établies dans les montagnes du pays de Canaan, Réfugiés sous la protection des Phéniciens et menacés à chaque instant d'être jetés à la mer, les restes des Cananéens s^embarquèrent pour l'Occident. Une tradition courante encore au sixième siècle de notre ère rapportait que les Gir^^aséens s'étaient sauvés en Afrique à l'approche des Israélites commandés par Josué et s'étaient répandus jusqu'aux colonnes d'Hercule. « Ils y habitent encore, dit Phistoricn Procope, et se servent de la langue phénicienne» Ils bâtirent un fort dans une ville de la Numidie, où est maintenant Tigisis. Il y a là, près de la grande fontaino, deux stèles de pierre blanche, couvertes de caractères phéniciens qui, en langue phénicienne, expriment ce qui suit : Nous sommes ceux qui ont pris ta fuite devant Josuéy fils de Nauê^. » Leur arrivée changea les
1, Voir plu» haut, p. 251-252. — 2. Movers, Die Phœnixier, t. II, 2«' Theil, p. 509-514. — 3 Movers, Ihid., t. II, 2"' Theil, p. 412-442. ^ 4. Procope, De hello vandalico, 1. II, ch. xx. Cf. Movers, DiePhcsrtiïwr, t. Il, !*•' theil, p. 427-435.
postes commerciaux en véritables colonies. Une nation nouvelle, celle des Libyphéniciens, naquit du mélange des nouveaux venus avec les descendants des tribus cananéennes et les gens de race berbère, qui formaient le fond de la population autochthone : Leptis, Msl, Sabrata, Thapsus, furent construites sur les rivages de la Syrte. Tout le commerce de l'Afrique occidentale passa aux mains des Sidoniens.
Les richesses accumulées dans les villes de Pbénicie durent être pour les Hébreux un sujet perpétuel de convoitise, mais de convoitise difficile à satisfaire. Malgré leurs victoires, les enfants d'Israël n'étaient pas, à proprement parler, un peuple militaire. Les flèches du Philistin les mettaient en déroute : ils n'osaient guère s'aventurer en rase campagne contre les soldats armés de fer des Cananéens de la plaine, à plus forte raison attaquer des villes aussi bien défendues que l'étaient les villes du littoral. Asher, Naphtali, Zébulon, chargés de s'emparer du territoire sidonien, reculèrent devant l'entreprise. D'autre part, les Sidoniens, voyant les Israélites en possession de la plupart des routes de terre qui conduisaient en Egypte, en Arabie et en Ghaldée, avaient intérêt à ménager les nouveaux maîtres du pays. Par une sorte de compromis tacite, ils leur accordèrent la permission de s'établir en métèques sur le territoire de leurs villes. «Asher ne déposséda point les habitants d'Acco, ni les habitants de Sidon, ni d'Akhlab, ni d'Akhsib, ni de Rohob; — mais ceux d' Asher habitèrent parmi les Cananéens, habitants du pays, car ils ne les dépossédèrent point ^ » Les gens de Dan, que les Amor< rhéens harcelaient sans cesse, faillirent troubler cet accord: ils surprirent en pleine paix la colonie sidonienne de Laïs, passèrent le peuple au fil de l'épée et construisirent une autre ville qu'ils nommèrentDan, « selon le nom de Dan, leur père, qui était né en IsraëP. » Sidon se consola aisément de la perte de ce poste isolé au milieu des terres et conserva ses relations pacifiques avec les tribus. Ceuxd'Asher, deZébu-