‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 52 sur 176 · II Sam., V, n-25; I Chron.^ xiv · texte numérisé non relu

II Sam., V, n-25; I Chron.^ xiv

de bataille ^^ et comment « Benaïah aussi, filé de JehoSa-^ da, fils d'un vaillant homme de Kabtséel avait fait, de grands exploits. U tua deux des plus vaillants homm^.d^ Moab et il descendit et frappa un lion au milieu d'uiùe fosse, un jour de neige. Il tua aussi un homme égyptien qui était haut de cinq coudées. Cet Égyptien avait en main une lance grosse comme une ensouple de tisserand; mais il descendit contre lui avec un bâton, arracha la lance clés mains de TÊgyptien et le tua de sa propre lance ^. » Les Philistins, toujours battus, demandèrent la paix. Grath et les villages de son ressort demeurèrent au pouvoir de& Israélites' : les quatre autres villes gardèrent leur indépendance et ne furent pas même astreintes à un tribut régulier. Israël n'eut plus désormais à redouter leurs soudaines attaques : leur puissance militaire était détruite et ne se releva jamais entièrement.

L'heureuse issue de cette longue guerre mit David en goût de succès : son royaume s'affermit et se développa sur tous les points à la fois avec la rapidité propre aux monarchies orientales. Moab succomba le premier : les deux tiers de la population furent massacrés de sang-froid, le reste se soumit *. Au Nord, les Hébreux rencontrèrent un ennemi plus puissant. La Syrie était divisée comme au temps des Egyptiens en royaumes rivaux, ceux de Damas, de Maacha, de Rohob, de Tsobah, d'Hamath. Le prince qui régnait alors sur Tsobah , Hadarezer, fils de Réhob, les réduisit les uns après les autres et finit par établir un semblant d'unité. La fondation d'un grand État daius la vallée de l'Oronte ne pouvait être bien vue de David : il attaqua l'Aram-Tsobah au moment où Hadarezer « allait pour recouvrer ses frontières sur le fleuve d'Euphrate, » et remporta une victoire signalée. Les gens de Damas, arrivés trop tard, pour prendre part à la bataille, l'attendaient au retour : il les battit, prit leur ville et y laissa une garnison. La nouvelle de ces succès remplit de joie,

1. 1 Chr<m., XI, U. — 2. II Sam,, xxm, 20-21 ; I Chron,, xi, 22*33 — 3. 1 Chron,, xvm, 1.— 4. U Sam., vm, 2; I Chron,^ xvui, 2.

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l'empire juif. 317

noit^seulemeiit les Hébreux, mais plusieurs princes syriens qiie gênait Thumeur inquiète d'Hadarézer : Thoï, roi d*Hamath, envoya son fils Joram à David pour le féliciter de sa Tictoire^. Cette conquête en entraîna d'autres : afin d'occuper Damas, il avait fallu dégarnir les territoires du sud et laisser Juda sans défense. Les Iduméens en profitèrent pour recommencer leurs razzias sur la frontière : David détacha en toute hâte une partie des forces qui faisaient la guerre en Spie. Joab et Abisaï battirent les Iduméens dans la vallée du Sel, au sud de la mer Morte*. Le roi périt dans raction, et son fils Hadad s'enfuit en Egypte avec quelques serviteurs fidèles. Joab tua tous les hommes qui lui tombèrent entre les mains : le pays fut occupé militairement', et des garnisons juives s'installèrent à Elath et à Etsiongaber à la pointe orientale de la mer Rouge. David consacra à l'Éternel le butin de ces guerres et l'Éternel reconnaissant « le garda partout où il allait^ ».

Quelques années d'une politique habile avaient suffi à faire des Hébreux un peuple conquérant. Leur autorité s'étendait des bords de l'Euphrate au torrent d'Egypte et aux rives de la mer Rouge. Moab, Édom, Damas relevaient directement de leurs officiers ; les Philistins fournissaient le froment et l'huile à la table royale; laPhénicie cherchait à gagner leur amitié en offrant ses bois précieux et en prêtant ses artistes : Tsobah, Hamath et les États de TAramée payaient le tribut. L'empire de David était un véritable empire oriental, formé sur le même modèle que ceux d'Egypte et de Ghaldée, mais moins large et moins durable. Les peuples tributaires n'avaient pas abdiqué tout désir d'indépendance : au fond de leur cœur, ils rejetaient la souveraineté d'Israël et n'attendaient qu'une occasion bonne ou mauvaise pour tenter de nouveau la fortune des armes. Nahash, roi des Ammonites étant mort^ David, qu'il avait jadis protégé contre les poursuites de Saùl envoya complimenter son fils Hanoun. Hanoun s'ima-

1. Il Sam., vm, 3-10 ; I Chron,, xvm. 3-10. — 2. II Sam., vin, 13-14 ; I Chron., xvin, 12-13; P«. ix. — 3. 1 Rois, xi, 15-16. — 4. II 5am., vm, 11-12; I Chron., xxm, 10-11.

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gina que les ambassadeurs étaient des espions chargés de lever le plan de sa ville royale : il leur fit raser la moitié de la barbe, couper la moitié des vêtements jusqu'à la ceinture et les renvoya ignominieusement. Ce fut le signal de la guerre. Les Ammonites s'entendirent avec Hadarézer et réussirent à soulever la Syrie : vingt mille hommes de Rohob, mille de Maacha, douze mille de Tob et l'armée de Tsobah tout entière accoururent à leur aide. Joab, qui commandait en Tabsence de David, se trouva pris entre les Ammonites et les troupes de secours : il partagea son armée en deux corps, garda le commandement de celui qui faisait face aux Syriens et confia l'autre à son frère Abisaï. Les Syriens furent enfoncés, les Ammonites se débandèrent et Joab ne jugea pas à propos de les poursuivre jusque dans leur ville. Hadarézer rassembla tout ce qu'il avait de soldats et envoya même demander des renforts aux Araméens d'au delà l'Euphrate. Cette fois, David prit l'offensive : il franchit le Jourdain et s'avança jusqu'auprès d'Alam, où Sobakh, général d'Hadarézer, l'attendait à la tête de ses troupes. Les Syriens plièrent de nouveau : Sobakh fut tué dans la déroute et Hadarézer, abandonné de tous ses alliés, se soumit. L'année suivante, Joab mit le siège devant Rabbah. Au moment où la place allait céder, il appela le roi au camp pour lui laisser l'honneur de la conquête. Les Ammonites furent traités aussi durement que leurs cousins de Moab : « on les mit sous des scies, et sous des herses de fer, et sous des haches do fer, et on les fit passer par les fourneaux où on cuit la brique*, jj La clémence ne comptait point parmi les vertus favorites de David.

La Syrie avait enfin trouvé son maître. Les Assyriens rejetés sur le Tif^re par la défaite d'Assour-rab-amar ne songeaient plus à l'inquiéter, et l'Egypte usait dans des guerres civiles le peu d'énergie qui lui restait : l'occasion était favorable pour faire un seul État et un seul peuple des nations situées entre l'Euphrate et la mer Rouge. La création de

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