Hoshea, xm, 16. — 2. Jésaiah, xzvm
370 CHAPÏTHE IX.
lui des ressources qui restaient entre leurs muins; ils abandonnèrent sa conquête et ne parurent pas se soucier de ce qui se passait au dehors. Enfermés dans les limites de leur royaume, ils vécurent en paix avec tous leurs voisins, j'entends avec ceux de leurs voisins qui voulurent bien leur laisser la paix. Au moins employèrent-ils I«B années tranquilles de leur règne à des travaux d'utilité publique. Us construisirent dans toutes les grandes villes de la Basse-Egypte, à Bubaste, leur résidence habituelle, à Tanis, à Memphis. Depuis la chute des Ramessides, •Thèbes avait toujours été perdant de son importance. La population, attirée jadis par le séjour des rois et le mouvement du commerce, s'était éloig^iée peu à peu : elle avait presque entièrement disparu par endroits, mais elle s'était maintenue assez dense autour des principaux temples pour y former autant de bourgs et de villages que la ville an*tique comptait de grands édifices. Les Pharaons, que leur origine et les nécessités de la politique attachaient au Delta, ne pouvaient remédier aux progrès de cette ruine* Thèbes n'avait pas été seulement la capitale de l'Egypte, elle avait été la capitale du monde à une époque où le monde était égyptien : suffisante pour un empire, elle était trop grande pour un royaume et ne devait plus subsister. Quelque soin que Ton mît désormais à réparer ses monuments et même à en élever de nouveaux, on ne put y ramener la vie qui se retirait peu à peu : ce fut moins une ville qu'une sorte de musée où l'Egypte des dynasties glorieuses se retrouva tout entière.
Osorkon !•% Takelôt !•', Osorkon H, Sheshonq II, s'étaient succédé sur le trône, les Bubastites régnaient depuis cent ans déjà; à n'en juger que l'apparence, rien n'était changé dans l'état général du pays, et pourtant des actions et des réactions dont nous commençons enfin à deviner la nature avaient porté l'Egypte quelques degrés plus bas sur la pente qui la menait à la ruine. Pour éviter d«s usurpations analogues à celle des grands prêtres d'Ammon, Sheshonq et ses descendants s'étaient fait une loi de confier les charges importantes à des princes de la famille royale. Un
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fils du Pharaon régnant, et d'ordinaire le fils aîné, était grand prêtre d'Ammon et gouverneur de Thèbes^, un autre commandait à Sesoun, une autre à Ehnensou, d'autres encore dans toutes les grandes villes du Delta et de la Haute-Egypte. Cihacun d'eux avait avec lui plusieurs bataillons de ces soldats libyens Matsiou et Mashouash qui faisaient alors la force de Farmée égyptienne et sur la fidélité desquels il pouvait compter. Bientôt ces commandements devinrent héréditaires, et l'ancienne féodalité des chefs de nomes se rétablit au profit des membres de la famille royale. Le Pharaon continua de résider à Memphis ou à Bubaste, de toucher l'impôt, de diriger autant que possible l'administration centrale et de présider aux grandes cérémonies du culte, telles que l'intronisation ou l'ensevelissement d'un Hapi ; mais, en fait, l'Egypte se trouva partagée en un certain nombre de principautés dont les unes comprenaient à peine quelques villes, tandis que d'autres s'étendaient sur plusieurs nomes continus. Bientôt les chefs de ces principautés s'enhardirent jusqu'à rejeter la suzeraineté du Pharaon : appuyés sur des bandes de mercenaires libyens, ils usurpèrent non-seulement les fonctions de la royauté, mais le titre de roi, tandis que la dynastie légitime, réléguée dans un coin du Delta, conservait à peine un reste d'autorité. Cette décomposition de l'Egypte dut commencer bientôt après la mort de Sheshonql*', mais on n'en rencontre aucun indice certain avant le règne de Takelôt II. Le fils atné de ce prince, Osorkon, grand prêtre d'Ammon, gouverneur de Thèbes et des pays du Midi, ne préserva l'intégrité du royaume qu'au prix de guerres perpétuelles '. Les révoltes augmentèrent de gravité sous les successeurs de Takelôt II, Sheshonq m, Pimal et Sheshonq IV. Quand ce dernier mourut après trentOHsept ans au moins de règno *, l'autorité des Bubas-
1. Lepsitts^ Demkm., III, 353, s. 244, e, 255, a, hyC, 356*— 2. Idem tbtd., 256 ; cf. Brugsch, Biitoire d'Egypte, t. I, p. 233, et Chabas, Mélanges égyptologiques, 2* série, p, 73-107. — 3. Mariette, Benseignements iur les Apis^ dans le Bulletin archéologique de VÀthenxum français, 1855, p. 98-100.
380 CHAPITRRIX. .
tites était tellement' affaiblie que la suzeraineté letàr. échappa et passa aux mains d'une autre famille originaire' de Tanis. La dynastie Tanite jeta un instant d'éclat datts ce siècle de révolutions rapides ; son fondateur Petsd)a8t se substitua à Théritier de Sheshonq ly, pénétra jusque,' Thèbes* et parvint à établir sur ses contemporains une" suzeraineté précaire qu'Osorkon m et Psemout maintûé^t rent tant bien que mal pendant près d'un deminsiècle.^*: ^ Sous leur domination l'Egypte en arriva à ce point de ààr-s: vision qu'elle se trouva partagée entre près de vingt prinees^* dont quatre au moins s'attribuaient le cartouche et les ii^ signes de la royauté *.
Au milieu de ces roitelets turbulents et pillards, unerfamille parut que son énergie politique et le mérite des- > hommes qui la composaient portèrent sans peine au-dessus , de $es rivales. Certes, il ne manquait ni d'habiles ni d'«m*' ; bitieux à Tanis, à Ehnensou, à Bubaste ; mais aucune des^ villes ni aucun des souverains de cette époque ne jouèrent;» un rôle aussi prépondérant que celui de Sais et des princes i qui la gouvernaient. Actifs, remuants, batailleurs, mêlé»; . à tous les événements qui s'accomplissent autour d'eilx^ i dès l'instant que nous les voyons apparaître sur la scène,.! lesSaïtes ont un but unique vers lequel tendent tous leurs • efforts : ils veulent déposséder les petits princes et fonder sur les débris des dynasties locales qui ruinent le pays une dynastie nouvelle dont l'autorité s'étende sur l'Egypte entière. L'histoire du temps est au fond l'histoire des tentatives qu'ils font pour arriver à leurs fins et des échecs ^ qui retardent à chaque instant les progrès de leur amtt bition. Les petits princes coalisés contre eux, mais ûsh^v capables de résister, appellent l'étranger à leur secoura/et trahissent l'intérêt de la patrie commune au profit àé c leurs intérêts particuliers. De là les invasions éthiopieor^ ' nés : la dynastie koushite arrête un moment les empiète-» ments de la famille Saîte, sans pouvoir ni l'abattre,', m ;
1. Lepsius. Denkm., III, ^59^ a, b. — 2. Idem, Uéberdie XIli^'JB-
nigsdyhastie.'-' 3. Cf. deRougé, MémoiresuruM inscription kiitori* '^
que de Pidnkhi Meriamoun, p. 15 sqq. . ><.
y.-^pTT'^vï' ^
mdmè la dééôurager; L'insuccès dé Tawnekht né sert pas de'^lieçon à Bokenranw; le désastre de Bokenranw ne fait pa8.faéâter ses successeurs. L'intervention assyrienne n'est poar^eux qu'un moyen d'user la puissance éthiopienne. Lea Éthiopiens vaincus, les Assyriens occupés en Asie, PsiËmétik reprend l'avantage et finit pardonner de là réalité' &Q rêve constant de sa race. En quelques années, il réinit sous sa main le pays tout entier et établit solidémto&t cette vingt-sixième dynastie sous laquelle l'Egypte dowt vivre encore quelques jdurs de gloire et de prospéri4è*.
Tawnekht est le premier des Saîtes qui nous soit connu ptEries monuments. Il était d'origine obscure et ne possédait dâfftto chef que la petite ville de Nouter, près de Ganope *. Qnfllques expéditions heureuses contre ses voisins les plus prcrchës lui permirent bientôt d'étendre le cerclé de ses entreprises. Ge fut surtout Une guerre de sièges. Les souverains locaux, maîtres chacun d'une part ou d'une parcelle du territoire national, ne pouvaient durer que par la force désarmes : ils se sentaient en pays ennemi, et pour se mettre^ à riBtbri des ambitions rivales ils avaient dû se retranchipr ^fortement. Depuis un siècle, le sol s'était hérissé de cituieiles nouvelles, placées aux points stratégiques de la vaUée, sur les rares monticules qui s'élèvent au bord du Nil, dkns les îles du fleuve ou à la rencontre des canaux det^navigation. Embastillés dans leurs châteaux et dans leuxs villes fortes, entourés de mercenaires Mashouash et Tahflanôu, les petits princes opposaient à l'envahisseur une réHStance acharnée. Tawnekht triompha d'eux. Il s'empar» de tous les nomes situés à l'occident de la branche principale du fleuve, le Saïte, l'Athribite, le Libyque, le Memphite. Respectait les régions situées à l'orient du Delta, où les Tanites continuaient de régner, il remonta le cours du Nil : Meîtoum, ic Fayoum, Khnensou et son roi Pewââbast, Sesoun et son roi Osorkon, le reconnurent pour
1. Maspero, dans la Revue critique, 1869, t. II, p. 377. — 2. En copte ManoHii, près de Ganope (Bfugsch., G. Ins, t. I, p. 289-290, et Cbamvollion, VÉgypte sous les Pharaons, t. Il, p. 262).
matti^. Il passa ensuite sur la rive droite et reçut Iliommage de On et de Panebtepâhe. U poursuivait le cours de ses succès et venait de mettre à contribution le nome de Ouàb, quand les chefs encore insoumis du Delta et de la Haute-Egypte s'adressèrent au seul pouvoir qui fàt alors capable de lui tenir tête, à TÉthiopie ^
Les descendants des rois-prêtres d'Ammon-Rây exilés en Nubie par les Pharaons de la XXI* dynastie, y avaient fondé, avec les provinces conquises vingt siècles plus tôt parles Ousortesen, un royaume indépendant dont la ca-
Eitale était Napata *. Bâtie au pied d'une colline à laquelle i piété des habitants avait donné le nom de montagne sainte (Dou otiofr) et longtemps considérée comme un des chefs-lieux de la province égyptienne d'Ethiopie, Napata, aux mains de ses nouveaux maîtres, devint une sorte de Thèbes éthiopienne modelée, autant que possible, à l'image de Thèbes d'Egypte. Ammon-Rft, roi des dieux, avec Moût et Ehons, y trônaient en souverains; le temple était construit àl'imitation dés sanctuaires de Kamak; les cérémonies qu'on y célébrait étaient les cérémonies du culte thébain. Les rois, prêtres avant tout, comme ils l'avaient été dans leur patrie thébaine, étaient les chefs d'un Ëtat sacerdotal dont les limites varièrent selon les époques, mais qui s'étendait d'ordinaire des montagnes d'Abyssinie à la seconde cataracte. Dans la vallée même, depuis Syène jusqu'au confluent du Tacazzé, les colons de race égyptienne formaient le fond de la population; dans les plaines du haut Nil se trouvaient des nations de races différentes. Les unes étaient noires; les autres, alliées aux Himyarites et venues de l'Arabie méridionale, parlaient un idiome sémitique; d'autres enfin se rattachaient par le type et la langue aux Égyptiens et aux Berbères. Pendant les premiers temps, Télément égyptien remporta et dirigea la politique générale. Sans cesse ramenés vers Thèbes par tous les souvenirs de leur origine et par leurs traditions
1. Mariette, Monuments divers, t. I, pi. I, 1. 1-7. Cf. de Rougé, Mémoire sur une inicription historique de Ptdnkhi Méiamoun^ p. 3-4- 21-23. — 2. Voir plus haut, p. 336.
LE SECOND ESKiPIAB ASSYRIEN. 383
religieuses, les rois-prètres de Napata essayèrent de re- •couTrer au moins le sud, de l'Egypte. Us y réussirent vers le milieu de la XXUI* dynastie et poussèrent leurs avantpostes jusque dans les environs d'Abydos.
Piânkhi-Meîamoun, celui d'entre eux à qui les princes égyptiens adressèrent leur requête, régnait déjà depuis vingt ans lorsqu'on vint lui proposer la conquête de l'Egypte. L'idée de réunir toute la vallée du Nil sous un même sceptre lui sourit, il donna aux troupes qu'il avait en Thébaïde Tordre de se porter en avant sans retard, tandis qpie lui-même rassemblait à Napata le gros de ses forces et se préparait à entrer en campagne. La guerre débuta par un succès : la flotte éthiopienne rencontra au nord d'Abydos la flotte de Tawnekht qui cinglait vers Thèbes, chargée de soldats et de munitions, en détruisit une partie et força l'autre à la retraite. Une autre flotte, montée par les contingents de trois rois et de tous les vassaux de Tawnekht, fut battue après un combat de trois jours, et les Éthiopiens vinrent aborder au nome d'Oun. La lenteur de leurs mouvements permit au roi Nimrod de 86 jeter dans Sesoun et de la mettre en état : une partie des troupes d'invasion resta en observation devant la place, tandis que le reste continuait de marcher vers le nord et prenait sur la rive gauche Pamatset, sur la rive droite Ta Tehni Oernakhtou ' et Hebennou. Nimrod, cerné de tous côtés, ne pouvait plus espérer le secours de ses alliés ou de son suzerain : il n'en continua pas moins la résistance et tint les envahisseurs en échec. Il fallut pour le réduire l'arrivée de Piânkhi lui-môme, à la tête de nombreux renforts. Piânkhi changea le blocus de Sesoun en siège régulier : il fit élever des aggeres contre la muraille et dresser des tours chargées d'archers et de frondeurs. En trois jours la place, battue de tous côtés à la fois, ne fut plus tenable, et son commandant fit demander grâce par sa femme, la reine Nestentnes, et par les dames du
1. Aujourd'hui Tehaoh, sur la rive droite du Nil, un peu au-dessoue de Minieh. Cf., sur Tehneb, V^ilkloson, Handlfook, p. %1M16.
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harem. Piftnkhi le reçût à merci, entra dans la^^Ie au bruit des acclamations, alla prier au temple de Thot et prit solennellement possession du butin au nom d'Âsnmon Thébain. La chute de Sesoun entraîna la soumiUsibn de toute la moyenne Egypte. ELhnensou se rendit sans ré* sistance, ainsi que Pa Râ-£hemkhoper^,qui commandait l'entrée du Fayoum. Meïtoum, PaSbkarsehatsetmèmeTetaouï, suivirent cet exemple : Piânkhî parvint aux portes de Memphis presque sans coup férir.
A peine arrivé, il envoya sommer la ville, ce Ne fermez point [vos portes]; ne combattez point contre le pays de l'intérieur*. Shou, le dieu de la création, quand j'entre, il entre; quand je sors, il sort: [aussi] ne peut-on résistera mes attaques. Je ne veux qu'offrir des offrandes à Ptaket aux dieux du nome Memphite; je veux honorer Sokar dans sa chapelle, voir le dieu Res-anb-ew, et puis je retournerai en paix. [Si vous me livrez] Memphis, elle sera épargnée, et on n'y fera pas même un petit enfant pleurer. Voyez les nomes du Midi : on n'y a massacré peTsonne, excepté les impies qui avaient blasphémé Dieu. On a exécuté ces obstinés. » Piânkhi avait fait appuyw ses paroles d'un détachement d'archers, de matelots et de soldats du génie, qui devaient s'emparer du port de Memphis* La garnison était sur ses gardes : elle repoussa ces troupes et leur infligea des pertes sérieuses. Bientôt après Tawnekht profita d'une nuit obscure pour se jeter dans la place avec un grand convoi d'armes et un corps de huit mille hommes, fortifia les points faibles de l'enceinte et partit vers le nord afin de rassembler une nouvelle armée. U comptait sur une longue résistance, mais la flotte é^iopienne, trompant la vigilance des assiégés, pénétra par surprise dans le port et y captura tous les na'vires qu'eUe trouva, tandis qu'une partie de l'armée se glissait le long de la rivière et s'introduisait dans la ville par les quais. Après deux jours de bataille dans les rues, la garnison
1 . Place forle située à rentrée du Fayoum^ aujourd'hui lUahoun. — 2. Khennou,ldL Haute-Egypte et rÉthiopie.
LE SECOND EMPIRE ASSYRIEr^. 395
mitvl^s les axmes, et Pi&nkliî put reprendre sa inarche en ari^t. II s'empara de toutes les forteresses avoisinantes et m s'arrêta qu'un instant à Hélioppliç pour y célébrer le sacrifice royal. « U monta Tescalier qui conduit au grand adyton pour y voir le dieu qui réside dans Ha-benben, lui, lai*mème. Tout seul, il tira le verrou, ouvrit les battants, contempla son père Râ dans Ha-benben, mit en ordre la barque Màd de Râ, la barque Seket de Shou ; puis il ferma les battants, plaça la terre sigillaire et y imprima le sceau royal, x C'était en quelque sorte prendre possession du pouvoir suprême. Osorkon de Bubaste reconnut le nouveau Pharaon ; un mouvement des Éthiopiens décida les autres princes du Delta à suivre son exemple. Tawnekht, abandonné de ses vassaux, demanda la paix^ et Piânkhi la lui accorda sans conditions. Après avoir reçu non loin d'Athribis, au cœur même de la basse Egypte, l'hommage de ses sujets, il reprit le chemin de son royaume et rentra dans Napata, chargé de gloire et de butin, « d'or, d'argent, de bronze et de vêtements précieux, de tous les bons produits des pays du Nord, de toutes les denrées de la Syrie et de l'Arabie*. »
. Pour la première fois depuis deux cents ans, le royaume des Pharaons était reconstitué des sources du Nil Bleu aux bouches du fleuve, mais non plus au profit de l'Egypte. L'Ethiopie, si longtemps vassale, devenait maîtresse à son tour : Napata régnait à la place de Thèbes et de Memphis. On ne sait combien de temps dura ce premier asservissement : peut-être autant que la vie de Piâù^ khi, peut-être moins. La victoire des Ethiopiens n'avait ' pas détruit les éléments de discorde qui s'agitaient dans « le pays. Les petits rois qui avaient appelé l'étranger à leur aide ne s'étaient pas livrés sans réserve : ils avaient voulu garder leur indépendance et la gardèrent, en effet, sous des apparences de soumission. Tawnekht avait été vaincu, mais non réduit à l'impuissance. H avait même
1. La grande stèle de Piànkbi, publiée par Mariette, Monuments divin, pi. I-VUI, a été traduite en. français) par M. de Rougé^ en aile* maad par M. Lauth, et en anglais par M. Cook.
HIST. àX{G. 25
'yjv^:^,
38ff CHAPmiB IX*
gagné à sa défaite la reco^^naissance de son pouvoir^ Ge n'était plus seulement un aventurier heureux, un dief. militaire sans autre titre que ses victoires, sans autre droit que le droit du plus fort. Piânkhi, en le recevant à merci, lui avait donné l'investiture officielle pour lui et pour sa famille. Il régnait désormais à Sais aussi légitimement qu'Osorkon III à Bubaste, Nimrod à Sesoun^ Pewââbast à Ehnensou, et les autres princes dans les autres villes de l'Egypte. L'Ethiopie était loin, la dynastie tanite sans force et sans prestige; il ne dut pas tarder à reparaître sur la scène.
Les événements favorisèrent son ambition et celle de son fils. Piânkhi mourut quelque temps après son retour d'Egypte, et nous trouvons à sa place un certain Kashta, dont le nom trahit une origine étrangère à la lignée des grands prêtres d'Ammon. Kashta était arrivé au trône par son mariage avec une princesse encore inconnue de la famille thébaine, peut-être avec une fille de Piânkhi. On est porté à croire que son avènement et le changement de dynastie amenèrent des troubles qui l'obligèrent à retirer les troupes de la moyenne et de la basse Egypte*. Bokenranw, qui venait de succéder à Tawnekht, reprit les projets de son père et, ne trou* vaut plus d'Éthiopiens devant lui, réussit à les exécuter. Le succès fut grand et l'homme ne manquait ni de valeur, ni d'énergie : longtemps après sa mort, le peuple racontait sur son compte toutes sortes de légendes merveilleuses ^« "TI était, dit-on, faible de corps et mancjuait d'extérieur, mais rachetait ces défauts par la finesse de son esprit ' ; il avait laissé la renommée d'un prince simple dans son genre de vie *, d'un législateur prudent * et d'un juge intègre'. Les rares monuments que nous avons de son règne
1. Sur Easbta, v. Mariette^ Notice des principaux monuments, et Monuments divers, pi. XLVIII, s,; de Rougé, Étude sur les monuments du règne de Tahraka, dans les Mélanges d'archéologie égyptienne et assyrienne,i, I, p. 87-88. — 2. Élien l'appelle.... tôv Boxxoptv tôv $56pievov ixetvov {H. An,, xn, 3).— 3. Diodore, 1, 65, 94. — 4. Alexis, dans Athénée, X, 13, 418.— 5. Diodore, II, 94.-6. Plutarque, Devitios, Pud. 3.
LE SECOND EMPIRE ASSYRIEN. dS7
sdixt muets &ur ses actions*, mais ce que nous savons de: k vie àe Tawnekht éclaire d'une vive lumière la vie de 80ff fils. Ge fut une lutte incessante contre les petits prin* ces, une série de guerres perpétuelles, d'abord pour con-*^ quérir le Delta et l'Egypte moyenne, ensuite pour conserver la GQ^iquête Bt y maintenir à grand'peine une domination précaire. Les contemporains n'avaient pas foi dans la du*réë de la dynastie, et les dieux eux-mêmes annoncerait sa efiiute par divers présages menaçants ^. Et de fait la ca- ' tastrophe ne se fit pas longtemps attendre. Kashta était mort, laissant pour héritier un fils, Shabak (Sabacon]^ et une fille, Âmeniritis. Shabak était, comme l'événement le prouva bientôt, un prince actif et énergique, à qui. la rébellion des Saltes et l'établissement d'une dynastie, nonvelle ne pouvaient convenir. Il partit à la conquête de l'Egypte et fut, sans doute, aidé dans son entreprise comme Piânkhi l'avait été auparavant par tous les petits princes des nomes. Bokenranw, battu, fut pris dans Sais après sept ans de règne et brûlé vif comme rebelle ^ Cette fois la dynastie saîte s'était attiré un échec qui semblait devoir mettre ses prétentions à néant. Dépouillés de leurs titres et de leurs domaines , les parents de Bokenranw s'enfuirent dans les marais du Delta et réussirent à y maintenir leur indépendance. L'histoire de leur vie errante finit par y devenir populaire et donna naissance à la légende de l'aveugle Anysis qui, réfugié dans une petite île du lac Menzaleh*, y attendit cinquante ans le départ des Éthiopiens*.
Il ne s'agissait plus, comme au temps de Piânkhi, d'établir une sorte de vasselage sur l'Egypte : Shabak prit le protocole des Pharaons, et devint le chef d'une dynastie
1. Os sont aujourd'hui au Louvre, et se rapportent tous aux funérailles de TApis mort en Tan YI de Bokenranw. Cf. Mariette, Bensei- SnemenU sur les Apis, dans le BuUetin archéologique de PÀthenasum fronçais, 1856« p. 5S-62. ^ 2. Ainsi PappariUon d'un bélier à deux tètes et à huit pattes, doué de voix humaine (Ellen, H, An,, zn, 3) ; cf. Manéthon, édit. Unger, p. 241. — 3. Manéthon, édit. Unger^ p. 246; cf. de Rougé, Inscription historique de Piânkhi Metamoun, p. 23. — 4. Thennêsis, d'après Lepsius. — 5. Hérodote, II, cxxxvn-czL.
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nouvelle composée tout entière de roie éthiopien».*^ Jt essaya, du moins de réorganiser le pays auquel il. s'imporr sait, et de faire oublier par la sagesse de son administ¥«<' tion l'odieux de son ori^e étrangère. Les princes loç94» furent respectés, mais surveillés de près et contraints.^ obéir comme de simples gouverneurs. Leur soumîçeii» et la réunion du pays entre les mains d'un s^ bosuae rendirent faciles certains travaux d'ensemble que 1^ guerres des siècles antérieurs n'avaient pas permis d'W- Cutcr. Les chaussées furent réparées, les canaux nettoyés et agrandis, le sol des villes exhaussé et mis à VtJffd de l'inondation « Bubaste surtout gagna à ces travaux.', mais les autres villes ne furent pas négligées. Par ofdie du roi, plusieurs des temples de Memphis qui étaî^ tombés en ruine furent restaurés et les inscriptions - fi^
1. Voioi, autant qu*il est possible de le recomposer jusqu'à présent^ le tableau des vingt -deuxième, vingt - troisième et vingt-quatrième dynasties :
VINGT-DEUXIÈME DYNASTITE BUBASIFE
I. ^ lU-OIJTS KBOPER 8TEPENBA SHBSHONQ I" IIbIAMOUN Zm^TXK* -n. — Râ-XHEM-KHOPKR STBPBNIUL OaORXON l** Meîamoiin *0a»è*«».
m. — Ra-outs btepenamen mouter-hiq-an Takblot I*' MëIamoun, Sb Isi.