RoUj xviT-xiJt ; II Rois, wi
pMtes, et lui rendit la liberté après lui avoir /ait signer un â'aité d'alliance offensive et défensive. Israël rentra en pffiséeissibn deis places qu'il avait perdues sous les règnes pféeédents, et les Juifs obtinrent le droit d'occuper à Da- Mas un quartier particulier: c'était la contre-partie et la Revanche du traité conclu entre Omrî'etBenhadar !•' *.
La lutte venait à peine de prendre fin quand les Assyriens parurent sur la frontière septentrionale du royaume de Qamas. Benbadar avait suivi d'un œil inquiet les progrès rapides qu'ils faisaient chaque jour dans la Syrie du nord et «fêtait préparé à les recevoir, il avait renouvelé ses alliances avec Hamath, Ârvad et les autres villes de Pbé-lâcie, réclamé le secours d'Israël et des Arabes, racolé des auxiliaires jusqn'en Egypte ^t au pays d'Ammon. Lorsqu'à l'automne de 854, Salmanasar III franchit l'Eupfarate pour l'attaquer, il marcha bravement au-devant des Assyriens et leur offrit bataille à Karkar*. Il avait avec lui deux mille chars et dix mille Juifs envoyés par Akhab, sept cents chars, sept mille cavaliers, di;x mille fantassins de Hamath, mille mercenaires égyptiens, mill^ Ammonites qui, joints aux troupes de ses vassaux, formaient une armée de soixante-deux mille neuf cents fantassins, huit mille deux cents cavaliers et quatre mille huit cent dût chars; un chef arabe nommé Djendib avait amené un cbrps de mille chamea,ux. Les alliés perdirent la bataille : quatorze mille des leurs périrent • , le reste s'enfuit au delà de l'Oronte. Néanmoins la lutte avait été si Tchaude que Salmanasar ne put tirer parti de son succès : il repassa l'Euphrate sans avoir reçu la soumission dé Damas et sans avoir imposé de tribut *. Il ne revint pas les années suivantes, occupé qu'il était au sud-est de son empire. Mardouk-inadinsou, roi de Babylone, trahi et
î. Î/Rois, XX. — 2. Menant {Annales, p. 112) lit ce nom Bourkarou. — 3. Un autre texte porte vingt mille dnq cents, — 4. Oppert, Histoire, p. 111-119; 136-142; G. Rawlinson, The five grecU Ilonarehies, t. Il, p. 102-103; Fr. Lenormant, Histoire, i. II, p. 68-90; Schrader, Die Keil' inschriften und dos ÀUe Testament, p. 94-104; J. Menant, Annales^ p. 99,112-113.
35Ï CHAPITRB IX,
vaincu par son frère illégitime Màrdouk-bel-^nsatè, avait . appelé le roi d'Assyrie. Salmanasar accourut et dans une ) première campagne (852) réduisit les districts situés au ' nord du Dhournat. L'année suivante il fut encore plus heureux : il battit le prétendant, le tua, s'empara de Baby<lone, de Barsip, de Kouti, et descendit dans la Ghaldée maritime ^ Cette conquête achevée, il reprit ses projet? contre Damas.
La défaite de Karkar avait ébranlé un moment la pai&^ sance de Benhadar. En se faisant rendre les villes juives prises sur ses prédécesseurs, Âkhab avait négligé de mentionner Bamoth-Gilead. C'était cependant une place importante : elle commandait toute la rive gauche du Jour^ dain et menaçait à la fois Israël et Juda. Akhab voulut profiter pour la reprendre de l'issue malheureuse de la campagne contre les Assyriens et chercha des alliés qui pussent l'aider dans cette entreprise. Un grand changement d'esprit et de politique venait de se faire à Jérusalem. Jehoshaphat, comme son père Asa, était un adorateur fervent de Jahveh : il s'efforçait de réprimer l'idolâtrie et avait dû ressentir vivement la persécution dirigée par son voisin contre les prophètes '. Mais sa piété ne le rendit pas aveugle aux nécessités politiques du temps présent. L'expérience des règnes passés avait montré combien était funeste la rivalité d'Israël et de Juda : pendant les guerres civiles, Moab, Ammon, Édom, les rois des Philistins s'étaient soulevés; Damas un moment ville juive était devenue la capitale d'un royaume puissant et menaçait de rétablir à l'avantage de Benhadar l'empire de Salomon. Jehoshaphat se convainquit, malgré l'opposition des prophètes, qu'il fallait avant tout faire cesser les discordes et réunir toutes les forces de la nation contre les Syriens. Il maria son fils Jehoram avec Athaliah, fille du roi d'Israël •, et quand Akhab vint le prier de l'aider dans
1. Oppert, Histoire, p. 112 ; G. Rawlinson, The five greca Monarchies, X, II, p. 102; Fr. Lenormant, Hùtoire,i. II, p. 71 ; J. Menant, Anmles, p. 99-100, 114. —2. I Rois, xxii, 43-44; II Chron., XVII, 3-4. — 3. Cf. H Rois, vin, 18, avec II Rois, vm, 26.
'«on entreprise contre Hamoth-Gilead, il consentit à Tac*- Gompagner et vint le rejoindre à Samarie ^ Pour la première fois depuis près d^un siècle, Tarmée de Juda entra sans intentions hostiles sur le territoire d'Ëpliraïm et se rangea sous le même drapeau.
Jehoshaphat s'était montré dès le début de son règne actif et belliqueux : il avait conduit contre ses voisins du sud plusieurs expéditions heureuses qui affermirent son autorité sur Édom ^. Toute sa valeur ne put prévaloir contre la fortune de Benhadar. Il manqua d'être pris dans la bataille qui â'engagea sous les murs de Ramotn-Gilead, et son armée fut à moitié détruite. Akhab, blessé mortellement d'une flèche au commencement de la journée, suo eomba vers le coucher du soleil, et ses soldats, saisis de panique, se débandèrent dans toutes les directions. Akhaziah ramena le corps de son père à Samarie ; Jehoshaphat s'enfuit jusqu'à Jérusalem ' : il semblait que Benhadar n'eût qu'à s'avancer pour s'emparer sans effort dlsraël et de Juda (851). L'intervention des Assyriens sauva les Hébreux d'une ruine imminente. Le roi de Damas, rappelé vers le nord, trouva Salmanasar maître de tout le pays situé entre l'Euphrate et l'Oronte, et fut battu complètement malgré les secours d'Hamath et de la Phénicie, battu en 850, battu l'année suivante. Dix mille des siens périrent, une partie de ses chariots et de son matériel de guerre resta sur le champ de bataille. Mais les Assyriens, toujours victorieux, se trouvaient toujours trop affaiblis par leur victoire pour en profiter aisément. Us employèrent les deux années suivantes à soumettre quelques tribus de l'Arménie et des marches médiques, et ne revinrent à la charge qu'en 846, avec leur succès habituel*. Benhadar fut vaincu encore une fois sans laisser entamer son royaume : à peine débarrassé de ces adversaires, il se retourna contre les Juifs.
1. I Hoit, xxn, 1-19 ; II Chron., xvra, 1-27. — 2. Jttd., xvn. — 3. 1 Boif, xxn, 20-29 ; II Ckr<m,, xvra, 28-34. — 4. Oppert, EiOoire, p. 112, 120; Fr. Lenormant, ffûtoire, t. II, p. 71; J. Menant, AnniOet, p. 100-114.
Il les trouva remis de leurs défaites. Akhaziah n'avait fait que passer sur le trône de Samarie, mais son &ère Jehoram s'était trouvé assez fort pour entretenir des idées de Éonqpête. Après la bataille de Ramoth-Gilead, Mesha, roi des Moabites, s'était soulevé et avait refusé le tribut que son peuple payait depuis quarante ans aux rois d'Israël. Jehoram et Jehoshaphat essayèrent de le réduire. Gomme ils n'osaient l'attaquer vers le nord, par crainte des garnisons syriennes qui étaient au pays de Gilead, ils passèrent au sud de la mer Morte et vinrent l'assiéger dans sa ville royale *. Malgré quelques victoires partielles, la campagne ne fut pas heureuse : nonseulement les Moàbites restèrent indépendants, mais ils s'étendirent au détriment des gens de Ruben, et Mésha, dans le seul monument de son règne qui soit parvenu jusqu'à nous *, put se vanter « d'avoir rendu leurs anciens noms aux villes qu'il annexa au pays de Moab. » L'invasion de Benhadar dut être pour quelque chose dans le triomphe des Moàbites. Les armées syriennes se répandirent sur Êphraïm et montèrent jusqu'à Samarie : la ville tint bon, et Benhadar, désespérant de la prendre, leva le siège au moment où la famine l'avait réduite à la dernière extrémité, n ne devait plus rentrer en Israël : tombé malade et déjà mourant, il fut achevé par un de ses officiers nommé Khazaël, qui se fit roi en sa place *• Il avait régné près de trente ans, non sans gloire et sans succès. U avait noué d'étroites alliances avec Hamath et la Phénicie, dominé trente-deux rois vassaux et résisté vaillamment aux Assyriens ; il avait essayé de conquérir la Palestine entière, et, s'il n'avait pas réussi dans cette entreprise, au moins avait-il soumis presque tout le pays de Gilead, entre le Hauran et la frontière de Moab. Damas était devenue entre ses mains la capitale réelle et le boulevard de la Syrie.
Elle ne garda pas longtenips ce rang éminent. Khazaël eut, il est vrai, d'heureux débuts: il soumit les deux ver-
1. II Rois, m, 4-37. — 2. C'est la fameuse stèle de Dhibàn, découverte en 1869 par H. Clermont-Ganneau et dont les fragments sont conservés au musée du Louvre. — 3. II Rois, vi, 8 ; viii, 15.
LE SEGONP BMPIRB ASSYRIEN. 357
sants de l'Ânti-Liban et la majeure partie de rAram. Jehoram dlsraël et Akhaziah de' Juda renouvelèrent contre Ramoth de Gilead la tentative qui avait été si funeste à leurs prédécesseurs (quelques années auparavant : ils échouèrent comme Akhab et Jehoshaphat ^ Un grand dé* sastre effaça bientôt l'impression qu'avaient produite ces premiers succès. Salmanasar, après avoir combattu les tribus du haut Euphrate (845), poussé une pointe sur leplateau de Médie (844) et guerroyé contre les peuples de l'Amanos (843) reprit les hostihtés contre TAram. Ehazaêl l'attendit dans une position choisie avec soin et fut vaincu. Ge fut la bataille la plus sanglante qui eût été livrée juscp'alors par les Assyriens aux gens de Bamas. Il perdit seize mille hommes de pied, quatre cent dix cavaliers, onze cent vingt et un chars : Damas fut prise ainsi que plusieurs autres places fortes; les Assyriens pénétrèrent jusque dans les montagnes du Hauran, pillant et brûlant tout sur leur passage. Les rois de Sidon et de Tyr, craignant pour leurs États un sort pareil, s'empressèrent de reconnaître la souveraineté du vainqueur. Celui d'Israël envoya en tribut des barres d'or et d'argent, des plats, des coupes et des ustensiles d'or, des sceptres et des armes : ce fut le commencement des relations entre les Hébreux et FAssyiie (842) ».
Dans les quelques mois qui venaient de s'écouler, les deux royaumes avaient été bouleversés par des révolutions sanglantes. Les prophètes n'avaient jamais pardonné à la maison d'Omri l'introduction des religions phéniciennes et les persécutions dont le culte national avait été l'obiet. Déjà Élijah avait songé à détrôner AJkhab et à le remplacer par Jehu*; Ëlisha, le disciple favori et le successeur d'Êlijah, exécuta le projet de son mattre. Jehoram avait été blessé devant Ramolh et s'était retiré pour se guérir
1. II Bais, vm, 38-39. — 3. Oppert, Histoire, p. 113, 118 ; G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. II, p. 104-106 ; Schrader, IHe KeUinschriften und dos AUe Testament, p. 104-108; J. Menant^ Annales, p. 100, 116416. — 3. I Rois, za, 16.
au palais Je Jezréel, loin de sa capitale et dé son armée. Un émissaire d'Ëlisha se rendit au camp, sacra Jehn et lui ordonna au nom de Dieu de détruire la maison d*AUiab et de venger la mort des prophètes. Jehu se fît acclama, par toute Tarmée et marcha contre Jezréel. Akhaziah ié Juda était venu rendre visite à son oncle et à sa grand'mère Izebel. Quand la vigie annonça qu'on voyait avancer une armée, les deux rois, au lieu de s'enfuir, montèrent snr leurs chariots pour aller à sa rencontre. Jehu perça Jeho* ram d'une flèche, et fit assassiner par les gens de sa saits Akhaziah, qui essayait de s'échapper. Ce ne fut que le commencement de la tragédie. En apprenant le meurtre et l'approche du meurtrier, la vieille Izebel voulut du moins mourir en reine : a elle farda son visage , orna sa tête et regarda par la fenêtre . — Et comme Jehu entrait dans la porte, elle dit : ce En a-t-il bien pris à Zimri qui tua son « seigneur? >j — Et il leva sa tête vers la fenêtre et ditr « Qui est ici de mes gens? qui? » Alors deux ou trois' eu^ nuques regardèrent vers lui, — Et il leur dit : « Jetez cm « bas. » Et ils la jetèrent, de sorte que son sang rejaillit contre la muraille et contre les chevaux; et il passa par« dessus elle. » Restaient les princes de la maison d'Akhab; il se fit envoyer leurs têtes de Samarie et les exposa en deux tas à la porte du palais de Jezréel. Les princes de la maison de Juda qui venaient rejoindre Akhaziah, furent tués de même sur le bord de la route ; les adorateurs et les prêtres de Baal, réunis par trahison dans le temple furent égorgés jusqu'au dernier, et le culte de Jahveh rétabli dans toute sa pompe, sinon dans toute sa pureté. Le contrecoup de cette révolution se fit sentir jusque dans Jérusalem d'une manière assez imprévue. Athaliah, fille d'Izebel et mère d' Akhaziah, voyant la maison royale à peu près détruite, fit exterminer ce qui restait des descendants de Jehoshaphat : un seul enfant, Jehoash, échappa par les soins du grand prêtre. Le massacre achevé, elle saisit le pouvoir, s'entoura d'une garde phénicienne, et se rangea au culte des Baalim. Les crimes de Jehu avaient donc prcj»duit ce résultat singulier de rétablir tant bien que mal la
religion nationale en Israël pour la renverser dans Juda : JaJiyeh trôna dans Samarie et Baal dans Jérusalem ^
£hazaêl restait toujours menaçant. Deux ans après sa première défaite, en 840, il avait de nouveau affronté les Assyriens sans succès : il avait perdu quelques forteresses et payé tribut de même que les rois de Tyr, deSidon et de GrebeP. Ge fut son dernier essai de résistance contre Salmaaasar: plutôt que de s'exposer encore à des défaites inévitables, il préféra acheter par la soumission le droit de poursuivre en paix ses entreprises contre les Israélites. £!lles lui réussirent au delà de toute espérance : Jehu ne put tenir contre lui et fut vaincu « sur toutes ses frontières, — depuis le Jourdain jusques au soleil levant, dans tout le pays de Gilead, des gens de Gad, de Ruben et de Manassé, depuis Âroer qui est sur le torrent d'Ârnonjus> <|ue8 en Gilead et en Bashan*. » Damas, humiliée au nord par les Assyriens, était encore assez puissante pour humilier les Juifs. Mais son ascendant ne pouvait être que passager : épuisée par tant de guerres successives, elle tendait à s'affaisser sur elle-même au premier choc sérieux. C'était encore le boulevard de la Syrie, mais un boulevard branlant et à moitié ruiné.
i L'œuvre véritable de Salmanasar était accomplie. Son père avait conquis la Syrie du Nord : il fît un pas de plus dans la direction de l'Egypte, en abattant les royaumes de la Syrie centrale. Le reste de son règne se passa presque entier dans des expéditions contre les peupiles du Nord et de l'Est. Deux années de guerre lui livrèrent les deux versants de l'Amanos et la Gilicie plane : Tarzi (Tarse) elle-même tomba entre ses mains (831). Le pays d'Ourartou et de Van en Arménie résista trois ans et finit par céder *. Cependant l'âge était venu et avec lui les infirmités : le vieux roi, épuisé par trente années de .iguerres, dut quitter les camps et céder le commandement à ses généraux. Son fils aîné, Assour-danin-habal,
1. II Rois^ tt-xi, 2 ; II Chron,, moi. — 2. Oppert, Histoire, p. 121; Menant, Annales, p. 101. ~ 3. II Rois, x, 32-33. — 4. J. Menant, Anna ies,p 101-104.
360 CHAPITRB IX.
trouva cru'a vivait trop longtemps et souleva. contrâj^J^, plus de la moitié de son empire. Âssour, Amid, Arl^èl^ et vingt-quatre autres villes, prirent part à la rébellioû: ; Ralakh et Ninive demeurèrent fidèles. Salmsinasar ridait la direction des affaires à son secand fils, Samsi-Bin* En. moins de quatre ans, la révolte fut étouffée. Assour-daiûa^/ habal fut tué, et Salmanasar eut du moins la consolatipiL de mourir en paix après trente-cinq ans de règne (823) K.
DécftdenejD momenianée de remptre «■•yricii) les pr'ipliè4e0 d'Israël : aérebeam II) veuklfK-liabal-aMir iii; ehute de oamas.
Après lui, la suprématie militaire de l'Assyrie se mam^ tint auelaue temps encore. Samsi-Bin lU (823-810) pir dçs expéditions répétées réduisit les tribus du Naïri et coii<pût la Médie jusqu'au pays de Bartsou *, à l'extrémité orieutalé de la mer Caspienne. Mardouk-balat-irib , la plus puissant des princes qui régnaient alors sur la Ghaldéa septentrionale, ne put tenir tête à l'Assyrie, malgré l'appui de TElam et des Araméens de Mésopotamie : il perdit sept mille hommes, deux cents chars avec son étendard royal et ses bagages, à la bataille de Daban (819J« Cette victoire ne fut pas décisive, non plus que deux autres exvr péditions dirigées en 812 et 811 contre Babylone. SUe prépara du moins les voies à Bin-nirari II (810-780), gui asservit les rois de la Ghaldée. Bin-nirari se montra auasi remuant que l'avaient été son père et son aïeul : chacuxua des années de son règne est marquée par une campagne victorieuse. Il pénétra sept fois en Médie, envahit dieux fois le pays de Van et trois fois la Syrie. Mariah, roi. de Damas et l'un des successeurs de Benhadar III, s'était révolté : il l'assiégea et le prit dans sa ville royale. La rapi-dite avec laquelle les rebelles furent châtiés empêcha l^s
1. Oppert, Histoire, p. 122; G. Rawlinson, The fivegreat Monarchietg t. II, p. 109-110; Fr. Lenormant, Histoire^ t. II, p. 73; J. MenaDt^ Annales, 118-120. — 2. La Parthyéne, comme Tindique M. Fp. Lenor* mant, et non la Perse.
Artères rois dé Syrie de suivre l'exémfple de Mariâh : la Phé- Hkàe, Israël, Edom, les Philistins, n'osèrent point s'agiter pendant toute là durée du règne*. L'empire assyrien s'étendait aloïs sur la plus grande partie de l'Asie amélieure : par ses vassaux il touchait d'une part au golfe Perftique et à l'Elam, d'autre part à la mer Rouge et à rSgypte, A rOrient, il dominait sur la plupart des tribus touràniennes de la Médie et sur quelques-unes des tribus aryennes qui commençaient alors à s'avancer dans le plateau de llrân. En Arménie, peu de progrès avaient été faits depuis le temps de Touklat-habalasarl*': on occupait le pays des bords du lac de Yan aux sources du Tigre, mais au delà les difGcultés du terrain et la vaillance des habittôits n'avaient pas permis de faire des conquêtes durables. La Mésopotamie, la Ghaldée, la Syrie du Nord, reconnaissaient la souveraineté d'Assour; même Salmanasar et ses snecesseurs avaient dépassé le Tauros et TAmanos; les plaines de la GiUcie, les Toubal, les habitants de* la GaplAàdoce, leur obéissaient. La côte syrienae, de l'emboueiittre de l'Oronte à Gaza, et tous les royaumes de l'intérieur entre la mer et le désert, relevaient de Ninive. On pouvait déjà appliquer au roi d'Assyrie les paroles du prophète hébreu : il était ce comme un cèdre au Liban, dont la hauteur s'est élevée par-dessus tous les arbres defr champs. — Tous les oiseaux du ciel ont fait leur nid fli^s ses branches, et toutes les bêtes des champs ont fait leurs petits sous ses rameaux et les grandes nations ont habité sous son ombre ^. »
Arrivé à ce degré de gloire et de puissance, l'empire parut s'affaisser tout d'un ' coup. Salmanasar IV (780usa son règne à lutter sans succès contre l'Arménie
1. Une des femmes de Bin-nîrari se nommait Sammourramit. Comme 00 nom est le type original du nom de Sémîramis, on a proposé de reconnaître dans la femme de Bin-nirari la Sémiramis d'Hérodote, qui vivait nn siècle et demi avant Nabopolassar et qui avait embelU Baby> Ibne. Cette Sémiramis elle-même serait le prototype de la Sémiramis légendaire. Ces deux hypothèses n'ont pas été généralement admises. — 2. tssékhiel, xxxi, 3-6.
382 CHAHTRB ÏX.
et la Médie : après une seule expédition contre Damas (772) il fut contraint d'abandonner la Syrie. Srous Assournian-Il II (770-752) ce ne sont plus seulement les vassaux de date récente qui se soulèvent : la révolte éclate aux portes mêmes de Ninive, dans le pays d'Ârrapha et dans la ville de Gôzan. L'esprit militaire déclinait ; les souverains ne conduisaient plus leurs troupes en personne et renonçaient souvent à la guerre. Au lieu qu'Assour-nazir-habal, Salmanasar III, Samsi-Bin, Binnirariy avaient marqué chaque année d'une expédition heu*reuse, Assour-dan-Il resta en paix neuf années de son règne sur dix-huit. Sous Assour-nirari II (752-74.'>), ce fut pis encore : en huit ans, il n'y eut que deux campagnes, dirigées toutes deux contre le pays de Namri, à quelques journées à peine de la capitale ^ Les traditions classiques plaçaient vers cette époque une première destruction de Ninive. Elles ignoraient le nom des grands princes du siècle précédent et les remplaçaient par une lignée de rois fainéants issus de Ninos et de Sémiramis. Sardanapale, le dernier d'entre eux, passait, dit-on, sa vie dans le harem, entouré de femmes, habillé en femme et livré aux travaux d'une femme. Deux des princes vassaux, Arbakês le Mède et Bélésys de Babylone, se révoltèrent. L'imminence du danger éveilla dans Sardanapale les qualités guerrières de sa race: il se mit à la tête de l'armée qui lui restait, battit plusieurs fois les rebelles et allait les réduire, quand des troupes qui arrivaient deBactriane à son secours firent défection et passèrent à l'ennemi. Il s'enferma dans Ninive et y résista deux ans à toutes les attaques ; la troisième année, le Tigre gonflé par les pluies déborda et renversa les murailles sur une longueur de vingt stades. Il se rappela alors qu'un oracle lui avait garanti la victoire jusqu'au jour où le fleuve se tournerait contre lui et ne voulut pas tomber vivant aux mains de ses sujets rebelles. U se brûla dans son palais avec ses trésors et ses femmes, et l'empire périt avec lui'. Il est
l. Oppert, HUtoire, p. 122-139; G. Rawlinson, The five great Mofutrchies, t. îî, p. 110-127; J. Menant^ Antiales, p. 119-134. — 2. Sur U
LE SEGONB EMPIR6 ASSYRIEN^. 363
oerltia aiqourd^iui que la première destruction de, Ni-* nx^e est. un roman liistorique: mais les monuments nous prouvent que pendant treate années entre Bin^nirari II et.^uklat-habal-asar III la puissance de l'Assyrie ne fit qn« déchoira
Cette décadence momentanée avait rendu les peuples de Syria à eux-mêmes : ils n'usèrent de leur délivrance que pour se déchirer mutuellement et s'abîmer de plus en plus daaSi leurs guerres civiles. Athaliah avait voulu détruire la maison de Jehoshaphat et établir officiellement en Juda le culte .de Baai : elle ne réussit ni dans Tune ni dans l'autre de ces entreprises^ Le grand prêtre Jehoïada avait dérobé au massacre un enfant d'Akhaziah et l'avait élevé secrètement dans le temple. Le parti des prêtres avait déjà fadt h cette époque des progrès considérables. Comblé dl^onneurs par Asa et par Jehoshaphat, toléré ou confirmé dans ses possessions par leurs successeurs, il avait su gagner la confiance du peuple et commençait à se mêler de politique. Jehoïada gagna les commandants de la garde royale et d'autres chefs militaires, leur révéla l'existence de Jehoash et le proclama roi dans le temple. Athaliah accourue au bruit fut tuée et Mattan, le grand prêtre de Baal, partagea son sort'. Jehoïada s'imposa comme tuteur au nouveau roi, qui avait sept ans à peine : ce fut le règne des prêtres. Ils se firent remettre l'administration des biens du temple et profitèrent de leur pouvoir pour s'approprier une partie des revenus sacrés : le scandale causé par leurs prévarications devint si fort que Jehoash dut retirer à Jehoïada et aux sacrificateurs la libre disposition de l'argent du temple. Israël était dans une situation pire encore que celle
légende de Sardanapale Yolr Ctésias, FragmentSy édit. Didot^ p. 39-41 ; Cf. Diodore, 11^ 23-2S; Athénée, XII, 7, etc. ^ 1. C'est ici que M. Dppéri place la lacune de trente années qu'il a cru reconnidtre dans le Caaon assyrien (Interiptions assyrienriet des Sargonidet, p. 3-18; la Cknmologie biblique fàée par les éclipses des inscriptions cunéiformes, HT). M. Lenormant, qui dans son Histoire d'Orient^ t. II, p. 77-82, avait adopté Toplnion de M. Oppert, s'est rangé depuis à Topinion contraire soutenue par Mil. G. et H. Rawlinson, Smith et Schrader. — ?. II Rois, XI ; II Chron,, zxii, 10-12, xxm.
de Juda. Malgré se9 qualités militaires, Jehu ne put tenir tète aux ennemis qui le pressaient de toutes parts. Khazaêl parcourut le royaume de Samarie en maître sans que rien pût l'arrêter. D pénétra jusqu'à Gath sur la frontière philistine, la prit « et tourna son visage pour monter vers Jérusalem.» Jehoash acheta la paix : «il prit ce que Jehoshaphat, Jehoram et Akhaziah, ses pères, avaient cohsa* cré, et tout Tor qui se trouva dans les trésors du temple et du palais, et l'envoya à Khazaël, qui se retira de devant Jérusalem*.»
La misère parvint au comble sous le fils de Jehu. « Jehoakhazfit ce qui déplaît à Jahveh, et la colère de Jahveh s'emhrasa contre Israël et le livra entre les mains de Khazaêl, roi de Syrie, et entre les mains de Ben-hadar, fils de Khazaël, durant tout ce temps-là *. » Jehoash, délivré par la retraite des Syriens des attaques du dehors et par la mort de Jehoïada d'un maître dont l'autorité lui pesait depuis longtemps, essaya de se soustraire à l'influence des prêtres. Il ne réussit qu'à soulever leur haine contre lui, et finit par être assassiné dans son lit*. Son fils Amatsiah le fit enterrer au tombeau des rois et vengea sa mort sur les meurtriers : mais, avec une généi^osité rare chez les gens de son siècle, « il ne fit point mourir les enfants de ceux qui avaient tué son père *.» Deux années auparavant, Jehoakhaz était mort, laissant à son fils un trésor épuisé, une armée impuissante et un État réduit de moitié '. . Au milieu du désordre et de la démoralisation générales, les. prophètes avaient redoublé d'activité et d'énergie. Leur action s'exerçait surtout dans le royaume du Nord, où l'absence d'un sacerdoce régulier et la lutte des religions phéniciennes contre le culte national entretenaient une agitation perpétuelle parmi les esprits. D'abord peu nombreux, ils s'étaient multipliés en raison même des per-
1. Il Rois, xii, 1M8. — 2. IMd., xiii, 1-8. — 3. Le livre des Chroniques altère et contredit le récit du livre des Rois, pour diseulper les prêtres autant que possible. J'ai suivi exclusivement pour le règne de ' Jehoash le récit de II Rois, xii. — 4. II Rois, xiv, 5^; II Chron., xxv, *. 3.^ — 5. Il Jlow, XIII, 9-10, XIV, U
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sêcutîons que les rois avaient dirigées contre eux et des obstacles qu'ils rencontraient dans la tiédeur du peuple. Ils s'étaient faits d'office les avocats de l'opprimé contre le juge inique ou vénal : sans titre ni pouvoir reconnu, ils maniaient le peuple par la seule force de leur volonté. Ils réclamaient de tous et du roi lui-même le respect de la justice, l'amour de Dieu, l'observance des lois, et, quand ils ne persuadaient pas, ils prenaient sur eux de punir : Elijah, Elisha et leurs amis plus obscurs avaient eu assez d'influence pour soulever des révolutions et provoquer des changements de dynastie. Mais ces vieux prophètes étaient hommes de parole et d'action plutôt qu'hommes de plume: ils n'écrivaient pas et s'inquiétaient peu de voir leurs discours survivre à l'effet produit. Il ne demeura de leur personne et de leurs actes qu'un souvenir confus proportionné à la grandeur des événements et à l'impression qu'ils avaient faite sur Tesprit des contemporains. Leur vie se mêla d'imaginations puissantes et grandioses comme pour Elijah, de miracles exagérés ou de légendes puériles comme pour Elisha. Dans Juda, où le corps sacerdotal était plus fortement constitué, l'esprit prophétique fut moins répandu, mais plus productif en œuvres littéraires. Parmi les prêtres et les lévites qu'on élevait dans l'art du chant et de la composition, il s'en trouva peu que l'inspiration saisit, mais ceux qu'elle saisit réellement eurent à leur service toutes les ressources d'une langue épurée et d'un art habile jusqu'à la minutie. Il n'y avait guère place à Jérusalem pour un illuminé soulevant les masses populaires : on eut des poètes et des hommes d'Ëtat dont les écrits agirent sur les esprits d'élite et sur la classe éclairée. Les malheurs du peuple firent sortir des rangs les premiers prophètes dont nous ayons les livres, Joël d'abord, puis Amos et Hoshea. Dès lors l'histoire du temps nous apparaît à travers les écrits prophétiques et par les yeux des prophètes telle qu'ils l'entendent et parfois même telle qu'ils la font*.
1. Sur la révolution qui s'opère alors dans Tesprît du prophétîsme, voir Ewald^ Getehiehte des Volkes Israël, t. III; r* partie, p. 276 sqq.
L'avènement de Jehoash au trône d'Israël et d- Atnatsiah au trône de Juda sembla rendre quelque vigueur au peuple hébreu. Jehoash commença par battre Benhadar m/ près d'Âphek*, et fut vainqueur dans trois autres combats sans parvenir à chasser complètement les Syriens. On contait qu'avant d'entreprendre cette guerre de délivrance il avait consulté le vieil Elisha mourant. Le prophète Ipi vmX ordonné de tirer des flèches contre terre en sa présence, « Le roi frappa trois fois, puis s'arrêta. — Et l'homme de Dieu se mit fort en colère contre lui et lui dit : ce II fallait ce frapper cinq à six fois, et tu aurais frappé les Syiieaii « jusqu'à les anéantir; mais maintenant tu ne les fntppe- « ras que trois fois*. » Amatsiah de son côté avait vaincu les Édomites dans la vallée du Sel, sur le vieux champ de bataille de David, et leur avait pris Sélah leur capitale. Enivré de son succès, il se crut appelé à rétablir le royaume de Salomon et envoya défier Jehoash dans Samarie. Le roi dlsraêl répondit à sa provocation par une parabole : « Le chardon qui était au Liban fit dire au cèdre qui est au Liban : « Donne ta fille pour femme à mon fils. » Mais une bête sauvage du Liban vint à passer et foula le chardon aux pieds. — Parce que tu as rudement frappé Édom, ton cœur s'est exalté. Contente-toi de ta gloire et te tiens dans ta maison : pourquoi soulèverais-tu le mal par lequel tu tomberas, toi et Juda avec toi? » La rencontre eut lieu à Beth-shemesh sur la frontière philistine. Amatsiah fut vaincu et pris : Jehoash entra sans opposition dans Jérusalem, la démantela sur une longueur de quatre cents coudées, pilla le temple, emmena des otages et retourna à Samarie, où il mourut bientôt après*. Jéroboam IlaccoBOH plit ce que son père avait à peine eu le temps de commencer. Les rois d'Assyrie avaient laissé échapper la suzeraineté surl'Arametsurla Phénicie. Damas, rmnéepar ses guerres contre Salmanasar m et plus récemment encore par les défaites de son roi Mariah, ne put résister à l'attaque
I. il Rois, xm, 17. — 2. ZWd., xiu, 25. — 3. /5id., n?, W6;II Chron,, xxv, 1, 24.
des Hébreux. Jéroboam reconquit au nord et à l'est tous les territoires que David et Salomon avaient possédés : les pays de Moab et d'Ammon, la Gœlé-Syrie^ Damas et fiamath elle-même, tombèrent entre ses mains ^ Après les longues années de misère durant lesquelles « les Syriens avaient déchiré Gilead avec des herses de fer', » son règne apparut comme une époque de paix et de sécurité : le commerce avec la Phénicie et TÉgypte leprit, et a les enfants d'Israël habitèrent de nouveau sous les tentes comme aux jours dupasse'. »Ge furent quarante années de paix et de gloire, les dernières du royaume d'Israël. Six mois après la mort de Jéroboam, son fils Zakariah fut assassiné, en présence du peuple, parShallum, filsde Jabèsh, et la maison de Jehu cessa de régner*. Shallum lui-même ne demeura qu'un mois au pouvoir : il fut tué dans Samarie et remplacé par Menakhem,fils de Gadi'. Taphsakh et plusieurs autres villes qui avaient essayé de résister à l'usurpateur furent traitées avec une cruauté sans égale.
Le châtiment ne se lit pas attendre. En 745, une révolte éclata à Kalakh, dans laquelle disparut Assour-nirari*, et le pouvoir échut aux mains d'un homme peu disposé à mener la vie de roi fainéant. On ne sait d'où sortait Touklathabal-asar II, s'il appartenait à la même famille que ses prédécesseurs, ou s'il n'était qu'un usurpateur habile. Si son origine est encore obscure, sa personne brille, dans l'histoire du temps, d'un éclat incomparable. Ce fut un roi taillé sur le patron des grands conquérants d'autrer fois, actif et ambitieux, plus assidu au camp que dans son palais. Venant comme il faisait après des années de faiblesse et de décadence, son règne est un des points tournants de l'histoire d'Assyrie. Un successeur d'Assour-nirari qui aurait suivi les errements d'Assour-nirari aurait consommé la ruine du royaume : Touklat-habal-asar II releva les énergies de la nation, lui montra de nouveau le
I . Il Rois, XIV, 23-28. — 2. Amos, I, 3. — 3. II, Rois, xm, 5, où le passage est appliqué au temps de Jehoakhaz. — 4. II Rois, xv, 8-12. — h. Ihid., XV, 13-17. ~ 6. MeDant, Annales, p. 134.
chemin de l'étranger et la conduisit plus loin qu'elle' t?kiA jamais été avant lui. Par malheur ce règne si brillaat est l'un des règnes les plus difficiles à faire entrer dans -tb cadre reçu des histoires orientales : lès données que «es monuments nous fournissent sur Israël et la Judée Misèrent tellement des récits hébraïques, qu'on ne saurait pour le moment en établir la chronologie exacte sans chuiee d'erreur ou de contradiction*.
Il monta sur le trône le 13 lyyar (avril) de Tan 745 et se mit à Tœuvre sur-le-champ. Sa première campagne n'etrt
1. Touklat-habal-asar ent affaire à trois rois dlsrafil, Henaklieiny Pekakh, Hoshea, et à deux rois de Juda, Àiriyàhou et Jèoajk/iax, 6cffA
les noms figurent sur ses monuments. La chronologie biblique ordinaire et des difficultés de lecture ont porté H. Oppert à considérer : r<> le Menakhem des Assyriens comme un Menakhem II non mentionné dans la Bible et qu*il intercale au milieu du règne de Pekakb ; 2" Àsriya> bou de Juda^ comme le nom du fils de Tabéel, que Retzln et Pékakh. voulurent substituer à Akbaz (Jeboakbaz) de Juda (Oppert, la Chronologie biblique f etc.^p. 29-32). J'ai adopté au contraire Topinion de Schrader^ qui raccoarcit tons les chiffres donnés par la Bible et fait d*À8riyahou de Juda Âzariah ou Ozziab le Lépreux. Les différences des deux systèmes seront mieux résumées dans le tableau suivant, qui présente les dates des règnes en litige d'après la Bible :
Azariah (Ozziah) aurait régné de 809 à 759 Menakhem — de 771 à 761
Pekakh - de 758 à 738
D*a:prè8 les monuments assyriens :
Azariah aurait encore régné de 745 à 739 Menakhem — en 738
Pekakh — en 734 et même en 729
ce qui nous force à modifier considérablement le cadre généralement reçu. J'ai de plus considéré Touklat-habal-asar comme répondant à la fois au Phoul et au Tiglath-Pileser de la Bible. Le nom Touklat-hdbalo^ar sera probablement devenu Sàbal-asar, ^uis Habalf Bal, Palov. Phoul (Scbrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, p. 114- 164, 291-306). J'ai partout sacrifié les données chronologiques du récit biblique au témoignage des monuments contemporains, car c'est â cette époque surtout qu'il convient d'appliquer les paroles de saint Jérôme dans sa lettre au prêtre Vitalis : « ReUge omneset Veteris et Novi Testamenti libroe, et tantam annorum reperies dissonantiam, et numerum inter Judam et Urail, id est, inter regnum utrumque, eofifusum, ut hujuseemodi hxrere quxstianibus non tam studiosi quai^ otiosi hominis este videatur, » (Sanctl Hieronymi Opéra, édit. tfartianay, Paris, 1669, t. II, col. 622. j '
vF-jr--,-;;^
LE SECOND EKPIEB siSI
f|{a!^<^^^iir objet que de constater la fH^l^^lSialdte septentrionale. Nabeu^ ÇEoidr^gnait alors à Babylone (747*73 sàaXmcA et fut maintenu^* Nabou-oi 9^i|aa,.fut batta et mis en croix devan L^; royaumes environnants se soi Jli^^-asar rentra dans sa capitale api lement le titre de roi des Soumirs e1 .one^ expédition sans importance aupa la2ab. (744), il passa en Syrie et con^ d'Aipad', tous les vassaux qu'il ava Les princes de Tyr, de Earkémish, de l jRiIres, répondirent à son appel* : si
. .1. Nabou-natsir est la forme originale du s
quel Ptolémée commence son Canon astrono
on a reconnu que l'ère de T^abonassar ne reppa
de'pbénomènes célestes, ni sur le renouvellea
riodes en lesquelles les Gbaldéens divisaient
conclu qu'elle devait commencer par un fail
en a essayé de retrouver ce fait dans les tra(]
les données des monuments contemporains.
iwnâssar avec le Bélésys qui avait vaincu
et c'est le plus grand nombre — ont fait de
parent de Phul-Bélésys et le premier roi h
babylonien. M. Fr. Lenormant a proposé {Es
mogoniquei deBérose^ p. 192-197) une explic
Les vieux rois de Babylone n'admettaient da
.l'année purement lunaire, mais à partir (
les dates exprimées le plus souvent dans V
Jours. La révolution opérée par Nabonassai
sâ£stituer l'année solaire à Tannée lunai
mencé la série des observations astronom
nassar, c'est que les observations antérieure
lunaire d'après les années de règne des rois/
qu'après une série de calculs fort longs et pe
dès l'époque alexandrine. — 2. Les inscript
Aues confondent en un seul récit les deux ca
Tai suivi les indications de Scbrader, JHe Ki
Testament, p. 140.— 3. Aujourd'hui Tel-Er^
au, nord d'Alep (Kiepert, dans la Zeits. der D
<r--> ^. n est probable, mais non ceilain, que
lletstft de Damas se soumirent au tribut. Cf.
dans la Zeitsehrifi, 1869, p. 93.
de comparattrQ dorant lui,, une révolte de TArmésieiè rappela dans les provinces septentrionales de son empire et Tempêcha, ]pour le moment^de les châtier (743). Il re* vint Tannée suivante afin de combattre une ligue qui s'était formée en son absence à l'instigation des gens d'Arpad. Le roi d'Hamatb, plusieurs des princes de la côte et même des personnages aussi éloignés du théâtre des événements que l'était Azariah de Juda, entrèrent tour à tour dans la coalition sans pouvoir en retarder la ruine» Arpad fut prisé après trois ans de siège (742-746) ; Ham'ath succomba iiea-tôt après, et une partie de ses habitants fut transportée dans les villes d'Oullouba et de Birtou que le roi venait de saccager (739). CSet exemple décida les réfractaires : dix^ huit rois se soumirent, parmi lesquels figurent cette fois Menakhem de Samarie et Retzîn de Damas ^.
Les quatre années qui suivirent furent employées aa nord et à Test contre l'Arménie et la Médie (738-73&). Depuis longtemps, les peuples de la Mésopotamie entretenaient avec rijâde et les régions centrales des relations suivies. Trois routes principales menaient de la vallée du Tigre moyen au plateau de Tlrân : l'une, la plus employée, franchissait le grand Zab et débouchait dans le bassin du lac d'Ouroumiyèh par le col de Kéli-shin ; l'autre conduisait à travers la passe de Banneh jusqu'à l'Ecbatane du Nord; une troisième enfin remontait le petit Zab. Par ces trois routes, les caravanes apportaient à Niniye les produits de l'Inde et de la Bactriane, l'or, le fer et le cuivre, les étoffes, les pierres précieuses, comme la cornaline, l'agate et le lapis-lazuli, quelquefois enfin des animaux curieux, l'éléphant, le rhinocéros et le chameau à deux bosses de la Transoxiane^. Aussi la plupart des rois ninivites avaient-ils tenu à posséder le pays de Namri auquel aboutissaient les grandes voies commerciales. Quelques-uns avaient pénétré jusqu'à l'extrémité orientale da
1. SxDlth, The AnnaUof Tiglath-Pilexer II, dans la Zeitgchrifi, 1869» p. 11-13, Scbrader, Die Keilinschriften und dos AUe Testamtnt, 114>> 120> 140-144. — 2. G. Rawlinson, The (ive gréai Monarchies, t. U, p. 553-554; 557-558.
la CSaspienne, au pays'de Bartsou^ ; nul ne s'était aventuré au delà du désert de Médie, dans les contrées lointaines de rextrême Orient, Au printemps de 736,Touklat-habal-asar envahit le Namri pour la seconde fois depuis son avènement, et monta jusqu'au district de Barroua* et au pays de Matti^ sur les bords du lac d'Ouroumiyèh*. Il tourna ensuite à Test et, longeant la rive méridionale de la Caspienne, parvint au pays de Partsoua dont il prit les principales villes : Âbdadan*, Ourzikki' et Istar*. Ses prédécesseurs s'étaient arrêtés dans ces parages et ne s'étaient pas souciés de s'éloigner davantage de l'Assyrie : il se lança dans la direction du Mont Nâl'y traversa les districts de Zikrouti% de Nissa*, de Tsibour^^, puis divisa son armée en deux colonnes, dont l'une descendit vers le sud, dans la direction du lacHamoun, par les provinces de Paria ^^ et deBoustous^^, tandis que l'autre continuait vers l'est, à travers l'Ariarva** et la vallée de FËty mander. Les deux divisions se réunirent dans l'Araqouttou ** et, continuant leur pointe vers le sud, arrivèrent dans la vallée de l'Indus au pays de Sakbati** et de Silkhari, auquel les marchands babyloniens qui fréquentaient ces parages donnaient le nom de Rouad. Ce fut le terme de leur marche : elles regagnèrent l'Araqouttou par Ousqaqqana*' et les ctwions orientaux de la Gôdrosie, puis rentrèrent à Ninive pai la route qu'elles avaient suivie en allant. Des conquêtes aussi lointaines ne pouvaient être qu'éphémères : Touklat-habal-asar était à peine de retour en son royaume, que les nouvelles pro-
1. Voir p. 360/note 2. —3. La Ovepa de Strabon^ 1. XI, 13, 3, peut-être Edt>atane du Nord, peut-être Gazaca. — 3. Les MariTivoi d'Hérodote, VII, 73. — 4. Aujourd'hui Abadan. — 5. *Ap<ràx (corrigé d''Aaaàx) dlsidore d» Cbarax, $ 13, édit. C. MûUer. — 6. Aujourd'hui Atter-Ahad.'-'l. Peutêtre le Paropamisos, peut-être la chaîne qui sépare rArachosie de Tlnde et près de laquelle Ptolémée lignale une ville de Naulibé, aujourd'hui iVilab. — 8. Les SaYocptioi d'Hérodote, I, 125; cf. Inscript, de BehiUimny col. Il, % 15. — 9. La Niaata d'Isidore, § 12 ; aujourd'hui Nùapour. — 10. Peut-êtrela£af pi d'Isidore, § 12; aujourd'hui Sherif-ahad (?). — 11. ^à (Isidore, S 16) ou ^pdSa [Et, deByxance), aujourd'hui Farroi^. — 12. Bt6T ou BÎ9T (Isidore, $ 19), aujourd'hui Bost ou Biit, — 13: L'Arie. — 14. L'Arachosie. — 15. Les Saiiparal de Ptoléméei YI> 1, 2. — 16. Peut-âtre laOoxdva de Ptolémée^ VI, 21, 5.
372 CHAPITBE IX. ... ^
! vinces se soulevèrent. Il revint sur ses pas et ptoélpa jusqu'en Arie (735). L'autorité do l'Assyrie dura cpiel^ ques mois à peine après som départ, mais le souveoir de cette expédition ne s'éteignit pas. Longtemps afirès Touklat'habal-asar, on savait que les Assyriens. avaitiBi dominé un moment Içs pays au sud du Caucase iodifin^ mais on attribuait à Sémiramis tout l'honneur de la çtaquête. Il appartenait à la science moderne de redresser cette erreur et de rendre à qui de droit tout le mérite de cette grande entreprise *.
Cet épisode brillant de l'histoire de l'Assyrie était .à peine terminé, que des soins plus pressants appelèreot Touklat-habal-asar au sud et à l'ouest de son empixe. Jusqu'alors les rapports de Juda avec l'Assyrie avaieat été rares et indirects. Après sa défaite par Jehoash, Amatsiah avait employé le reste de son règne à réparer ses pertes. Son fils Azariah ou Ozziah acheva ^la conquête d'Éd(mi et recouvra sur la mer Rouge le port d'Elath perdu depuis Jehoshaphat. Surpris par la lèpre vers la fin de son règne, il associa son fils Jotham au trône. Grâce à l'énergie de <^s deux princes, Juda redevint puissant et prospère au moanent même où le demi ;^ espoir d'Lsraêl tombait avec Jéroboam II. Sa renommée se répandit au loin, et lorsque Samath preBaée par Touklat-habal-asar chercha des appuis, elle ne &ut mieux faire qu'implorer l'aide d'Azariah. Cet essai d?aU liance ne fut pas heureux e^t aurait pu avoir pour les Juifs des conséquences fâcheuses, si le monarque assyrien n'avait pas eu affaire en Médie*. Azariah et bientôt. Jotham moururent en paix après avoir relevé leur royaume*. Israël, au contraire, s'abaissait de plus en plus. Toute l'énei^ie féroce de Menakhem ne put le mettre à l'abri des ^ttreprises assyriennes : il dut acheter leur retraite au prix de ses trésors*. Son fils Pékakhiah, qui lui succéda, lut
1. Cf. sur cette canûpagne : E. Norris, Astyrian Dictionary^ 8. v. Namri, Zikroutt^ Ariana, Aragouttou; Fr. Lenormant, Sur la campagne de Tegltahphalazar II dans l'Ariane, dans la Zeilschrift, 1870, p 48-55, 69-71. — 2. Voir p. 370. — 3. U Roù, xiv, 17-21 ; xv, 1-7 ; •32-38; II Cftrow., XXV, 25-28; xxvi-xxvii. — 4. Û Rois, xv, 19-20, t)ù
• •^^•-wKi-TnK.^»?- ."L/J? ' ^
assassiné rànnée d'après par un de ses géiiénaux, Pekakh, fils 4e Remaliali*. Pekakh gagna à ce menrtre un royaume épfiésé 6t pressé de toutes parts. Damas n'avait pas gardé longtemps les garnisons de Jéroboam II : aptes un BenhAcUtr lY dont on ne sait rien^, Retsln ceignit la couronne. Sôu» sa direction, Damas sortit eiifin de la torpeur où elle était resté plongée pendant un demi-siècle et reprit la haute main sur les affaires de Syrie. Il ne se sentit pas d'abord assez solidement établi pour tenir tête à l'Assyrie et reconnut la suzeraineté de Touklat-habal-asar * ; mais au Sud, dans les pays soumis jadis à Benhadar II et à SJiuaêl^ son ambition se donna carrière. Pekakh, trop faiMe pour lui résister, trop pauvre pour l'éloigner à prix d'urgent, se fit son vassal, et tous deux tournèrent leurs armes contre Juda. Un jeune homme de vingt ans, Akhaz*, veaait de succéder à Jotham : il fut battu en deux rencontres, ses campagnes furent ravagées, et les Juifs entraînés à Damas encombrèrent les marchés d'esclaves de la Syrie. Aussitôt les Édomites se révoltèrent, les Philistins se jetèrent sur les villes du Midi et de l'Ouest, Beth-Sheines, Ajalen, Socho, Timnah; dans une de ses pointes vers le Sud, Bfetzîn poussa jusqu'aux bords de la mer Rouge et prit Élath. Gomme malgré tout Akhaz résistait encore, les deux alliés résolurent de le détrôner et de mettre en sa place une de leurs créatures, le fils de Tabéel, sur la fidélité duquel ils pouvaient compter*. Dans cette extrémité, Akhaz tourna les yeux vers le seul prince assez puissant poirr le tirer de danger et assez ambitieux pour saisir un prétexte d'intervenir en Palestine : il mit à sec les trésors du temple et envoya une ambassade porter tribut au roi d'Assyrie*.
Touklat-habal-asar a le nom altéré de Phoul. — 1. II RoiSy xv, 22-25. ^ 2. Ge Benhadar est mentionné dans les textes assyriens comme père de Retsin. Cf. Schrader, Die Keilinschrif., p. 152-153.— 3. Voir p. 370.— 4. Les textes assyriens l'appellent Jehoakhax, — 5. M. Oppert a supposé qu» to nom du fils de 7abée( était A sriah d'après les monuments assyriens (cf. la Chronologie biblique, eXc,, p. 29-32). J'ai admis, comme M. Schrader, l'identité de TAsriyahou des monuments assyriens avecÀzariah de Judà. — 6. II Rois, xvi, 1-8; II Chron,, xxym, 1-19 ; /^«ato^, ▼n,vm, ix.
rr.i^'^r-^i^:^;
Touklat-habal-asar accourut : Voyant combien la force de Retzîn avait augmenté pendant son absence, il n'attaqua point Damas de front, mais se jeta sur Israël. Pékakk n'était pas de taille à lutter et s'enferma dans Samarie, laissant le reste du royaume à la discrétion du conquérant. Les tribus du Nord et de l'Est, déjà plus d'à moitié ruinées pendant les guerres contre Damas, reçurent le dernier coup. Touklat-habal-asar « vint et prit Ijon, Abel-Betb- Maacha, Janoha, Kedes, Hat2or, Griléad et la Galilée, même tout le pays de Naphtali, et en transporta le peuple en Assyrie*.» Le royaume d'Israël ne s'étendit plus que sur le territoire d'Bphraïm et sur quelques cantons voisins. Cette exécution sommaire remplit d'effroi la Palestine et précipita les soumissions. Hannon, roi de Gaza, qui en sa qualité d'ennemi d'Akhaz se croyait plus directement menacé, s'enfuit en Egypte ; le pays des Philistins se reconnut tributaire* (734). Soit crainte, soit faiblesse réelle, Retzîn avait laissé écraser son allié, sans tenter aucune diversion : Touklat-habal-asar se retourna aussitôt contre lui. Isolé qu'il était, il résista deux années entières (733-732), mais à la fin ses forces s'épuisèrent, sa capitale fut prise et lui-même tué. Huit mille habitants furent transportés à Kir, en Arménie, la contrée réduite en province assyrienne, et rien ne subsista plus de l'empire qu'elle avait exercé sur la Syrie*. Avant de s'éloigner, Touklat-habal-asar convoqua ses vassaux (732), et
1. n Jloii, XV, 29. — 2. Schrader, Die KeiUruekrifUn und doi AUe Tettument, p. 145-146. — 3. II Rois, xn, 9 ; cf. Isaïe, zm, 1 sqq^ Schrader, Die Keilinschriften, p. 151-154 ; cf. Smith, The annalt of Tiglath-Pilexer H, dans la Zeittchriftj 1869^ p. 14. Voici autant qu'on peut la connaître; la liste des rois de Damas depuis Salomon :
RÉZON.
HÉZION (?) Tabrimmon. Bkn-hadae !•'.
Bbnhadar II.
Khazael.
Benhadar III.
[Mariah.]
[Benhadar IV.] Retzîn, {?)-732.
TOigl-cinq rois se rendirent à son appel. Akhaz vînt comme les autres apporter son tribut et remercier son li« bérateur*.
Toute la Syrie était conquise ou tributaire : il sem-* blait que les Assyriens, pour compléter leur domination sur l'ancien monde, n'eussent plus qu'à passer en Egypte. La Ghaldée les rappela des bords de la Méditerranée aux rives de l'Buphrate. Babylone leur restait toujours fidèb et les rois qui avaient succédé à Nabou-Natsir, Nâbid (733-731), OiJdnzir et Poul (731-726), préféraient payer tribut plutôt que de courir les chances d'une lutte inégale. Les petits princes du Sud furent plus rudement traités encore qu'ils ne l'avaient été dans la campagne de 745. a Dougab, le fils d'Amoukkan, je l'enfermai dans Sapiya sa ^Ue royalf,; j'élevai des monceaux de cadavres devant ses portes. Les plantations, les lentisques qui étaient devant son paWs, je les coupai.... Toutes ses villes, je les ai détruites, désolées, brûlées. Le pays de Beth-Shilftn, celui de Betb-Amoukkan et de Sahalli, je les ai rendus déserts, je les ai changés en collines et en monceaux de débris. » Le reste du pays n'attendit pas l'arrivée des Assyriens pour s'humilier. Balazou (Bélésys), Nadin et même Mardouk-bal-idinna (Mérodach-Baladan), roi de Beth-Yakin, vinrent apporter leur hommage sous les murs de Sapiya. Beth-Yakin n'avait jamais encore prêté serment au roi d'Assyrie: c'était une longue bande de terrain étendue aux embouchures de l'Euphrate et du Tigre, protéffée au nord et à l'est par les marais, au sud par le g^e Persique, confinant à l'Élam et au désert d'Arabie^. La soumission de la Ghaldée méridionale (731) fut le dernier fait important du règne. C'est à peine si Ja révolte de Mutton n, roi de Tyr, et l'assassinat de Pekakh (729) rendirent nécessaire une nouvelle intervention en Syrie : Hoshea fut installé roi d'Israël en la place de sa victime et paya comme cadeau d'avènement dix tcJents d*or et mille talents d'ar-
1. n Rois, xn, 10; Chnm., xm, 20-21. — 2. Scbrader^ Die Keih intùkrifien und dos AUe Tettammty p. 128-132.
gènt*. Quelque temps après, Touklàt-habal-asar II moif-^' rut en paix à Kalakh, après dix huit-années d'un dés règnes les plus glorieux et les mieux remplis qu^ait enrfe^ gîstrés l'histoire de son pays ' (727) . ;'
lA Tlnst-deiislèaie et la vlag^t-trotolème df nMitte ) Hm étkloplea« en l£iryr«e I Plânkhi et ftluibak} clmte 4»
A la mort de Touklat-habal-asar une révolte génénde éclata dans les pays nouvellement conquis : Israël et la Phénicie entière prirent les armes. Salmanasar V accourut en toute hâte. Un soulèvement des Kitiens contre Tyr lui rendit la victoire facile : la Phénicie rentra dans le devoir*, et Israël abandonné à ses propres forces n'osa pas résister. Hoshea se résigna de nouveau à payer tribut, et sa sou-, mission conjura pour quelque temps encore le danger qui mei^açait Samarie • .
Pour quelque temps, mais non pour longtemps, Hoshea n'était ni plus pervers ni plus méprisable que la plupart des rois qui l'avaient devancé au. trône; peut-être même valait-il mieux que beaucoup d'entre eux, car les traditions nationales, tout en le comprenant dans la censure générale qu'elles infligent aux princes d'Israël, affirnient que, « s'il fit ce qui déplaît à Jahveh, il ne le fit pas autant que ceux qui avaient été avant lui *. » Mais son royaume ne se soutenait plus : les pays au delà du Jourdain, le territoire des tribus du nord, la Galilée, étaient perdus; le jour était venu où nulle énergie ne pouvait plus sauver Éphraïm. Chacun le savait, le disait tout haut et s'y résignait presque par avance. Gomme touîours les prophètes voyaient dans ce qui arrivait le dessein de Dieu : ce Samarie, disait le prophète Hoshea, sera désolée, car elle s'est révoltée contre son Seigneur ; ses habitants tomberont sous l'épée, leurs petits enfants seront écrasés, et on fen-
1. n Roù, XV, 30. Cf. Sclxrader, Die Keilimchriften und das AUe Tettament, p. 146 sqq. — 2. Méaandre d'Éphèse, dans Josèphe, Ant. Jud,, IX, 4. — 3. II Rois, xvii, 3. — 4., Ibid,, xtu, 2.
dra le sein de leurs femmes enceintes*. » Du fond de Juda, Jésaïah joignait sa voix à celle des voyants d'Israël ; « Malheur à la couronne d'orgueil des ivrognes d'Ëphralm, à la fleur fanée, la gloire de leur parure, qui est au front de la grasse vallée de ces gens étourdis par le vin! — Voici, un fort et puissant homme vient de Dieu, comme une tempête de grêle, comme un orage destructeur; comme un tMirbillon de grosses eaux débordées il jette tout à terre avec violence. — Elle est foulée aux pieds la couronne orgueilleuse des ivrognes dïlphraïm ; — et la fleur fanée, gloire de leur parure, qui est au front de la grasse vallée, . tombe comme une figue hâtive, avant la cueillée ^. » Hoshea lutta du moins autant qu'il put, malgré les con^ seils et les prédictions sinistres. Babylone et TÉlam, ces ennemis perpétuels de l'Assyrie, étaient si loin, qu'en ce temps de communications malaisées il ne devait pas compter sur leur appui ; Juda, les Philistins, Tyr, la Phénicie, étaient trop faibles pour s'engager de grand cœur dans une entreprise hasardeuse : toutes les anciennes alliances dlsraêl lui manquaient à la fois. H en chercha de nouvelles.
L'expédition de Sheshonq I** en Palestine n'avait été dans l'histoire de la vingt-deuxième dynastie qu'un épisode glorieux, mais peu durable*. Il était arrivé alors à l'Egypte ce qui arrive souvent aux peuples vieillis : l'avènement d'un prince actif et vaillant semble leur rendre quelque chose de leur vigueur première. Les troupes égyptiennes, même celles d'alors, bien commandées et lancées résolument contre les masses désordonnées des bandes syriennes, ne pouvaient manquer de réussir : Jérusalem tomba sous leur effort et les villes de la Judée devinrent la proie du vainqueur. Seulement, il n'y avait plus moyen de rendre cette supériorité permanente : les éléments en demeuraient sans efficacité dès qu'un Pharaon médiocre arrivait au pouvoir. On le vit bien dans les siècles qui suivirent. Les successeurs de Sheshonq ne surent pas tirer le même parti que