‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 88 sur 176 · XI. >- ABTAKHSHATHRA II · texte numérisé non relu

XI. >- ABTAKHSHATHRA II

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Xm. — DARATAVOnS TU,

5lD CHAPITRE XV.

LES éCRITURBS DU MONDE ORIENTAL.

Des procédas employés à la formation des écritores antiques. — Les caractères cunéirormes. — Les écritares ë^tiennes : falphabet, le syllabaire, les caractères dëterminatifs. — Origine de Talphabet phénicien, ses dérivés sémitiques; ses dérivés ariens.

De» procédés employés A la fomiatfoii des éerltures antiques* Les earaetéres eimélfomies*

Pour fixer Texpression de la pensée, Thomme a mis en œuvre deux procédés qu'il peut appliquer séparément ou ensemble : Vidéographisme ou peinture des idées, le phonétisme ou peinture des sons. On peut représenter les idées de deux manières : directement, par figure des objets euxmêmes; symboliquement, par reproduction d'un objet matériel ou d'une figure convenue pour rendre une idée abstraite. On peut de même représenter les sons de deux manières: par svllabes, en exprimant d'un seul signe un ensemble formé d'une ou plusieurs consonnes et d'une voyelle; par caractères alpnabétiques, qui représentent chacun une seule consonne ou une seule voyelle. Tous les systèmes d'écriture ont commencé par peindre les idées et ne sont arrivés que lentement à la peinture des sons.

Le procédé qui consistait à exprimer l'objet par la peinture de l'objet même, le soleil par un disque o, la lune

par un croissant ), ne permettait de rendre qu'un certain nombre d'idées toutes matérielles. 11 fallut aussitôt recourir aux symboles. Les symboles sont de deux sortes, simples ou complexes. Les simples se forment : par synecdoche, en peignant la partie pour le tout, la prunelle, •, pour Y œil, '<m>.; la tête de bœuf, y, pour le bœuf complet, "^^ Par métonymie, en peignant la cause pour l'effet, l'effet pour la cause , ou l'instrument pour l'œuvre accomplie, le disque solaire, o, pour le jour; le brasier fumant, J, pour

\efea; ie^inceau, Yencrier et la palette du scribe, gfl , poui Vecriture. Par métaphore, en peignant un objet qui avait qudque ressemblance réelle ou supposée avec 1 objet de

ridée ex,fTiméey les parties antérieures du lion, — *, j^pour

marquer l'idée de priorité; la guêpe, )jl^^ pour la royauté; le têtard de grenouille, ^» pour les centaines de mille. Par énigme, en employant l'image d'un objet qui n'a que des rapports fictifs avec l'objet de l'idée à noter; un épervier

gar un perchoir, ^, pour l'idée de dieu; une plume ffau--

truche, f^ pour l'idée dejWictf. Les idéogrammes complexes se forment d'après les mêmes principes que les idéo^ grammes simples. Ils consistent, à l'origine, dans la réunion de plusieurs images dont la combinaison rend une idée qu'un symbole simple n'aurait pu noter. Ainsi, en égyptien, un croissant renversé accompagné d*une étoile, "X"» rend l'idée de mjois; un veau courant et le signe de Veau,

^ {ZSi celle de soif. L'écriture idéographique était un moyen -fort incomplet de fixer et de transmettre la pensée. Elle ne pouvait que placer des images et des symboles à côté les uns des autres, sans établir de distinction entre les différentes parties du discours, sans noter les flexions spéciales aux temps du verbe, aux cas et au nombre des noms : il fallut joindre la peinture des sons k la pein-^ turc des idées. Bien que par nature les symboles d'idée ne représentent aucun son, cdui qui les lisait était obligé de les traduire par le mot attaché dans la langue parlée à l'expression de la même idée. Au bout d'un certain temps, ils éveillèrent dans l'esprit de qui les voyait tracés, en même temps qu'une idée, le mot ou les mots de cette idée, partant une prononciation : on s'habitua à retrouver sous chaque figure et sous chaque symbole une ou plusieurs prononciations fixes et habitueUes qui firent oublier au lecteur la valeur purement idéographique des signes pour ne produire sur lui que l'impression d'un ou de plusieurs sons.

Le premier essai de phonétisme se fit par rébus; on se servit des images sans tenir compte des idées pour représenter le son propre à leur sens premier. On en vint.

à peindre, de la même manière, des mots semblables de son, mais divers de sens dans la langue parlée. Le même assemblage de sons nower marquait, en égyptien, ridée concrète de luth, et l'idée abstraite de honte : le signe { rendit par figure l'idée de luth, par rébus l'idée de honte. En groupant plusieurs signes on écrivit de longs mots, dont la prononciation se composait, en partie, du son de tel signe, en partie de celui de tel autre. Le lapishzulise dit, en égyptien, khesdeb; on écrit quelquefois ce mot par la figure d'un homme qui tire {khes) la queue

J^un cochon [deb) , "W jj. Dans une langue où tous les mots n'ont qu'une seule s^labe, en chinois par exemple, l'emploi du rébus ne pouvait manquer de produire une écriture où chacjue signe idéographique , pris dans son acception phonétique, représentait une s^iabe isolée. Dans les autres langues , le système de rébus ne donnait pas encore un moyen facile de décomposer les mots en leurs syllabes constitutives et de représenter chacune d'elles séparément par un signe fixe et invariable. On choisit un certain nombre de caractères auxquels on attribua non plus la valeur phonétique qui résultait du son de toutes les ^labes, mais cdle qui résultait du son de la syllabe initiale. On en vint de la sorte à former des systèmes d'écriture où tous les caractères idéographiques à l'origine ne représentaient plus k l'ordinaire que des syllabes simples ou complexes \ Les Touraniens de Ghaldée nous ont laissé l'exemple le plus ancien d'une écriture syUabique. Leur système adopté par les Assyriens se répandit au nord et à l'est en Arménie, en Médie, en Susiane, en Perse, et ne cessa d'être employé que vers les premiers siècles de notre ère*. Oublié pendant toute la durée du moyen âge, il n'a été sérieusement étudié que depuis une centaine d'années. Niebuhr (1766), Tychsen (1798), Mûnter (1800), frayèrent la voie à Grotefend, qui le premier, en 1802, réussit à déchiffirer les

1. Fr. Lenormant , Essai sur la propagation de VAlphabetfhémcien aarmi Us peuples de t Ancien monde, L I,p. 1^2. — 3. L*iiucripbon cunëîroime la plus moderne porte le nom d*un roi parthe Pacorus, qui régnait entre 77 et 111 après J. G. Voir Oppert dam les Mélanges ctarchéotogie égyp^ tienne et assyrienne, 1 1, p. »S^^

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cunéiformes persans et donna un aîphabet rectifié et complété en i836 piar les recherches d'Eugène Burnoul" en France, de Christian Lassen en Allemagne, Quelques années plus tard un Anglais, Henry Rawlinson, porta Tétude des inscriptions Achéménides à un tel degré de perfection que les travaux de MM. Oppert et Spiegel n'orU pu changer que des détails à ses premières traductions. Le déchiffrement du perse ancien n'était qu'un achemineineut à l'intelligence des textes babyloniens, assyriens et nièdes. La découverte de Ninive par M. Botta, consul de Fraoce à Mossoul (i846), les fouilles de M. Layard à Koyountljik et à Nimi'oud (i849-i85i), livrèrent au public une g! atide quantité de documents nouveaux que MM. Rawlinson, Hincks et Fox Talbot en Angleterre, de Saulcy et Oppert en France, parvinrent à déchiffrer avec certitude. Dès lors les progrès de la science assyrienne ont toujours été constants; après avoir lu les textes babyloniens, niniviles et mèdes on s'est attaqué aux débris de la vieille littéiatnre chaldéenne. En moins de trente ans, un monde nouveau de langues et de peuples inconnus s'est ouvert à Télude : trente siècles d'histoire sont sortis des tombeaux et ont reparu au grand jour ^

Les écritures des différents systèmes sont toutes formées par les combinaisons d'un même signe horizontal -— , ver* tical y, ou tordu en forme de crochet ^. Cet élément a le plus souvent l'aspect d'un clou ou d'un coin, d'où le nom de cunéiformes qu'on donne le plus souvent aux écritures de ce type '. Nous avons vu ailleurs que les paquets de clous qui forment aujourd'hui les caractères dérivent de signes hiéroglyphiques défigurés peu à peu au cours des âges. Qudques-uns d'entre eux sont de véritables idéogrammes; le plus grand nombre expriment des syllabes, les unes simples, c'est-k-dire composées d'une voyelle et d'une coïisonne; les autres complexes, c*est-k-dire formés de plusieurs consonnes.

1. Pour rhistoire du dëchiffrement, voir J. Menant, Les écrit jires ennéijormes, in-8% Paris, i864. — 2. Quelques savants anglais avaient proposé le nom de arrow-headed, à pointe de flèche, qui na pas été admis généralement

Le tableau des syllabes simples peut se dresser comme il sait :

3, B. ^, ba, «=4, ah: ZZ' '»' J^^ '^' ^'^' *"'

a. G, t^\]t, :::^, ga, ►^, MM[C=, a?; HW» J«>

«b, ^|, iu{.

T. Z. ]], za. tfTF c=^, <w; -îîi<^, ^î^. «■' t^. '■«

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Les syUabes complexes peuvent s^écrire de deux manières : 1* en les décomposant de manière à en former deux syllabes simples , dont la seconde commence toujours , dans la prononciation, par la voyelle de la première. Aiosi, le mot NAPSAT, âme, peut se chiffrer ^^f ^^ tjr t^, na + aP'{'Sa-\-at; 2* au moyen d'un caractère spécial répon- <1ant*à la syllabe : ti^'^^NAP + sat, au lieu de ^^J tH

V^^3» NA -h AP -^ SA -^ AT. Le nombre des caractères complexes est très-considérable :

BL

HI

-MIII^

BP

BB

4jlt^=

BS

an

BT

Miiï

GK

!!<tca

GL

GM

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GN

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