‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 89 sur 176 · SK SL SM SN SP SR · texte numérisé non relu

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L^exameu de ce tableau montre que ia plupart des signes peuvent exprimer plusieurs sons différents. Ce phénontriie, qu'on a nommé polyphonie, est une des grandes ditliLuUcs du déchiffrement. 11 ne m'appartient pas d'exposer ici les procédés que les assyriologues emploient pour arriver à des lectures certaines. Je me contenterai de donner la transcription et l'explication d'une phrase assyrienne, aûii de montrer la manière dont se combinaient les élémeaLs du système cunéiforme :

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AR - Kl SU NaBU - KUDUR - VTSUR M - Bi -

Après lui, Naboukoudouroussour (I) leftarmûmeiiU

SE SU IS - SA-A A-NA ZA - AN - Kl BIR - Tl

de soi il porta aux défilés des iron lieras

SA ASSUR A-NA KA - SA - DI IL - U - kA

d* Assour pour la conquête il vint

On remarquera que les noms propres d'hommes el de pa^s sont précédés de signes spéciaux qui les annoncent, ] se met devant le nom de Naboukoudouroussour afin de montrer qu'il va être question d'un homme; V devant le nom d' Assour, pour montrer qu'il va être question d'un jmys- NàboU'koudoar-oussour est formé de trois éléments si^nifi^ catifs, dont le premier est un nom divin, celui de Nebo : ce fait est annoncé par la présence du signe idéographique des dieux » | , derrière le clou vertical ] et devant le sig^ne idéographique du dieu Nebo tt=. Les deux auUes éléments sont également idéographiques, mais leur valeur est prouvée par la variante purement syllabiquc, f •*— f

) ^* |, ifA'Bi'UV'KU'DU'UR'Ri-U'TSU'URy dcs Driaucs de liabylone. Le nom de l'Assyrie est écrit avec l'idéogramme •du dieu Assour •»-]qp', précédé du déterminatif des pays

i^. Lés autres mois sont écrits syllabe à syllabe au moyen des signes (ordinaires dont j'ai donné le tableau \

Le système cunéiforme, légèrement modiûé, fut employé à écrire, outre les dialectes sémitiques de l'Assyrie, quatre autres langues non ariennes *, les dialectes touraniens de la Chaldée% de la MédieS de la Susiane et la langue des gens d'Ourarti. Vers le vi' siècle avant notre ère les Iraniens s'en emparèrent et firent, parmi les signes, un choix destiné à rendre les articulations de leur langue*. De cette opération sortit le système des cunéiformes ariens, le plus simple de tous et le plus facile à lire. La plupart des signes qui le composent sont alphabétiques ; quelquesuns sont restés syllabiques ou sont employés comme idéogrammes. Il n'a jamais servi à écrire que les inscriptions rédigées dans les dialectes iraniens de la Perse et de la Médie au temps des rois Achéménides : apparu avec Kyros, il disparait deux siècles plus tard avec Darios Godoman*

lies écritarea égyptienne*, li'alphabet» le ayllabaire, le* signe* déterminatifii.

Lorsqu'à la renaissance des lettres, les savants s*occu-

f)èrent de recueillir les fragments relatifs à l'antiquité, les ivres consacrés aux écritures de l'Egypte et en particulier des hiéroglyphes d'HorapoUon attirèrent leur attention. Égarés par les témoignages grecs et latins, les uns erronés, les autres mal compris, ils imaginèrent que les caractères hiéroglyphiques représentaient chacun une idée. Pendant deux siècles et demi, les savants perdirent leur temps à

1 . Pour rëtude de rassyrien, voir Oppert, Expédition en Mésopotamie, t. n, et Grammaire assyrienne, 2* édit. Paris, 1867; ^' Menant, le Syllabaire assyrien, in-4% Paris, 1869-1872, et Leçons dépigraphie assyrienne, in-8% Paris, 1874; Sayce, Assyrian Grammar, in-12 , Londres, 1872; E. Schrader, Die assyrisch - babylonischen Keilmckrifien, in-8% Leipzig, 1872. — 2. De là le nom de cunéiformes anariens qu on a donné aux systèmes dans lesquels sont écrits ces quatre langues. — 3. Fr, Lenormant, Études accadiennes, 1-2, Paris, in-4*, 1872-1874. — 4. Norris, Memoir on thescythic versioji ofthe Behistun inscription, dans le Journal of the royal Asialic Society, vol. XV, part i. — 5. Oppert, Journal asiatique, 1874 ,

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rechercher sur les rares monuments, alors connus en' Eurcqpe, les signes idéographiques dont les auteurs classiques leur donnaient le ^ens. Les uns, comme le jésuite Kircher, improvisèrent, de toutes pièces, un système ingénieux*; les autres, s'adressèrent à l'hébreu, au chaldéen, au chinois*, pour y retrouver des anadogues à TégypCîen. Tous les efforts avaient été vains et le livre de l'Egypte semblait devoir rester scellé à jamais, lorsqu'on 1799 un officier d'artillerie français, M. Boussard, trouva, près de Rosette, une inscription rédigée en trois écritures : hiéroglyphique, démotique et grecque. Le texte grec, montra que crétait un décret solennel, rédigé par les prêtres, en l'honneur d'un Ptolémée,^le cinquième du nom. Silvestre de Sacy*, et bientôt après le Suédois Akerblad * en étudièrent la partie démotique qu'en raison de son aspect cursif on présumait être de nature alphabétique. Akerblad, avec une sagacité merveilleuse, démêla quelquesuns des principaux caractères du système nouveau qu'il avait sous les yeux, et dressa un premier alphabet démotique, dont la plupart des éléments sont restés acquis à la science : s'il avait persévéré dans la voie qu'il s'était tracée, il aurait peut-être résolu le problème des écritures égyptiennes. Rebuté par le mauvais état du texte hiéroglyphique, il laissa à d'autres le soin de reprendre son œuvre et de retrouver la clef du système.

Zoega avait remarqué déjà que les cartouches des obélisques devaient renfermer des noms de roi écrits au moyen de signes alphabétiques. Un savant anglais du plus grand mérite. Th. Young, essaya de reconstituer l'alphabet des cartouches. De i8i4 à 1818, il s'exerça sur les divers systèmes d'écriture égyptienne, et sépara mécaniquement les groupes différents dont se composaient le texte hiéroglyphique et le texte démotique de l'inscription de Rosette. Après avoir déterminé, d'une manière plus ou moins exacte, le sens de chacun d'eux, il en essaya la lecture :

1. Kircher, Œdipus Mgyptmcus, f, Romœ, i652-i654, 3 parties en h. vol. — 2. De Guides, dan» les Mémoires de V Académie des inscriptions et helleslettres, XXIX, 11, XXXIV, i. — 3. Lettre au citoyen Chaptal sur t inscription égyptienne du monument de Rosette, in-8% Paris, 1802. — 4. Lettre sur t inscription égyptienne du monument de Rosette, in-8% iSoa.

les signes du cartouche f ' ^ "^ \\^ lui parurent exprimer ie nom de Ptolénâée, sans qu'il réussît à leur assigner à tous leur valeur exacte. Il reconnut que ■, ^ et

\ \ répondaient à p, t, j; mais il considéra ç[ comme un caractère superflu, et donna au lion couché, jm&, la valeur

syllabique ole, à ^=. celle àe ma, à P cdle de ôs , ose. Encouragé par ce succès relatif, il prit le^nom de Bérénice dans les textes de la Description de l'Egypte, et chercha à déterminer le son des hiéroglyphes qui le composaient. Analysant (J^ \^ j ^ ^1 , il trouva les lectures

à = BIR, -=* = E, >^-^ = N, <jfci = KE, KEN; il cousidéra J comme inutile, ainsi que a et %. Défalquant les fausses valeurs qu'il avait cru découvrir, restait un total de cinq caractères exacts : ■, p; ^, r; H» i; '•*^» ^; et * — , f, f, qu'il avait reconnus. Toutes ses tentatives pour aller au delà restèrent infructueuses : il déchiffra Arsinoé, où il y avait le titre Autokratôr, et Evergétés où il y avait KœsarK Ses idées étaient justes en partie, mais sa méthode imparfaite; il entrevit la terre promise, mais sans pouvoir y entrer.

Le véritable initiateur fut François Champollion , qu'on appelle Champollion le Jeune pour le distinguer de son frère aîné, Champollion-Figeac. Dès son enfance, il s'était livré à l'étude des langues orientales et surtout à celle du copte, n publia, de 1811 à i8i4, les deux premiers volumes d'un grand ouvrage intitulé : ÏÉgypte sous les Pharaons, dans lequel il rétablissait au moyen des documents coptes la géographie nationale de l'Égjpte. La comparaison des monuments avec les manuscrits le porta à reconnaître que les trois systèmes de l'écriture égyptienne, l'hiératique, le démotique et l'hiéroglyphique ne différaient pas en redite : l'hiératique et le démotique n'étaient que des tracés de plus en plus cursifs de l'écriture ordinaire. Après avoir cru fermement que les hiéroglyphes

i . Th. Young , Archœologiayi 817 ,XVII, 60 : Enejrclopœdia BriU 4* edit. TV, 1'* part; Account of dùcoveries in hieroglypnic literatare, 8% London.

étaient des signes d'idées, il finit par reconnaître qu^iis étaient des signes de sons, et repnt, vers 1821, le problème que M. Young n'avait pas résolu. Le premier résultat de ses travaux, publié en septembre 1822, dans une lettre adressée à M. Dacier, secrétaire perpétuel de TAcademie des inscriptions et belles-lettres, fut accueilli avec une curiosité mêlée de quelque incrédulité. Le Précis du système hiéroglyphique, paru deux ans plus tard, convainquit toutes les personnes de bonne foi et ne laissa subsister aucun doute sur Tauthenticité de la découverte* Champollion, apr^ avoir décomposé le nom de Ptolémée

en ■, p; -^, r; £, o; .*&, l; -=, m; \ \,i; p, 5, essaya les valeurs qu'il avait obtenues sur les cartouches

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où il lut les noms de Bérénice , de Cléopâtre et d'Alexandre. Il obtint de la sorte un alphabet

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