XVIII. — ASSOUR - RAB - AMAR (v
— ASSOUR - BEL - NISISOU
— Bodsour-Assour(v.1390).
— ASSOUROU B ALAT (V. 1 37 O) .
— Bel-nirari (v. 1350).
— POUDIEL (v. 1330).
— BiN-NIRARI I" (v. 1310).
— s ALMAN-ASAR 1" ( V. 1 290) •
— TOUKLATADARl"(V.l270).
Conqpiète du paya de CAïuuin par les enfiinte d^tnaTlt
Au sortir de TÉgypte, les enfants d'Israël avaient d'i bord marché vers le nord-est, comme pour entrer en As; par le chemin le plus court : à la troisième étape, ils toui nèrent vers le sud, franchirent la mer Rouge et gagnerai le désert. C'était le moment où les Libyens et les peuple de la mer menaçaient TÉgypte : il fallait se tenir à Técai des grandes voies militaires, afin d'éviter le choc des bar bares et la poursuite de Pharaon. Le peuple d^Israêl s'en fonça dans la péninsule du Sinaï.
Il est certain que Moïse tira les juifs d'Egypte, leu: donna des lois et les conduisit aux frontières du pays di Canaan, mais le détail de sa vie est tellement mêlé d( légendes qu'on ne peut l'établir avec certitude. On sait qu'arrivé au Sinaï* il promulgua les dix articles de la loi fondamentale et prétendit les avoir reçus de Dieu luimême au milieu des éclairs et du tonnerre. Du Sinaï les émigrants remontèrent vers le nord et traversèrent le désert de Pharan : à Kadesh-Barnéa, sur la lisière de Canaan, ils jugèrent prudent de reconnaître le pays avant de s'y engager. Les rapports des espions les effrayèrent tellement qu'il fallut rebrousser chemin et redescendre vers la mer Rouge : trente-huit années durant ils errèrent dans le désert de l'égarement entre Kadesh-Barnéa et le bourg d'Étsiôngeber. Aussi bien était-ce le temps des grandes guerres de Ramsès m : la Syrie méridionale n'était plus qu'un champ de bataille disputé par les Égyptiens aux peuples de la mer et à leurs alliés. Mieux valait rester dans le désert, s'y exercer au métier des armes et à la vie indépendante, y préparer une constitution. Les Hébreux étaient dès lors
1. L'emplacement réel du Sinaï n*est pas connu. La tradition le place au Djebel-Moussa ; un grand nombre d'auteurs anciens et modernes, Eusèbe, Jérôme, Cosmas, Lepsius, le placent au Djebel-Serbâl. Cf. le dernier ouvrage sur la matière, Ebers, Durch Goscn xum Sinaîy p. 385-
divisés en douze tribus ou branches, dont dix, Juda, Siméon, BenjamiB, Dan, Ruben, Gad, Issashar, Naphtali, Zebulon, Asher, venaient directement du patriarche Jacob, et les deux autres, Éphraïm et Manassé, se rattachaient à Joseph ; une treizième, celle de Lévi, consacrée tout entière au sacerdoce, n'avait pas d'existence politique. Chaque tribu, indépendante des onze autres, avait ses autorités civiles régulièrement constituées qui dirigeaient les affaires : elle se divisait en races^ qui elles-mêmes se subdivisaient en maisons. Les chefs de races et de maisons, les anciens^ formaient un conseil dont les décisions étaient souveraines. Les tribus étaient autant de petites républiques qui tantôt s'isolaient l'une de l'autre, tantôt s'unissaient en confédérations de trois ou quatre : elles n'avaient d'autre lien entre elles qu'une origine et une foi communes.
Les Cananéens et les tribus térachites autres que les Hébreux, Edom, Ammon, Moab, possédaient des religions analogues à celle de la Ghaldée et de l'Assyrie. Mais àBabylone les mythes, travaillés par une caste sacerdotale puissante, avaient fini par se coordonner et par former un ensemble de dogmes complet. En Syrie, ils étaient demeurés à l'état flottant, et les dieux se partageaient le pays comme autant de princes féodaux. L'adoration de Baal, le maître, le seigneur suprême, et de sa compagne Astarté, impliquaient la croyance primitive au dieu unique, de même que l'adoration de Tammouz et de Baalit, de Marna et de Derkéto, d'Hadar et d'Atargath. « La multiplicité des Baalim secondaires ne prouve pas plus contre cette unité primordiale que la subdivision du dieu égyptien en ses puissances divinisées; seulement en Phénicie » et en Syrie a cette répartition de la puissance divine est plus géographique et politique que philosophique. Ce sont moins les attributs divins que les sanctuaires locaux qui ont donné naissance aux dieux secondaires, Baals éponymes des principales villes. Baal, adoré à Tyr, à Sidon, à Tarse, devient Baal-Tsour, Baal-Sidon, Baal-Tars. Comme tel, il peut recevoir un nom particulier qui achève de détruire dans l'esprit du vulgaire son caractère primitif^ mais (çii nfeiv
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laisse pas moins subsister la notion confuse de run primordiale ; c^est ce qu'une inscription nous démontre deux mots. Melqarth, le grand dieu de Tyr dont le eu avait été porté au loin par les colonies tyriennes, n'éti autre que le Baal de la métropole : « au dieu Melqarth, Bî de Tyr.* 5> L'hommage aux dieux se rendait sur les hai lieux [hamôth] et dans les bocages sacrés. Il admettait d pratiques licencieuses et barbares dont la seule idée faisi horreur aux prophètes d'Israël. Moloch exigeait des saci fices humains et voulait qu'on brûlât des enfants devant h Astarté (Astoreth), à la fois guerrière et voluptueuse, ava pour prêtresse des courtisanes sacrées [kedeshôth), 1 Phénicie et à Chypre comme à Babylone, toutes les femme devaient une fois au moins pendant leur vie s'enfermer dar l'enceinte du temple et s'y offrir au premier venu : le salaû de leur infamie appartenait au trésor de la déesse.
Seuls, parmi les nations cananéennes, les Phénicien avaient essayé de réunir leurs mythes en un corps de doc trine. Un prêtre, que la tradition nomme Sankhoniathôn avait composé une sorte de Genèse phénicienne. « Au com mencement, disait-il, était le chaos {6o/iow), et le chaos étai plein de ténèbres et troublé, et le souffle {rondh) flottait sur le chaos. — Et le chaos n'avait pas de fin et il fut ainsi des siècles et des siècles. — Mais alors le souffle se prit d'amour pour ses propres principes et il se fit un mélange, et ce mélange fut nommé désir (khephets) ; — or le désir fut le principe qui créa tout, et le souffle ne connut pas sa propre création. — Le souffle et le chaos se mêlèrent et mât (le limon) naquit, et de mât sortit toute semence de création, et mât fut le père de toutes choses : or m,ât avait la forme d'un œuf. — Et le soleil, la lune, les étoiles et les grandes constellations brillèrent. — Il y eut des êtres vivants privés de sentiment, et de ces êtres vivants naquirent des êtres intelligents, et on les appela Tsophésamim (comtemplateurs des cieux). — Or l'éclat du tonnerre dans la lutte de ces éléments qui commençaient à se séparer éveilla ces
î. Do Vogué, Mélanges d'archéoloqxe orientale ç. 51-52.
êtres intelligents comme d'un sommeil, et alors les êtres mâles et les êtres femelles commencèrent à se mouvoir (et à se rechercher) sur la terre et dans la mer. * » Il est malheureux que ces débris nous soient parvenus si mutilés cpi'à peine on peut en rétablir le sens.
Les croyances des Israélites formaient avec les religions cananéennes le contraste le plus frappant. On trouve bien çà et là quelques traces confuses d'un paganisme primitif , des dieux (elohim), des pierres sacrées [Beth-el^ Bé* tyles)^ des idoles (teraphim), qui soutien dieux de la famille et dont les images font partie du patrimoine de la tribu ; mais, en fait, ils sont monothéistes. Et même leur monothéisme n'est jamais caché sous une enveloppe, panthéiste comme celui de l'Egypte et de l'Assyrie : il est au fond et à la surface. Ils n'ont qu'un seul dieu et ne confondent pas ce dieu avec l'univers, n'admettent pour lui ni la subdivision, ni le sexe. Leur dieu est séparé du monde, n'engendre pas et n'est pas engendré, ne conçoit pas et n'est pas conçu, n'a ni semblable, ni inférieur. La nature entière est l'œuvre de ses mains; les lois de la nature ne sont pas ses puissances divinisées, mais restent toujours les effets voulus de sa divinité. Le tonnerre est sa voix; l'éclair, sa lumière; la grêle et l'orage, son arme. Tonnerre, éclair, grêle ne deviennent jamais des êtres indépendants : ce sont des actes de dieu.
Ce dieu unique, ce Jahveh', est avant tout le Dieu national d'Israël, comme Kamosh est le dieu national de Moab, et Marna le dieu national de Gaza. Au commencement, il a fait un pacte avec le père mythique de la nation, Abraham, et ce pacte plusieurs fois renouvelé assure aux enfants d'Israël son étemelle protection. Il a pris l'engagement do
1 . SankhoDiathon, fr. I, dans Mûller, Fragm. H, Grœc, t. IL Cf. Bunsen, Egypt^t place, t. V, p. 257-295. — 2. Jahveh est probablement la lecture du tétragramme mystique n^lîT. Par respect, on ne prononçait pas ce nom, auquel on substituait d'ordinaire, soit Àdonaî, soit Elohim. C'est pourquoi, lorsqu'on commença de noter les points voyelles, les quatre lettres deniH^ furent ponctuées de manière à se lire Yéhova ou léhovi, selon le mot dent on se servait dans la récitation.
EUT* Aire V^
défendre son peuple envers et contre tous, à condition qm son peuple n'adore aucun autre Dieu. Si le peuple romp sa foi et court après les Baalim, Jahveh retire sa maii de lui et le livre aux entreprises des voisins. Pour rentre: en grâce, il faut briser les idoles et revenir à l'observana de la loi. « Je suis Jahveh, ton Dieu, qui t'ai retiré du payi d*Égypte, de la maison de servitude. — Tu n'auras paî d'autres dieux devant ma face. — Tu ne prendras point le nom de Jahveh ton Dieu en vain ; car il ne tiendra point pour innocent celui qui aura pris son nom en vain. — Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier. — Ta travailleras six jours et tu feras toute ton œuvre, mais le septième jour est le repos de Jahveh ton Dieu. — Tu ne feras aucune œuvre ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans les portes. — Honore ton père et ta mère afin que tes jours soient prolongés sur la terre. — Tu ne tueras point. — Tu ne commettras pas adultère. — Tu ne déroberas point. — Tu ne porteras pas de faux témoignage contre le prochain ; — tu ne convoiteras pas la maison du prochain; tu ne convoiteras pas la femme du prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui soit au prochaine » Le signe extérieur de Talliance entre Jahveh et le peuple était l'arche, sorte de naos en bois de cèdre lamé d'or, analogue pour la forme aux naos représentés sur les bas-reliefs égyptiens. On portait l'arche au milieu du peuple et sa présence lui inspirait une confiance illimitée dans le pouvoir de dieu.
Aux dix préceptes fondamentaux se joignait sans doute un code de lois plus ou moins développé. Certaines prescriptions ritualistiques, certaines cérémonies empruntées évidemment aux pratiques du culte égyptien doivent .se reporter jusqu'au temps où les enfants d'Israël, à peine sortis d'Egypte, adaptèrent au culte de Jahveh nombre de rites qu'ils avaient vu célébrer devant les statues d'Ammon et de Phtah. Mais en somme, ce qu'on sait et ce qu'on