‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 3)Chapitre 36 sur 170 · Exode, XX, 2-17 é · texte numérisé non relu

Exode, XX, 2-17 é

LES JUIFS AU PATS DE CAXAAX* i^l

possède de la IcgblAîkRi primitive des H^lir^ax s*^ rîduil presque à rien. CTest toat aa plus si on p<ut attribuer à Moïse, sinon pour la. forme, aa moûts pour te fond^ les dcx commandements et j^nt-etre un petit nombre de pre$crip» tions éparses an miliea des lois postérieures dans les UTre$ écrits sous son nom. La perte de la législation mosaïque^ ai tant est qu'il y ait jamais eu Traiment une lé^slation mosaïque, ne diminue en rien la grandeur du rv^ie joué par Moïse. Moïse fut l'organisateur du peuple hébreu* n lui laissa sa constitution patriarcale et assura Tindépendance des tribus, mais en resserrant le lien qui les avail unies. Il fit du dieu national, jusqu'alors traité à peu près sur le même pied que les dieux étrangers, un dieu jaloux et exclusif dont le culte réunit les douze tribus dans une même adoration. Il l'institua roi invisible du peuple^ législateur et juge souverain, maître et propriétaire des biens de la nation. Et ce dieu un n'eut qu*un seul sanctuaire pour tous ses enfants, l'arche d'alliance. Cliaquo année le peuple se rassembla autour du lieu salut ot célébra de grandes fêtes, la Pâque, la Pentecôte, la fête des Tontes. Il était sorti d'Egypte façonné à la servitude et à l'idolâtrie, prêt à reprendre sa chaîne et à renier son dieu : grâce à Moïse, il sortit du désert ferme dans sa foi et tout armé pour la conquête.

Quarante années, dit-on, s'étaient écoulées depuis le passage de la mer Rouge, quand il obtint la permission d'entrer dans la Terre promise. La puissance égyptienne, affermie par les victoires de RamsèsIII, s'étendait toujours sur la Syrie. Mais les Ramessides, fidèles à la politique traditionnelle de leur race, n'occupaient que les points stratégiques. Il leur suffisait de posséder Gaza, Magcildo et les quelques places fortes situées sur la grande voie militaire; peu leur importait après cela qui dominait le reste du pays. Pour écarter toute chance de querelle avec un voisin si fort, Moïse évita de se porter d'abord sur les contrées situées à l'occident de la mer Morte. Il préféra passer par le pays de Moab. Sihon, roi dosAmorrhéon», et Og, roi de Bashan, furent battus l'un après l'autre : tout lo

292 CHAPITRE VH.

pays de Gilead resta aux mains du peuple d'Israël, d© rives de rArnon au pied de rHermon. Trois tribus oi fractions de tribus s'y établirent, Ruben au sud, entn TArnon et le torrent d'Arbôth, Gad le long du Jourdaii jusqu'à la mer de Galilée, la moitié de Manassé dans L royaume de Bashan, et quelques familles de Juda près è la source du fleuve. Il ne restait plus que le Jourdain i franchir : Moïse ne le franchit point. Il vit de loin h Terre promise et mourut « et personne n*a connu soi tombeau jusques aujourd'hui ^ » Son successeur dans h commandement, Josué, fils de Noun, passa le fleuve us peu au-dessus de son embouchure et prit Jéricho. La chute de cette place entraîna celle des villes voisines. Aï, Béthel, Sichem. Sichem au cœur même du pays devint aussitôt le point de ralliement du peuple : Josué y fixa sa résidence et fit élever sur le mont Êbal un grand autel de pierre où étaient gravés les principaux titres de la loi. Une première coalition, formée par les Cananéens du Sud aux ordres d'Adonisédek, roi de Jébus, fut battue sous les murs de Gibéon et ses chefs mis à mort. Une seconde, organisée par Jabin, roi d'Hazor, ne réussit pas mieux : Jabin fut défait près des eaux de Merom, sa capitale prise et brûlée.. Israël se trouvait maître de tout le pays à droite et à gauche du Jourdain, depuis Kadès-Barnéa jusqu'aux sources du fleuve: la plaine et la côte placées sous la domination directe des Égyptiens furent respectées pour le moment.

Les tribus se partagèrent sans retard le territoire conquis. Juda prit la partie méridionale du pays entre la mer Morte et la plaine de Gaza : il confinait vers le sud-ouest à Siméon, vers le nord à Dan et à Benjamin. Au centre, Éphraïm et ce qui restait de Manassé : Issashar, Zébulon, Nepthali et Ashcr se fixèrent le long de la côte au nord du Carmel et dans la plaine de Jezréel. La tribu de Lévi «n'eut point d'héritage, car l'Éternel, dieu d'Israël, est son héritage^. » Çà et là quelques villes cananéennes surent garder leur indépendance et vécurent isolées au milieu des Israé-

Upetttéronome, xxxiv , 6 . — î , Josué , iim , ^^.

litcs : Jebus, Gibeon au sud, Lais au nord et d'autres moins imporiantes. L'arche d'alliance, établie d'abord à Guilgal en avant de Jéricho, puis à Shilo et confiée à la garde d'Ëphraïm, demeura le sanctuaire commun de la nation.

Ii« Palcttlne et la priénlele mu tempa ûem ^agcMi.

Josué n'eut pas de successeur. Le culte national fut maintenu tant bien que mal après sa mort, <c tout le temps des anciens qui lui survécurent, » et la conquête continua*; mais le manque d'unité dans le commandement et le àê* cousu des efforts individuels ne permirent pas d'obtenir des résultats décisifs. Au sud, Juda et Siméon battirent les Ga-« nanéens à Bezek et chassèrent toutes les tribus indigènes qui habitaient la montagne des Amorrhéens, à l'exception des Jébusites : ils n'osèrent pas affronter en rase campa^ gne les chariots et les lourds bataillons vêtus de fer des Philistins. Au centre, Manassé négligea de prendre Bethshean et sa banlieue; Taanak et Mageddo, situées sur la grande route d'Egypte en Mésopotamie et placées sous la surveillance spéciale des Pharaons, ne furent pas attaquées. Au nord, les petites tribus d'Asher, de Zébulon, de Naphtali, d'Issashar et de Dan purent à peine occuper la moindre partie du territoire qui leur avait été assignée*.

De ce côté, les enfants d'Israël avaient rencontré dans les Sidoniens de redoutables adversaires. Pendant quatre siècles, la Phénicie avait payé tribut à Pharaon, et s'était trouvée heureuse d'acheter, au prix de quelques sacrifices, le monopole du commerce égyptien. Elle avait tiré le plus grand parti possible de la protection que l'Egypte lui avait accordée et du développement que l'ouverture des riches marchés du Delta avait donné à sa marine. L'essor de la colonisation dans la mer Egée avait été arrêté, il est vrai, par l'influence toujours croissante des Grecs et par les migrations des peuples do la mer : chassés de la Grèto

Page 1