Juges, I, 31-32. — 2 Juges ^ xvm
Ion, dlssashar, de Naphtali, employés comme constracteurs comme agriculteurs, comme conducteurs de caravanes, gai dèrent toute leur liberté, et prirent part aux actes de la vi nationale, aux offrandes et aux fêtes annuelles, même air guerres contre les Cananéens. Plus tard, la dominatio] phénicienne s'appesantit sur eux : ils furent tndtéB en su jets, transportés au loin et vendus comme esdaves à ïé tranger. Sidon compta au premier rang parmi les opprea seurs d'Israël*.
Cependant le lien qui rattachait entre elles les douze tri bus devenait de plus en plus lâche à mesure que se perdai le souvenir de Moïse et de Josué. En théorie^ Tarche d'alliance, établie à Shilo, en Éphraïm, restait toujours le sanctuaire commun de la nation ; en fait, les unions répétée! avec les races indigènes ne tardèrent pas à diminue] encore le sentiment religieux déjà fort amoindri. « Ht prirent pour femmes les filles des Hittites, des Âmorrhôcns, des Phérésiens, des Hivites et des Jébusites, e1 ils donnèrent leurs filles à leurs fils, et servirent leurs dieux. Les enfants d'Israël firent donc ce qui déplaît à Jahveh : ils oublièrent Jahveh, leur Dieu, et servirent les Baalim et les bocages '. » L'unité religieuse rompue, l'unité politique tomba d'elle-même. Êphralm continua de remplir le rôle le plus important, mais sans réussir à M placer d'une manière incontestée à la tète du peuple. Les guerres de tribu à tribu éclatèrent ; les races les plus fortes laissèrent les Cananéens opprimer les races les plus faibles, et se montrèrent elles-mêmes impuissantes à défendre leur indépendance. Israël, malgré ses quarante mille hommes en état de porter les armes, devint la proie des peuples voisins. Les Amorrhéens, les Ammonites, les Moabites, les Philistins, dominèrent tour à tour sur les diverses fractions du peuple et lui firent payer en détail les maux que Josué leur avait infligés au temps de l'invasion. « Partout où les enfants d'Israël allaient, la main de Jahveh était contre eux en mal, comme Jahveh le leur avait juré; et
î. Movers, Vie PhœnUier, U II, 2'^ Theil, p. 302-316. — J. Juges,
iifj 0-7.
ils furent . dans de grandes angoisses. Alors Jahveh leur suscitait des Juges, qui les délivraient de la main de ceux qui les pillaient. Mais ils ne voulaient pas même écouter .leurs Juges; ils paillardaient après d'autres dieux et se
{irosternaient ; ils se détournaient aussitôt du chemin par equel leurs pères avaient marché, obéissant aux commandements de Jahveh ; mais eux ne faisaient pas ainsi. Or, quand Jahveh leur suscitait des Juges, Jahveh était aussi avec le juge, et il les délivrait de la main de leurs en^ nemis pendant tout le temps du juge, car Jahveh se re- [ pentait pour les sanglots qu'ils jetaient à cause de ceux qui les opprimaient et les accablaient. Puis il arrivait qu'avec ; la mort du juge, ils se corrompaient de nouveau plus que leurs pères, allant après d'autres dieux pour les servir et se prosterner devant eux : ils ne diminuaient en rien leur : mauvaise conduite ni leur entêtement*. » ' L'autorité des Juges s'étendait rarement sur toute la i nation : le plus souvent son action était locale. Une \ tribu ou un groupe de tribus perdait patience sous l'oppression et chassait l'étranger : l'homme qui s'était mis à la tête de la révolte heureuse exerçait, quelques années ou sa vie durant, l'autorité suprême. La plupart des Juges sont loin de répondre à l'idée que s'en firent plus tard les écrivains théocratiques de la Judée. Ce sont rarement des héros de douceur et de piété : Gédéon s'appelle aussi Jéroubaal (celui qui craint Baal), et dresse une idole dans sa ville; Abimélek est un tyran de la pire espèce, et Jephtah débute par se faire voleur de grand chemin. « La vie de quelc[ue8-un8 est racontée tout au long. Nous n'avons sur les autres que des détails insignifiants. Celui sur lequel nous possédons les récits les plus étendus, le fort Samson, doit être considéré, il est vrai, comme un personnage historique; mais la description de ses exploits et do SCS souffrances a un caractère tout légendaire et montre un tel mélange de raillerie amère et de profondeur tragique qu'on ne rencontre rien de semblable dans l'Ancien