‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 3)Chapitre 37 sur 170 · Juges, I · texte numérisé non relu

Juges, I

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et des Gyclades, les Sidoniens ne gardaient pins ([ne Wi tains postes importants, Rhodes, Mélos, Thasos, Gythèw au débouché des grandes voies maritimes*. Partout aii leurs, le cercle de leurs navigations s'était agrandi et It nombre de leurs colonies avait augmenté. De Grèce et dltalie ils passèrent en Sicile; de Sicile, à Malte et en Afrique Kambé s'éleva sur remplacement où fut plus tard Garthage et Utique non loin de là*.

Tout porte à croire qu'ils rencontrèrent en Afrique dei races apparentées à la leur. A la suite de l'invasion dei Pasteurs en Egypte, quelques-unes des tribus cananéennes , au lieu de s'arrêter dans le Delta, continuèrent de marcher vers l'Occident. Elles longèrent le territoire de la Libye jusqu'au delà des Syrtes, franchirent les embouchures du lac Triton, et s'arrêtèrent dans les cantons fertiles do la Byzacène^ Grâce au concours de leurs descendants, les Sidoniens purent fonder sur la côte de nombreux postes commerciaux (empona) . G'était à peu près le moment où les Hébreux, franchissant le Jourdain, chassaient devant eux les populations établies dans les montagnes du pays de Ganaan. Réfugiés sou s la protection des Phéniciens et menacés à chaque instant d'être jetés à la mer, les restes des Cananéens s'embarquèrent pour l'Occident. Une tradition cou-^ rante encore au sixième siècle de notre ère rapportait que les Girgaséens s'étaient sauvés en Afrique à l'approche des Israélites commandés par Josué et s'étaient répandus jusqu'aux colonnes d'Hercule. « Ils y habitent encore, dit l'historien Procope, et se servent de la langue phénicienne. Us bâtirent un fort dans une ville de la Numidie, où est maintenant Tigisis. Il y a là, près de la grande fontaine , deux stèles de pierre blanche , couvertes de carac^ tères phéniciens qui, en langue phénicienne, expriment ce qui suit : Nous sommes ceux qui ont pris la fuite devaut Josué, fils de Nauê^. » Leur arrivée changea les

1. Voir plus haut, p. 251-252. — 2. Movers, Die Phœnixier, l. II, 2" Theil, p. 509-514. —3 Movers, Ihid., t. 11,2»" Theil, p. 412-442. — 4. Procope, De hello vandalico, 1. II, ch. xx. Cf. Movers, DiePhO" nixier, t. II, 2»«' theil, p. 4îl-'i^^.

LES JUIFS AU PAYS DE CAÎîAAN. Î95

listes commcrdaiix en yéritables colonies. Une nation Nouvelle, celle des LLb3fphéniciens, naquit du mélange ^68 nouveaux venus avec les descendants des tribus cananéennes et les gens de race berbère, qui formaient le fond de la population autochthone : Leptis, .£a, Sabrata, Thapsus, furent construites sur les rivages de la Syrte. Tout le commerce de l'Afrique occidentale passa aux mains des Sidoniens.

Les richesses accumulées dans les villes de Phénicie durent être pour les Hébreux un sujet perpétuel de convoitise, mais de convoitise difficile à satisfaire. Malgré leurs victoires, les enfants d'Israël n'étaient pas, à proprement parler, un peuple militaire. Les flèches du Philistin les mettaient en déroute : ils n'osaient guère s'aveniurer en rase campagne contre les soldats armés de fer des Cananéens de la plaine, à plus forte raison attaquer des villes aussi bien défendues que l'étaient les villes du littoral. Asher, Naphtali, Zébulon, chargés de s'emparer du territoire sidonien, reculèrent devant l'entreprise. D'autre part, les Sidoniens, voyant les Israélites en possession do la plupart des routes de terre qui conduisaient en Egypte, en Arabie et en Ghaldée, avaient intérêt à ménager les nouveaux maîtres du pays. Par ime sorte de compromis tacite, ils leur accordèrent la permission de s'établir en métèques sur le territoire de leurs villes. «Asher ne déposséda point les habitants d'Acco, ni les habitants de Sidon, ni d'Akhlab , ni d'Akhsib, ni de Rohob; — mais ceux d' Asher habitèrent parmi les Cananéens, habitants du pays, car ils ne les dépossédèrent point *. » Les gens de Dan, que les Amorrhéens harcelaient sans cesse, faillirent troubler cet accord : ils surprirent en pleine paix la colonie sidonienne de Laïs, passèrent le peuple au fil de l'épée et construisirent une autre ville qu'ils nommèrentDan, « selon le nom de Dan, leur père, c[ui était né en Israël'. » Sidon se consola aisément de la perte de ce poste isolé au milieu des terres et conserva ses relations pacifiqpes avec les tribus. Geuxd'Ashery deZcbu-

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