‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 3)Chapitre 55 sur 170 · VINGT-QUATRIÈME DYNASTIE SAIT · texte numérisé non relu

VINGT-QUATRIÈME DYNASTIE SAIT

[Tauonekht, Te'xvaxiç, Tvc'çaxOo;, Tveçay.ew;, ; L — Ra-ouah-ka Bokenranw.

Hérodote, II, ISô-U^*, î>voaote,\, ^^»

lacées par le temps furent gravées à nouveau*. Thèbes, placée directement sous Tautorité de la reine Amenirîtis, profita largement de la bienveillance de ses nouveaux maîtres. A Louqsor, on refit la décoration de la porte placée entre les deux massifs du grand pylône; à Karnak, on répara plusieurs parties du temple d'Ammon. Pour trouver les bras nécessaires, Shabak remplaça la peine de mort par celle des travaux publics, et cette politique bien entendue lui valut par toute TÊgypte un renom de clémence '. Le pays, rendu enfin à la tranquillité, commença de réparer ses ruines avec cette puissance de vitalité merveilleuse dont il avait déjà donné tant de preuves.

Une renaissance aussi inattendue devait attirer l'attention des peuples étrangers. Si naguère encore les rois d'Israël et de Juda avaient recherché Tappui d'un roitelet confiné à Tanis dans un coin du Delta, que ne devaientils pas faire pour s'assurer l'amitié d'un prince dont la domination s'étendait des régions fabuleuses de l'Ethiopie aux rives de la Méditerranée, et qui pouvait mettre sur pied des armées aussi considérables que celles du roi d'Assyrie? Phéniciens, Juifs et Philistins, tous les peuples que l'ambition de Touklat-habal-asar avait inquiétés, sentirent que, si le salut pouvait venir de quelque part, ce ne pouvait être que d'Egypte. Hoshea envoya des présents à Shabak et lui demanda son alliance contre Salmanasar*. Divers motifs poussaient l'Éthiopien à bien accueillir ces ouvertures. Il savait que ses prédécesseurs égyptiens avaient possédé la Palestine et porté leurs

l.Sbarpe, Egypt. Inscript,, l, 30; cf. deRougé, Sur quelques mO' numents du règne de Tahrakay dans le Recueil, l, p. 12, 20-21 ; Goodwin, Upon an inscription of the reign of Shahaka, dans Ghabas, Mélanges égyptoîogiques, 3' série, t. I, p. 349 sqq. — 2. Hérodote, U, 137; Diodore, I, 65. — 3. II, Rois xvii, 4. Le texte hébreu nomme NID, Sévé, Soua, Sô, le Pharaon auquel Hoshea s'adressa; d'autre part les textes assyriens nomment Shabak, Shabé et son successeur Shabatak^ Shâbtié. m. Oppert a donné la raison de ces divergences extraordinaires entre l'égyptien, l'assyrien et l'hébreu (Mémoire sur les rapports de VÉ» gypte et de l* Assyrie, p. 12-14). Le ghéez possède une classe de gutturales particulières qu'on ne retrouve dans aucune autre des langues sémitiques •et dont une entrait dans le nom des deux monarques éthio^\AV&« UbAr

armes jusqu'au Tigre : ce qui a^ait été jadis possible et glorieux lui paraissait être possible encore à l'heure présente. Et quand même le désir d'ajouter un nom de plus à la longue liste des Pharaons conquérants ne l'aurait pas bien disposé en faveur des Juifs, la prudence lui conseillait de ne pas les décourager. Le progrès des Assyriens yers l'isthme de Suez, lent d'abord, avait pris depuis vingt ans une rapidité menaçante et devenait pour l'Egypte unq source de craintes perpétuelles. Il fallait ou vaincre les. nouveaux maîtres de l'Asie et les rejeter au delà de TEu-^ phrate, ou du moins maintenir devant eux une barrière de petits royaumes, contre laquelle vînt s'amortir l'effort de leurs attaques. Shabak affecta de considérer les présents , d'Hoshea comme un tribut et ses demandes de secours comme un hommage : les murailles de Karnak, qui avaient i jadis enregistré tant de fois les noms des peuples vaincus, enregistrèrent complaisamment ce que la vanité de rÉthiçh pien appelait « les tributs de la Syrie ». j

Ces négociations n'avaient pu être si secrètement conduites qu'elles échappassent à l'attention des Assyriens.^ Salmanasar, informé de ce qui se passait, manda Hoshe* près de lui, et le Juif, pris à Fimproviste, dut obéir aux ordres de son suzerain. S'il s'était imaginé pouvoir justi- ^ fier sa conduite, cette illusion fut cruellement déçue : il , fut jeté en prison et y disparut oublié de tous. L'armée assyrienne entra sur le territoire d'Israël et mit une der- ( nière fois le siège devant Samarie. L'aristocratie d'Éphraïm, '

breu supprime entièrement cette lettre embarrassante, Sévé^ Soua, S6; l'égyptien lai donne pour équivalent le son plus rude de fc, T , Shabak ; l'assyrien enfin prend un terme moyen entre ces deux extrêmes et rend la lettre en question par un signe qui équivaut à peu près au V hébraïque. On a donc pour les noms des rois éthiopeins la gammt de variantes :

Éthiopien. Égyptien. Assyrien. Hébreu. Grec.

Shabak* Shabak Shabê' Sévé, Soua, So Sa6dxwv (Hér.) £aCtf«w»

Shabatok^ Shabatok Shabtié* î«5ix»«t

Tahraqa Tahraqa Tarqou Tihraktfh Tca^xù (Strab.) Ta^xo«.

eapffUii; (Jos.) TâfctMc.

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vée de son chef, n'en résista pas moins bravement. aJ)ak ne jugea pas à propos d'intervenir au profit d'aïs dont la cause paraissait si complètement perdue, is le secours vint d'autre part. Tyr avait fini par smpher des Kitiens et son roi Louliya venait de se réter à son tour contre l'Assyrie. Salmanasar laissa un *ps d'armée devant Samarie et se rendit de sa personne Phénicie. Le domaine de terre ferme des Tyriens tomba 3idement en son pouvoir, mais la ville elle-même, prônée par la mer, défiait tous ses efforts. Il rassembla chez 3 vassaux de Sidon, de Gebel et d'Ârad soixante vaisseaux r lesquels il embarqua des troupes assyriennes, afin de iter une descente dans l'île. Cette flotte fut détruite par Le escadre de douze navires tyriens, et cinq cents Assyins tombèrent aux mains de l'ennemi. Salmanasar reinça dès lors à toute attaque directe, et changea la guerre . une sorte de blocus continental, dans l'espoir que le inque d'eau obligerait Tyr à se rendre ^ Il y usa les rces de son royaume et le reste de sa vie : le blocus de ff et celui de Samarie duraient déjà depuis deux ans, land il mourut sans laisser d'enfants, après cinq années règne. Saryoukin (Sargon), Tun des grands officiers de couronne, lui succéda dans le commandement de Tarie et dans l'administration de Tempire'.

. Ménandre d'Éphèse dans Josèphe, Ant, Jud,, VIII. — 3. Voici, ant qu'il est permis de le rétablir, le tableau de la seconde dynastie rrionne :

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