‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 3)Chapitre 54 sur 170 · I. L'Ethiopie, si longtemps vassale, devenait maî · texte numérisé non relu

I. L'Ethiopie, si longtemps vassale, devenait maî

à son tour : Napata régnait à la place de Thèbes et

iphis. On ne sait combien de temps dura ce pre-

asservissement : peut-être autant que la vie de Piân-

peat*être moins. La victoire des Ethiopiens n'avait

détruit les éléments de discorde qui s'agitaient dans

lys. Les petits rois qui avaient appelé l'étranger à

aide ne s'étaient pas livrés sans réserve : ils avaient

garder leur indépendance et la gardèrent, en effet,

des apparences de soumission. Tawnekht avait été

i, mais non réduit à l'impuissance. Il avait même

La grande stèle de Piânkhi, publiée par Mariette, Monumentt ^pLI-VIII, a été traduite en français) par M. de Rougé, en aliepar M. Lauth, et en anglais par M. Cook.

BUT. ma 7.^

gagné à sa défaite la reconnaissance de n'était plus seulement un aventurier hi militaire sans autre titre que ses victc droit que le droit du plus fort. Piânkhi à merci, lui avait donné l'investiture offîi pour sa famille. Il régnait désormais à i mement qu'Osorkon UI à Bubaste, Nii Pewââbast à Khnensou, et les autres p:

autres villes de TÉgypte. L'Ethiopie était tanite sans forea et sans prestige ; il ne c reparaître sur la scène.

Les événements favorisèrent son ambi son fils. Piânkhi mourut quelque temps tour d'Egypte, et nous trouvons à sa p Kashta, dont le nom trahit une origine lignée des grands prêtres d'Ammon. E rivé au trône par son mariage avec une core inconnue de la famille thcbain-e, peu fille de Piânkhi. On est porté à croire ( ment et le changement de dynastie amen blés qui l'obligèrent à retirer les troupes de do la basse Egypte*. Bokenranw, qui vei der à Tawnekht, reprit les projets de son pè vant plus d'Éthiopiens devant lui, réussit Le succès fut grand et l'homme ne manquai ni d'énergie : longtemps après sa mort, le p( sur son compte toutes sortes de légendes c Il était, dit-on, faible de corps et manqua mais rachetait ces défauts par la finesse de i avait laissé la renommée d'un prince sin genre de vie *, d'un législateur prudent * et tègre*. Les rares monuments que nous avoi

1. Sur Kashta, y. Mariette, Notice des principau Mùnuments divers, pi. XLVIII, s.; de Rougé, Étut ments du règne de Tahraka, dans les Mélanges d'arch et assyrienneji. I, p* 87-88» — 2» Élien l'appelle... tôv |icvov ixcîvov (H. An.y xn, 3). — 3. Diodore, I, 65, 94. 4thénée, X, 13, 418*-^b.l3vo4ott,\\,^»^.— ^,^\M\a.x^<î

LE SrCOXD EMPIRE ASSYRIEN. 3SÎ

Bont muets sur ses actions', mais ce que nous savons de la vie de Tawnekht éclaire d'une vive lumière la vie do son fils. Ce fut une lutte incessante contre les petits princes, une série de guerres perpétuelles, d'abord pour conquérir le Delta et l'Egypte moyenne, ensuite pour conserver la conquête et y maintenir à grand'peine une domination précaire. Les contemporains n'avaient pas foi dans la durée de la dynastie, et les dieux eux-mêmes annoncèrent sa chute par divers présages menaçants *. Et de fait la catastrophe ne se fit pas longtemps attendre. Kashta était mort, laissant pour héritier un fils, Shabak (Sabacon), et une fille, Ameniritis. Shabak était, comme l'événement le

trouva bientôt, un prince actif et énergique, à qui la récllion des Saîtcs et rétablissement d'une dynastie nou- Telle ne pouvaient convenir. Il partit à la conquête do TÊgypte et fut, sans doute, aidé dans son entreprise comme Piânkhi l'avait été auparavant par tous les petits princes des nomes. Bokenranw, battu, fut pris dans Saïs après sept ans de règne et brûlé vif comme rebelle*. Cette fois la dynastie saïte s'était attiré un échec qui semblait devoir mettre ses prétentions à néant. Dépouillés de leurs titres et de leurs domaines, les parents de Bokenranw s'enfuirent dans les marais du Delta et réussirent à y maintenir leur indépendance. L'histoire de leur vie errante finit fiar y devenir populaire et donna naissance à la légende do 'aveugleAnysis qui, rélugié dans une petite île du lacMenzaleh*, y attendit cinquante ans le départ des Éthiopiens*.

Il ne s'agissait plus, comme au temps de Piânkhi, d'établir une sorte de vasselage sur FÉgypte : Shabak prit le protocole des Pharaons, et devint le chef d'une dynastie

1. Ils sont aujourd'hui au Louvre, et se rapportent tous aux funérailles de TÂpis mort en Tan VI de Bokenranw. Cf. Mariette^ Renseignements sur les ApiSj dans le Bulletin archilologique de i*Athen{viim français, 1856, p, 58-62. — 2. Ainsi Tapparilion d'un bélier à deux t£tos et à huit pattes, doué de voix humaine (Elien, H. An,, xn, 3) ; cf. Manéthon, édit. Unger, p. 241. — 3. Manéthon, édit. Unger^ p. 246; cf. de Rougé^ Inscription historique de FiOLivlKV.x YLivM^nM.xw^ p, 23. — 4. Thennésis, d'après Lepsius. — b, HètoâioX^, W, c-îf^TXHW^xu.

nouvelle composée tout entière de rois essaya du moins de réorganiser le pays au» sait, et de faire oublier par la sagesse de s lion l'odieux de son origine étrangère. Les furent respectés, mais surveillés de près e obéir comme de simples gouverneurs. L»

et la réunion du pays entre les mains d*u rendirent faciles certains travaux d*ense guerres des siècles antérieurs n'avaient pa cutcr. Les chaussées furent réparées, les ci et agrandis, le sol des villes exhaussé e de i^inondation. Bubaste surtout gagna à mais les autres villes ne furent pas néglig du roi, plusieurs des temples de Mcmph; tombés en ruine furent restaurés et les ii

1. Voici; autant qu'il est possible de le recomposer j tableau des vingt -deuxième, vingt - troisième et vin) nasties :

VINGT-DEUXIEME DYNASTITE BUBASl

I. — Ra-octs khoper stepenra Sueshonq I" Meïak U. — Ra-kiiem-kiioper stepenra Osorkon I" Meïaj

UI. — RA-OUTS 8TEPENAMEN NOUTER-HIQ-AN TAKELOT

Se Isi.

rV. — Ra-ouser-ma stepenamen Osorkon II Meïamo V. — Ra-sekhem-khoper stepenamen Siieshonq II VI.— Ra-outs-khoper stepenra Takelot II Meï^

TouiiXuOiç.

VII. — Ra-odsor-ma stepenamen Sheshonq m Meïaik VIII. — Ra-ousor ma stepenamen Pimaï Meïamoun. IX. — Ra-aa-khoper Sheshonq IV Meïamoun.

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