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de l'Europe, mais qu'on ne pouvait attaquer ehez lui M imprudence. L'exemple des Dix Mille prouva qu'une p gnée d'hommes perdus en pleine Ghaldée, privés de lêl chefs par la trahison, sans guides, sans cartes, sans alS pouvaient traverser impunément les domaines du grandi et rentrer en Grèce sans pertes considérables. Les résolt de cette expérience ne se firent pa^s attendre. Sparte vû| rieuse avait repris vis-à-vis des Grecs d'Ionie le rôlefi tccteur d'Athènes : la mort du jeune Kyros avait ronj ses attaches à la Perse et lui avait rendu sa liberté d'f tion. Pendant quatre ans de suite elle entretint la pm en Asie : son roi Agésilas pénétra au cœur même do Phrygie et se préparait à pousser plus avant sur la tp des Dix Mille, si Tor perse n'avait opéré en Europe i puissante diversion. Athènes reprit les armes : sa fk unie à la flotte perse parcourut la mer Egée, et s'em]j de nie de Gythère ; les longs murs furent reconstruits! frais du grand roi. Sparte n'oublia pas la leçon qu'elle^ nait de recevoir : elle renonça à délivrer les Grecs dli et s'efforça de traiter. Antalkidas envoyé à la cour de Si réussit à l'amener à ses vues et conclut avec Artaxerxèii traité célèbre dans l'histoire de la Grèce. Un ordre pi de Suse vint notifier à tous les peuples au nom du gii roi qu'ils eussent à suspendre les hostilités et àsefl pecter désormais les uns les autres (387). Personnel! tait de force à résister : il fallut obéir. Un peu plus i^ demi-siècle auparavant , Athènes traitant avec un 1 taxerxès lui avait arraché la liberté des Grecs d'Afl Sparte traitant avec un autre Artaxerxès lui livrait les Qv d'Europe. La revanche de la Perse était complète^
Un désastre en Afrique compensa largement ce trio phe. L'Egypte un moment écrasée après la défaite d'Ina n'avait pas tardé à s'agiter de nouveau. A Pausiris, d'Amyrtœos I»' , avait succédé un second Âmyrt» aussi insoumis qu'avait été son grand-père. Dès 410, troubles éclatèrent dans le Delta; en 404, & la moçt
1. Pour le àéXaW âi^ css ^N^t.^m^xyNs.;^ •^'^^>^^^^V«^^x^^^5iS{j^^!î,î3
(Oarios, le soulèvement devint général. Amyrtœos, reconnu aÇiar la plus grande partie du pays, reprit le vieux protocole ^erpharaonique et devint le chef d'une dynastie nouvelle, la -jXXVIIP, qui dura autant que lui, c'est-à-dire six ans*. sjjQ ne réussit pas à chasser entièrement les Perses, car ^Artaxerxès avait encore des troupes égyptiennes dans son ajttiDée, en 401, au moment de l'expédition du jeune Kyros*. gyAmyrtœos eut pour successeur Naïwâouroud (Nephoritès) ;;4e .Mendès, qui compléta l'œuvre de délivrance et fonda la ^JCXIX* dynastie (399). Avec Naïwâouroud l'Egypte rentra 8di pleine possession d'elle-même et retrouva son ancienne ^tiTité. Sa conduite politique était tout indiquée par les Sdrconstances : comme au temps des Saïtes, il fallait reidtiercher l'amitié des Grecs et détourner vers le nord les Ibrces des puissances asiatiques. C'était le moment où Bjipcurte venait de déclarer la guerre à la Perse : Agésilas préparait son expédition en Phrygie. Naïwâouroud conclut XffX traité d'alliance offensive et défensive avec les Lacédé-' .moniens et leur envoya une flotte chargée d'armes, de blé' ]ét de munitions. L'Athénien Gonon la rencontra à la hauteur de Rhodes et la dispersa. La retraite d'Agésilas et' ^abandon de l'Asie Mineure par les Spartiates refroidirent
tes bonnes dispositions du roi d'Egypte : il concentra sui' 'la frontière de Syrie les forces qu'il avait paru disposé à'
lancer au loin et se prépara à soutenir de son mieux un ^ass&ut qu'il pensait imminent.
'• L'attacrue ne vint pas aussitôt qu'on s'y attendait. La ^ retraite des Grecs n'avait pas terminé les affaires d'Asie ^ lifineure : depuis la tentative de Kyros la plupart des peu- ^ples indigènes, Mysiens, Pisidiens, gens du Pont et de la,' r Paphlagouie, avaient secoué le joug. II fallut le? ëoiimettref ^' à nouveau et dépenser contre eux les forces qif'dn aUrai^
, 1. La date de l'avénement d'Amyrtaeos et des événements qui l^Pi^^
''' cédèrent a été l'objet de nombreuses 'controvérstes.' On a voulu identt^'
f' fier 'A(xv(;Taîo; avec le nom Roud-Amen d'un roi égyptien: il parait
[/ assez bien prouvé aujourd'hui que ce Roud^Àmen éX^it un des petits
rois locaux de Tépoque éthiopienne et n'a rien de commun avea.la
prédécesseur de Naîwâauroud. — î. Xéiiopb.Oïi,~iln.a^ôi^fc^\; ^>^^* '
dû envoyer en Egypte. Les Grecs do Chypre commandés par Évagoras, tyran de Salamine, profitèrent des emkr; ras du maître pour reconquérir leur indépendance. Db 391, ils traitèrent avec Athènes, avec Hékatomnos, roi rebelle de Garie, et avec TÉgypte. Hakori venait de succéder à Nalwâouroud (393) : il accepta l'occasion qui s'o&rait de créer des embarras à la Perse et promit son secours. Évagoras, ainsi soutenu, prit Foffcnsive, enleva Tyr d'assaut et s'attaqua d'une part à la Gilicie, de l'autre à k Palestine. Une première expédition dirigée contre loi par Âutophradatès, satrape de Lydie, manqua complètement. Mais, après la paix d'Ântalkidas, Artaxerxès rassembla une flotte de trois cents trirèmes, une armée di trois cent mille hommes, et jeta toutes les forces de l'enipire sur l'île de Gbypre.Evagoras fut défait sur mer, débit sur terre, enfermé dans Salamine et contraint de traiter après une résistance de six ans (380). Non-seulement 1 çbtint le pardon de sa révolte, mais la reconnaissance à son titre royal et l'assurance qu'il ne serait pas troulli dans l'exercice de sa royauté *, Une guerre contre les Cadusiens, que le grand roi avait voulu conduire en personne, n'eut pas d'issue aussi heureuse : l'armée, réduite àlabmine et harcelée dans sa marche par un ennemi insaisissable, aurait été détruite sans l'adresse d'un des généraux perses, Tiribazos, qui décida les barbares à demander II paix au moment même où ils allaient triompher '. Les années qui suivirent furent employées à rétablir en Asie Mineure et en Syrie la suzeraineté des Perses fortement ébranlée par la révolte d'Évagoras, Ge fut seulement apwi avoir rétabli l'ordre partout qu'on songea à tourner contre l'Egypte les armes de Tempire.
Hakori n'était pas resté inactif : tandis que les Perses étaient occupés en Chypre, il avait mis le pays en état de défense et s'était efforcé de recruter en Grèce une année et des généraux. U était mort en 382, et ses successeurs,
1. Voir pour le détail de cette guerre VHistoire grecque de M. Duroy. -^ 2. Plutarque, Vie 4* AtlaxeTxHjlV^^tixxv»^^^^^ Datâmes^ § 1.
^Psemouth (383-382) et Naïwâouroud H, n'avaient fait que ^passer sur le trône*. Un prince de Sebcnnylos, Nakht-hor-
fceb (Nectanébès !•'), fondateur d'une dynastie nouvelle, Ta XXX', acheva les préparatifs et confia le commandement de ses troupes à l'un des condottieri les plus ro<- ^Hommes de Tépoque, Khabrias d'Athènes. Khabrias s'é^
tabiit sur la branche pélusiaque dans une forte position ^ ^'il couvrit de retrandiements et qui garda son nom : do r|à il surveillait les débouchés de la Syrie et commandait l'ies approches du désert. La Perse fit des efforts propor- 'lionnes à l'importance de Tentreprise : elle confia à Phar- Habazos une armée de deux cent mille hommes, fit venir Iphicratès d'Athènes, réussit par obtenir des Athéniens
În'ils rappelassent Khabrias d'Egypte. L'armée, partie 'Ako sur la côte de Syrie, débarqua à l'entrée de la brandie mendésienne, et battit les corps égyptiens chargés do garder la côte. Iphicratès voulait marcher sur Memphis qa'il savait dégarnie de troupes : Pharnabazos hésita à suivre cet avis et laissa à Nakht-hor-heb le temps nécessaire pour revenir de sa surprise. Les Perses furent battas à plate couture près de Mondes, et contraints de se retirer. Pharnabazos rentra en Syrie ; Iphicratès fit ^roile vers Athènes : l'Egypte fut délivrée pour un quart de siècle '.
Cet échec n'ébranla en rien l'influence que le grand roi Avait exercée sur la Grèce depuis la paix de 387. Sparte^ Athènes et Thèbes se disputèrent son alliance avec plus d'acharnement que jamais. En 372, Ântalkidas reparut à la cour de Suse pour demander une nouvelle intervention ; en 367, Pélopidas et Isménias obtinrent un rescrit impérial ordonnant à tous les Grecs de rester en paix; en 366, Athènes envoya des ambassadeurs qui lui obtinrent les subsides de la Perse. Il semblait que le grand roi fût devenu pour les États helléniques une sorte d'arbitre suprême devant lequel chacun venait plaider sa cause. Mais cet ar«
1. SaDétbon, édit. Unger, p. 309. — 3. Diodore, XV, 29, 41| 4)| Corn. ICepoSy ipkUnUis, $ 3, etc.
bitre souverain qui imposait sa volonté au dehors n'étih pas maître chez lui. Doux, facile d'humeur, plus enclin à pardonner qu'à sévir, Artaxerxès n'avait pas l'énergie nécessaire pour comprimer l'ambition des gouvemeundi provinces. Ariobarzanès de Phrygie, Aspis de Gappodoot^ I Datâmes, s'insurgèrent tour à tour contre lui etdéfièrenlMl armes : on ne put se débarrasser d'eux que par le meorbi et la trahison. Bientôt après tous les satrapes des pro^ ces occidentales, des frontières de l'Egypte à rHellespont, formèrent une alliance offensive et défensive : rempireatl lait s'effondrer, si les dariques n'étaient encore une bi intervenues dans la querelle. Orontès de Phrygie et Rhn-I mithras vendirent leurs complices, mais trop tard pour en* pêcher la paix d'être troublée. L'Egypte, toujours àl'aSIl, avait trouvé dans la révolte une occasion nouvelle de m»\ trer sa haine contre la Perse. Nakht-hor-heb était morti 364 : son successeur Takho rassembla cpiatre-vingt mil hommes de troupes indigènes, dix mille merceniini grecs, deux cents vaisseaux, et se jeta hardiment sur II ' Phénicie. Sa maladresse et sa mauvaise fortune sauvèiot i Artaxerxès d'un désastre certain. Takho avait ftvec loilii vieil Agésilas : au lieu de lui remettre le commandemert Suprême, il se borna à lui confier les corps auxiliaires it réserva pour lui-même la direction suprême des opération À peine débarqué en Phénicie, il apprit que l'Egypte» soulevait derrière lui aux ordres de Nakhtnebew ; Agésilu^ qu'il avait offensé, se déclara contre lui avec l'armée et b{ Contraignit de passer dans le camp des Perses (361).
Nakhtnebew se prépara d'abord à continuer la guerre: une révolte du gouverneur héréditaire de Mendès coopi court à ses projets. Bloqué dans Tanis et presque réduit k se rendre, Agésilas rétablit ses affaires, défit le compétiteur et remit tout en ordre. Au milieu de ces lutte»; il avait fallu renoncer à la conquête de la Syrie et celi dans le temps où les discordes de la famille royale perse offraient des chances inespérées de succès, Artaxerxès avait ,eu trois fils, Darios, Ariaspès et Okhos : Darios, impatient de régner, coh^^ît^ ^\. iwx mY% à. mort ; Ariaspès se tua;
Okhos, resté seul, abreuva son père de tant de dégoûts que le vieux roi mourut de chagrin à Tâge de quatrevingt-quatorze ails (362). Okhos prit en montant sur le trône le nom d'Ârtaxerxès et débuta par un acte de cruauté jusqu'alors sans exemple dans les annales de la Perse : il fit mettre à mort tous les princes et toutes les princesses de sang royal. Sa férocité cachait du moins quelque énergie : il voulut rétablir Tempire dans son intégrité et s'attaqua à l'Egypte. Son armée mal conduite fut battue par Nakhtnebew ou plutôt par les généraux grecs au servie» de Pharaon, Diophantos d'Athènes et Lamios de Sparte (351). A la nouvelle de cet échec, la Phénicie se souleva tout entière : Sidon massacra sa garnison perse et Chypre 86 déclara indépendante. Okhos employa les quatre années qui suivirent à combattre ces révoltes : Sidon, trahie par son roi Tenues, fut brûlée et ce qui survivait de se? habitants vendu comme esclaves. La Phénicie vaincue, ce fut le tour de l'Egypte : Okhos vint mettre le siège devant Péluse avec une armée de trois cent trente mille Asiatiques et de quatorze mille Grecs. Deux siècles auparavant, Psaméiik m, attaqué par Kambysès, avait du moins lutté bravement : Nakhtnebew était fait pour les arts de la paix plutôt que pour la guerre. Il avait employé les instants de répit que lui accordait la fortune à restaurer les vieux monuments de l'Egypte et même à en construire de nouveaux. On a trouvé les traces de son activité tout le long de la vallée du Nil, à Philae, à Thèbes, à Tourah, dans le Delta; ses bas-reliefs, et ses statues comptent au nombre des chefs-d'œuvre de l'art saïte ^ S'il avait déployé comme général la même activité qu'il montra comme constructeur, et, dit-on, comme magicien ', le triomphe de FÊgyptè était certain. Le malheur voulut qu'il fût lâche : il se sauva sans attendre la bataille. Il abandonna Péluse et les mercenaires grecs qui la défendaient, se retira à
1. Voir au Loutre les statues (A. 28)^ les sphinx (A, 39, 30, 30 bis) et les bas-reliefs (B, 33) de Nectanèbo. — 2. Voir dans le PseuéUhCallis* tkèM$ U récit des exploits magiques de Nectanèbo (1. 1, 1-14).
Memphîs et de Memphis s'enfuit en Ethiopie avec tous ses trésors. L'Egypte abandonnée de son chef se soumit sans résistance et rentra pour toujours sons la domination de l'étranger (345) *.
Ce fut un grand succès pour la Perse, le dernier de tous. Déjà la Macédoine commençait à prendre la direction des affaires : encore quelques années, et elle se jettera sur l'Asie. Okhos mourut en 340, empoisonné par l'eunuque Bagoas; son fils Arsès ne fit que passer sur le trône et céda la place à un parent éloigna de la famille Akhéménide , Kodomannos , qui changea son nom en celui de Darios (337). Darios III monta sur le trône la même année qu'Alexandre : il vit les dangers que lui préparait l'ambition macédonienne et fut impuissant à les prévenir.
1. On peut reconstituer comme il suit la liste des dernières dynasties égyptiennes :
XXVil* DYNASTIE PERSE.