‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 3)Chapitre 80 sur 170 · Thucydide, A, 91k. —'X. U^V^. — ^. ^^^'c^idote^Vn, K · texte numérisé non relu

Thucydide, A, 91k. —'X. U^V^. — ^. ^^^'c^idote^Vn, K

rivales. Si la Grèce avait pu prévenir ses discordes et

Îloursuivre les avantages qu'elle venait d'obtenir, toutes es colonies de l'Asie Mineure étaient délivrées. Par malheur, Sparte n'aimait pas les aventures lointaines, Athènes avait assez à faire de relever ses murailles et de reconstituer sa puissance : la Perse fut sauvée d'une invasion.

Et tandis que le sort de son empire pendait dans la balance, que faisait Xerxès? Xerxès usait, dans des intrigues et d(3S débauches de harem, le peu de courage qui lui restait. Douze années durant, la guerre traîna sans qu'il songeât à faire un nouvel effort, ni même à prévenir une attacpiç. Vers 466, une flotte athénienne parut sur les cdtes de Giarie et de Lycie, en chassa les garnisons et rencontra la flotte du grand roi mouillée à la bouche de PEurymédon. Ce fut un nouveau Mycale : la flotte ennemie détruite, les équipages athéniens débarquèrent et mirent en déroute l'armée qui l'accompagnait. Le vainqueur se dirigea vers Chypre, dispersa une seconde flotte de quatre-vingts voiles, et rentra au Pirée chargé de butin (466), Xerxès ne survécut pas longtemps à cette humi-« Hation : il fut assassiné par l'eunuque Aspamithrès et le chef des gardes Artabanos (485) *. La même nuit, les meurtriers se rendirent auprès de son plus jeune fils, ArtSr^ Ihshathra (Artaxerxès), accusèrent du crime un autre fils du nom de Darios, et le tuèrent sous prétexte de venger le pai^ ricîde. Ils essayèrent ensuite de faire périr Artaxerxès lui-^ même, mais furent trahis par un de leurs complices et mis l mort. Les fils d' Artabanos voulurent venger leur père et rassemblèrent quelques troupes : ils périrent les armes à la main. Enfin, comme si ce n'était pas assez de tant de erimes; je frère aîné du nouveau roi, Hystaspès, qui était absent à la mort de Xerxès et aurait dû hériter la cou-^ ronne, se fit proclamer dans son gouvernement de Baotriane et vint réclamer ses droits à la tête d'une puissante^

t. Hérodote, IX, 69 ; Diodore, XI, 69 ; Ctésias, Persica, § 29 ; Justin, dl, 1, et Élien, Var. Hist.t XIII^ 3, qui raconte que Xerxès lui assassiné la nuit, par f on fils.

armée. Il fallut deux campagnes pour avoir raison de lui (462)*.

Au milieu du désordre général, TÉgypte chercha une fois de plus à recouvrer son indépendance. Le prince de Marea%Inaros, fils d'un Psamétik, se mit à la tête du mouvement et entraîna à sa suite tous les chefs du Delta (463). Seul, il ne pouvait espérer triompher des Perses : il s'adressa aux Grecs. Depuis leur victoire d'Eurymédon, les Athéniens n'avaient cessé d'entretenir une flotte dans les eaux de Chypre : les deux cents navires qui la composaient alors reçurent l'ordre de se rendre en Egypte et d'y rester à la disposition des chefs insurgés ^ Leur arrivée fat marquée par une victoire éclatante : Akhéménès, frère de Xerxès, et depuis 485 satrape de la province, fut battu près de Paprémis et son armée presque entièrement exte^ minée. Inaros le tua de sa propre main dans la mêlée et envoya son cadavre à Ârtaxerxès, peut-être par bravade, peut-être par respect pour le sang de la victime. Quelques jours après, l'escadre athénienne, aux ordres de Eharitimidès, surprit une flotte phénicienne qui accourait au secoon des Perses, lui coula trente navires et lui en prit vingt. Les alliés remontèrent le fleuve et parurent devant Memphis, où s'étaient réfugiés les débris des Perses et les troupes indigènes restées fidèles. La ville succomba bientôt, mais la forteresse du Mur-Blanc tint jusqu'au bout, et sa résistance donna au grand roi le temps de rassembler une nouvelle armée. La force des rebelles était moins dans les masses égyptiennes et libyennes que dans le petit corps d'hoplites et de matelots athéniens. Avant d'aventurer ses troupes dans le Delta , Ârtaxerxès tenta d'opérer une diversion en Grèce : ses envoyés essayèrent d'acheter les Spartiates et de les engager à envahir l'Attique. La vertu Spartiate fut cette fois, par hasard, à l'épreuve des dariques persanes. Mégabysos, envoyé en Egypte^ battit l'armée

1. Ctésias, Pmtca, §§30-31.-2. Thucydide, 1, 104; Ctésias, Penitê^ § 32, qui nomme le satrape vaincu Akhœménidès^ frère d'Artaxerxès. — 3. Thiucydiàe, 1, \Qik\ CAibivwi, ïwsxta.^'îa..

ennemie et força les vaincus à s'enfermer dans l'île de Pro- • sopitis, où ils soutinrent un véritable siège de dix-huit mois*. Au bout de ce temps, Mégabysos parvint à détourner un des bras du fleuve, mit à sec la flotte athénienne ôt donna l'assaut. Inaros, trahi par les siens, tomba aux mains de l'ennemi et fut mis en croix. La plus grande partie des auxiliaires grecs périt dans le combat : quelques-uns réussirent à gagner Kyrène et à rentrer en Grèce. Pour comble de malheur, un renfort de cinquante navires, qui arriva à l'embouchure mendésienne peu de jours après, fut surpris par la flotte phénicienne et plus d'à moitié détruit (455) '. Thannyras, fils d'Inaros, fit sa soumission et reçut en récompense le royaume de son père ' ; l'Égyptien Amyrtœos, qui avait pris parti pour Inaros, se réfugia dans les marais de la côte qui avaient servi plusieurs fois d'asile aux Saïtes ^, et s'y défendit longtemps encore avec succès.

L'intégrité de l'empire était rétablie, mais la guerre avec les Grecs durait toujours. Six ans après leur désastre d'Egypte, les Athéniens équipèrent une flotte de deux cents voues, qu'ils placèrent aux ordres de Gimon : il s'agissait do conquérir Chypre, ou du moins d'occuper solidement plurieurs villes chypriotes. Pour diviser les forces de l'ennemi, Gimon fit mine de vouloir recommencer la campagne d'Egypte et envoya une escadre de soixante navires au roi Imyrtœos : lui-même bloqua la place de Kition avec ce qui loi restait d'hommes et de vaisseaux. U mourut bientôt après des suites d'une blessure, et ses successeurs furent obligés de lever le siège faute de vivres. En passant devant Salamine, ils défirent une flotte phénicienne et cilicienne, puis débarquèrent et battirent une armée perse qui se tenait près de la ville. Artaxerxès ne résista pas à ce dernier échec : il craignit que les Athéniens, une fois maîtres de Chypre, ne

1. Clcsias remplace le nom de Prosopitis par celui de Byblos, « ville forte de TÉgy pic. » {Persica, §§ 33-34 ; cf. Et. de Byzance, *. c. BûoXo;.) — 2. Thucydide, 1, 105 ; Diodore, XI, 71, 74; Ctésias, Persica^ §§ 33- 36.-3. Hérodote, III, 15. — 4. D'après Hérodote, II, 140, l'île où il ee réfugia se nomme Eibô et avait servi de retraite à l'aveugle kw:^%v%.

parvinssent à soulever TÊgypte, toujours mal asservie, et décida de traiter à tout prix. La paix lui fut accordée à coidition que les Grecs d'Asie resteraient libres. Âucaae armée perse ne pourrait approcher à moins de trois jofl^ nées de marche de la côte ionienne. Aucun navire i guerre perse ne pourrait naviguer dans les eaux grecquo, depuis les îles ^élidoniennes jusqu'aux roches Kyaâéei, c'est-à-dire depuis la pointe est de la Lycie jusquî rentrée du Pont-Euxin. Ce traité mit fin à la premièn guerre contre les Perses et les Grecs (449) : les ht tihtés avaient duré un demi-siècle , depuis l'inceab de Sardes jusqu'à la dix-septième année d' Artaxeixès I' (501-449).

Les empires orientaux ne vivent qu'à la condition d'ètn toujours en guerre et toujours victorieux. Ils ne peuvent ai se restreindre dans certaines limites, ni rester sur k défensive; du jour qu'ils s'arrêtent dans leur mouvemai -d'expansion^ la décadence commence pour eux : ils sont conquérants ou ils ne sont pas. La Perse suivit la loi tefr mune. Ge ne fut plus désormais que révoltes dans lespitvinces, en Egypte, en Chaldée, en Bactriane; tragédies ii palais, où le poignard et le poison jouèrent leur i^' guerres civiles, dans lesquelles les satrapes toumènit contre le suzerain l'habileté qu'ils auraient dû tounff contre ses, ennemis, La paix avec la Grèce était à féat signée, que Mégabysos, satrape de Syrie, mécontentait manière dont le roi l'avait traité après la victoire d'Inares, -souleva sa province. Deux généraux, envoyés contre lui, furent battus l'un après l'autre : Mégabysos imposa sa conditions et ne fit sa soumission qu'après les avoir obtenues*. Le succès de sa révolte eut des conséquences déplefables : les satrapes virent qu'il n'était pas impossible de tenir tête au roi avec succès, et se relâchèrent de leur obéissance. Quelques années plus tard, Zopyros, fils de Mégabyzos, suivit l'exemple de son père et souleva la Carie et la Lydie '. La fidélité des gouverneurs de province ne fot

pins désormais qu'une affaire de caprice ou de circonstance.

Artaxerxès mourut en 425, et l'on vit recommencer après lui les intrigues et les crimes qui avaient ensanglanté le début de son règne. Son fils légitime^ Xerxès II, fut assassiné au bout de quarante-cinq jours par un de ses frères illégitimes, Sogdianos ou Sekudianos*. Oelui-ci fut détrôné à son tour et tué, après six mois et demi, par un autre fils illégitime du vieux roi, Okhos, qui prit, en montant sur le trône, le nom de Darios '. Sa vie ne fut qpi'un long tissu de misères et de crimes. Dès les premiers jours, son frère Ârsitès et Ârtyphios, fils de Mégabyzos, prirent les armes en Asie Mineure, enrôlèrent des mercenaires grecs et battirent par deux fois les troupes envoyées contre eux. L'or rse fit ce que la vaillance perse ne pouvait plus faire : deux rebelles, trahis par leurs soldats, se rendirent à «(mdition qu'ils auraient la vie sauve. Darios II avait épousé sa tante Parysatis, une des femmes les plus cruelles et les plus dépravées qui soient entrées dans le harem de rOrîent : sur son conseil, il viola la parole donnée et fit fépr Arsitès dans la cendre'. Cet exemple ne découragea point le satrape de Lydie. Pissuthnès appartenait à la faidlle royale ^ : il était en place depuis vingt ans au moins ^ et avait eu le temps de se préparer longuement à la guerre. Tissaphemès, envoyé contre lui, acheta les mercenaires qu'il avait à sa solde, et le força de se rendre à discrétion : Darios le mit à mort et donna sa succession au vainqueur ^ Cette exécution ne termina pas les troubles de l'Asie Mineure : Amorgès, fils naturel de Pissuthnès, souleva la Carie, s'arrogea le titre de roi et résista jusqu'en k\2 aux efforts de Tissaphemès ^ C'était le temps où la guerre du Péloponnèse mettait en

1. Ctésias, Persica, § 43. — 2. Id., ibid.y §§ 44-48. Les Grecs nommè- "ent ce prince N66o;, le bâtard. — 3. Id., ibid., 40-51. Sur le supplice de a cendre, cf. Valère Maxime,. IV, 2, 7; Ovide, ibw, 317-318, etc. — u D'après l'hypothèse fort vraisemblable de G. Rawlinson, The jive great Monarchies, t. III, p. 478. — 5. Thucydide, 1, 115, le mentionne dès avant '40. — 6. Ctésias, Persica, § 62. — 7. Thucydide, VIII, 5, 19, 28.

feu la Grèce entière. Athènes venait de perdre le meilleur de sa flotte et Télite de ses soldats en Sicile. Lorsque la nouvelle du désastre arriva en Orient, Darios vit que Toocasion était favorable à rompre le traité de 4^9. Il envoya aux satrapes de Mysie et de Lydie l'ordre de réclamer le tribut aux villes grecques de la côte et de traiter à tout prix avec les Lacédémoniens. Sparte accepta Talliance qui s'offrait à elle; dès lors les différents États de la Grèce ne furent plus que des jouets dans la main du grand roi et de ses agents. Tissaphemès et Pharnabazos s'appliquèrent d'abord à tenir la balance égale entre les Doriens et les Athéniens, sans permettre à aucun des peuples rivaux de porter à l'autre un coup mortel. Cette politique de juste milieu ne dura pas longtemps. Darios avait deux fils, dont le second, nommé Kyros comme le fondateur de l'empire, obtint, par l'influence de Parysatis, le commandement suprême des provinces d'Asie Mineure. Kyros arriva au pouvoir avec . des vues d'agrandissement personnel qui le rendirent traître aux véritables intérêts de sa nation. U espérait que sa mère obtiendrait pour lui la succession dévolue de droit à son frère aîné, Arsakès; en cas d'échec, il comptait revendiquer le trône par la force des armes. Athènes, puissance maritime, n'était guère à même de l'aider dans une expédition dirigée contre les provinces de la haute Asie : il inclina vers Sparte et lui donna un appui si efficace, qu'en deux ans la guerre fut terminée à l'avantage des Péloponnésiens, par la bataille décisive d'iEgos-Potamos (405)*.

Artaxerxè» ■■ (40ft-se«). — Arlaxerzès ill Okiiofli («St^ttii les dernières dynasties Indigènes de TlÊgyptc ; Dariss 10 ei Alexandre de Macédoine; ehute de l'empire perse. i

Le brusque dénoûment que l'intervention du jeune Kj- h ros donnait à la guerre de Péloponèse et les menées se* '

1. G. RawlinsoD, The fitegreat Monarchies, U III^ p. 479-481.

rètes dont les satrapes de FAsie Mineure accusaient co )rince parurent suspectes à bon droit. Darios appela son fils i Suse pour lui demander compte de sa conduite. Kyros irriva juste à temps pour assister à la mort de son père et i Tavénement d'un nouveau roi : Arsakès prit le nom royal rArtakhshathra (Artaxerxès) et monta sur le trône en dépit les efforts de Parysatis*. Pendant les cérémonies du couronnement, Kyros se cacha dans le temple et voulut tuer )on frère au pied de Tautel : dénoncé par Tissaphernès et [MUT un des prêtres, il fut saisi et aurait été mis à, mort, à sa mère ne l'eût enveloppé de ses bras et n'eût empêché le bourreau de faire son office'. Pardonné à grand peine, il retourna en Asie Mineure avec la ferme résolution de Be révolter à la première occasion. Malgré la surveillance de Tissaphernès, il réunit sous divers prétextes treize mille mercenaires grecs et cent mille hommes de troupes indigènes, quitta Sardes à Timproviste (401), traversa l'Asie Mineure, la Syrie du nord et la Mésopotamie, sans être inquiété, rencontra l'armée de l'empire près de Cunaxa, ï quelques lieues au nord de Babylone, et se fit tuer dans la bataille. Sa défaite et sa mort furent un véritable malheur pour la Perse. Il était brave, actif, ambitieux, Êbné de toutes les qualités qui font un bon monarque sriental. Il avait appris au contact des Grecs à -connaître les côtés faibles de sa nation et paraissait tenir à cœur d'y remédier : s'il avait triomphé, peut-être eût-il réussi à raffermir l'empire pour un moment et à l'arrêter sur la pente {ai l'entraînait à la ruine. Lui tombé, l'armée indigène {u'il avait amenée à sa suite se dispersa sur-le-champ. Les mercenaires, trahis par leurs alliés d'Asie, no perdi- %nt pas courage et gagnèrent les côtes du Pont-Euxin t travers l'Assyrie et l'Arménie. Jusqu'alors les Grecs avaient considéré l'empire comme un État compacte et edoutable qu'on pouvait vaincre sur mer et tenir éloigné

1. Ctésias, Persica, § 57 ; Plutarque, Vie d^ Artaxerxès, 2. — 2. Xénotïon, Anahase^ I, § 3j Ctésias, Persica, §57; Plutarque, Vie d'Àr^ ^serxès, 3 6qq.

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