‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 4)Chapitre 14 sur 190 · Lepsius, Denkm., IL, 43. — 2, Id., IL · texte numérisé non relu

Lepsius, Denkm., IL, 43. — 2, Id., IL

Je n’ai pas faibli! Je n'ai pas défailli! Je n’ai pas faitcequiétait abominable aux dieux! Je n’ai pas desservi l’esclave auprès de son maître ! Je n’ai pas affamé ! Je n’ai pas fait pleurer! Je n'ai point tué! Je n’ai pas ordonné le meurtre par fraude! Je n’ai commis de fraude envers personne! Je n’ai point détourné les pains des temples! Je n’ai point distrait les gâteaux d’offrande des dieux! Je n’ai pas enlevé les provisions ou les bandelettes des morts! Je n’ai point fait de gains frauduleux! Je n’ai pas altéré les mesures de grain! Je n’ai pas fraudé d’un doigt sur une paume! Je n’ai pas usurpé dans les champs! Je n’ai pas fait de gains frauduleux au moyen des poids du plateau de la balance! Je n’ai pas faussé l’équilibre de la balance! Je n’ai pas enlevé ie lait de la bouche des nourrissons! Je n’ai point chassé les bestiaux sacrés sur leurs herbages ! Je n’ai pas pris au filet les oiseaux divins! Je n’ai pas pêché les poissons sacrés dans leurs étangs! Je n’ai pas repoussé l’eau en sa saison! Je n'ai pas coupé un bras d’eau sur son passage! Je n’ai pas éteint le feu sacré en son heure! Je n’ai pas violé le cycle divin dans ses offrandes choisies! Je n’ai pas repoussé les bœufs des propriétés divines! Je n’ai pas repoussé de dieu dans sa procession! Je suis pur! Je suis pur! Je suis pur!»

Les mêmes formules de confession négative sont répétées presque mot pour mot dans la deuxième section du chapitre, jointes chacune au nom d’un des quarante-deux membres du jury infernal. La troisième section se borne à reproduire sous une forme parfois très-mystique les idées exposées dans la première : « Salut à vous, dieux qui êtes dans la salle de Vérité et de Justice, qui n’avez point le mensonge en votre sein, mais vivez de vérité dans On et en nourrissez votre cœur, par-devant le Seigneur Dieu qui habite en son disque solaire. Délivrez-moi de Typhon qui se nourrit d’entrailles, Ô magistrats, en ce jour du jugement suprême; donnez au défunt de venir à vous, lui qui n’a point péché, qui n’a ni menti ni fait le mal, qui n’a commis nul crime, qui n’a point rendu de faux témoignage, qui n’a rien fait contre lui-même, mais vit de vérité et se nourrit de justice Il a [semé partout] la

joie; ce qu'il a fait, les hommes en parlent et les dieux s'en réjouissent. Il s’est concilié Dieu par son amour; il a donné des pains à l’affamé, de l’eau à l’altéré, des vêtements au nu; il a donné une barque à qui était arrêté dans son voyage; il a.offert des sacrifices aux Dieux, des repas funéraires aux défunts. Délivrez-le de lui-même! Protégez-le contre lui-même (variante), ne parlez pas contre lui, par-devant le Seigneur des morts, car sa bouche est pure et ses deux mains sont pures‘! »

Pour affermir l’homme dans ces sentiments de piété et de justice, les Égyptiens avaient imaginé de placer à côté de lui sur la terre des dieux, témoins vivants de: tous ses actes. L’incarnation permanente de la divinité, faite d’abord dans un corps d’homme au temps des dynasties divines, avait changé de nature après que Râ, Hor, Osiris et les autres eurent achevé de développer dans l’homme les qualités que le créateur y avait placées et de donner aux premières sociétés un ensemble de lois et de principes qui leur permit de se suffire à elles sans l’intervention directe de la divinité dans leurs’ affaires. Désormais Dieu, au lieu de revêtir une figure humaine, se dissimula dans un corps de bête d’où il surveilla la marche des événements sans paraître y prendre part. Si bien caché qu'il fût sous ce déguisement, les Egyptiens surent le reconnaître et l’adorer. « Les sanctuaires des temples sont ombragés par des voiles tissus d’or. Si vous avancez vers le fond de l'édifice et que vous cherchiez la statue, un prêtre s’avance d’un air grave en chantant un hymne en langue égyptienne, et soulève un peu le voile comme pour vous montrer le dieu. Que voyez-vous alors? Un chat, un crocodile, un serpent indigène ou quelque autre animal dangereux. Le dieu des Égyptiens paraît : c’est une bête vautrée sur un tapis de pourpre. »

Clément d'Alexandrie avait raison de tourner en ridicule les animaux sacrés : il avait tort de les considérer comme les dieux de l'Egypte. Le chat, le crocodile, le

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