G. Maspero, Du genre épistotaire, p
rent mieux faire et défaire les rois à leur gré. Dès la fin de la vingt et unième dynastie, l'Égypte se trouvait en proie aux étrangers : elle n’eut plus d’autres maîtres que ceux qu’il leur plut lui infliger!.
Les Sémites et les villes situées à lorient du Delta eurent d’abord le dessus. Vers le milieu de la vingtième dynastie, un Syrien nommé Bebaï? vint s’établir à Bubaste ou dans les environs. Ses descendants y prospérèrent, et le cinquième d’entre eux, nommé Sheshonk, épousa une princesse de sang royal, Meht-en-ousekh. Son fils Nimrod joignit aux dignités religieuses dont il était revêtu le titre militaire de commandant des Mashouash. Son petit-fils Sheshong eut une fortune plus brillante encore. On le rencontre tout d’abord traité de Majesté, et qualifié Prince des princes, ce qui semble montrer qu’il tenait le premier rang parmi les chefs des Mashouash. Plus tard, il marie son fils Osorkon à la fille du dernier roi Tanite, Hor-Psiounkhä- Meïamoun, le Psousennès II de Manéthon. A la mort de ce prince, il s'empare de la couronne et fonde une nouvelle dynastie, la vingt-deuxième®#. C'était bien une famille sémite que le hasard des événements portait jusqu’au trône d'Égypte : malgré sa longue résidence sur le sol de sa patrie adoptive, elle n’avait perdu ni le souvenir de son origine ni la mémoire de ses dieux nationaux. Officiellement Sheshonq rendait hommage à Ammon-Rä, à Isis, à Bast surtout; en particulier il conservait le culte des divinités syriennes et faisait acheter en Palestine des esclaves mâles et femelles pour honorer son père Nimrod, à la mode de ses ancôtres#. Il sut d’ailleurs ramener fes petits chefs à l’obéissance et réunir l'Égypte entière sous un même sceptre. Si du côté de l’Éthiopie il ne parvint pas à sou-
1. Brugsch, Histoire, t.I,p.237-241.— 2. Le nomestécrit Bouañ (bis), soit Boubouai. Il me paraît être analogue au nom hébreu, 322. — 3. Lepsius, Ueber die XXII Ægyptische Künigsdynastie, p. 262 sqq. ; Brugsch,
Histoire d'Égypte, t. I, p. 219-222. — 4. Brugsch, dans la Zeitschrift, 1871, p. 85-86. Le tableau de la vingt et unième dynastie peut se dresser
à peu près comme il suit :
340 CHAPITRE VIIT
mettre les princes de Napata, en Syrie sa politique fut plus heureuse. Sans rompre avec Salomon, 1l ouvrit son royaume à tous les mécontents: Hadad l’Iduméen et Jéroboam trouvèrent asile auprès de lui. Cinq années après le schisme des tribus il envahit la Judée et « monta contre Jérusalem ». Tous les trésors que Salomon avait amassés dans le temple et dans le palais tombèrent entre ses mains *: de là il passa dans Israël, dont les forteresses lui ouvrirent leurs portes sans résistance ?. De retour dans son royaume, il fit graver sur les murailles de Karnak le nom des villes qu’il avait réduites. Ce fut là, avec le butin qu'il rapporta, le profit le plus net de sa campagne; il mourut bientôt après, et ses successeurs ne songèrent pas à revendiquer la suzeraineté qu’il avait un moment exercée sur la Syrie.
Après la retraite de Sheshonq, Juda et Israël ne firent que s’enfoncer de plus en plus dans leurs guerres civiles, Jéroboam mourut en 908 et son fils Nadab fut assassiné devant Gibbéthon par Baesha, fils d’Akhijah, après deux années de règne. Le nouveau roi se jeta sur Juda, où Asa, fils d’Abijam, petit-fils de Rehabeam, venait de monter sur le trône, et fortifia Rama à deux lieues au nord de Jérusalem, Asa, qui avait su repousser, au dire de la légende, une armée prodigieuse d’'Éthiopiens et de Libyensÿ, ne se crut