Movers, Die Phœnizier, t. II, 1° Thei], p
Superstitieuse comme toutes les femmes, et du reste nourrie à la piété par son père, qui avait été grand prétre d’Astarté avant de devenir roi, elle sut décider Akhab à pratiquer ouvertement le culte des divinités phéniciennes. Baal et Astarté eurent leurs temples dans Samarie et leurs bois sacrés sur toutes les collines; leurs prêtres et leurs prophètes s’assirent à la table royale et se répandirent sur le-pays, tandis que les prêtres et les prophètes de Jahveh en étaient réduits à se cacher pour échapper à la persécution. La masse de la nation resta indifférente entre les deux partis. Le prophète avait beau lui dire : « Si Jahveh est Dieu, suivez-le; mais si Baal est Dieu, suivezle; » il ne répondait rien et continuait à « boïiter des deux côtés ‘. » Le roi lui-même, plus superstitieux que vraiment religieux, ne savait se déclarer ouvertement ni pour Jahveh ni pour Baal : un jour il laissait massacrer les prophètes phéniciens?, et le lendemain livrait les prophètes hébreux à la vengeance d’Izebel*. Les fidèles au dieu national trouvèrent un chef dans Élijah de Thisbé, dont les aventures et les exploits nous sont arrivés mêlés de tant de prodiges, qu’il est impossible de discerner la part de vérité qu’ils renferment. Élijah, inspiré par l'esprit de Dieu, se rend devant Akhab, lui annonce qu'il n’y aura dans les années suivantes ni rosée, ni pluie, sinon à sa parole, et s'enfuit au désert pour échapper à la colère du roi. Il est nourri d’abord par des corbeaux qui, soir et matin, lui apportent de la viande et du pain, puis, quand la source à laquelle il buvait fut tarie, par un baril de froment et une cruche d'huile inépuisables dont il partage le contenu avec une veuve de Sarepta au pays de Sidon. Le fils de cette femme meurt subitement : Élijah leresssuscite au nom de Jahveh, et toujours guidé par l'esprit d’en haut quitte sa retraite pour se présenter de nouveau devant le roi. Akhab le reçoit sans lui marquer aucune haine, rassemble les prophètes païens et les met face à face avec lui sur le
Carme:. Les Phéniciens invoquent à grands cris leurs