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On ne sait trop quels droits Saryoukin pouvait avoir à la couronne : peut-être il se rattachait par quelque alliance lointaine à la famille qui venait de s’éteindre ; peut-être il n'avait d’autre titre à la royauté que sa valeur personnelle et l’éclat des services rendus pendant les règnes précédents. Dès le début, il se trouva engagé sur deux points à la fois en Susiane et en Syrie. La Syrie était loin de Ninive : un échec aux bords de la Méditerranée ne compromettait pas l’existence de l’empire : le nouveau roi courut au plus pressé. Les Susiens qui avaient cru pouvoir tirer parti des troubles qu’un changement de dynastie aurait dû soulever, furent déçus dans leurs espérances. Ce fut en vain qu’ils rallièrent l’armée chaldéenne afin de se mettre au moins le nombre de leur côté. Saryoukin battit Susiens et Chaldéens réunis dans les plaines de Kalou, puis hâta de tourner ses armes contre les peuples de Palestine. La ténacité de Tyr et la résistance prolongée de Samarie avaient encouragé bien des princes à la révolte; il fallait réprimer leurs velléités sur-le-champ, ou se résigner à lutter dans un bref délai contre une coalition générale des populations syriennes. Saryoukin se porta de sa personne au camp devant Samarie : le siége, mené vivement contre une garnison déjà épuisée par deux ans de lutte, se termina bientôt par la chute de la place. Elle fut pillée et toute la population emmenée en captivité « à Kalakh et sur le Khabour, sur le fleuve de Gozan et dans les villes des Mèdes!. » Elle fut remplacée par des Chaldéens faits prisonniers à Kalou, et plus tard par des colons venus d’'Hamath : un gouverneur assyrien s'installa dans le palais des rois d'Israël, et les temples des dieux se dressèrent à l'endroit où s'étaient élevés les autels de Jahveh. Une
partie du peuple des campagnes ne put supporter la domi-
nation étrangère et s’exila : les uns s’arrêtèrent en Judée auprès du roi Hizkiah, les autres s’enfuirent jusqu’en
Egypte ?.
1. 27280 âmes, au témoignage de Saryoukin lui-même (Oppert, Inscripion du palais de Khorsabad).— 2. IL Rois, xvn, 30: cf. Schrader,
Ainsi tomba Samarie, et avec Samarie le royaume d’Israël, et avec Israël la dernière barrière qui séparait l’'Égypte de l’Assyrie'. La marche en avant commencée par Assour-nazir-habal était enfin terminée : comme jadis sur l'Euphrate et le Tigre, les deux puissances rivales se trouvaient face à face sur la frontière de l'Afrique et de l'Asie, toutes prêtes à se disputer une fois encore l’empire du monde.
Die Keilinschriften und das Alte Testament, p. 158-168. — 1. Voici la liste des rois d'Israël :