Jesaiah, xxxu
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celui dont Hizkiah a détruit les hauts lieux et les autels, et a dit à Juda et à Jérusalem : « Vous vous prosternerez devant cet autel à Jérusalem ? » Or maintenant donne des otages au roi des Assyriens, notre maître, et je te donnerai deux mille chevaux, si tu peux donner autant d'hommes pour monter dessus. Comment donc ferais-tu tourner figure au moindre gouverneur d’entre les serviteurs de mon maître? Mais tu te confies en l'Égypte à cause des chariots et des gens de cheval. Mais maintenant suis-je monté sans Jahveh contre ce lieu-ci pour le détruire ? Jahveh m'a dit : « Monte contre ce pays-là, et le détruis. » Alors Éliakim, fils de Hilkija, et Sebna, et Joah, dirent au Rabshaké: « Nous te prions de parler en langue syriaque à tes serviteurs, car nous l’entendons; etne nous parle pointen langue judaïque, le peuple qui est sur la muraille l’écoutant. » Au lieu de se rendre à ces prières, Rabshaké se tint debout, et s’écria à haute voix en langue judaïque, et parla, et dit : « Ecoutez la parole du grand roi, le roi des Assyriens. Ainsi a dit le roi : « Qu’Hizkiah ne nous abuse point, car il ne pourra point vous délivrer de ma main. Qu’Hiskiah ne vous fasse point confier en Jahveh, disant : Jahveh indubitablement nous délivrera, et cette ville ne sera point livrée entre les mains du roi des Assyriens. N’écoutez point Hizkiah, car ainsi a dit le roi des Assyriens : Faites composition avec moi, et sortez vers moi; et vous mangerez chacun de sa vigne, et chacun de son figuier, et vous boirez chacun de l’eau de sa citerne ; jusqu’à ce que je vienne, et que ie vous emmène en un pays qui est, comme votre pays, un pays de froment et de bon vin, un pays de pain et de vignes, un pays d’oliviers qui portent de l’huile, et un pays de miel: vous vivrez et vous ne mourrez point. Mais n’écoutez point Hizkiah, quand il vous voudra persuader, en disant : Jahveh nous délivrera. Les dieux des nations ont-ils délivré chacun leur pays de la main du roi . des Assyriens? Où sont les dieux de Hamath et d’Arpad? Où sont les dieux de Sépharvaim, de Hénah et de Hivah? Même a-t-on délivré Samarie de ma main? Qui sont ceux d’entre tous les dieux de ces pays-là qui aient délivré leur
pays de ma main, pour dire que Jahveh délivrera Jérusalem de ma main?» Et le peuple se tut, eton ne luirépondit pas un mot, car le roi arait commandé, disant : Vous ne luirépondrez point. Après cela, Éliakim, fils de Hilkijah, maître d'hôtel, et Shebna le secrétaire, et Joah, fils d’Asaph, commis sur les registres, s’en revinrent, les vètements déchirés, vers Hizkiah, et lui rapportèrent les paroles du Rabshaké!. »
Sur les conseils de Jesaïah, Hizkiah se résolut à la résistance. En arrivant à Lakhis, les envoyés assyriens n’y trouvèrent plus leur #oi : il avait levé son camp et s’était porté contre les Égyptiens, sans doute afin de les écraser avant l’arrivée de Tahraga. En partant, il avait encore une fois menacé les Juifs de sa colère. « Que ton Dien en qui tu te confes ne t’abuse point en te disant : Jérusalem ne sera point livrée entre les mains du roi des Assyriens. Voilà, tu as entendu ce que les rois des Assyriens ont fait à tous les pays, en les détruisant entièrement ; et tu échapperais ? Les dieux des nations que mes ancêtres ont détruites, savoir, de Gozan, de Kharan, de Retseph, et des enfants d'Héden, qui sont en Télasar, les ont-ils délivrées ? Où est le roi de Hamath, le roi d’Arpad, et le roi de la ville de Sépharvaim, Hamath et Hivah??» On sait quel démenti la fortune donna à ces paroles hautaines ; pendant la marche sur le Delta, l’armée assyrienne fut à moitié anéantie par la peste, et se trouva réduite à un tel état de désorganisation que Sin-akhè-irib rentra à Ninive presque seul$. Les Juifs et les Égyptiens, étonnés par la grandeur du désastre, attribuèrent chacun à leur dieu tout l'honneur du succès qui les délivrait. Selon les Juifs, Hizkiah, après avoir entendu les menaces du roi d’Assyrie, se serait mis en prières, et Dieu lui aurait fait dire par Jesaïah : « Je t’ai exaucé dans ce que tu m’as demandé touchant Sin-akhéirib, roi des Assyriens...….. Il n’entrera point dans cette ville, il n’y jettera même aucune flèche, il ne se présentera point contre elle avec le bouclier, et 1l ne se dressera point de terrasse
1.32 Rois, XVI, 28-37. — 2. Ibid., xix, 10-13. — 3. Ibid, «1x, 20.
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contre elle. Il s’en retournera par le chemin par lequel il est venu, et il n’entrera point dans cette ville, dit Jahveh. Car je garantirai cette ville, afin de la délivrer, pour l’amour de moi, et pour l’amour de David, mon serviteur. Il arriva donc cette nuit-là qu’un ange de Jahveh sortit, et tua cent quatre-vingt-cinq mille hommes au camp des Assyriens ; et quand on fut levé d’un bon matin, voilà, c’étaient des corps morts. Et Sin-akhè-rib, roi des Assyriens, partit de là; il s’en alla, et s’en retourna, et se tint à Ninive!, » Au dire des Égyptiens, quand Sin-akhé-irib entra en Égypte, «la caste guerrière relhsa de se battre pour le roi Séthon, prêtre de Ptah, qui l’avait dépouillée d’une partie de ses priviléges. Le prêtre, enveloppé dans ces difficultés, entra au temple et, devant la statue, se lamenta au sujet des dangers qu'il allait courir. Pendant qu’il gémissait, le sommeil vint à lui et il lui sembla, en une vision, qu’un dieu, se tenant à ses côtés, le rassurait et lui promettait qu’il n’éprouverait aucun échec en résistant à l’armée des Arabes : car lui-même devait envoyer des auxiliaires. Plein de confiance en ce songe, il réunit ceux des Égyptiens qui voulurent le suivre pour les conduire en armes à Péluse, porte de Egypte de ce côté. Nul des guerriers ne l’accompagna, mais des petits marchands, des foulons, des vivandiers. Ils arrivèrent à leur poste, et, durant la nuit, une nuée de rats des champs se répandit sur leurs adversaires, dévorant leurs carquois, les cordes de leurs arcs, les poignées de leurs boucliers, de telle sorte que, le lendemain, les envahisseurs, se voyant dépouillés de leurs armes, s’enfuirent, et qu’un grand nombre fut tué. On voit maintenant dans le temple de Ptah la statue en pierre de ce roi, ayant sur la main un rat, et cette inscription : « Que celui qui me regarde soit pieux?. »
Sin-akhè-irib ne revit plus jamais la Palestine. Non que
laperte d’une seule armée fût un coup assez rude pour ame-
1. II Rois, xIx, 32-36. — 2. Hérodote, II, ch. cxur. Oppert, Mémoire sur les rapports de l'Égypte et de l’Assyrie, p. 29-38; Fr. Lenormant, Histoire, t. II, p. 99-100; Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, p. 168-205 ; J. Menant, Annales, p. 218-219.
ner, comme le prétend Josèphe, la destruction de l'empire ninivite : il se refit promptement de sa défaite et reparut bientôt sur les champs de bataille, plus terrible que jamais; mais les guerres sanglantes qu’il eut à soutenir vers lorient et le nord ne lui permirent pas d’envoyer en Syrie la moindre partie de ses forces. Tandis qu'il était occupé sur les confins de l'Égypte, la Chaldée, fatiguée du gouvernement de l’Assyrien Belipnou, s'était soulevée et donnée de nouveau à Mardouk-bal-idinna. Celui-ci, qui s'attendait à une guerre immédiate, avait tâché tout d’abord des’assurer des auxiliairés. Il avait déjà l’alliance de l’Elam, il rechercha celle de la Judée. Le désastre de Sin-akhè-1rib avait en effet répandu au loin la réputation d’'Hizkiah et l’avait «élevé à la vue de toutes les nations‘ ». Avec les tributs et les présents que les petits princes voisins lui envoyèrent : il avait refait son trésor royal, épuisé par la rançon qu'il avait payée : « Hizkiah donc eut de grandes richesses et une grande gloire, et amassa des trésors d’argent, d’or, de pierres précieuses, de choses aromatiques, de boucliers et de toute sorte de vaisselle précieuse. Et il fit des magasins pour la récolle du froment, du vin et de l’huile, et des étables pour toutes sortes de bêtes, et des rangées dans les étables. Il se fit aussi des villes, et il acquit des troupeaux du gros et du menu bétail en abondance; car Dieu lui avait donné de fort grandes richesses. Hizkiah boucha aussi le haut canal des eaux de Guihon, et en conduisit les eaux droit en bas, vers l’occident de la cité de David. Ainsi Hizkiah prospéra dans tout ce qu'il fit?. » L'alliance de Juda était désirable à tous égards, mais il fallait trouver un moyen d’entrer en relation avec lui. Une maladie dont Hizkiah faillit mourir et à laquelle il n’échappa qu’à grand peine lui fournit un prétexte naturel. Mardouk-bal-idinna envoya une ambassade, soi-disant pour féliciter le prince juif de sa guérison miraculeuse, en fait pour sonder ses intentions au sujet de l’Assyrie. « Hizkiah en fut joyeux et leur montra {es chambres où étaient toutes ses richesses, l’argentet l'or,