I. KHOUMBANIGAS II
| IT. OUMMANALDAS [®, 675-670. III. OURTAKI, 670-659. IV. TEOUMMAN, 659-657. SR V. OUMMANIGAS Ier, 657-650. OUMMANALDAS II. TAMMARITOU, VI. TAMMARITOU. ne à 2 SRE
G. Smith, History of Assurbanipal, p. 307 ; G. Rawlinson, Zhe fire great Monarches, t. IT, p. 205.
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amèremerit l'ingratitude des Babyloniens. « Les enfants « de Babilou, j je les avais placés sur des trônes, je leur « avais donné des vêtements superbes, je leur avais mis aux pieds des anneaux d’or; les enfants de Babilou, ils avaient été reçus au pays d’Assour et honorés suivant mon ordre exprès. Et pourtant, lui, Saoul-masadd-you- « kin, mon jeune frère, il ne tint aucun compte de ma suprématie, il souleva le peuple d’Accad, de Kaldou et d’Aram, et les peuples de la côte... et il les suscita contre « mon pouvoir. ». Pour obtenir les secours de l'Élam, Saoul-masadd-youkin donna les trésors du temple de Bel à Babylone et du temple de Nebo à Barsip. Des courriers envoyés par toute la Chaldée et en Arabic décidèrent « les « rois du pays de Gouti, du pays de Martou, du pays de « Miloukhi, à faire cause commune avec lui. » La coalition allait de l'Égypte aux bords du golfe Persique, et Assourban-habal ne savait encore rien du complot qui se tramait contre lui. Un incident imprévu le tira soudain de sa tranquillité et lui révéla toute l'étendue du danger. Le gouverneur assyrien d'Ouroukh apprit du gouverneur d’Our qu'un messager de Saoul-masadd-youkin venait d’arriver dans cette ville et y excitait le peuple à la rébellion : après avoir en vain essayé de rétablir l’ordre, il donna avis à son suzerain de ce qui se passait. Saoul-masadd-youkin essaya de conjurer l'effet de cette révélation en faisant protester de son dévouement à l’Assyrie par une ambassade solennelle. Il gagna de la sorte le temps nécessaire pour compléter ses préparatifs : au retour des ambassadeurs, il jeta le masque et se proclama roi de Babylone‘.
. Assour-ban-habal faiblit d’abord devant l’imprévu de cette attaque. Un songe lui rendit courage : « Voilà, lui dit « le dieu Sin, ce que je prépare à ceux qui complotent
« contre Assour-ban-habal, roi du pays d’Assour : un « combat aura lieu, après lequel une mort honteuse les « attend. Adar détruira leurs vies par l’épée, par le feu,
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1. Smith, History of Assurbanipal, p. 110-150 ; J. Ménant, Annales, p. 282-285; G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. Il, p. 205-206 ; Fr. Lenormant, Histoire, t. II, p. 115-117.
« par la famine. » J’entendis ces paroles et je me préparai « dès lors à remplir la volonté de Sin mon seigneur. » Les discordes de la famille royale paralysèrent les forces de l’Élam. Tammaritou, fils d'Oummanigas, voyant que son père avait envoyé la fleur de son armée à Babylone, se révolta contre lui, le prit et le fit décapiter. A la faveur de cette diversion, Assour-ban-habal vainquit son frère en rase campagne et força les débris de son armée à s’enfermer dans Babylone, Sippar, Barsip et Kouta. Il assiégeait ces quatre places quand Tammaritou « s’avança contre lui « pour combattre. J’adressai, dit-il, ma prière à Assour et « à Istar : ils accueillirent mes supplications et entendi- « rent les paroles de mes lèvres. Son serviteur Indabigas « se révolta contre lui et le mit en déroute sur le champ « de bataille. » Le vaincu n’eut d’autre ressource que de s'enfuir à Ninive et de se remettre à la merci du roi d’Assyrie. « Il embrassa mon pied royal et se couvrit la tête « de poussière devant l’escabeau de mes pieds... Moi, « Assour-ban-habal, au cœur généreux, je l’ai relevé de sa « trahison, je l’ai reçu lui et les rejetons de la famille de « son père dans mon palais. » Privé, par cétte catastrophe imprévue, de son allié le plus efficace/Saoul-masadd-youkin ne pouvait plus remporter la victoire. Il s’enferma dans Babylone et y résista jusqu’à la dernière extrémité : la faminé l'ut telle que les assiégés « en furent réduits, pour se nour- « rir, à prendre la chair de leurs fils et de leurs filles. » Saoul-masadd-youkin, tombé aux mains de son frère, fut brûlé vif, « et le peuple qui l'avait suivi ne trouva pas sa « grâce. Ce qui ne fut pas brûlé avec Saoul-masadd- « youkin, son maître, s'enfuit devant le tranchant du fer, «< l’horreur de la famine et les flammes dévorantes, pour. « trouver un refuge. La colère des grands dieux, mes sei- < gneurs, qui n'était pas éloignée, s’apnesantit sur eux; « pas un ne s’échappa, pas un ne fut épargné, ils tom- « bèrent tous dans mes mains. Leurs chariots de guerre, « leurs harnais, leurs femmes, les trésors de leurs palais, « furent apportés devant moi. Ces hommes dont la bouche « avait tramé des complots perfides contre moi et contre
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« Assour, mon seigneur, j'ai arraché leur langue et j'ai
« accompli leur perte. Le reste du peuple fut exposé vivant
« devant les grands taureaux de pierre que Sin-akhè-irib, « le père de mon père, avait élevés, et moi, je les ai jetés « dans le fossé, j'ai coupé leurs membres, je les ai fait
« manger par des chiens, des bêtes fauves, des oiseaux de
« proie, les animaux du ciel et des eaux. En accomplissant « ces choses, j'ai réjoui le cœur des grands dieux, mes sei- « gneurs. » C'était la deuxième fois, en moins d’un demisiècle, que Babylone était saccagée par les Assyriens. Quand les soldats et le roi lui-même furent fatigués du massacre, « le reste des enfants de Babilou, de Kouta, de Sippar, « qui avait résisté aux souffrances et aux privations, reçut « son pardon. J'ordonnai qu’on épargnât leur vie... Je « leur imposai les lois d’Assour et de Beltis, les dieux du « pays d’Assour, les tributs et les redevances de provinces « soumises à ma domination !. »
Depuis la fuite de Tammaritou, l’Elam n ’avait pris aucune part à la guerre. Indabigas, secrètement favorable à Saoul-masadd-youkin, s’était tenu.sur la réserve : il craignait, en éloignant son armée, de s’exposer à quelque révolte des princes de sa famille. Après la chute de Babylone, il donna asile à plusieurs chefs chaldéens, et entre autres à Nabou-bel-soumê, petit-fils de Mardouk-balidinna, et, comme son grand’ père, .roi de Beth-Yakin. Assour-ban-habal réclama les fugitifs, Indabigas refusa de les livrer; des négociations s’engagèrent pendant lesquelles un général susiéen, Oummanaldas, assassina son maître et se mit sur le trône. Assour-ban-habal profita de ces dissensions pour envahir J’Ælam. «Bet-Imbi, l’ancienne, « est la capitale des places fortes du pays d’ El am, elle en « divise la frontière comme une muraille. Sin- akhèirib, « r0i du pays d’Assour, le père du père qui m’a engendré, « l'avait prise; les Élamites avaient construit devant Bet-
1. G. Smith, History of Assurbanipal, p. 151-204; J. Ménant, Annales, p. 261 -264 ; G. Rawlinson, ds five great Monarchics, 4. IT, p. 205- 207.
« Imbi l’ancienne une autre ville, ils l’avaient fortifiée, ils « avaient élevé ses remparts et l'avaient nommée Bet-[mbi. « Je l'ai prise au cours de mon expédition. J’ai détruit les «habitants qui ne sont pas venus solliciter l’alliance de « ma royauté, je leur ai coupé la tête, je leur ai arraché « les lèvres, et, pour les faire voir aux habitants de mon « pays, je les ai envoyés au pays d’Assour. » Oummanaldas quitta Madaktou et s’enfuit dans les montagnes. Tammaritou, qui avait suivi Assour-ban-habal, fut rétabli sur le trône comme vassal de l’Assyrie. Mais bientôt, las du rôle odieux qu’il jouait, il complota de massacrer les garnisons assyriennes ; il fut trahi et livré au vainqueur. Cette diversion inattendue donna à Oummanaldas le temps de réparer ses forces; il rentra dans Madaktou, et s’empara même de Bit-Imbi. Ce ne fut qu'un succès passager. Au printemps de l’année suivante, Assour-ban-habal parut en Élam, emporta l’une après l’autre toutes les lignes de défense qu'Oummanaldas avait établies en avant de Suse, et finit par enlever cette ville elle-même. « Par la volonté « d’Assour et d’Istar, je suis entré dans ses palais et je «m'y suis reposé avec orgueil. J'ai ouvert leurs trésors, « j'ai pris l'or et l’argent, leurs richesses, tous ces biens « que le premier roi d’Elam et les rois qui l'avaient suivi «avaient réums et sur lesquels aucun ennemi encore « n'avait mis la main, je m'en suis emparé comme d’un « butin... J'ai enlevé Sousinak, le dieu qui habite dans les « forêts, et dont personne n'avait encore vu la divine «image, et les dieux Soumoudou, Lagamar, Partikira, « Amman-Kasibar, Oudouran, Sapak, dont les rois du « pays d'Elam adoraient la divinité. Ragiba, Soungoum- « soura, Karsa, Kirsamas, Soudounou, Aiïpaksina, Biloul, « Panintimri, Silagara, Napsa, Nalirtou et Kindakourbou, « j'ai enlevé tous ces dieux et toutes ces déesses avec leurs « richesses, leurs trésors, leurs pompeux appareils, leurs « prêtres et leurs adorateurs, j'ai tout transporté au pays « d'Assour. Trente-deux statues des rois en argent, en or, « en bronze et en marbre, provenant des villes de Sousan, « de Madaktou, de Houradi, la statue d'Oummanigas, le.
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« fils d'Oumbadara, la statue d’Istar-Nakhounta, celle « d’Hallousi, la statue de Tammaritou, le dernier roi qui, « d’après l’ordre d’Assour et d’Istar, m'avait fait sa soumis- « Sion, j'ai tout envoyé au pays d’Assour. J’ai brisé les « lions aïlés et les taureaux qui veillaient à la garde des « temples. Fai renversé les’taureaux ailés fixés aux portes « des palais du pays d'Élam et qui jusqu'alors n'avaient « pas été touchés ; je les ai jetés bas. J’ai envoyé en capti- « vité les dieux et les déesses. Leurs forêts sacrées, dans « lesquelles personne n’avait encore pénétré, dont les fron- « tières n'avaient pas été franchies, mes soldats les envahi- «rent, admirant leurs retraites, et les livrèrent aux « flammes. Les hauts lieux de leurs rois, les anciens et les « nouveaux qui n'avaient pas craint Assour et Istar, mes « seigneurs, et qui étaient opposés aux rois mes pères, je « les ai renversés, je les ai détruits, je les ai brûlés au « soleil; j'ai emmené leurs serviteurs au Pays d’Assour. « j'ai laissé leurs croyants sans refuge, j'ai desséché les « citernes. » Pendant un mois et vingt-cinq jours, toute le partie basse du pays d’Élam fut livrée aux soldats et saccagée. Ce qui resta de la population au bout de ce temps fut envoyé « comme des troupeaux de moutons » dans les villes où siégeaient les dieux, les préfets, les commandants militaires et les gouverneurs de l’Assyrié.
Oummanaldas tenait encore dans la montagne ; pour obtenir la paix, il offrit au monarque assyrien de lui livrer Nabou-bel-soumé. Plutôt que de tomber vivant aux mains de l’ennemi, Nabou-bel-soumè se fit tuer par son écuyer. Son corps fut remis aux messagers du roi d’Assyrie, qui le décapita et le jeta à la voirie en défendant de lui donner la sépulture. La tête salée ét préparée fut suspendue à l’un des arbres du jardin royal de Ninive; un bas-relief, aujourd’hui conservé au Musée Britannique, représente Assour-ban-habal banquetant avec ses femmes en présence de ce hideux trophée’. Cette lâcheté ne sauva pas Oummanaldas ; les vainqueurs le poursuivirent jusque dans les
1. Fr. Lenormant, les premières Civilisations, t. II, p. 306.
déserts où il s’était retiré et le contraignirent à quitter le pays sans espoir de retour. Lui chassé, tout son royaume fut réduit à l'état de province et placé directement sous la surveillance des généraux assyriens. L'Élam, le plus ancien des États de l’Asie antérieure, disparut de la scène du monde; les souvenirs de son histoire réelle s’effacèrent au milieu des légendes ; le fabuleux Memnon remplaça dans la mémoire des peuples ces lignées de souverains ambitieux et de hardis conquérants qui avaient possédé Babylone et la Syrie en des temps où Ninive n’était qu'une simple bourgade,
Une guerre heureuse contre les Nabatéens et contre les Arabes situés entre la vallée du Jourdain et celle de l’'Euphrate assura la frontière de l’Assyrie sur le désert: un traité avec Sadouri, roi d'Ourarti, mit les régions du Naïri à l'abri de toute attaque. L'Egypte s’était rendue indépendante, sans doute pendant la révolte de Saoul-masaddyoukin, et la Lydie avait rompu sés relations avec Assourban-habal. C'étaient toujours les mêmes dangers et les mêmes difficultés qu’au temps d’Assour-nazir-habal ou de Touklat-habal-asar Il; pour maintenir leur autorité, les rois d’Assyrie étaient contraints de courir sans relâche d’une extrémité de leur empire à l’autre. Toute guerre qui durait quelques années et retenait leurs armées à l’Est relâchait en Occident les liens d’allégeance ; il fallait régulièrement recommencer la conquête ou renoncer à l’acquis des expéditions précédentes. Assour-ban-habal, fatigué de sa lutte contre l’Élam, résigna ses droits à la suzeraineté sur l'Égypte et sur la Lydie. Il n’en resta pas moins le souverain le plus puissant du monde oriental. Presque le | dernier de sa race, il fut celui dont la domination s’étendit le plus, et dépassa tous ses prédécesseurs en activité, en courage, en énergie, en cruauté, comme si l’Assyrie, se sentant près de sa ruine, avait voulu réunir en un seul
1. G. Smith, History of Assurbanipal, p. 205-255, 300-307; Ménant, Annales, 264-210; G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. II, ». 206-209; Fr. Lenormant, Histoire, t. II, p. 118-122,
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homme toutes les qualités qui avaient fait sa grandeur et tous les défauts qui ont souillé sa gloire.