‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 4)Chapitre 86 sur 190 · ABIBAL. PYGMALION · texte numérisé non relu

ABIBAL. PYGMALION

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hhh CHAPITRE XI.

vieille colonisation Sidonienne, couvert de ses colonies les côtes méridionales de l’Asie Mineure et pris pied à Chypre, s’aventurait jusqu’en Sicile. En 734, une première expédition fondait au pied de l’Etna Naxos et Mégare ; en 73h, les Corinthiens et les Corcyréens bâtissaient Syracuse : en quelques années les Grecs occupèrent toute la côte orientale et méridionale de l’île. Carthage acheva ce qu’ils avaient commencé. L’aristocratie tyrienne transportée en Afrique y déploya, pour la grandeur'de sa nouvelle patrie, l'activité qui avait fait la grandeur de Tyr pendant les siècles précédents. La Ville neuve éclipsa ses voisines, Utique, Adrumète, Leptis, et ne tarda pas à entrer en rivalité d'intérêts avec la mère-patrie : soixante années à peine après sa fondation, elle conquérait pour son compte la partie méridionale de la Sardaigne. Les Phéniciens de Sicile, refoulés par les Grecs dans Makhanath (Panormos), Motya et Képher (Solonte), ceux de la côte d'Espagne et ceux de la côte d'Afrique, harassés sans cesse par les barbares, tous les peuples et tous les comptoirs que Tyr empèchée par ses guerres contre l’Assyrie ne pouvait plus défendre, se mirent sous la protection de Carthage. Le vieux nom national de Pœni, d’abord entendu sur les rives du golfe Persique, résonna sur les eaux de la Méditerranée et de l'Océan Atlantique, et l'empire Punique remplaça en Occident l'empire Phénicien. Chypre fut conquise par les Assyriens en 708; Thasos par les Pariens à peu près dans le même temps. Vers la fin du règne d’Assour-ban-habal, la Phénicie n'avait plus une colonie qui reconnût son autorité. Sa richesse et son commerce n’en souffrirent point : « elle fit le métier de revendre aux peuples en plusieurs « îles » et servit de commissionnaire en marchandises au monde entier, aux Carthaginois et aux Grecs comme à ceux d'Egypte et de Syrie. Sa force n’en était pas moins brisée : réduite à son territoire continental, elle garda assez d’énergie pour résister aux assauts des conquérants étrangers et pour succomber glorieusement, mais n’eut plus assez de puissance effective pour peser d’un grand poids dans les destinées de la Syrie,

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