‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 5)Chapitre 63 sur 96 · VI.-- VivrtÇ · texte numérisé non relu

VI.-- VivrtÇ

Vil. — HA-«irT8-BIQ HOR PSIOUNKHX MeUMOUN, Vovirtvi^t ^ '

1. 1 Rois, XV, 2&-26. ~ 2. Un grand nombre de villes d'Israël sont nommées dans la liste de Karnak à côté des villes de Juda. ~ 3. Les Chroniques, II, ziv, 9-1 3, qui nous parlent de cette invasion plus que suspecte^ nomment Zerakh, le chef des envahisseurs. Cbampollion croyait y voir Osorkon ly de la vingt-deuxième dynastie {Précis du système hiérogly' phique, 257-262) ; Bruffsch, Histoire, 1. 1, p. 228, prétend y reconnaître le nom d'un roi éthiopiéi, Atserk Amen, qui est de beaucoup postérieur.

l'empire juif. 341

pas assez fort pour résister aux Israélites et appela au secours le roi de Syrie. Depuis la révolte de Rézon, Damas n'avait cessé de croître en importance et en vigueur militaire sous Hézion *, sous Tabrimmon, sous Benhadar !•' ' : elle avait conquis Hamath, la Cœlé-Syrie et toutes les parties du désert qui confinent à TEuphrate. Benhadar saisit Toccasion qui s'offrait d'étendre sa domination vers le sud : il envahit la Galilée et en prit les villes. Baesha, rappelé au nord, ne put se maintenir dans Rama, et Asa mit sa frontière à Tabri en fortifiant Gibea et Mitspah. Pas plus que Jéroboam, Baesha ne réussit à fonder une dynastie durable ; comme il avait fait à Nadab, Zimri fit à son fils Éla. Getio fois encore, Tarmée était au pays des Philistins et devant Gibbéthon quand le meurtre fut commis : elle se souleva, acclama son chef Omri et marcha contre les meurtriers. Zimri, forcé dans Tirzah, mit le feu au palais royal et s'y brûla anrès avoir régné sept jours. Omri vainqueur trouva un rival dans Thibni fils de Ginath ; la guerre civile entre les deux partis dura quatre ans et ne se termina que par la mort naturelle ou violente de Thibni et de son frère lehoram^ La prise de Jérusalem par Sheshonq, l'hostilité constante de Juda et d'Israël, les crimes et les luttes intestines des Israélites, achevèrent d'affaiblir le peuple hébreu et lui enlevèrent le peu de prestige qui s'attachait à son nom depuis David. L'hégémonie passa de Jérusalem à Damas. Les descendîints de Rézon essayèrent de réunir les différentes nations de Syrie en un seul empire, et ils auraient peut-être réussi dans leur tâche, sans l'intervention décisive des armées assyriennes.

1. Le nom d*Hézion n'est peut-être qu'une corruption de celui de Rézon : en ce cas, il faudrait rayer Hézion de la série des rois de Damas. — 2. L'orthographe ordinaire Ben-hadad est fautive, comme le prouvent et l'assyrien Bin-hidri et la traduction ; v \6ç *A8èp des Sep- Unte. — 3. D'après Josèphe, A fU. Jud,, viii, 12, 5, Thibni fut assassiné.

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LE BCGOBTD EMPIRE AMTRIBIf lUSgiTA L'ATËlYEMEirr HE 8ARTOUKIIV.

ilssour-nasip-babal et SaimânaBar III ; les rois de Damas et la maison d'Omri. — Décadence momentanée de Tempire Assyrien; les prophètes d'Israël : Jéroboam II ; Touklat-habal-azar II ; diute de Damas. — La vingt-deuxième et la vingt-troisième dynastie; les Éthiopiens en Egypte : Plânfchi et Shabak ; chute du royaume d'Israël.

jLM««r»smlr-luilMil et SAlin*B«Mir m ; le« relu 4e Damas et la maUioii d^Omrl.

Les années qui suivirent la défaite d'Assour-rab-^mar furentpour TAssyriedes années de misère. Non-seulement elle perdit les conquêtes de Touklat-habal-asar en Syrie, mais les pays du Nord et du Sud échappèrent à sa domination. La Babylonie toujours impatiente rejeta le joug; les peuplades de l'Arménie et de la Gappadoce recouvrèrent leur indépendance; la Mésopotamie elle-même se sépara: c'est à peine si les monarques assyriens conservèrent les districts qui environnaient feur capitale. La vieille dynastie, abreuvée d'humiliations, ne survécut pas longtemps à son désastre. Quelque temps après la mort d'Assour-rab-amar un roi nouveau, Bel-kat-irassou, s'éleva et « fut l'origine de la royauté » (vers 1020] : ses descendants Salmanasar II, Irib-bin, Assour-idin-akhé, Assour-dan-il I*", Bin-nirari H, travaillèrent pendant près d'un siècle et demi à relever la grandeur de la monarchie. Us réparèrent les villes et les temples, creusèrent et nettoyèrent les canaux d'irrigation^ firent consolider les grandes digues qui protégeaient Ja plaine contre les invasions du Tigre. Touklat-Adar II (880-883), fils de Bin-nirari, reprit enfin l'œuvre de conquête si longtemps interrompue et se renditcélèbre par son courage et par sa férocité : « il exposa sûr des pals les corps

des Taincus. » Les rois d'Assyrie passaient à fortifier patiemment leur empire, le temps que les rois dlsraël et de Damas avaient usé dans des luttes stériles^

A mesure que leur autorité s'étendait vers le Nord, El- Assour perdait peu à peu l'importance qu'elle avait eue dans les premiers temps de la monarchie: elle cessait d'être le point central de l'empire et ne gardait son rang de capitale que par respect pour la tradition. Assour-nazir-habal^ successeur de Touklat-Adar, lui porta un coup mortel en se choisissant une autre résidence. Près de cinq siècles auparavant, un des vieux rois d'Assyrie, Salmanasar I**" avait construit à Kalakh, sur la rive gauche du Tigre et au confluent de ce fleuve avec le grand Zab, une ville à laquelle le hasard des révolutions ne permit pas de se développer. La quatrième année de son règne, Assour^nazir-habal fit raser ce qui restait des constructions de son antique prédécesseur et jeta les fondements d'une cité nouvelle. Dès lors et pendant un siècle au moins, tous les rois d'Assyrie, Salmanasar m, Samsi-Bin, Bin-nirari, ne cessèrent de l'embellir et vinrent l'habiter dans les rares instants de répit que leur laissa la guerre. « Palais après palais s'éleva sur la riche plate-forme qui soutenait la ville, chacun richement orné de bois taillé, d'or, de peinture, de sculpture et d'émail, chacun rivalisant de splendeur avec les premiers construits : des lions de pierre, des sphinx, des obélisques, des sanctuaires, des tours sacrées, embellissaient la scène et en rompaient la monotonie par leur diversité. La haute pyramide à degré [ziggourat] attachée au temple d'Adar dominait tout et ralliait autour d'elle cet amas de palais et d'édifices. Le Tigre, qui baignait à l'ouest le pied de la plate-forme, reflétait la ville dans ses eaux et, doublant la hauteur apparente des édifices, dissimulait un peu l'écrasement des masses, qui est le point faible de l'architecture assyrienne. Quand le soleil couchant plaquait sur cette vue

1. Oppert, Histoire des empires de Chaldie et 4^ Assyrie, p. 61-69; G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. II, 80-83 ; Fr. Lenormant, Histoire d'Orient, t. II, p. 64-65 ; J. Menant, Annales des rois d'Assy^ rie, p. 59-64.

ces teintes éclatantes qu'on ne voit qu'au ciel d'Orient, Kalakh devait sembler comme une vision du pays des fées au voyageur qui l'apercevait pour la première fois *. »

C'est de là que les monarques d'Assyrie partaient pres(|ue chaque année pour leurs guerres. Adossés au plateau de Médie, bornés par les massifs de l'Arménie, ils ne devaient guère être tentés de s'étendre vers le nord et vers l'est : ils auraient trouvé dans ces régions beaucoup de peine et peu de profit. Tout au plus cherchèrent-ils à maintenir sous le joug les tribus remuantes qui habitaient l'extrême frontière de la vallée du Tigre et les montagnes du Kourdistan : s'ils dépassaient parfois ces limites, ce fut pour entreprendre quelques razzias vers la mer Noire et la mer Caspienne ou pour pousser des pointes hardies à travers la Médie jusque sur l'Indos. Leurs grands champs de bataille n'étaient pas dans cette direction : ils se trouvaient au sud àBabylone et dans TËlam, à l'ouest et au sud-ouest en Syrie. Pendant deux siècles, les armées assyriennes refirent chaque année, mais en sens inverse, tout ou partie du chemin parcouru huit siècles auparavant par les armées de Thotmès III et d'Amenhotep IL Ils attaquèrent la Syrie et l'enlevèrent pièce à pièce malgre'^a résistance obstinée, prenant d'abord Karkémish, puis la Phénicie et Damas, puis Israël et Gaza; abattant l'une après l'autre chacune des barrières qui les séparaient de l'Egypte, jusqu'au jour où les deux grands empires du monde oriental se trouvèrent de nouveau face à face comme au temps des Pharaons de la XVIIP dynastie. Cette fois les rôles étaient changés. Alors c'était l'Egypte qui venaà au-devant de sa rivale et traversait l'Asie antérieure pour arriver sous les murs de Ninive: maintenant, au cbiUraire, l'Assyrie attaque et l'Egypte se défend à grand^taine. Memphis reçut une garnison étrangère, et les générât d'Assour-ban-habal pUlèrent les temples de Thèbes.

Assour-nazir-hàbal commença cette marche en avant. Grâce à lui l'empire assyrien s'éleva tout à coup et se dé-

1, G. Rawlinson, The five great Monarchies , t. II, p» 98-99.

veloppa sur toutes ses frontières à la fcis. Ce fut d'abord une expédition dans le Kourdistan et dans les régions occidentales de TArménie. Les indigènes, incapables de tenir en bataille rangée, « se retirèrent sur les montagnes inaccessibles et se retranchèrent sur les sommets, afin que je ne pusse les atteindre ; car ces pics majestueux s'élèvent comme la pointe d'un glaive, et les oiseaux du ciel dans leur vol peuvent seuls y parvenir... En trois jours je gravis la montagne, je portai la terreur dans leurs retraites... leurs cadavres jonchèrent les pentes comme les feuilles des arbres, et le surplus chercha un refuge dans les rochers. » Après avoir incendié les villages de ces malheureux, le conquérant s'abattit sur le district de Karkhi* ; «j'y passai ar les armes deux cent soixante combattants, je leur coupai a tête et j'en construisis des pyramides. » Après Karkhi, ce fut le tour du pays de Koummoukh. U avait déjà reçu le tribut des Mouskaï et se préparait à pousser plus loin vers le nord, quand la révolte d'une ville de Mésopotamie le contraignit à revenir sur ses pas. Les révoltés jetèrent les armes à son approche et implorèrent le pardon de leur faute : il fut impitoyable. « J'en tuai, dit-il, un sur deux... Je construisis un mur devant les grandes portes de la ville; je fis écorcher les chefs de la révolte et je recouvris ce mur avec leur peau. Quelques-uns furent murés vifs dans la maçonnerie, quelques autres crucifiés ou empalés au long du mur; j'en fis écorcher un grand nombre en ma présence et revêtir le mur de leur peau. Je fis assembler leurs têtes en forme de couronnes et leurs cadavres transpercés en forme de guirlandes. » Le chef de la révolte fut emmené à Ninive, écorché et sa peau clouée à la muraille. Après cela, on ne peut trop s'étonner, si les chefs du pays de Laki se soumirent sans lutte. D'autres révoltes qui éclatèrent dans des recoins de l'Arménie furent étouffées avec non moins de promptitude et de cruauté ; en rentrant à Ralakh vers la fin de cette première année, Assour-nazir-habal pouvait se vanter d'avoir fait sentir la

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