‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 5)Chapitre 89 sur 96 · III. — RAKHOPBRKA NAKHTNEBEW, Nurc«vi<it<. Ifc«Tév«<t · texte numérisé non relu

III. — RAKHOPBRKA NAKHTNEBEW, Nurc«vi<it<. Ifc«Tév«<t

Battu au Granicfue (334), battu à Issos (333), battu près d'Arbèles (331), il fut trahi et tué dans sa fuite par un de ses satrapes (330)*. La Macédoine hérita son empire et la race grecque joua désormais le rôle prépondérant que la Perse avait joué pendant deux siècles. Quant aux peuples civilisés de l'ancien monde, Égyptiens, Juifs, gens de la Phénicie et de laGhaldée, ils étaient trop habitués à la domination étrangère pour recouvrer jamais leur indépendance. Ils vécurent sous leurs maîtres grecs le même genre de vie qu'ils avaient vécu sous leurs maîtres iraniens, et durèrent par la force des choses près de huit siècles encore. On continua de parler et d'écrire l'égyptien à Memphis, le phénicien à Tyr , le chaldéen dans les écoles d'Ouroukh ; il y eut des empires d'Egypte et de Syrie, des rois de Babylone et de Jérusalem. A jeter les yeux sur la carte du monde, il sembla que rien ou presque rien ne fût changé depuis le huitième siècle avant notre ère : les vieux peuples se mouraient ou étaient morts, mais le nom en était demeuré.

1. Voir pour le détail de ces événements VHistoire grecque de M. Duruy. Voici la liste des prînces de la famille akhéménide qui ont régné sur la Perse :

— KODROUS,

— Kamboozita,

— (Gaumata,

Viv^o I^tip^n].

rv.

— Dahatavoos I«',

A«f iIo« «.

— KHSHAYAR8HA l",

a4pÇi)« tt.

— ARTAKHSHATHRA I«',

*Apt«ÇifÇijç a Maxp^x"f*

— KHSHAYARBHA II,

SipCtj; p.

Z97^l«vo{.

— DARAYATOUS II,

A«prto; p 'Ûxot n moi.

— ARTA<H8HATHRA II,

'AprolipItjçp.Mwin-i».

— ARTAKH8HATBR.V III,

•Aet««lf|,< Y 'ûxoç.

Apff^Ç.

xni.

— Darayavous II,

dbyGoogk

D«8 procédés employëi à la ibrmation des écritures antiques. — Les caraclères cunéiformcf. — Les écrilurcs égyptiennes : Taiphabct, le

syllabaire, les caraclèrrs délorminalifs. — Oii^'itie de l'alphabet phénicien, ses dérivés sémitiques; ses dérivés ariens.

Ile« preeédéft ^meàp^jé» A la forai a«ion éem éerîtmrtm antique*. Le* earaetères cnnéifornies.

Pour fixer l'expression de la pensée, rhomme a mis en œuvre deux procédés qu'il peui appliquer séparément ou ensemble : Yidéograpliisnie ou peinture des idées, ic phonéiisme ou peintlire des sons. On peut représenter les idées de deux manières : directement, par figure des objets euxmêmes; symboliquement, par reproduction d'un objet matériel ou d'une ligure convenue pour rendre une idée abstraite. On peut de même représenter les sons de deux manières: par syllabes, en exprimant d'un seul sigiie un ensemble formé d'une ou plusieurs consonnes et d'une voyelle; par caractères alphabétiques, qui repi*ésenlent chacun une seule consonne ou une seule voyelle. Tous les systèmes d'écriture ont commencé par peindre les idées et ne sont .irrivés que lentement à la peinture des sons.

Le procédé qui consistait a exprimer l'objet par la peinture ae l'objet même, le soleil par un disque o, ia lune

par un croissant ), ne permettait de rendre qu'un certain nombre d'idt»es toutes matérielles. 11 fallut aussitôt recourir aux symboles. Les symboles sont de deux sortes, simples ou complexes. Les simples se forment : par synecdoche, en peignant la partie pour le tout, la prunelle, •, pour Vœil, -«>*; la iéte de hœuf, ¥, pour le tœu/* complet, "^. Par métonymie, en peignant la cause pour l'effet, l'effel pour la cause, ou l'instrument pour l'œuvre accomplie, le

disque solaire, 0, pour le jour; le brasier fumant, J, pour

LES ÉCRITURES DO MONDK ORIENTAL. b1\

lèfett; le pinceau, ïencrier et la pdéUd du 8cribei> g«I , pour Vécriture. Par métaphore, en peignant un objet qui avait quelque ressemblance réelle ou supposée avec 1 objet de

l'idée exprimée, les parties antérieures du lion, — ^, J, pour

marquer Tidéc de priorité; la guêpe, \|^, pour la royauté; le têtard de grenouille, ^, pour les centaines de îfiille. Par énigme, en employant l'image d'un objet qui n'a que des rapports fictifs avec Tobjet de l'idée à noter ; un épervier

sur un perchoir, ^, pour l'idée de dieu; une plume d'autruche, f, pour l'idée de /ttif/c^. Les idéogrammes complexes se forment d'après les mêmes principes que les idéogranmies simples. Ils consistent, à l'orij^ine, dans la réu^ nion de plusieurs images dont la combinaison rend une idée qu'un symbole simple n'aurait pu noter. Ainsi, en égyptien, un croissant renversé accompagné d*une étoile, '^^ rend l'idée de mois; un veau courant et le signe de Veau,

^ J3;, celle de soif. L'écriture Idéographique était un aïoy^n fort incomplet de fixer et de transmettre la pensée. Elle ne pouvait que placer des images et des symboles à côté les uns des autres, sans établir de distinction entre les différentes parties du discours, sans noter les flexions spéciales aux temps du verbe , aux cas et au nombre des noms : il fallut joindre la peintut*e des sons à la peinture des idées. Bien que par nature les symboles d'idée ne représentent aucun son , celui qui les lisait était obligé de les traduire par le mot attaché dans la langue parlée à l'ex* pression de la même idée. Au bout d'un certain temps, ils éveillèrent dans l'esprit de qui les voyait tracés, en même temps qu'une idée, le mot ou les mots de cette idée, partant une prononciation : on s'habitua à retrouver sous chaque figure et sous chaque symbole une ou plusieurs prononciations fixes et habitudies qui firent oublier au lecteur la valeur purement idéographique des signes pour ne produire sur lui que l'impression d'un ou de plusieurs soijs.

Le premier essai de phonétlsme se fit par relus; on se servit des images sans tenir compte des idées pour représenter le son propre à leur sens premier. On en vint,

à peindre, de la même manière, des mots semblables de son, mais divers de sens dans la langue parlée. Le même assemblage de sons nower marquait, en égyptien, ridée concrète de luth, et l'idée abstraite de bonté : le signe } rendit par figure Tidée de laih, par rébus Tidée de bonté. En groupant plusieurs signes on écrivit de longs mots, dont la prononciation se composait, en partie, du son de tel signe, en partie de celui de tel autre. Le lapùlazuUse dit, en égyptien, khesdeb; on écrit quelquefois ce mot par la figure d'un homme qui tire (khes) la queue

d'un cochon [deb)^ IMf^. Dans une langue où tous les mots n'ont qu'une seule syllabe, en chinois par exemple, l'emploi du rébus ne pouvait manquer de produire une écriture où chaque signe idéographique, pris dans son acception phonétique, représentait une syllabe isolée. Dans les autres langues, le système de rébus ne donnait pas encore un moyen facile de décomposer les mots en leurs syllabes, constitutives et de représenter chacune d'elles séparément par un signe fixe et invariable. On choisit un certain nombre de caractères auxquels on attribua non plus la valeur phonétique qui résultait du son de toutes les svUabes, mais cdle qui résultait du son de la syllabe initiale. On en vint de la sorte à former des systèmes d'écriture où tous les caractères idéographiques à l'origine ne représentaient plus à l'ordinaire que des syllabes simples ou complexes ^ Les Touraniens de Chaldée nous ont laissé l'exemple le plus ancien d'une écriture syllabique. Leur système adopté par les Assyriens se répandit au nord et à Test en Arménie, en Médie, en Susiane, en Perse, et ne cessa d'être employé

3ue vers les premiers siècles de notre ère*. Oublié penant toute la durée du moyen âge, il n'a été sérieusement étudié que depuis une centaine d'années. Niebuhr (1765), Tychsen (1798), Mûnter (1800), frayèrent la voie à Grotefend, qui le premier, en 1802, réussit à déchillrer les

1. Fr. Lenormant, Essai sur la propagation de t Alphabet phénicien p les peuples de V Ancien monde, 1. 1, p. 102. — a. L*inscriptioii cnnéifonne la plus moderne porte le nom d*un roi parthe Facorus, qui régnait entra 77 et 1 1 1 après J. G. Voir Oppert dans les Mélanges itarchMogie égyp* tienne et assyrienne, 1. 1, p. uS-ig,

canéiformes persans et donna un alphabet rectifié et complété en i836 par les recherches d'Eugène Burnouf en France, de Christian Lassen en Allemagne. Quelques années plus tard un Anglais, Henry Rawlinson, porta l'étude des inscriptions Achéménides à un tel degré de perfection que les travaux de MM. Oppert et Spiegel n'ont pu changer que des détails à ses premières traductions. Le déchiffrement du perse ancien n'était qu'un acheminement à l'intelligence des textes babyloniens, assyriens et mèdes. La découverte de Ninive par M. Botta, consul de France à Mossoul {i846), les fouilles de M. Layard à Koyoundjik et à Nimroud (i849-i85i), livrèrent au public une grande

Ïuantité de documents nouveaux que MM. Rawlinson, incks et Fox Talbot en Angleterre, de Saulcy et Oppert en France, parvinrent à déchiffrer avec certitude. Dès lors les progrès de la science assyrienne ont toujours été constants; après avoir lu les textes babyloniens, ninivites et mèdes on s'est attaqué aux débris de la vieille littérature chaldéenne. En moins de trente ans, un monde nouveau de langues et de peuples inconnus s'est ouvert à l'étude : trente siècles d'histoire sont sortis des tombeaux et ont reparu au grand jour \

Les écritures des différents systèmes sont toutes formées par les combinaisons d'un même signe horizontal »— , vertical ï, ou tordu en forme de crochet <. Cet élément a le S lus souvent l'aspect d'un clou ou d'un coin, d'où le nom e cunéiformes qu'on donne le plus souvent aux écritures de ce type*. Nous avons vu ailleurs que les paquets de dous qui forment aujourd'hui les caractères dérivent de signes hiéroglyphiques défigurés peu à peu au cours des âges. Quelques-uns d'entre eux sont de véritables idéogrammes; le plus grand nombre expriment des syllabes, les unes simples, c'est-à-dire composées d'une voydle et d'une consonne; les autres complexes, c'est-à-dire formés de plusieurs consonnes.

1. Pour rhistoire du dëchiffirement, voir J. Menant, Les éeritares conéîformes, in-8*, Paris, i864. — i* Quelaues savants anglais avaient propose le nom de arrow-headed, à pointe de flèche, qui n a pas été admis généralement.

574 CHAf»lTRB XV;

Le tableau del syllabes simples peut ôé dresser tomtriê il suit 3

K, A, ff.

dUt t], ad, n , £r « • » , •

». K. "Q, ma, J34, »«, <^^, mi, J-r, mf, >»», ^t-ff-, im: <r-^, ma, e=JIJ, Cî:t=Î' '^ï

3, N, ►I^f, na,*^, an; ^;^, nl,'^^^, ne, t:^^^,

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31, re, If, Isa, ^'lîTi, ats; ^'^]. tsi, &:[. iU ; l!!^^, d, s, xpr, «^JJ, sa, ^=, as; <^, «, ^, ic, ^f, iV;

Les syllabes complexes peuvent s'écrire de deux manières : 1* en les décomposant de manière k en former deux syllabes simples , dont la seconde cpmmence toujours, dans la prononciation, par la voyelle de la première. Ainsi, le mot N APS AT, âme, peut se cliiCTrer ^^] *^^\ V ^t^^ ^^ + ap-^sa-\-at; 2' au moyen d'un caractère spécial répondant à la syllabe : tf\ V » ^4^* + ^^^^ ^^ ^^^ ^^ >-V"I ^^I

V t^Eï» NA + AP -{^ 8A •\- AT. Le nombre des caractères complexes est très-considéraMe :

BL

HI

— rm^

BP

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4iit^

BS

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