‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 5)Chapitre 91 sur 96 · SA ÀSSUR A- NA KA - SA - DJ IL - U - KA · texte numérisé non relu

SA ÀSSUR A- NA KA - SA - DJ IL - U - KA

d* Âssour pour la conquête il vint

On rêttiarqUera que les noms propres d*hommes et de pà^s Sont précédés de signes spéciaux qui les annoncent. | se lUet (levant le nom de NaboukoudouroUssour afin de montrer qu'il va être question d'uti homme ; V devant le nom d'Assour, pour montrer qu*il va être tjuestion d'un pa^s. Nàboa-koadour-oassotir est formé dé trois élélnents signiû- Catifs, dont le premier est un nonl divin, celui de Neho : ce fait est annoncé par la présence du signe idéographique des dieux >»« | , derrière le dou vertical J et devant le signe idéographique du dieU Nebo tt=:r. Les deux autres éléments sont également idéographl(|ueài mais leUr VaîcUr est prouvée par la variante purement syllabique, i ^-î

\ ^* |, ifA'Bt'UV-KU'î)V'vn'îi!'U*TsU'Vhi des briouëà de Bâbylohe. Le nom de l'Assyrie est écrit aVec l'idéogramme du dieu Assour ►^J^, précédé du déterminatif des pays

ifi. Les aatres mots sont écrits syllabe à syllabe au moyea des signes ordinaires dont j'ai donné le tableau ^

Le système cunéiforme, légèrement modifié, fut employé à écrire, outre les dialectes sémitiques de l'Assyrie, quatre autres langues non ariennes *, les dialectes touraniens de la Chaldée', de la Médie\ de la Susiane et la langue des gens d'Ourarti. Vers le vi* siècle avant notre ère les Iraniens s'en emparèrent et firent, parmi les signes, un choix destiné à rendre les articulations de leur langue ^ De cette opération sortit le système des cunéiformes ariens le plus simple de tous et le plus facile à lire. La plupart des signes qui le composent sont alphabétiques ; quelquesuns sont restés syllabiques ou sont employés comme idéogrammes. Il n'a jamais servi à écrii-e que les inscriptions rédigées dans les dialectes iraniens de la Perse et de la Médie au temps des rois Achéménides ; apparu avec Kyros» il disparait deux siècles plus tard avec Darios Codoman.

li'aljphabet» le «jUabalre, les signe*

Lorsqu'à la renaissance des lettres, les savants s'occupèrent de recueillir les fragments relatifs à l'antiquité, les livres consacrés aux écritures de l'Egypte et en particulier des hiéroglyphes d'Horapollon attirèrent leur attention. Égarés par les témoignages grecs et latins, les uns erronés, les autres mal compris, ils imaginèrent que les caractères hiéroglyphiques représentaient chacun une idée. Pendant deux siècles et demi, les savants perdirent leur temps à

1 . Pour rétude de Tassyrien , voir Oppert , Expédition en Mésopotamie, t II, et Grammaire assyrienne, 2* édit Paris, 1867; ^' Menant, le SyUa" boire assyrien, in-4*« Paris, 1869-1872, et Leçons éépigraphie assyrienne, in-8*, Paris, 1874; Sayce, Assyrian Grammar, in-12, Londres, 1872; E. Schrader, Die assyrisch - babylonischen KeHinschrifien , in -8*, Leipiig, 1872. — 2. De là le nom de cunéiformes anariens qu'on a donné aux systèmes dans lesquels sont écrits ces quatre langues. — 3. Fr. Lenormant, Études accadiennes, 1-2, Paris, in-4% 1872-1874. — à* Noms, Biemoir ou the sc^thic version ofthe Behistun inscription, dans le Journal of the royal Asialtc Society, vol. XV, part i. — 5. Oppert, Journal asiatique, 1874,

dbyGoogk

rechercher sur les rares monuments, alors connus en Europe, les signes idéographiques dont les auteurs classiques leur donnaient le sens. Les uns, comme le jésuite Kircher, improvisèrent, de toutes pièces, un système ingénieux'; les autres, s'adressèrent à Thébreu, auchaldéen, au chinois*, pour y retrouver des analogues à Tégyptien. Tous les efforts avaient été vains et le livre de TEgypte semblait devoir rester scellé à jamais, lorsqu*en 1799 un officier d'artillerie français, M. Boussard, trouva, près de Rosette, une inscription rédigée en trois écritures : hiéroglyphique, démotique et grecque. Le texte grec montra que c était un décret solennel, rédigé par les prêtres, en rhonneur d'un Ptolémée, le cinquième du nom. Silvestre de Sacy^ et bientôt après le Suédois Akerblad * en étudièrent la partie démotique qu'en raison de son aspect cursif on présumait être de nature alphabétique. Akerblad, avec une sagacité merveilleuse, démêla quelquesuns des principaux caractères du système nouveau qu'il avait sous les yeux, et dressa un premier alphabet démotique, dont la plupart des éléments sont restés acquis à la science : s'il avait persévéré dans la voie qu'il s'était tracée, il aurait peut-être résolu le problème des écritures égyptiennes. Rebuté par le mauvais état du texte hiéroglyphique, il laissa à d'autres le soin de reprendre son œuvre et de retrouver la clef du système.

Zoega avait remarqué déjà que les cartouches des obé*lisques devaient renfermer des noms de roi écrits au moyen de signes alphabétiques. Un savant anglais du plus grand mérite. Th. Young, essaya de reconstituer l'alphabet des cartouches. De i8i4 à 1818, il s'exerça sur les divers systèmes d'écriture égyptienne, et sépara mécaniquement les groupes différents dont se composaient le texte hiéroglyphique et le texte démotique de l'inscription de Rosette. Après avoir déterminé, d'une manière plus ou moins exacte, le sens de chacun d'eux, il en essaya la lecture :

1. Kircher, Œdipas /Egyptiacus, T, Rome, 1 653-1 654 « 3 parties en 4 vol. — 3. De Guignes, dans les Mémoirei de t Académie des wscrtplions et heUeS'letires, Xm, 11, XXXIV, i. — 3. Lettre au citoyen Chaptal sur t inscription ea^ptienne d» monument de Rosette, in-8*, Paris, 1803. — 4. Lettre sur fuiscription égyptienne du monument de Rosette, iD-8% 1802.

(Il n Ti irfl II "^^ ' ^ !œ m ^ J ^^ parurent eipfitner ie tiom de Ptoiémée, sans qu'il réussît à leur assi-

pritner le nom de Ptoiémée, sans qu'

gner à tous leur valeur exacte. Il reconnut que ■, ^ et

M répondaient à p, t, i; mais il considéra ç[ comme un caractère superflu, et donna au lion couché, .^m, ta valeur

syllabique ole, à ^=i celle de Af^, à P celle de 6s , ose. Encouragé par ce succès relatif, il prit le^ nom de Bérénice dans les textes de la Description de U Egypte, et cherdia à déterminer le son des hiéro^yphes qui le composaient. Analysant (^ p^ m 7^ ^1 , il trouva les lectures

é = stRi <=» = É, 1***^ = N, ^ = KE, KEN; il considéra J comme inutile, ainsi que ^^ et %. Défalquant les fausses valeurs qu'il avait cru découvrir, restait un total de cinq caractères exacts : M, p; m, r; M, /; '*^« ^; et «.-^, f, r,

3u'il avait reconnus. Toutes ses tentatives pour aller aU elà restèrent ItifVucttieusei i il déchiflVà Aninoé, où il y avait le titre Autoht-atâr, et Evergétés où il y avait Kœsar^. Ses idées étaient justes en partie, mais sa méthode imparfaite; il entrevit la terre promise, mais sans pouvoir y entrer.

Le véritable initiateur flit François Chatiipollion^ qu'ôli appelle ChampoUion le Jeune pout le distinguer de ^b frère aîné, ChampoUion-Figeac. Dès son enfance, il s'était livré à l'étude des langues orientales et surtout à celle du copte. H publia, de i8ii à i8l4. les deux premiers volumes d'un erand ouvrage intitulé : VEgypte sous les Pharaons, dans lequel il rétablissait au Inoyen des documents coptes la géographie nationale de r%ypte. La comparaison des monuments avec les tnauuscrits le porta à reconnaître que les ti'ois Systèmes de l'écriture égyptienne, l'hiératique, le démotique et l'hiéroglyphique ne difl%raient pas en réalité t l'hiératique et le déîîiotique n'étaient que des tracés de plus en plus cUrsif^ de récriture ordinaire. Après avoir cru fermement que les hiéroglyphes

1. Thi YoufkgfArchœoto^iaé 1817, XVU, êo; Éncxclopœdia Érit. i^ edît IV, 1'* pari} AcnmtofiuçQvmes in hiêroglyphiç lUeraiure, 6*« Loadoo» i8a3.

LES ÉGRITUIUIS DU MOIfDE ORIENTAL. M7

étaient des àgties d'idées 4 il finit par reconnaître qu'ils étaient des signes de sons» et repnt» vers 1821, le problème que Mi Young n'avait pas i^solu. Le premier résultat de ses travaux < publié en septembre 1822, dans une lettre adressée à M. Dacier, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, fut accueilli avec Une curiosité mêlée de quelque incrédulité. Le Précis du système hiéroglyphique i paru deux ans plus tard^ convainquit toutes les personnes de botme foi et ne laissa subsister aucun doute sur l'authenticité de la découverte. ChampoUion , après avoir décomposé le nom de Ptolémée

fent, l»;ifc, r; f(. «; Jb#, i; is», M; M,^-P, «> essajrales valeurs qu'il avait obtenues sur les cartouches

OU il lut les noms de Bérénice, de Gléopatre ei d'Alesandre. Il obtint de la sorte un alphabet

qu'il'compléta bientôt jpar l'atialyse des autres nc^ns loyaux qui appartenaient à l'époque grecque ou romaine 9 ûi plus tard par Tétude de cartouches pltis ancienëi tels que ceUi

de f ■ P^^ 1» PsMTK, Psammétique (xxvi* dynastie); USfc ffi P jj» Tbotus, fouihmôsis (XyuV dynastie), éta On

pouvait penser que cette manière d'écrire les sons avec im alphabet était propre aux noms royaux, et qu'en dehors des cartouches on ne trouverait que des signes idéographiques. Champoilion prouva que son alphabet appliqué aux textes courants permettait d'y retrouver, non-senlement beaucoup des mots, mais beaucoup des formes granunaticales de la langue copte. On le mettait au défi de déchiffrer autre chose que des noms propres; il traduisit des phrases et prouva le bien fondé de ses traductions. L'opposition n'en devint que plus forte, surtout chez les savants qui se connaissaient ou prétendaient se connaître en langue copte. M. Etienne Quatremère ne daigna même

Îas examiner le système et le condamna^ Klaproth ne Tétuia que pour le combattre, avec une mauvaise foi et une animosité que la mort même de Champoilion n'apaisa jamais.

Malgré ces attaques, la science s'imposa aux gens non prévenus. Lorsque Champoilion mourut, en i832, MM. Ch. Lenormant et Nestor L'Hôte, en France; Salvolini, Rpsellini, Ungarelli, en Italie; et bientôt après MM. Leemans, en Hollande ; Osburn , Birch et Hincks , en Angleterre; Lepsius, en Allemagne, se mirent courageusement à l'œuvre. Les écoles qu'ik fondèrent ont prospéré depuis, et l'égyptologiea fait, en un demi-siècle , des progrès cx)nsidérables. Illustrée, en France, par MM. Enmianuel de Rougé, le second chef de l'école après Champoilion, de Saulcy, Mariette , Chabas , Devéria , de Horrack , Lefébure , Pierret , J. de Rougé, Grébaut; en Allemagne, par MM. Brugsch, Lauth, Eisenlohr, Ebers, Stern; en Hollande, par M. Pleyte; en Norwége, par M. Lieblein; en Angleterre, par MM. Goodwin et Lepage-Renouf , elle ne cesse de s'aJOTermir chaque jour. Ses recherches s'étendent, ses travaux gagnent en solidité; dans quelques années, les égyptologues déchiffreront les textes historiques et littéraires avec autant de certitude que les latinistes lisent les œuvres de Gicéron et de Tite-Live.

L'égyptien des époques dassiques (xii*, xviii'-xx* dynasties), possédait vingt-deux articulations différentes, et se

servait, pour rendre chacune d'elles, d'un ou plusieurs signes alphabétiques dont voici le tableau :

A ou A . , A ou A. . .

WouF..

BouV...

H ou H'..

X on Kh.

s'.S'.Sh.

Page 1