LE PREMIER EMPIRE ASSYRIEN *LES HÉBREUX AU PAYS DE CANAAN
L’Assyrie : Ninus et Sémiramis; Tiglatplialasar Ier. — Occupation du pays de Canaan par les enfants d’Israël. — La Palestine et la Phénicie au temps des Juges.
L’Assyrie: Ninus et Sémiramis; Tiglatphaîasar Ier.
La Syrie est ainsi placée qu’elle ne peut être indépendante qu’à la condition de ne pas avoir de voisins puissants. Dès qu’un conquérant surgit sur le Nil ou sur le Tigre, il semble que les richesses de Damas et de Sidon, de Gargamish et de Gaza, l’attirent invinciblement. L’Égypte, délivrée des Pasteurs, s’était ruée sur le pays de Kharou; elle y avait tenu garnison dans les villes, et elle y avait imposé le tribut à toutes les nations grandes ou petites, cela pendant plusieurs siècles. Ses armées n’en étaient pas sorties encore que déjà les armées assyriennes se présentèrent pour y entrer.
Assour occupait la partie moyenne du bassin du Tigre, depuis le confluent du fleuve avec le Kournib jusque vers l’endroit où il débouche dans les plaines d’alluvion de la Chaldée. À l’est, le cours moyen du grand Zab et quelques
contreforts du Zagros le séparaient, comme une barrière naturelle, des Cosséens et des tribus qui erraient dans ce qui fut plus tard la Médie. Au nord le mont Masios, au sudest l’Adhem, lui servaient de limites ; à l’ouest et au sudouest, il s’allongeait vers le Khabour et vers l’Euphrate, sans qu’on sache s’il les atteignait1. La région orientale, arrosée par de nombreuses rivières, le Kournib ou Khabour, le petit et le grand Zab, l’Adhem, sillonnée de collines boisées, était riche en métaux et en minéraux, fertile en blés et en fruits de toute sorte. Dans l’antiquité, de nombreux canaux dérivés du Tigre et de ses affluents circulaient par les campagnes et ils y suppléaient à la rareté des pluies pendant les mois d’été. Des villes opulentes et populeuses s’y pressaient, dont les noms remplissent les annales des rois et dont les ruines parsèment le sol, mais qu’il n’est pas toujours possible d’identifier avec certitude ; deux des capitales, Ninive (Ninoua) et Kalakh (Kalkhou), y florissaient, et leur fondation remontait jusqu’au temps des premiers colons chaldéens. A l’ouest du fleuve, un vaste plateau se déploie, largement ondulé et à peine interrompu, vers son milieu, par des lignes de collines crayeuses. Là, dans un canton maigre et mal irrigué, excepté sur les bords mêmes du Tigre, s’élevaient Singar et Assour (Elassar), la plus ancienne des cités reines de l’Assyrie.
Depuis Thoutmôsis 111, la position relative des États qui dominaient dans ces parages avait changé du tout. La Chaldée, déjà fort affaiblie, n’avait cessé de décliner encore : Assour, au contraire, avait crû en force et en audace. Après les pontifes-rois, Ishmidagan, Shamshiadad, Irishoum, des rois autonomes s’étaient manifestés, Assourbelnishishou, Bousourassour, Assournadinakhé Ier, dont les règnes nous reportent vers le quinzième siècle avant notre ère. Grâce à leurs efforts, il avait appris à commander le respect de ses voisins. Assourbelnishishou et son fils Bousourassour (entre 1400 et 1570) traitaient déjà d’égal à égal avec Kadashman-
1 Aux temps classiques, le nom d’Assyrie servit à désigner des régions d’étendue fort diverse. Hérodote l’applique à la Chaldée, I, cvi, cxcxii, III, xcxii ; Pline, à toute la Mésopotamie, H. N., 26; cf. Strabon L. XVI. Le district de Ninive s’appelait plus spécialement ’Axupca.
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bel, avec Bournabouriash Ier, avec Kourigalzou Ier, avec le fils de celui-ci, Bournabouriyash II, avec Kharakhardash, les rois cosséens de la Chaldée. Ce dernier même épousa une fille d’Assourouballit, successeur de Bousourassour, à qui ce mariage fournit l’occasion d’intervenir dans les affaires intérieures de Babylone. Kadashmankharbé, fils de Karakliardash et de l’Assyrienne, ayant été égorgé dans une révolte des Kashshi et remplacé par un certain Nazibou gash, Assourouballit mit l’usurpateur à mort et rendit la couronne à son arrière petit-fils Kourigalzou IL Ce Kourigalzou vécu** longtemps en bons termes avec ses cousins ninivites,
Enlil - nirari, puis Arîkdênili, et la sécurité vers le Nord lui permit d’obtenir des avan- ün Assyrien,
tages brillants sur
les Élamites : il défit et, tua leur roi Khourbatila, prit et pilla Suse, restitua aux sanctuaires chaldéens les objets sacrés qui leur avaient été ravis plus de mille ans auparavant par Koutournakhounté1. Vers la fin de son règne, il eut à combattre Adadnirari Ier qui avait succédé à Arîkdênili en Assour, et il le vainquit. Adadnirari revint à la charge sous le fils de Kourigalzou, Nazimarouttasch, et cette fois il fut plus heu-