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renx. Salmanasar Ier, qui suivit Adadnirari, porta ses efforts vers le bassin supérieur du Tigre qu’il colonisa. Son fils Tougoultininip I (vers 1260), entra à Babylone, non plus en auxiliaire, mais en maître, et il s’y proclama roi1.

Toute cette histoire n’est encore qu’une esquisse maigre et sans couleur où les détails manquent. Plus tard, vers l’époque persane, la légende mythologique se substitua à ce récit trop sec. On conta qu’au début des siècles, un chef, nommé Ninus, s’était taillé dans l’Asie un empire qui comprenait la Babylonie, l’Arménie, la Médie et les contrées situées entre la Méditerranée et l’Indus. Il édifia Ninive au bord du Tigre, et « il lui assigna la figure d’un carré long, dont le côté le plus grand comptait cent cinquante stades et le plus court quatre-vingt-dix; l’enceinte totale avait quatre cent quatre-vingts stades de pourtour (quatrevingt-neuf kilomètres).... Outre les Assyriens, qui étaient la partie la plus riche et la plus importante de la population, il appela dans sa capitale un grand nombre d’étrangers, et bientôt Ninive devint la cité du monde la plus vaste et la plus florissante. » Une guerre contre la Bactriane l’arracha à ses travaux : il assiégea Bactres et il y rencontra Sémiramis, à laquelle on attribuait une origine divine. On la disait fille d’un simple mortel et de la déesse Derkétô d’Ascalon. Exposée à sa naissance, elle avait été recueillie par un berger nommé Simas. Oannès, gouverneur de Syrie, l’avait épousée pour sa beauté et conduite à la guerre avec lui : Ninus, émerveillé de sa bravoure, l’enleva à son mari et l’associa au trône.

Une fois reine, elle fonda Babylone sur un plan mieux entendu encore que celui de Ninive. Le mur en mesurait trois cent soixante stades (soixante-six kilomètres) de long : il était flanqué de deux cent cinquante grosses tours et assez large pour laisser passer six chars de front. Elle endigua l’Euphrate, elle le borda de quais sur un développement de cent soixantes stades (trente kilomètres), et elle réunit les deux rives par un pont; elle établit le temple du dieu Bel

1. Maspero, la Mêlée des peuples, p. 570 et suiv. et King, Records o/ the reujn of tulcultininib T, dans les Studios in Eastern Ilislory , 1. 1.

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au milieu de l’enceinte. Le tout venait à peine de s’achever quand une révolte éclata en Médie : elle la réprima, puis elle entreprit de parcourir ses provinces l'une après l’autre, afin d’en améliorer la condition. Elle bâtit Ecbatane en Médie, Sémiramocarta en Arménie sur le lac de Van, larse en Cilicie. Partout où elle allait, elle perçait les montagnes, elle brisait les rochers, elle pratiquait de belles routes. Dans les plaines, elle érigeait des tumulus pour tombeaux à ses généraux morts pendant l’expédition. Arrivée aux confins

La déesse Colombe, Sémiramis.

de la Syrie, elle franchit l’isthme et elle conquit l’Egypte et l’Éthiopie; la renommée des richesses indiennes la ramena des rives du Nil à celles de l’Indus, mais là sa fortune la trahit. Ses troupes furent écrasées par les éléphants du roi Stratobatès et elle rentra dans ses États pour n’eu plus sortir. Elle avait consacré des stèles de victoires aux confins de la terre habitable, en pleine Scythie, non loin de l’iaxarte, où Alexandre les retrouva encore intactes. « La nature, y disait-elle, m’a imposé le corps d’une femme, mais mes actions m’ont égalée au plus grand des hommes. J ai régi l’empire de Ninus qui, vers 1 ouest, touche au fleuve Hinaman (Indos?), vers le sud aux pays de l’encens et de la myrrhe, vers le nord aux Sakes et aux Sogdiens. Avant moi, aucun Assyrien n’avait aperçu la mer : j’ai vu quatre océans

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que personne n’abordait, tant ils étaient éloignés. J ai contraint les fleuves à couler où je voulais, et je ne l’ai voulu qu’aux lieux où ils étaient utiles ; j’ai fécondé la terre stérile en l’arrosant de mes fleuves. J’ai élevé des forteresses inexpugnables, j’ai frayé , avec le fer des routes au travers de rochers impraticables. J’ai ouvert à mes chariots des chemins que les bêtes féroces elles-mêmes n’avaient jamais parcourus. Et, au milieu de ces occupations, j’ai trouvé du temps pour mes plaisirs et pour mes amis. » Ses exploits ne la sauvèrent pas de l'ingratitude des siens, et son fils Ninyas conspira contre elle. Lorsque le complot lui fut révélé, elle abdiqua et elle se changea en colombe : à ce dernier trait la déesse se manifeste. Ninus et Sémiramis n’appartiennent pas vraiment à l’humanité : ils forment un couple divin et ils cachent sous leur nom la figure de Ninip- Àdar et d’Ishtar, l’Hercule et la Vénus assyriens. Leurs hauts faits doivent être rangés au nombre des fables dont l’épopée babylonienne avait rempli les premiers âges du monde1. Ce fut seulement au temps des rois perses que le médecin Ctésias de Guide recueillit les récits épars sur eux et les transforma en rois de chair et d’os2.

Il y a loin de leur roman à l’histoire authentique des premiers monarques assyriens. La conquête de la Chaldée les impliqua presque aussitôt dans une série interminable de guerres sanglantes. Sept ans après sa victoire, Tougoultininip Ier fut assassiné par son propre fils Assournazirapla Ier. A la faveur des désordres qui suivirent, .Babylone s’insurgea contre ses vainqueurs, et l’un des membres de la famille cassite, Adadshoumanazir, monta sur le trône. Vers la fin de son règne, il fut attaqué par Belchodorosor qui avait remplacé Assournazirapla : les deux rois périrent dans la mêlée, et l’avantage demeura aux Babyloniens. Milishikhou, fils d’Adadshoumouzour prit donc l’offensive et pourchassa le nouveau maître d’Assyrie jusque sous les murs d’Assour; il fut repoussé, mais Ninippalékour eut quelque peine à se

1. Voir plus haut, p. 182-184. — 2. Fr. Lenormant, la Légende de Sémiramis , 1872. Un savant anglais, M. Daniel Haigh, a prétendu identifier la Sémiramis de Babylone avec la reine Ahmasi Nofritari d’Égvpte { Zeitschrift , 1874, p. 18-23).

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remettre. Son fils Assourdan Ier « surpassa tout ce qui avait été avant lui » . Il remporta des succès décisifs sur Zamamashoumiddin, roi de Babylone, il s’empara des villes de Zabba, Irriga, Agarsal, et il regagna ses États avec un butin considérable. Son triomphe lui fut facilité singulièrement par la chute de la dynastie Cassite ; le dernier prince de la famille, Belshoumiddin, succomba vers 1140, et les guerres civiles qui ensanglantèrent l’avènement de la dynastie de Paslié réduisirent la Mésopotamie à l’impuissance pour près de trois générations. Les deux successeurs d’ Assourdan, Moutakkilnouskou et Assourrîshîshi, en profitèrent pour pousser fort loin leurs avantages : le dernier d’entre eux « assaillit les contrées rebelles et asservit les princes de toute la terre ». Lorsque Nabuchodorosor Ier, prince habile et énergique, après avoir pacifié la'Chaldée et délivré ses sujets des Élamites, voulut s’attaquer à Ninive, il échoua complètement : deux fois il fut contraint de fuir, laissant entre les mains du vainqueur ses chars, son bagage et l’étendard royal qu’on portait devant lui1.

L’Assyrie formait un royaume compact et vigoureux, dont les forces pouvaient être concentrées rapidement sur un même point, de manière à briser toute résistance, si obstinée quelle fût. Sauf vers le Sud, où la Chaldée était à craindre, il n’avait devant lui que des tribus isolées, sans lien et sans consistance, qu’il écrasait sans peine les unes après les autres. Aussi, depuis longtemps, avait-il étendu sa suprématie sur le haut bassin du Tigre et sur la Mésopotamie : le pays de Koummoukh (la Commagène)2, le Naïri3, le Khourti4, lui payaient tribut. Tougoultipalésharra Ier (Tiglat-

1. Maspero, la Mêlée des peuples , p. 607-642. — 2.' Ce n’est pas la Commagène des historiens classiques, mais une Commagène plus étendue, qui occupait les versants du Taurus, près de Samosate, et tout le haut bassin du Tigre, jusque vers Diarbékir (Schrader, Kcilinschriften

und Geschichtsforschung, p. 181-213). — 5. Le pays situé sur les deux

versants du mont Masios, entre le haut Tigre et le moyen Euphrate. —

4. Le pays de Karti, Khourti, était situé à l’est du pays des Khâti, à l’ouest du lac d’Ourmiah, dans la région montagneuse où le Tigre prend sa source. Il couvrait en partie l’Arzanène, la Sophène et la Gordyène des géographes gréco-romains (Schrader, Keilinschriften und Geschichtsforschung, p. 143-147, note

phalasar) agrandit considérablement ce domaine. Dès le début de son règne, les Moushkaya (Moskhiens), commandés par cinq rois, descendirent des montagnes où ils étaient cantonnés et envahirent la Commagène. Ils avaient jadis obéi à l’Assyrie, mais ils s’étaient révoltés, soixante ans auparavant, et ils étaient libres depuis lors. Tiglatphalasar courut à leur rencontre : « Je remplis de leurs cadavres les ravins et les sommets de la montagne. Je les décapitai et

Une charge de chars assyriens.

couronnai de leurs têtes les murs de leurs villes; j’emmenai des esclaves, du butin, des trésors sans nombre. Six mille des leurs, qui s’étaient soustraits à ma puissance, m’embrassèrent les genoux et je les reçus à merci. » La défaite des Moskhiens eut pour conséquence la reprise de la Commagène. Les Assyriens franchirent le Tigre, et saccagèrent Shirishi , capitale de la province, malgré l’intervention des tribus voisines. « Le reste de leurs soldats, qui avait craint mes armes terribles et qui n’avait pu résister au choc de ma puissante attaque, s’était dirigé pour sauver sa vie vers le sommet des montagnes, sur des plateaux élevés, vers les clairières des forêts, par les ravins tortueux des montagnes, que le pied de l'homme peut à peine traverser.

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Je montai derrière eux; ils en vinrent aux mains avec moi et je les mis e-n fuite : je passai comme une tempête sur les rangs de leurs combattants, au milieu des ravins des montagnes.... J’ai conquis le pays de Koummoukh dans toute son

Le roi traversant les montagnes sur son char.

étendue, et je l’ai compris désormais dans les limites de mon empire. Car je suis Tougoultipalésharra, le roi puissant, le destructeur des méchants, celui qui anéantit les bataillons ennemis. »

La soumission de la CoYnmagène et l’affaiblissement des Moskhiens ne pouvaient durer si les nations prochaines demeuraient indépendantes. L’année d’après, tandis qu’une partie de ses troupes poussait au delà du petit Zab et exé-

entait des razzias heureuses dans les monts du Kourdistan, Tiglatphalasar partit en guerre contre les gens de Kharia et contre ceux de Kourkhié, « dans des forêts impénétrables qu’aucun roi n’avait encore explorées. Le dieu Assour, mon seigneur, me dit de marcher; j'assemblai donc mes chars et mes bataillons et je m’engageai dans des parages inaccessibles entre les monts d’Idni et d’Aya, pics aigus comme la pointe d’un poignard et qui n’offraient pas de passage à mes chars. Je laissai mes chars dans la plaine et j’escaladai les montagnes. » Sa prouesse l’entraîna au cœur du massif montagneux de l’Arménie; il y frappa les habitants du Kourkhié et il brûla vingt-cinq villes de Kharia. « Je couvris de ruines les districts de Saraoush et d’Ammaoush, qui, de temps immémorial, n’avaient pas fait leur soumission. Je me mesurai avec leurs armées à la montagne d’Arouma, je les châtiai, je semai le sot de leurs cadavres comme des bêtes féroces, j’occupai leurs villes, j’emportai leurs dieux ; je les emmenai prisonniers, eux, leurs biens et leurs trésors, je livrai les villes aux flammes, je les démolis, je les détruisis, j’en fis des ruines et des décombres, je leur imposai le joug pesant de ma domination et, en leur présence, je rendis des actions de grâce au dieu Assour, mon seigneur. »

La tranquillité assurée au nord et à l’est, il se rabattit vers le nord-ouest et il s’acharna sur le Naïri. « Brave à outrance dans la mêlée, courageux dans les batailles, j’ai marché sans égal contre les rois des bords de la mer supérieure, qui n’avaient jamais connu la soumission, et qu’Assour m’avait signalés. J’ai traversé des hauteurs inabordables, des cols ardus dans lesquels personne parmi les rois antérieurs n’avait jamais pénétré; j’ai passé par des chemins abrupts, dans des fourrés épais ». Les tribus, à l’est de l’Euphrate, n’opposèrent pas une résistance sérieuse; mais, au delà du fleuve, il fallut disputer le terrain pied à pied. Vingttrois rois du Naïri rassemblèrent leurs hommes, appelèrent à leur secours les nations des bords de la Méditerranée et livrèrent bataille; ils furent battus, leurs villes incendiées, leurs lils emmenés en otage. Ce frit le prélude de succès plus décisifs encore. Tiglatphalasar partit d’Assour, l’année suivante, « après avoir fixé un jour propice d’après un songe

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qu’il avait eu, et il marcha sur le pays d’Aram, qui ne reconnaissait pas Assour, son seigneur». Il remonta l’Euphrate à partir de l’embouchure du Khabour, il razzia les Zoukhi, et il les balaya devant lui jusqu’en face de Gargamish» puis il franchit le gué sur leurs talons, et il toucha, le premier de sa race, le territoire des Hittites septentrionaux.

Depuis l’invasion des nations de la mer, sous Ramsès III, les Khati avaient achevé de perdre l’empire qu’ils s’étaient taillé un moment en Syrie et en Asie Mineure : ils n’étaient plus qu’un petit peuple, resserré entre l’Euphrate et l’Aprié, autour de Gargamish. A côté d’eux, une demidouzaine de royaumes en miniature se partageaient la vallée de l’Oronte supérieure et les plaines du Naharanna : celui de Patin1, dont la capitale s’appelait Kinaloua, celui de Pitrou, celui de Khaloupou, à qui les Assyriens donnèrent le nom de Khalvân. L’antique Qodsliou existait encore, mais réduite2 : Hamath et Soba gardaient le rang quelles avaient au temps des Pharaons. Tiglatphalasar, arrivant dans ces contrées encore récentes de la domination égyptienne, n’eut pas de peine à s’emparer d’elles. Il traversa la Syrie du nord, il escalada le Liban et il entra dans le pays d’Akharrou. Arvad lui prêta ses vaisseaux ; il eut la satisfaction de s’avancer en pleine mer et de tuer un dauphin de sa propre main. Le bruit de son approche se répandit vers le sud et jusqu’aux bords du Nil : le Ramesside qui régnait alors crut prudent de ne pas réclamer contre cette violation des droits que ses ancêtres avaient pu lui léguer sur les Khati. 11 expédia des cadeaux à son frère d’Assyrie, entre autres des crocodiles (namsoukh) et des hippopotames (oummi). Ces bêtes, inconnues sur les bords du Tigre, y excitèrent la curiosité la plus vive, et la mention de leur envoi fut jugée digne de figurer parmi les événements mémorables du règne5.

1. Sur le pays de Patin, cf. Schrader, Keilinschirften and GescliichU forschung, p. 214-221; Delitzsch. Wo lag clas Paradiesl p. 269 sqq. — 2. La dernière mention qu’on en trouve avant Hérodote est dans la Bible (II Samuel, XXYIV, 6; cf. Halévy, Mélanges de critique et d'histoire , p. 31-32). — 3. Ces faits sont empruntés à un monument brisé qui n’est peut-être pas de Tiglatphalasar.

Le récit de ces guerres ne peut manquer de donner une Haute opinion du caractère du prince qui les mena et de son peuple. Comme autrefois les grands Pharaons de la dixhuitième et de la dix-neuvième dynastie, Tiglatphalasar est un général infatigable. Il conduit en personne la plupart des expéditions, dissipe et châtie d’innombrables ennemis, chevauche d’une extrémité à l’autre de son empire, sans souci de la distance et des obstacles matériels; de plus, chasseur acharné de lions et tueur endurci d’animaux sauvages. Les Assyriens étaient sans contredit l’une des mieux douées parmi les races de 1 Asie antérieure. Ils avaient moins d’originalité que les Chaldéens, leurs maîtres en civilisation, mais plus de ténacité et d’énergie. Ils possédaient au plus haut degré les qualités militaires, la force physique, l’activité, l’adresse, le sang-froid, la bravoure imperturbable : ils débusquaient l’urus gigantesque et les fauves qui abondaient sur leur territoire, et ils les abordaient face à face. Des vices fàcbeux déparaient leurs vertus. Ils étaient un peuple de sang, plein de violence et de mensonges, sensuel, orgueilleux à l’excès, fourbe et traître par mépris de l’adversaire. Peu de nations ont abusé plus insolemment des droits de la force, lls'démolissaient et ils brûlaient les villes sur leur passage, ils empalaient ou ils écorchaient vifs les chefs rebelles : malgré l’éclat et les raffinements de leur civilisation extérieure, ils demeurèrent toujours des barbares.

Et c’était au nom d’Assour qu’ils commettaient ces atrocités, car ils étaient le peuple religieux par excellence. « Le roi se glorifie beaucoup, mais il glorifie les dieux encore plus. Il combat pour sa propre gloire et pour l’extension de son domaine, mais il combat aussi pour l’honneur des dieux que les autres nations rejettent, et pour répandre leur culte au loin dans tous les pays connus. Ses guerres sont des guerres de religion autant que des guerres de conquête; ses constructions, celles du moins sur lesquelles il appuie avec le plus de complaisance, sont des constructions religieuses1. » — « Le temple d’Anou et d’Adad, les grands dieux, mes seigneurs, que Shamshiadad, prêtre-souverain

1. G. Rawlinson, The five great Monarchies , t. II, p. 72-73,

LE PREMIER EMPIRE ASSYRIEN

d’Assour, fils d’Ishmidagan, prêtre souverain d’Assour, avait édifié six cent quarante et un an auparavant, était tombé en ruines. Assourdan, roi du pays d’Assour, fils de Ninippalékour, roi du pays d’Assour, démolit ce temple, mais ne le reconstruisit pas. Pendant soixante ans on ne toucha pas à ses fondations1.» Tiglatplialasar le rebâtit plus vaste qu’auparavant, et l’entoura de temples et de palais dont il vante la splendeur. Malgré ces éloges, l’architecture assyrienne ne saurait se comparer à l’architecture égyptienne, ni pour

Lne chasse royale à l’urus.

l’ampleur des plans, ni pour le choix des matériaux. Se< ruasses sont insignifiantes si on les compare à celles de Louqsor et de Karnak, ses formes sont gauches et empruntées. Elle se servait surtout de briques, recouvertes de minces dalles de marbre gypseux poli ou sculpté, tandis que les architectes égyptiens employaient de préférence le calcaire, le grès et le granit. Aussi les palais et les temples assyriens n’ont-ils pas eu la durée des égyptiens : ils se sont effondrés en monceaux informes et ils se confondent presque avec le sol qui en a fourni la matière.

Après la conquête du Naïri, Tiglatphalasar avait dressé une

1. Les inscriptions de Tiglatplialasar ont été traduites par M. Lotz, Die lnschriften Tiglathpilezer's I, Leipzig, 1880, in-8°; aucune explica lion historique ou géographique n’est jointe à cet ouvrage.

BIST. *NC. BK l’orient. — MASPERO.

354 CHAPITRE Vit.

stèle de victoire à l’une des sources du Tigre. « D’après la volonté d’Assour, de Shamash, d. Adad, les grands dieux, mes maîtres; moi, Tiglatphalasar, roi du pays d’Assour, fils d’Assourrîshîshi, roi du pays d Assour, fils de Moutakkilnouskpu, roi du pays d’Assour, le vainqueur des peuples depuis la grande mer jusqu au Naïri, pour la troisième fois j’ai asservi le Naïri. » Une nouvelle expédition le conduisit au Nord-Ouest dans le Khoumanou (Comana) ; une autre le porta au cœur de la Chaldée. Deux années durant, il la parcourut en tous sens ; Dour-Kourigalzou (Akkerkouf?), Sippar,

^ L’emblème du dieu Assour.

Babylone, Oupi (Opis), succombèrent, le pays de Zoukhi fut ravagé. Mais des revers éclatants ne tardèrent pas à effacer ta gloire de ces premiers succès. Mardouknâdinakhê, roi de Babylone, expulsa les envahisseurs, pénétra en Assyrie à leur suite et s’empara de la ville d’Hékali. Il en enleva les statues des dieux et il les transporta à Babylone, où elles restèrent quatre cent dix-huit ans prisonnières. Le fils de Tiglatphalasar, Assourbelkala, répara le désastre : il prit Bagdada (Bagdad), il ravagea les environs de Babylone et il força le roi Mardoukshapikzirîm à implorer la paix. Elle dura sous son successeur Shamshiadad III, comme lui fils de Tiglatphalasar, mais Assournazirapla II, fils de Shamshiadad, eut un règne malheureux. Il fut vaincu, non loin de Gargamish, par les Hittites confédérés et il perdit les conquêtes de son grand-père : la Syrie échappa

LE PREMIER EMPIRE ASSYRIEN

pour un temps aux mains des Assyriens et resta maîtresse de ses destinées1.

Occupation du pays de Canaan par les enfants d’ Israël»

Au sortir de l’Égypte, les Hébreux s’enfoncèrent dans la péninsule du Sinaï. C’était le moment où les Libyens et les nations de la mer menaçaient le Delta : il fallait se tenir à l’écart des grandes voies militaires, afin d’éviter le choc des barbares et la poursuite de Pharaon. Le désert offrit aux fugitifs l’asile le plus conforme aux instincts nomades de leur race. La tradition sacerdotale affirmait y savoir leurs destinées et le temps qu’ils y séjournèrent. Leur chef Moïse les aurait conduits au Sinaï, pour y recevoir de Dieu même les articles de leur loi fondamentale. Quarante années après le passage de la mer Rouge, il aurait arraché au Très-Haut

1. Maspero, la Mêlée des peuples , p. 642-665. Voici le tableau des premières dynasties assyriennes, autant qu’il m’a été possible de le reconstruire :

1SHAKKOU D’ASSOIÏR.

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