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CHAPITRE X LES SARGONIDES

Sargon (722-705); guerres contre l’Égypte, l’Élam et l’Arménie, conquête de la Chaldée. — Sennachénb (705-681) et Ézéchias; guerres contre l’Élam; Asarhaddon (681-687). — Les Assyriens en Égypte, Taharqou (692-665) ; conquête de l’Égypte par Asarhaddon (672). — Assourbanabal (667-625?) ; conquête de l’Élam.

Sargon (722-705); guerres contre l’Égypte, l’Élam et l’Arménie; conquête de la Chaldée.

L’Assyrie s’était accrue jusqu’alors aux dépens de tribus à moitié barbares ou de petits royaumes incapables de résister longtemps au choc de forces supérieures. La destruction systématique des unes et l’annexion progressive des autres la conduisirent partout en présence d’États aussi solidement organisés qu’elle l’était elle-même et assez vigoureux non seulement pour lui tenir tête, mais pour la battre. Au sudouest, l’Égypte se dressait devant elle; au nord, elle confinait à l’Ourartou; au sud-est, la conquête des principautés araméennes la plaçait en contact direct avec le vieil empire d’Élam. L’Égypte, l’Ourartou, l’Élam endiguèrent son élan et formèrent entre elle et le reste du monde une barrière qu’elle ne parvint jamais à abaisser complètement. Sargon et ses successeurs bataillèrent, plus d’un demi-siècle durant,

contre ces trois royaumes, et ils finirent par triompher d’eux. Ils y installèrent des gouverneurs, des garnisons, tout un système d’occupation à main armée et de vassclage ; mais il n’était pas aussi facile de conserver une province comme l’Égypte ou comme l’Élam qu’il l’était de confisquer Gargamish, Hamath ou Samarie, et leurs succès aux bords du Nil, de l’Aras et del’Oulaï ne furent que succès éphémères, vite effacés par des désastres. Bien est-il vrai qu’ils usèrent leurs ennemis à la longue, à force de victoires; mais ces victoires les usèrent eux-mêmes, et les laissèrent sans nerf et sans ressort contre l’irruption de peuples nouveaux. Dans la réalité, lorsqu’ils abattaient l'Égypte, l’Ourartou et • l’Élam, ce n’était pas pour eux qu’ils travaillaient, mais pour des rivaux qu’ils ne pressentaient pas encore, pour les Mèdes

et les Perses.

La prise de Samarie avait compensé si peu l’échec de Kalou que, dès l’année 721, une coalition se forma en Syrie, avec l’appui secret de l’Égypte. Tafnaklili ptait mort vers le moment meme que Sargon saisissait le pouvoir en 722, et son fils Boukounrinif (Bocchoris) lui avaitsuccédé. Le nouveau roi de Sais et de Memphis était, ce semble, résolu et habile. Longtemps après sa mort, le peuple raconta toute sorte d’histoires merveilleuses sur son compte. 11 était, dit-on, faiblir de corps et n’avait point d’extérieur, mais il rachetait ces défauts par la finesse de ison esprit1 : il avait laissé la renommée d’un prince simple dans son genre de vie2, d’un législateur prudent5 et d’un juge intègre4. Les rares monuments que nous avons de son temps sont muets sur scs actions8, mais ce que nous savons de la vie de Tafnakhti éclaire celle de son fils d’une vive lumière. Ce fut une querelle incessante avec les princes, une série de courses, d’abord pour conquérir le Delta et l’Égvpte moyenne, ensuite pour consolider la conquête et pour y continuer une suprématie précaire. 11 réussit pourtant à se faire obéir de tous, et son règne compte dans l’histoire pour une dynastie entière, la xxive. À peine maître, il jeta les yeux au delà

1. Diodore, I, 05, 94. — 2. Alexis, dans Athénée , X, 15, 418. — 5. Diodore, II, 94. — 4. Plutarque, De vitios. Put!., 5. — 5. Ils sont aujourd’hui au Louvre, et se rapportent tous aux funérailles de 1 Apis

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de l’isthme, et son intervention fut bien accueillie de tous ceux qui redoutaient l’ambition de l’Assyrie. Si naguère encore Israël et Juda avaient recherché l’appui d’un roitelet

Sargon d’Assyrie et son vizir.

confiné à Tanis, dans un coin du Delta, que ne devaientils pas faire pour s’assurer l’amitié d’un Pharaon dont la

mort en l’an VI de Boukounrinif. Cf. Mariette, Renseignements sur les Apis, dans le Bulletin archéologique. de l'Athenœum français , 1850, p. 58-62. Voici d’ailleurs, autant qu’il est possible de le recomposer jusqu’à pré-

domination pesait sur l’Égypte entière ? Phéniciens, Juifs et Philistins, tous les peuples que la rudesse de Tiglatphalasar avait effrayés, sentirent que le salut leur viendrait d’Égypte s’il pouvait leur venir de quelque part, et divers motifs poussèrent le souverain à bien accueillir leurs ouvertures. Il savait que ses prédécesseurs avaient possédé la Palestine et porté . leurs armes jusqu’au Tigre ; ce qui avait été jadis possible et glorieux lui paraissait ptre possible encore à l’heure présente. EJ quand même Je désir d’ajouter un nom de plus à la longue liste des conquérants ne l’aurait pas bien disposé, la prudence lui conseillait de ne pas décourager les alliances qui s’offraient à lui spontanées. Le progrès des Assyriens vers l’isthme de Suez, lent d’abord, s’était accéléré depuis vingt ans d’une façon redoutable et il devenait pour l’Égypte un sujet de craintps perpétuelles. 11 fallait ou vaincre les vainqueurs de l’Asie et les rejeter au delà de l’Euphrate, ou du moins entretenir devant eux une barrière de petits royaumes, contre laquelle l’élan de leurs

sent, le tableau des vingt-deuxième, vingt-troisième et vingt-quatrième dynasties égyptiennes, d’après Manéthon et les monuments :

VlNGF-DEUXIÈME DYNASTIE (büBASTITE).

'1. OüAZKHOPlRRÎ SOTPENRÎ SHASHONQOU I MÎAMOUN, Seu

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