‹ Histoire ancienneChapitre 108 sur 116 · SUITE DE LA GUERRE GONTOE LES PERSES · texte numérisé non relu

SUITE DE LA GUERRE GONTOE LES PERSES

]WcOBstruÊl|§i de la irill« d*ÂtMes. —Ambassade de Tbémistocle. '— Sa déclaration . N.1U aénai oc Sparte. — Son projet rejeté par les Athéniens. — Yic(oire de la flotte il^rccque. — Cupidité de Païkiaillàs. -^ Sa disgrâce. — Sa trahison. — Son accuatiou. — Son emprisonnement. >- Sa mort. — Disgrâce de Thémistoele. — Son Arrêt. — Sa fuite. — Administration d* Aristide. — Haine d*Artaxerce contre llié- «listocle. —Fuite de. ce proscrit. — Son déguisement. — Géoérosité d'Artaiçrce envers lui. — Administration de Qnite — Ses exploits. — Sa protection pot# les arU et les lettres. •- Rivalité d'Esch^ï^ dé Sophocle. ^ Mortd*RScb^ — Poli-

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tique et ruse de Cimoa ««vers les alliés. — Aniieoiient'd*Artaxerc«. — Victoires de Cimon. — Courage des habitants de Tiie de Thase, assiégée. — Accusation contre Cimon. — Nouvelle tentative d'Artaxerce. — Mort de Thémistocle. — Révolte des. figyptiens contre les Perses. — Victoires de Chu itimes sur les Perses. — Nouvelle armée envoyée en Egypte par Artaxerce. — Retraite et défense courageuse des Athéniens. — Époque de Périclès. — Son gouvernement — Retour de Cimon en Attique. —Désastre à Sparte par un tremblement de terre. — Révolte et armement des Ilotes. — Exil de Cimon.— Hiiine entre Sparte et Athènes. — Guerre entre cei deux républiques.— Rappel de Cimon.— Ses rictoires sur les Perses.— Traité entre les Grecs et les Perses é — Mort de Cimon. — Puissance de Périclès. — Rannissementde Thucydide par rostraflUme. — Tictoires de Périclès. -« Trêve entre Athènes et Lacédémone. — Guerre entre Corcyre et Corinthe. — Défaite des Corinthiens. — Ambassade de Corinthe. -^ Délibérations i Sparte. — La guerre est résolue. — Ambassade à Athèaes. •> Déclaration de guerre par Périclès. — Yen* geauce des ennemis de Périclès. — Jugement et mort de PhidiaSi ami de Périclès. , — Fuite d*Auaxagorc. — Aspasie défendue par Périclès. — Tableau d* Athènes et de ses grands hommes. — Anaxagore. — Piudare. •> Eschyle.— Sophocle. — Euripide. — Aristophane. •> Hérodote. — Thucydide. — XénOphon. — Isoerafe. — Phidias. — Zeuxis. — Parrhasius. — Timaute. — Empèdocle. ^ Pythagore. — ZéleoeuB et Carondar.

Les Athémens^ délivrés des Perses^ rebâtirent leur ville, relevèrent leurs temples, travaillèrent avec activité â" fortifier la citadeUe et à entourer Athènes de fortes murailles. Mais les Lacédémoniens virent avec peine ces travaux; Leur vaillance et leur vertu avaient porté tous les peuples de la Grèce à reconnaître leur supériorité et à leur céder le commandement de la confédération: toujours on avait nommé pour généralissime un Spartiate. C'était assez, pour rhonneur, mais non pour l'orgueil : ilestinsatiabl«; il ne se contrite pas d'être au-dessus, il veut être seul.

L^édat d'Athènes blessait Sparte, et cette fière répubKque espérait que sa rivale ne relèverait jamais ses murs, ab^itus pair Xerxè^. Elle envoya donc des ambassadeurs à Alliènes; ils représentèrent au sénat et au peuple le dau; ger de^îonstriOTe, hors du Péloponèse, une forteresse qui pourrait «eryir de place d'armes aux Perses, s'ils renouvefiàent leur invasion. Ils annoncèrent avec fierté l'intention de s'opppser à l'achèvement des travaux commencés.

ThénûstoûM occupait alors ndé c|ppremières«chargeS'de

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l'État; cet adroit polifiqne sentit qae, /ians la position des Athéniens, ils ne pouvaieiit pas encore opposer laforceàllnfiolence ; il répondit ayee adresse, obtint des délais, représenta la nécessité dé délibérer mûrement sur nne affaire d'une si grande importance poor Athènes et ponr toute la Grèce. Il proposa modestement de décider. cettQ grande gnestion à Lacédén^one. Les Athéniens i^QWnèrent des députés : Thémistocle, nommé le premier, précéda ses collègues,, et partit pour Sparte avec les ambassadeurs de cette république.^ Lo|R?qu il y fut amvé^ il diffiéra de jour en jour la discussion, mm prétexte qu'il ne pouvait rien prendre sur lui dans T^b^enbe ^e i^es coUègaes qu^il ettendait^ et déat il avait seerôtement retardé le départ.^ . Pendant ce temps, tout le peuple d'Athèneg^ ji^squ'^iux femmes et jusqu'aux enfants, travaillait sans relâche aux fortifications. La nouvelle en vint à Sparte : leséphores se plaignirent de la lenteur affectée de Thénùstocle et de l'ac' tivité des Athéniens.

Thémistoele soutint qu'ils étaient mal informés^ quils prenai^t mal à propos l'alarme sur un faux touit. H leur proposa d'envoyer des députés pour s'assurer de la vérité de ces nouvelles.

Enfin, ses coUëgues arrivèrent ; mais les travaux étaient achevés : alors» levant le masque, iidédara en plein sénat qu'Athées avait réscdù de veUler à sa sûreté; qu*aucua deê alliés ne pouvait^ avec justice, }a priver de soaûdé* pendance; que les Lacédémoniéns voulaient à tort fonder leur force sur la faiblesse des autres peuples d^ k Orëee ; qu'au reste^ les ouvrages étaient finis, H que les Ath^ Biens sauraient les défendre contre tous ceux qui ^Wp** taraient les attaquer.

Sparte, étonnée> se tut, et n'eut d'autre résultat de ses mauvais desseins que d'avoir dévoilé sa jaleiJ|ie et soa ambition.

Athènes^ ayant fortifié ses ports, les^ remplit avec acti« vité| et ordonna de cm^trâire tous les «ns vkigt vaiSMaux.

Tbémittode, qui éombâttai^ avee tantde nlîson Tambitiîbn de Sparte^ n^eti avait pas une moindre pour sa pâ|r(e : il déclara au peuple qu'il ayait i^uçu un projet d'uuelÎEiute importance ; mais qu'il ne pouvait T^sipliquer publique^ ment, puisque son succès exigeait le plus profond secret. Les Athéniens lui dirent de le confier à Aristide seul : alors Thémistocle, le pi^nant à part^ lui avoua que son dessein était de rendre Athènes maîtresse de la Grèce en brûlant toute la flotte grecque^ qui se trouvait dans un portveinité Arâtide revint à ressemblée/ et dît: « Rien n'est plus tt utile poi^ Athènes que le projet de Thémistoda; mafai f^ u rien n'est pluH iqjuste, »

; Cet arrêt d'un homme vertueux suffît po«v décider lés Athéniens à rejeter la pibposition. Athènes alors méritait sa gloire et sa t>ui8sance; cependant, on pourrait dire que là distinctioQ d'Aristide n'était pas eauicte^ car m qui est injuste ne peut jamais être utile.

Quelquôtemps après, Laeédémone proposa au conseil des amphictyons d'exclure de Tallianciî générale les villes qui n'avaient point contribué par leurs secours aux victwe<( remportées sur les Perses, Par ce moyen, la confédération aurait été réduite à trente villes d'une médiocre puissance» et l'exclusion d'Argos et de Thèbes aurait assuré la doml^ nation des Lacédémoniens. Tbémistocle rompit ce projet en prouvant que cette rigueur exciternit la disaorde^ dpn^ nerait des alliés aux ennemis, et qu'il fallait fortifier la confédération au lieu de l'affaiblir.

Le peuple d'Athènes, inclinant toujours vers la démos* cratie, voyait avec peine les privilèges que les lois assur raient à l'opulence : il fallait avoir un revenu dis cinq cents médimnes pour être éligible ^ux places d'archontes. L» ville était au moment de se voir la prpie des âi^sansioni civiles ; Aristide, plus vertueux que pplitique, fit rend^i^ un déc|et qiû ac^îordait à tous las citoyens 1^ droit d'être élu : i2^tte Joi, trop pppiOaire^ ^ffetÊi^^ ^(P trop))|es ponrot^tepîr ttu cajin^id pasffiger.

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Après sl^Sffy repoussé si glorieusement Tinvasion des Perses, les Grecs voulurent se venger des maux .qu'ils avéïfe^t soufferts : leur flotte , commandée par Pausanias de Sparte, par Aristide et par Cimon d^Atliènes, partit dans le ëessein de rendre la Jîberté aux villes grecques de l'Asie IMineure; elle rencontra, près de 111e de Chypre, l'armée navale des Perses, la battit eomplétement, en détmisit une partie , prit toutes les villes de la côte d'Asie , et s'empara même de Byzance.

Dans cette dernière ville, on trouva un butin immense, et on fit beaucoup de riches satrapes prisonniers ; mais, gagné par leurs présents, le généralissime Pausanias les laissa échapper. •

Le héros de Platée ne put défendre sa vertu contre les piège? de la fortime et de l'ambition, et la rigide Sparte donna le premier exemple aux Grrecs de la trahison et de la cupidité.

La hauteur et les injustices de e^ général excitaieût les Maintes des alliés ; ils le dépouillèrent du commandement pour le donner à Aristide. Ainsi , la vertu d'iin Athénien et la corruption d'un Spartiate firentpasser dam les mams d'Athènes l'autorité dont Lacédémone avait joui jusqu'alors dans la Grèce.

Cependant, Pausanias, qui n'était plus généralissime, mais qui commandait encore les Lacédémonîens, irrité de l'affront qu'il avait reçu, oublia ce qu'il devait <à sa patrie, et n'écouta plus que son ressentiment et son ambition. 11 écrivit à Xerxès, et offrit de lui livrer Sparte ettoute'la Grèce , s'il voulait lui accorder sa fille en mariage. Le roi lui fit de riches présents, lui laissa l'espoir d'Obtenir ce qu'il désirait, et donna le gouvernement de T Asie Mineure à Artabaze, afin de le mettre à portée de suivre cette négociation.

Ces messages, qu'envoyait et que recevait Pa^anias, inspirèrent des «oisons. Sa hauteur avec les Grecs, le mépris qu'il montrait pour le%rs mœurs , jusqu'au point

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de prendre ITiabillément et le faste des Perses, présentaient un contraste choquant avec la modestie d'Arislirle et de Cimon. Une haine générale éclata contre lui; il fut appelé à Sparte, accusé, et absous faute de preuves.

Étant retourné en Asie pour suivre ses jrojetSj im nouvel ordre le ramena à Lacédémone. Oui le mit on prison; mais son crédit était considérable; il ttait tuteur du jeune roi Phstarque, fils de Léonidas; lé^ éplioros, quoique convaincus de son crime, ne purent !§ prouver, et se virent contraints de luî rendre la liberté.

Sur ces entrefaites , un de ses esclaves , nommé TArgilien, remarquant que tous ceux que 'son maître envoyait en Asie n*en revenaient jamais, soupçonna qu'on les y tuait pour assurer le secret de leur mission. Chargé à son tour, par son maître, d'y porter une lettre , au lieu de partir, il la remit aux éphores, et se retira à Tétaare, dans le temple de Neptune. Pausanias, apprenanj que son esdgye s'éketfl; réfugié dans ce temple, y courut. Les éphore^et quelques citoyens s'y tenaient cachés. L'esclave avoua à son maître que, craignant la mort, il avait ouvert la lettre. Pausanias, voyant son secret compromis, fit beaucoup de promesses à TArgilien pour l'engager à le garder , le n^t totalement dans sa confidence et le quitta. Les éphores, armés de toutes les preuves nécessaires, rendirent un dé<îï«0t' pour l'arrêter et le punir. Instruit de cet ordre, il se retira dans le temple de Pallas. La sainteté de cet asile empêchait de l'en arracher; mais le peuple furieux en mura l'entrée : on dit que sa mère y porta la première pierre. On découvrit le toit de cet édifice, pour qu'il n'eût aucun abri, et il y moiu-ut dé faim, exposé aux injures de l'air.

Le peuple craignait d'avoir ofiensé la divinité, et l'oracle de Delphes ordonna, pour apaiser la déesse, d'ériger dans son temple une statue à Pausanias. La lecture des lettres interceptées donna quelques soupçons sur la fidélité de Thémistocle : il avait refusé de seconder l'entreprise du

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perfide Spartiate, mais îl en ^ymi reçi^ ]^ confidence, et les LacéiÎElnnonicns, irrités dep^|fepp^mps CQntra lui, et ► jalaiix de sa salaire!, le discfémtèrènt à Athènes. Sa y^nité, qui Wossait ses concitoyens, seconda ses ennemis, Il avait hàti près de sa maison un temple à Diane, et y avait pl^cé m propre statue; elle piçistait encore du tenips de Plufarqim, n rabaissait le mél%e des autre? générâuic, et ge vantait â tout pr()pos de ses services. Comme pu ïui raprochaii-un jour d'en trop parler: a Athéniens, dit-i}, « vous vo^s lassez d'entendre dira du l)ien de moi ; ipais « vous ne vous lassez pas d^en recevoir, »

Toujours opposé A Aristide, il sot^tenait les grands at les Juchés contre le peuple , dopt ij is^attirait l'anîmadversion. Comme il s'était montré peu sçï^uptïleux dans Tad-r minis^ation des finances , on se plaisait à vanter devant lui l'incorruptibilité d^Aristide ; « Je n'y ypîs, yôpondit-il, (| d'autre mérite que celui d'un pQffre-fort qui garde ce (( fil 'on lui coflfie. — Thémistople doit pou|*tant savQlf^ » répliqua Aristide , que ce j^'est pa§ uu m^érite commun « d'avoir les mains pures et nettas. p

Dans cette disposition des esprits , Ses eouemis obtin-»

rent facilement son exil. Les Lapédémpnieus jk^ s'en cou?

^tentèrent pas, et produisirent des lettre^ (équivoques dQ

'iP^usauias qui promettait au roi de Perse de l'engager

dans son parti.

Tbéraistocle écrivit avec força pour réfuter ces ca^m? nips ; mais on donna l'ordre de le poursuivre, de l'arrêter et de le faire périr. Il eu fut instruit; il se sauva d'abord à Corcyre et de là en Épire : ne trouvant de sûreté flans aucuu de ces asiles, iJ eut Vaudape de ce réfugier ebeii Admète, roi ^^^ Molosses, dont il avait autrefois comhattii les intérêts.

Ce monarque était absent: la reine l'accueillit Qveo bienveillance. Il prit dans ses bras le fils du roi, s'assit près de ses dieux domestiques, et, le voyant arriver, il sq ^ya (^tlui 4it qu'il yi^ual^ remettre sayÎQ autre sas mains.

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Le généreux Admèlc lui aeeorda rhospitalité, et refusa du la livrer aux Athéniens, Peu de temps après^ un de set amis enleva d'Athènes sa femme et ses enfants, et les lui amena avec une faiUe partie. de ses hiens; le reste fut confisqué. Thémistocle dut sa souvenir alors des paroles de son père, qui, lui montrant, dans son enfance, una vieille galère brisée et abandonnée stir le rivage, lui dit : «Voilà comme le peuple traite ses serviteurs, lorsqu'H c croit n'avoir plus besoin de leivs services* »

Athènes wsuecédait alors totalement à Sparte dans le commandement de la Grèce. La sévérité Spartiate. ftvait rendu son joug trop pesant; celui d'Athènes parut d'abord plus léger. Les Lacédémoniens voulaient trop favoriser partout raristoeratie, et dans toutes les villea grecques le parti populaire se déclarait pour les Athéniens i les con» tr>butions sur les alliés avaient été réglées d!une manière illégale et arbitraire ; on établit une taxe juste et propor* tionnelle. Le trésor commun fut placé dansTile de Délosi il fallait, trouver un homme intègre pour administrer les t^eve0us de la confédération; tous les alliés choisirent un^mement Aristide: éclatant et juste hommage rendU à sa probité. Aussi Plutarque disait s « Thémistocle, Gimon « et Périclès ont rempli Athènes dé monuments et de a richesses, Aristide Ta remplie de vertus. » La sagesse de sonadniinistratkm justifia ce choix.

On ignore I9 lieu, le genre et le temps de la mcH de ce grand homme; ce. qu^on sait , c'est qu'il ne laissa pas de quoi se faire enterrer. Caillas^ son paient, homme très* opulent y fut accusé de n'avoir pas seeouru sa pauvreté 5 niais U prouva qu'Aristide avait refusé tous les dons qu'il avait voulu lui fair^. Lysimaque, son fils , fut nourri au Prytanée ; sa fille fut dotée par l'État. Le plus beau des titres de la' gloire humaine, le surnom de juste, est resté inséparablement attaché au nom d'Ariistide. * «

La cour de Perse, qui avait voulu boiUeverser l'Europe, était devenue }e théâtre des plus sanglantes révolutions.

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Les folies et les crimes de Xerxèrlai alitaient leeœor de

ses sujets; Artatiine, l'un des grands du royaume, l'assassina, attrîbua son crime à Darius, fils de *ce malheureux roi, et le fit tuer par son frère Artaxerce. Ce prince, découvrant la vérité et de nouveaux complots df Artabahe, s'affermit sur le trône par sa mort.

Artaxerce hérita de la haive de son père contre les Grecs^ et ne fut pas plus heureux que loi. Il haïssait sup* tout Thémistocle , qu'il regardait comme le principal auteur des désastres éprouvés par les Perses en Europe et en Asie; et, croyant qu'il pourrait être fcMrcé de se réfugier dans quelque pays dé sa dépendance^ il fit mettre partout sa tête à prix.

Cependant les Athéniens poursuivaient toujours leurs projets de vengeance contre cet illustre proscrit, et menaçaient Àdmète de lui faire là guerre s'il continuait de le protéger. Thémistocle^ ne voulant pas que ce prince fût puni de sa générosité, sortit de ses États, et vint en Ëolie^ où il se cacha chez un Grec, nommé Nieogène : là il apprit que le roi de Perse avait promis deux cents talents à celui Ipi le tuerait ; mais il savait que, dans les extrêmes périls, il n'y a souvent de remède qu'une extrême audace. S'étant déguisé en femme , il se rendit à Suze dans une voiture couverte, et se fît annoncer au roi de Perse coïnme un Grec obscur , mais qui voulait lui parler d'une affaire importante. Admis à l'audience, il dit avec une noble hardiesse : « Seigneur, je suiis Thémistocle; banni par les « Athéniens, je. cherche un asile ou la mort; vous pouvez c sauver tin suppliant, ou faire périr im homme- regardé «par les Grecs comme leur plus grand ennemi, n

Le roi ne lui fit d^abord aucime réponse; mais, dans les transports de la joie que lui causait la possession d'un si redoutable adversaire, on l'entendit plusieurs fois s'écrier la nuit : « Enfin, j'ai Thémistocle l'Athénien I » Le lendemain il lui fit donner les deux cents talents promis à celui qui lui livrerait sa tète, lui assura un état splendide, ass^i-

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