‹ Histoire ancienneChapitre 14 sur 116 · LES DOUZE ROIS · texte numérisé non relu

LES DOUZE ROIS

(An du monde 33id> -^ ÀTaut Jéftus-Cfarist 685.)

En écrivant l'histoire, de tous les peuples, nous aurons souvent l'occasion de remarquer que diflEérents principes de législation, de religion et de morale, ont étéla hase de leur force^ la. cause de leur grandeur, et que, du moment où ce principe s'est altéré, on a vu commencer leur idécadence, et Ton a pu prévoir leur chute. . • •

L'attachement des Égyptiens à la dynastie de leurs rois, leur respect pour les prêtres, leur constante soumission aux lois reHgieuses et civiles, lé\j^ haine pour les innovations, et la simplicité de leurs mœurs les faisaient passer pour la nation la plus sage de la terre. Forts de leur union, ils n'avaient craint aucune attaque étrangère, et leurs armes victorieuses avaient soumis les plus riches provinces de l'Afrique et de l'Asie. Mais les conquêtes enflèrent leur orgueil, les rois vainqueurs méprisèrent la sagesse des anciens, les conseils des prêtres, et se crurent au-dessus des lois. Leur tyrannie aliéna les esprits; les dépouilles des vaincus, les richesses de l'Orient amollirent les mœurs, la patrie et le roi ne furent plus des ohjets sacrés; et depuis le règne du petit-fils de Sésostris, la puissance égyptienne ne cessa de décUner. On vit bientôt ce beau pays devenir successivement le proie des factions et des étrangers, et subir tour à tour le joug des Éthiopiens, des Assyriens, des Perses, des Grecs et des Césars, qui le réduisirent enfin en province romaine.

[2188-529 av. J.-C.} SES ROIS. 37

Les rois éthiopiens étaient morts ; aucun ^and^ aucun gneiTÎer ne réunissait assez de puissance et de f^loire pour forcer les autres à l'obéissance et pour entraîner les suffrages du peuple.

Après deux ans d'anarchie, douze des principaux seigneurs, s'étant ligués ensemble , s'emparèrent du royaume et le partagèrent. Ils convinrent de gouverner chacun leur district avec une égale autorité, de se soutenir mutuelle-i ment contre toute attaque.étrangère, et de ne rien entre* prendre l'un contre l'autre.

Un oracle avait prédit que celui de ces princes qui ferait des libations à Yulcain dans un vase d'airain deviendrait le maître de l'Egypte. Effrayés par cette prédiction, ils crurent devoir cimenter leur accord par les plus terribles serments. Leur règne fut d'abord tranquille, et leur union dura quinze ans. Pour en laisser à la postérité un monument célèbre, ils bâtirent à frais communs ce fameux labyrinthe, composé de la réunion de douze palais qui contenaient quinze cents appartements au-dessus du sol et autant sous la terre.

Un jour qu^ils étaieni tous les douze réunis dans le temple, pour faire un sacrifice à Vulcaiu, les prêtres présentèrent à chacun d'eux une coupe d'or pour les libations; mais il ne se trouva que onze coupes : alors Psammitique, sans aucun dessein prémédité, prit son casque, qui était d'airain, pour offrir sa libation. Cette circonstance rappela tout à coup l'oracle : les collègues de Psammitique, inquiets et voulant pourvoir à leur sûreté , se réunirent contre lui, et l'exilèrent dans une contrée marécageuse, où il attendit quelques années l'occasion de se venger.

La fortune ne tarda pas à la lui présenter. Gn vint lui dire qu'une tempête avait jeté sur la côte d'Egypte des soldats grecs. Se souvenant alors d'un oracle qui lui avait annoncé que des hommes d'avimin viendraient de la mer à son secours , il courut les joindre , se mit à leur tète, réunit ses anciens partisans, attaqua les onze rois, dé- 1. »

38 HISTOIEl P'ÉOTPTE. [AT. f.-C. U8S-5t(l4]

tn^isit leur armée ^ et devint seul maitré de TÉgypte. PSAMMTTIQUE, ROÎ.

(An du mondé 3344. — Avant Jésus- Christ 6j60.)

Le nouveau roi, pour marquer sa reconnaissance aux Cariens et aux lonieas, leur donna des établissements en Egypte; et au mépris des anciennes coutumes, il ouvrit les portjBS du. royaume aux étrangers. Depuis cette époque, rhifitoire égyptienne, mieux connue, se trouve moins mêlée de ces fables que débitaient les prêtres de Memphis. On peut cependant en citer encore une qu'Hérodote rapporte*

Psammitique^ curïeux de savoir quelle était la plus ancienne nation du monde, fit ejifermer deux enfants nou-* veau-nés dans uue maispp où ils ne pouvaient entendre personne, et dans laquelle iU ne voyaient que dei^x chèvres qui les nourrissaiept. Quand ils eurent atteint Tâge de doux anS; on entra dans leur chambre, et on les entendit tous deux s'écrier à la fois becos, niot phrygien qui signifie jt?am. Depuis ce moment, Torgueil des Égyptiens consentit à reconnaître les Phrygiens j^our le plus ancien des peuples.

Si ce fait, cité par les historiens; a quelque réalité, il est probable que les deux enfants au lieu de parler phrygien, comme on le prétend, auront imité le bêlement des chèvres qui les allaitaient.

Dans le temps où régnait Psaramitique, les Assyriens s*étant emparés de la Syrie, la Palestinej qui séparait seule l'Egypte de ce nouvel empire, devint un sujet de guerre entre les rpis de Memphis et de Babylone. Psammitique entra en Palestine ; mais il ne put prendre A2oth, ville des Philistins, qu'après un siège de vingt-neuf ans,

A peu près à cette époque, les Scythes s'emparèrent d'une partie df. la Haute Asie, et portèrent leurs armes jusqu'aux frontières de TÉgypte. Psammitique s'accorda avec e\]^, et les apaisa par des présents. U moiirutla vingt-qua-

trième année du règne de Josias, roi de Ji;da, et laissa le trône à son fils Néchao, dont il est souventparlé dans TÉcriture sainte.

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